I. Examinons d’abord les membres inférieurs
4° Le bassin de la femme étant plus développé (S 463, 2), la masse musculeuse qui y prend ses attaches l’est également ; les fessiers et les autres muscles de la cuisse sont plus charnus chez elle, plus maigres, au contraire , dans la virago.
2° Les cavités cotyloïdes sont plus écartées l’une de l'autre, parce que les tubérosités sciatiques se dirigent plus en dehors par le bas(S 161, 4°); en même temps elles sont tournées un peu plus en devant que chez l'homme. Il y a donc une plus orande distance entre les têtes des fémurs, et l’espace qu'elles laissent entre elles est plus considérable.
3° Une circonstance contribue encore à rendre cetintervalle plus grand , c’est que le col du fémur ne descend point aussi obliquement que chez l'homme et forme un angle plus aigu avec le corps de l'os, en sorte que les deux grands trochanters sont plus éloignés l’un de l’autre.
Lo Les fémurs ne descendent point verticalement comme chez l’homme ; ils se dirigent obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, ce qui fait que les genoux sont plus serrés, et que, les tubérosités internes étant plus grosses et plus arrondies , ils font aussi davantage de saillie en dedans. On remarque également que les eunuques ont les genoux plus en dedans. Le gerou de la femme est plus arrondi , moins anguleux.
50 Le molletest plus grêle, plus gracieux, plus effilé par le bas.
6° Le pied est plus petit et plus étroit ; la base de sustentation à donc moins d’étendue.
7 La brièveté des os d’une part et la direction des cuisses de l’autre (3°, 4°), font que lesmembres inférieurs sont plus courts; aussi Ja femme marche-t-elle à plus petits pas, et le centre de la longueur de son corps correspond entre le bassin et l’ombilic, tandis que, chez l'homme , il se trouve au dessous de la symphyse des pubis.
8° La largeur plus considérable du bassin et l'obliquité des cuisses rendent la démarche moins assurée ; mais la facilité des mouvemens qui s’y joint ($ 190 , 5°) fait qu'elle est plus légère.
9° Les deux circonstances précédentes (7°, 8 )rendent la course rapide plus difficile ; suivant la remarque de Rousseau, c'est le seul mouvement que la femme exécute sans 'srâce, et sa fuite semble être calculée de manière à ce qu'on puisse l'atteindre.
10° Il résulte de la situation des cavités cotyloïdes (2°) que le poids du corps porte plutôt en arrière chez la femme et en devant chez l’homme, de manière que l’une est plus exposée aux chutes sur le dos, et l’autre à celles sur la face.
IT. Les corps des vertèbres lombaires sont plus élevés chez la femme que chez l'homme, ce qui rend la cavité abdominale plus longue ($158 ), et la taille plus élancée. Mais, tant à cause de la plus grande fongueur de la région lombaire que parce qu'il y a plus de profondeur entre les apophyses transverses et les apophyses épineuses ($ 190, 6°), les muscles situés dans cette partie du corps, et qui unissent le bassin à la cage thoracique (opistothénar, carré des lombes et psoas), sont proportionnellement plus développés.
III. Quant aux membres supérieurs , on remarque à leur égard :
11° Que la poitrine, plus étroite et plus aplatie en devant ($ 178, 6°), donne attache à des clavicules plus courtes et moins arquées.
12° Que les omoplates, plus petites et plus minces, sont par cela même plus serrées contre le tronc, et que les épaules sont en général plus étroites, moins saillantes.
13° Que les bras sont plus courts, plus arrondis , plus gras, à contours plus moelleux.
AA° Que la main est plus petite , plus DIARERS + plus molle et plus grasse.
15° Que les doigts sont plus déliés et plus effilés.
La structure de la poitrine et deses muscles, comme l'organisation entière des membres supérieurs , annonce que la femme est destinée à exécuter des mouvemens plus faciles et
plus délicats. De toutes les mains de femmes, celle de la belle Paule de Vigniers (1), qui existe dans le cabinet de Sæmmerring, est la plus célèbre parmi les anatomistes.
IV. Le cou est plus mince et plus arrondi ; il forme une transition plus douce et plus insensible, tant avec la tête qu'avec la poitrine. Dans l'homme et les mâles des Mammifères, il est plus fort, plus anguleux à cause de ses muscles saillans et de la tumeur produite par le cartilage thyroïde ; il a surtout plus de largeur en arrière. Dans les animaux qui ont subi la castration, les muscles de la nuque sont moins développés, et le cou se rapproche davantage de celui des femelles, pour l'apparence.
$ 192. Les organes des sens extérieurs sont fort développés dans le sexe masculin. | 4° Ceux du toucher apparaissent comme organes proprement dits du sens sexuel chez les mâles, puisqu'ils tiennent lieu du pénis dans la Paludina (S 134, 1°), préparent la copulation chez les Araignées, et se font remarquer par l’irritabilité qui prédomine en eux. Les antennes des mâles portent, chez la plupart des Phalènes , ainsi que dans les Cousins et les Tipules, un pinceau de soies, qui est plus court ou manque dans les femelles ; elles ont des lamelles plus grandes chez les Lamellicornes ; dans le Tripoxylon, leur premier article est plus gros et le dernier terminé en pointe ; elles sont plus fortement et doublement plumeuses dans les Æylotoma , plus longues et plus grosses dans les Andrènes, contournées dans les Eucères, étendues en ligne droite dans les Scolies. On compte dix articles dans les antennes de la femelle des Chalcis, et onze dans celles du mâle; douze dans celles de la femelle des Ceropales, Pompilus, Psen, Pepsis, Larra, Bembex, Liris, Bethylus, Scolia, Hellus, Vespa, Polistes, Prosopis, Mellinus, Apis, Formica, et treize dans celles du mâle; seize dans celles de la femelle du Tarpa, et dix-sept dans celles du mâle ; dix-neuf dans celles de la femelle du Cephus,
(4) Ackermann, Ucber die kœrperliche Verschiedenheit des Mannes vom eibe, p. 99.
Do CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT.
et vingt dans celles du mâle (1). De même, les mâles des Arachnides ont des palpes plus volumineux, et ceux des Crustacés des antennes plus courtes, mais plus grosses et en forme de boutons. (Les mâles des Æsiacus, notamment de l’Astacus leptodactylus , ont les antennes extérieures beaucoup plus longues) (2). Les moustaches sont plus longues et plus raides chez ceux des Lièvres et autres Mammifères. Il n’y à qu'un petit nombre d'animaux chez lesquels les femelles aient les antennes plus développées que les mâles ; ainsi elles sont plus longues dans le Cancer gammarus, quadruples dans le Branchiopodus stagnalis , tandis que les mâles n’en ont qu'une seule paire, à douze articles dans l’Oryssus , tandis que celles des mâles n’en ont que onze.
Le mâle à de plus gros yeux dans l’Abeille, la Fourmi et la Dimorpha. Dans les Mutilles, il a des veux lisses, dont la femelle manque , et ses veux sont plus volumineux que ceux de cette dernière. ( Le mâle du Bopyrus squillarum conserve ses yeux pendant toute la vie, tandis qu'ils disparaissent chez la femelle , qui en était cependantpourvue à sa sortie de l'œuf } (3).
2° Les organes sensoriels ont des proportions plus exiguës chez la femme. L’œil est plus petit et plus à fleur de tête, les sourcils sont moins épais, l'oreille est plus oblongue , plus délicate et plus mince, le nez plus court et plus pincé, la langue plus étroite et plus mince; les doigts sont plus eflilés.
3° Les sens de la femme ont une réceptivité plus délicate, et il n'y a que les excitations légères qui les mettent en exercice d’une manière normale et agréable ; la femme aime la lumière peu éclatante, les tons doux, les parfums délicats , les alimens simples et de saveur douce, les surfaces molles. Tout ce qui agit avec force sur ses sens lui est désagréable et l’offusque.
h° Tandis que la femme a plus de facilité pour saisir les: nuances délicates , ses sens sont moins habiles à embrasser un large horizon ; elle apprécie moins bien les proportions d’un:
(4) Meckel, Traité général d’anat, comp., €. I, p. 302. — Klug, dans: Mayazin fuer die neuesten Entdechungen, t. X, p. 68.
(2) Addition de Rathke.
(3) Addition de Rathke.
objet volumineux ou éloigné. En général, elle ne voit pas d'aussi loin que l'homme, ou du moins ne distinsue-t-elle pas aussi bien les objets à une grande distance. Suivant la remarque d’Autenrieth (4), son conduit auditif osseux est plus étroit, à longueur égale; il forme ainsi un entonnoir, qui se rétrécit moins rapidement et qui est plus long eu égard à sa largeur; par conséquent il saisit moins d'ondes sonores que celui de l'homme, mais aussi il réfléchit un moins grand nombre de celles qu'il a une fois admises. De là résulte qu'il arrive au tympan un plus grand nombre des ondes sonores produites par un son voisin, et moins de celles qui résultent d'un son éloigné , que chez l'homme. En outre , comme le conduit auditif de la femme est plutôt cylindrique qu'infundibuliforme, le son arrive plus directement à la membrane du tympan, et tombe moinssur les parois osseuses, de sorte qu'il est moins dissipé par les os du crâne. Aussi la femme est-elle plus habile que l'homme à distinguer le ton ou le timbre d'unson, même léger, qui se fait entendre à peu de distance, tandis que l'homme est au contraire capable de distinguer le moindre bruit, même dans l'éloignement. Les mâles des animaux semblent aussi percevoir plus facilement les sons éloignés ; le Lièvre mâle, par exemple, quand il est au gîte, serre ses deux oreilles l'une contre l’autre, sur son dos, de manière à pouvoir entendre le bruit qui se fait derrère lui, tandis que la femelle les laisse pendre de côté.
$ 193. Étudions maintenant la tête et le cerveau.
A° Ces parties sont un peu plus petites chez la femme que chez l'homme, mais plus volumineuses et plus pesantes en proportion du reste du corps. La hauteur de la tête est à celle du corps entier : : 1 : 7,50, dans la Vénus de Médicis, et ::1:8 dans l’Apollon du Belvédère. Le poids des os du crâne est à celui desautresparties du squelette, d’après Sæmmerrmpg, °°4 : 6 chez la femme , : : 14 : 8 chez l’homme, ou, suivant Hutenrieth..* * 1° 5,33, chez.la première, et. 1 ? 7,33 chez le second. De même, le cerveau de la femme est plus pesant proportionnellement au reste du corps (2). Il suit de là que la
(4) Reil, 4rchiv , t. IX , p. 322.
(2) Ackermann , loc. cit., p. 442,
vie intérieure prédomine , tandis que, chez l’homme , la sensibilité, la masse matérielle, chair et os, fait opposition plus” forte au point central de la vie intérieure.
2° Cuviér à prouvé que le rapport de la cavité crânienne à la face augmente peu à peu en remontant l'échelle animale, et Sœmmerring à fait voir que si, sous ce rapport, l’homme est au dessus des animaux, la femme se trouve également au dessus de l’homme. La face de la femme est plus peute et plus courte, ses os sont plus délicats et moins raboteux, les sinus frontaux et maxillaires ont moins d’ampleur. Déjà le Lion diffère de la Lionne par une face plus longue, plus large et plus forte. Ainsi, chez la femme, le cerveau prédomine davantage sur les organes sensoriels et les muscles, la prépondérance du centre sur la périphérie est plus prononcée.
3° Il y a chez l'homme, dans le cerveau lui-même, un antagonisme plus prononcé entre le sang et lasubstance sensible. Chez la femme , la substance cérébrale prédomine , attendu que les artères qui s’y rendent sont plus petites, traversent des trous crâniens plus étroits, et charrient moins de sang; ici donc le cerveau est plus indépendant, et reste plus semblable à luimême au milieu des changemens et des mutations qui ont lieu dans le système sanguin. Parent-Duchâtelet et Martinet ont remarqué en effet que l’encéphalite est beaucoup plus rare chez les femmes; sur cent dix malades, il y avait quatre-vingthuit hommes et vingt-deux femmes seulement (*), ce qui fait une proportion de À ? 4.
h° Sæmmerring a prouvé que la masse du cerveau surpasse davantage celle des nerfs chez la femme que chez l’homme et chez les animaux. C’est chez la femme que les nerfs, l'optique excepté, sont les plus grêles, proportionnellement au volume du cerveau (1). Le système sensitif est donc dans le même cas. que les autres, c’est-à-dire que le centre y prédomine sur la périphérie, et que par conséquent l'intérieur y exerce un empire plus fort et plus durable sur l'extérieur. Voilà pourquoi la femme supporte mieux les douleurs physiques , et
(*) Recherches sur l’inflammation de l’arachnoïde, Paris 1821 , in &, p. 18.
(4) Ackermann , loc. cit, p, 444.
qu’en général elle a moins de sensualité , qu'elle est moins sous la dépendance des choses du dehors. Les impressions la troublent moins au dedans d'elle-même ; il lui est plus facile de se maîtriser, elle supporte plus aisément Îa souffrance, et, dégénère moins par la transplantation dans un climat étranger.
5° Un état de choses analogue a lieu dans le cerveau luimême. Chez la femme, la portion du cerveau qui établit les rapports avec la périphérie étant plus petite, les extrémités centrales des nerfs qui s’y plongent sont plus rapprochées les unes des autres, et la base du crâne, point où le cerveau communique avec les parties subalternes de l'organisme par l'intermède des nerfs, est plus étroite que chez l'homme (1). La portion à proprement parler centrale de l'encéphale, celle qui n’a point de connexions avec les nerfs, est proportionnellement plus volumineuse chez la femme , de manière qu'ici encore la prédominance de la vie intérieure sur les relations extérieures s'exprime avec plus de force.
6° La tête de la femme est plus uniformément arrondie, et présente moins de bosselures distinctes ; il y a par conséquent plus d’uniformité et d'accord entre les parties du manteau cérébral; aucune direction ne l'emporte sur l’autre, et si l’on rencontre assez rarement quelque chose d’extraordinaire à cet égard, d’un autre côté aussi il y a moins d'opposition et de contraste ; l'harmonie règne davantage dans la vie intérieure, qui s'écoule avec plus de calme et d'uniformité.
7° Les lobes inférieurs du cerveau et les grandes ailes des sphénoïdes , qui leur correspondent, sont plus petits (2) ; car c’est surtout en eux que paraît se déployer la faculté d'agir, la spontanéité de l’Âme dirigée vers l'extérieur. 8° Enfin, la glande pinéale, organe qui paraît avoir d'intimes connexions avec la faculté sensitive de l'âme, est plus volumineuse chez la femme que chez l'homme.
$ 194. C'est l'esprit surtout qui domine dans l'âme del’homme. L'homme est plutôt un être pensant qu'un être sentant, et ce qu'il cherche principalement, c'est d'arriver à une intuition
(4) Zhid., p. 37 et 144, (2) Jhid,, p. 42 et 141,
claire et nette. La femme , au contraire , a plus de sentiment que d'esprit; elle sent plus qu’elle ne raisonne, parce qu'elle porte originairement en elle son unité avec l'univers. Comme l'analyse est le propre de l'entendement, et la synthèse celui du sentiment , l'homme tend toujours à analyser et la femme à synthétiser ; l’un cherche la lumière , l'autre porte réellement en soi la chaleur.
L'organisation du cerveau correspond à ce rapport; les lobes qui ont le plus de développement sont les antérieurs chez l'homme, et les postérieurs chez la femme ; l'homme a la partie antérieure de la tête plus large, le front plus élevé, plus développé, plus chargé de saillies ; la femme a le front plus bas, la partie antérieure de la tête plus étroite, et l'occiput tellementsaillant, à la partie supérieure de l'os occipital et postérieure des pariétaux , que cette seule circonstance sufit à elle seule pour faire reconnaître son crâne.
$ 195. Dans l'esprit, c'est la réceptivité ou la faculté de percevoir qui domine chez la femme, et la spontanéité ou l'intelligence chez l'homme. La femme a plus de réceptivité pour les petites choses, pour les faits particuliers , pour tout ce qui se rapproche d'elle et peut être facilement saisi, que pour les notions générales et éloignées ; elle conçoit mieux l'existence réelle que l'existence idéale. Aussi a-t-elle beaucoup de goût pour tout ce qui est extérieur , pour les objets isolés et bien déterminés, ceux surtout qui intéressent en même temps le sentiment, et pour la personnalité ; elle en a moins pour les idées qui mettent l'intelligence en jeu. Dans sa sphère, elle a beaucoup d'esprit d'observation, aperçoit les petites choses, remarque les traits délicats, et déploie à cet égard une grande mémoire. Sa curiosité exprime le besoin qu'elle éprouve de stimuler en elle la faculté de percevoir , ne fût-ce que par des objeis insignifians, De même aussi elle à du talent, non seulement pour les langues, l'histoire et l'histoire naturelle , qui sont des sciences de détails, mais même pour les mathématiques , en tant qu'elles se réduisent à des opérations purement mécaniques. Mais la spontanéité proprement dite de l'esprit est plus faible chez elle; son imagination est vive et ardente, mais elle ne fait que reproduire, tandis que
CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT. 337 celle de l’homme est plus forte, plus puissante et véritablement productive. Il n'y à pas tant de différence entre les femmes qu'entre les hommes, sous le rapport des facultés intellectuelles. Jamais on ne rencontre dans leur sexe cette origmalité d'esprit qui-constitue le vrai génie, cette faculté créatrice qui'se fraie de nouvelles routes et pénètre dans les profondeurs de la science. Aucune femme n’a fait de grande découverte, aucune même n’a produit de chef-d'œuvre dans les beaux-arts ; il y a eu parmi elles d’excellens peintres de fleurs, de portraits et de paysages , mais aucune n’a composé de tableaux d'histoire marquans. Quelques femmes se sont distinguées dans la #lyptique , mais aucune n’a excellé dans les grandes œuvres de scalpture. Beaucoup d’entre elles ont écrit avec succès des romans et des chansons, aucune n’a brillé dans la poésie épique et dramatique. Parmi la foule de celles qui cultivent la musique , peu se sont livrées à la composition, et aucune n’a rien produit d’original, surtout dans le style élevé.
L’aberration de la nature qui constitue l’hermaphrodisme, a plutôt pour effet, généralement parlant, de porter atteinte aux qualités morales particulières du sexe auquel appartient l'individu , que de lui communiquer celles du sexe dont il se rapproche. Une virago éprouve de la répugnance pour les occupations de son sexe; elle n’aime point les conversations futiles et fuit les femmes qui s'y complaisent ; elle préfère la lecture, et est disposée aux réflexions sérieuses, sans cependant pouvoir rien produire de remarquable. Mais l’homme efféminé surtout n'est qu’une caricature de la femme ; sans énergie , sans nulle activité, il. a de l'éloignement pour les occupations sérieuses, pour tout ce qui exige du travail et de la persévérance ; il a du goût, non pas pour les petites choses, mais pour les futilités ; ses manières ne sont pas sracieuses, mais fades; son esprit n’est pas borné, mais obtus; en un
mot, il réunit tous les défauts de la femme, sans y joindre une seule de ses qualités. De même, on a trouvé une foule de chanteurs distingués parmi les eunuques; mais aucun d'eux n'est devenu grand compositeur, musicien célèbre par son originalité. | S 196. Parmi les facultés intellectuelles, l'entendement, 3 22
qui saisit les rapports des phénomènes, l'emporte, chez la femme, sur la raison, qui s'attache à l’idée et s'exerce sur l'infini. La femme a un jugement sain, c’est-à-dire qu’elle aperçoit les choses telles qu'elles s'offrent à notre intelligence; elle a un tact plus délicat pour saisir le vrai, qu’elle n’embrouille pas par une tendance à la spontanéité, elle prend la vérité en quelque sorte telle qu’elle la voit, tandis que l’homme veut la créer ; elle conçoit rapidement et juge sainement, par instinct plutôt que par réflexion, par inspiration plutôt que par conscience des motifs. Aussi a-t-elle souvent du bon sens, de l'esprit, de la sagacité, et surtout de la prudence, qui est le talent de se conduire dans la vie et de mettre les circonstances à profit. Portée tout à coup des derniers rangs de la société aux premiers , elle sait mieux prendre les allures de sa nouvelle condition que l’homme, qui commet fréquemment alors des bévues.Le bon sens des femmes âgées est reconnu partout, etil leur a valu d'être consultées dans les passes difficiles de la vie. La femme peut être fine, et arriver sûrement par l'adresse , par la persévérance , par des voies détournées, à ce qu’il ne lui est pas possible d'obtenir sur-le-champ et de vive force. On remarque déjà des traces sensibles de cette faculté chez les femelles des animaux. Les chasseurs savent que les chiennes sont préférables aux chiens, qu’elles éventent mieux la voie, qu’elles sont plus fines et plus prudentes; ils savent que la femelle du Renard est plus rusée que le mâle, que les femelles du Hamster , du Souslic, etc. ,'sont plus circonspectes que les mâles, et creusent leurs terriers à une plus grande profondeur. L'expérience a également appris que les femelles de l’Éléphant et d’autres animaux sont plus dociles.
Aussi la politique n'est-elle point ‘hors de la portée des femmes. En eflet, il y a eu beaucoup de reines habiles et excellentes. On pourrait même se demander si, à nombre égal, l'avantage ne serait point du côté des femmes à cet égard. Mais la femme ne possède pas le talent de raisonner, la pénétration d'esprit, la faculté de s'élever aux plus hautes abstractions , l'aptitude à envisager les choses dans leur généralité absolue et indépendamment de toute spécialité empi-
rique, en un mot la disposition à la métaphysique. Pour qu'elle saisisse une vérité, il faut que ce soit une vérité intuitive, une simple association d'idées. Toutes Les fois que la découverte de la vérité exige des combinaisons de jugemens, un enchaînement pénible de raisonnemens, toutes les fois qu'il faut chercher des preuves et établir des conclusions, la femme n est plus à sa place; elle accorde la majeure et la mineure, mais dès qu'on arrive à la conclusion, elle s’écarte du sujet, revient à sa proposition, au grand chagrin de l'homme qui entreprend la démonstration, et ne veut plus’sortir de là.
$197. Sous le rapport du caractère, la femme à plus d’activité de sentiment que d'énergie de volonté.
1° Le sentiment est réceptivité, la volonté est spontanéité. L’essence de la femme est la délicatesse et la douceur ; chez l'homme, au contraire , la force et la spontanéité dominent tout.
2° Le sentiment se rapporte plus au présent, et la volonté à l'avenir. La réalité suflit moins à l'homme; il vit davantage dans l'avenir, et il aime à forger des plans pour sa spontanéité : son essence tout entière consiste en une activité continuelle..La femme s'occupe davantage du présent, et son imagination trouve plus de jouissances dans les souvenirs du passé que dans les espérances de l'avenir.
3° La prédominance du sentiment rend la femme plus fa cile à émouvoir; elle passe plus aisément d’une disposition à une autre, des pleurs au rire, et vice versé. C’est ainsi qu'elle est plus sujette que l’homme à changer d'humeur par l'effet des oscillations périodiques de la vie, et indépendamment même de la menstruation. Mais elle aime ces changemens ; elle se complaît, par exemple, à faire naître des discussions entre elle et l’objet de ses affections, pour avoir occasion de verser des larmes et de goûter les plaisirs de la réconciliation.
A° Mais, malsré cette apparente légèreté, le ton fondamental reste toujours le même. La volonté d’une femme est sans énergie dans ses manifestations, c'est-à-dire quand il s'agit de déterminer les autres ; mais elle a une grande force intérieure, Ce qui a jeté des racines en elle, y tient davan=
tage, et la femme qui a pris une détermination quelconque, montre plus de persévérance que l'homme, dont les désirs sont plus vagues et la volonté moins arrêtée. Une dame ( madame Regnier ), qui avait fait taire son mari d’une manière inconvenante en société, S’imposa un silence absolu pour le reste de ses jours , et ni les élans de la joie, ni les surprises de la frayeur ne purent depuis lors lui arracher une seule syllabe.
$ 198. Un sentiment est ce que l'homme reçoit sans le moindre concours de sa volonté, c’est une révélation immédiate de l’état intérieur, qu'on ne peut dériver de rien au monde d'étranger à celui qui l’éprouve. Cette unité avec la nature appartient plus spécialement à la femme. La femme s’en tient à ce qui lui est donné d'une manière immédiate par le sentiment; aussi ses sentimens sont-ils plus naturels, plus purs, plus sûrs, et la réflexion n’y apporte jamais de perturbation.
1° Le sentiment de l’absolu est plus vif en elle. La femme est plus religieuse , et la religion est pour elle un besoin du cœur, tandis que, pour l’homme, elle est en même temps, sinon principalement, un sujet de la réflexion. La religion , comme l’a dit F.-A. Carus, est esprit et vérité pour l'homme, foi et amour pour la femme. L'homme s’épuise en spéculations sur l'infini, et veut en faire un objet de savoir; la femme ne prend aucun intérêt à ces subtilités, elle sent une existence infinie, et ce sentiment lui suffit. L'homme, dans les entraînemens de sa pensée , finit par ne plus être d'accord avec lui-même, et à une certaine époque de sa vie il tombe dans le scepticisme ; chez la femme, le sentiment de la divinité est tellement intime, qu'elle ne se départ jamais de cette croyance : une femme esprit-fort se place sur la même ligne qu'une femme adonnée à l’ivrognerie. Quand l'homme croit avoir acquis une conviction religieuse, il veut l’inculquer aux autres et devient apôtre ; les dogmes qu'il reconnaît doivent dominer partout, les usages qu'il juge convenables doivent se répandre d'une manière uniforme, et s’il rencontre quelqu'un dont la conviction diffère de la sienne, comme la damnation éternelle ne lui parait pas être un moven assez sûr, il
veut lui faire perdre sinon la vie, du moins son influence sociale et ses autres avantages temporels, afin de l'anéantir au moins dans ce bas monde ; la femme, au contraire , sait concilier l'esprit religieux avec les exigences de la vie, de sorte qu'elle est plus tolérante envers ceux qui ne partagent pas sa manière de penser , et qu'elle traite avec bienveillance qui- Conque honore la divinité, sous quelque forme qu'il lui présente le tribut de sa vénération.
2° Comme le sentiment de l’incompréhensible est plus: vif chez la femme, elle est plus propre aussi à le percevoir, lorsque le monde idéal perce à travers le cours ordinaire des choses ; elle a des pressentimens plus sûrs et mieux déterminés. C'est ainsi que Signi, dans la Volsunga Saga, peut, quand elle prédit l’avenir , se fonder sur ce que son sexe a reçu le don de Ïa prévision. Comme le sentiment domine l'intelligence, la femme s’y livre aussi davantage sans examen. Il y a eu de tout temps des inspirées, des devineresses et des somnambules. C'est précisément lorsque la femme est le plus femme, pendant la gestation et la parturition, qu'elle tombe dans une extase voisine de l'inspiration, et plus d’une accouchée quitte la vie au milieu de visions qui la transportent dans le monde des esprits. L'imagination féminine prête plus volontiers un corps à chaque idée; elle est sujette à voir des esprits dans les phénomènes de la nature, et à tomber dans le mysticisme. Plus d’une femme de bon ton, qui tourne la superstition en ridicule , se fait urer les cartes, ou croit aux traitemens sympathiques. :
2° Au sentiment de l'infini tient de près celui de notre propre caractère périssable et du lien qui enlace tous les êtres finis , le sentiment qui nous dit que nous n’existons pas par nous-mêmes, que nous n'avons point un but uniquement propre à nous, mais que nous vivons seulement dans le tout et pour lui. Cette compassion pour tout ce qui vit est plus active aussi chez la femme. De même qu'elle sympathise avec la plante, qu’elle se fait une occupation sérieuse de cultiver des fleurs, qu’elle témoigne une sorte de tendresse aux ani maux , de même aussi elle est remplie de bienveillance pour tous les hommes, quoique souvent un pressentiment juste la
conduise à user d'une grande circonspection avec certains d’entre eux, dont cependant elle se défie moins qu'elle ne cherche à pénétrer leurs vues secrètes. Elle supporte les travers de l'espèce humaine avec plus de patience et de douceur, tempère ainsi la force brute de l’homme, et est remplie d’mduigence pour les enfans ; aussi la préfère-t-on partout pour soigner les malades. Les souffrances des autres la touchent davantage , et elle est plus complaisante, plus serviable, plus disposée à la bienfaisance désintéressée. Les larmes arrachées par la sympathie lui appartiennent en propre, car lorsqu'on les voit couler chez un homme qui mérite ce titre dans la véritable acception du mot, c’est qu'il est sorti des conditions de son sexe. Sa vie entière n’est qu'amour; elle a pour rôle de faire servir l'amour à réunir ce qui est séparé , à conserver ce qui manque de fixité , à retenir ce qui tend à s'échapper. Animée de sentimens vifs et purs pour son époux et,ses enfans, ses parens et ses alliés, elle est le lien de la famille, où elle entretient l'harmonie et fait taire les inimitiés. Elle peut se sacrifier pour les siens, et alors elle supporte les maux avec une constance héroïque. La sympathie générale se rapportant chez elle à des objets déterminés , et son cercle d'action étant tracé d'une manière rigoureuse, la femme atteint son but plus complétement que l’homme, et ses sensations acquièrent plus de profondeur, de fixité et de satisfaction. Elle ne s'élève pas jusqu’au cosmopolitisme , mais elle s'intéresse à la destinée de tous les individus de lespèce humaine. Les limites resserrées de sa sphère font qu’elle prend moins de part aux relations des états les uns avec les autres; chez elle le patriotisme est res: treint par l'esprit de famille, comme la haine nationale est adoucie par la philanthropie. Mais lorsqu'elle est touchée à titre d'épouse et de mère, elle peut aussi déployer d’éminentes vertus civiques, elle peut comme Bobelina et cent autres Grecques modernes, se jeter dans les mêlées sanglantes ; son enthousiasme peut même aller jusqu'à la rage, car, dans les révolutions surtout, ce sont fréquemment les femmes qui commettent le plus de cruautés.
Dans son cercle ordinaire la femme sent mieux qu’elle dé-
pend de tout, elle se contente moins d'elle-même, et se rattache plus intimement à l'humanité. L'homme, au contraire, entraîné par le sentiment de sa force, tend davantage à la spontanéité , aime plus à s’isoler, et aspire à une individualité d'un genre plus élevé , de sorte qu’on remarque en lui un amour de soi plus prononcé, qui tantôt dégénère en vulgaire égoïisme , et tantôt s’ennoblit en prenant la forme d’un ardent désir de la gloire.
La sexualité s'exprime dans la situation où l’on trouve les squelettes de Pompeïa, d'Herculanum et d’autres villes qui ont été englouties subitement. Suivant Hamilton (1) et Bartels (2), on a trouvé presque sans exception ceux des hommes dans une pose indiquant les plus violens efforts des muscles pour résister , et ceux des femmes dans l'attitude d’un désespoir résigné, ou, quand les squelettes étaient ceux de mères, repliés sur leurs enfans et les enlaçant de leurs bras.
Le caractère du sexe se manifeste encore dans l’aliénation de l'esprit humain portée jusqu'à la folie. On voit fréquemment des fous qui se prennent pour des dieux ; à peine citerait-on un seul hospice qui n'ait à en montrer au moins un. Jamais, au contraire , la femme ne s’imagine être déesse, mais il lui arrive fréquemment, dans la manie religieuse, de rêver qu’elle est l’épouse de Dieu. Qu'un pareil phénomène tienne ou non aux idées anthropomorphiques que les peuples se font de la Divinité, toujours est-il que, même dans ce cercle d'idées, l'influence de la sexualité sur l'esprit humain s'exprime d'une manière aussi générale que positive.
4° Chez l'homme, à un développement plus considérable de la masse musculaire se joiÿnent un sentiment intérieur plus énergique , des penchans plus vifs, des désirs plus impétueux, des passions plus orageuses. La femme a une sensualité plus délicate , et elle est moins assiégée de désirs grossiers , parce que, dans son système sensitif, le centre à une prépondérance bien décidée sur Ia périphérie ($ 193); ses penchans sont plus calmes, et par cela même aussi plus constans, plus durables.
(4) Relation des derniers tremblemens de terre de la Calabre, p. 22. (2) Briefe ueber Calabrien und Sicilien , 1. 1, p. 309.
5° La violence des penchans et la vivacité de l'imagination déterminent plus de variation, de désaccord et d’'antagonisme dans les sentimens et les désirs de l'homme ; tantôt il se laisse dominer par une sensualité grossière , tantôt il s'élève jusqu'à une grandeur réellement idéale ; ici Pégoisme rétrécit et dessèche son cœur ; À, véritable cosmopolite, il conçoit des projets qui embrassent l'humanité tout entière. I y à plus d'uniformité et d'harmonie dans les efforts de la femme. La vie de l’homme se partage, rigoureusement parlant, entre letravail et la jouissance, et dans la jouissance même, il préfère le loisir ; la femme se montre plus active, et s'occupe des soins nécessaires pour assurer le repos de son époux. Quand l'homme n’a pas été poli par la civilisation et qu'il ne se sent pas pressé par le besoin , il vit dans la paresse, obligeant les femmes à travailler pour lui et à le servir.
Lafemme est plus affable, plus gaie, plus ouverte; l'homme est plus sérieux. Celui-ci s'attache davantage au fond des choses ,mais la femme veut que la forme y corresponde aussi : une perfection idéale ne lui suffit pas, et il lui en faut une qui se manifeste. Aussi a-t-elle plus de tact pour juger de la beauté, et comme ses facultés lui permettent de mieux saisir les détails ($ 195 }, elle apprécie mieux ce qui est léger, agréable , élégant. Elle tient moins à ce qui n’est que commode ou convenable, et ne ‘connaît de jouissances que celles qui sont assaisonnées de délicatesse, de grâce et de goût. Comme elle estime beaucoup l'apparence extérieure, elle est encline à se rendre esclave des préjugés sociaux, de l'étiquette et de la mode; elle n’a pas le courage de fronder l'usage, et ce n'est que parmi les hommes qu’on rencontre des êtres aimant à se singulariser. En même temps, la femme a plus de vanité que d’orgueil, c'est-à-dire qu'elle recherche surtout ce qui peut la faire paraître sous un jour avantageux.
6° L'homme est fier de sa force, de ce qu'il a fait, de son mérite, ou de ce qu'il est capable de faire; il ne craint pas de paraître dépravé, lors même qu'il ne l'est point; tout ce qu'il lui importe, c'est qu'on ne le croie pas faible. Il est satisfait dès qu'on lui accorde du génie, beaucoup d'esprit, une poiitique babile, un rare courage, une grande force, ou
un genre particulier d'adresse; il ne lui répugne même pas de s’abaisser jusqu'à l'abus des plaisirs sensuels, parce que Ja force est nécessaire pour les supporter, et jusqu’à tirer vanité de ce qu'il possède, parce que c’est une source de puissance et un moyen d'indépendance. En un mot, l'homme veut paraître. grand et fort, et il manifeste ce penchant de différentes manières, suivant les idées que lui-même attache à la grandeur. La femme, au contraire , ne trouve aucune satisfaction à occuper l'esprit des autres, elle vent agir sur le senüiment et intéresser; paraître aimable est ce qui la touche de plus près. Mais cette amabilité dépend d’une harmonie facile à saisir entre l'intérieur et l'extérieur , entre l'idéal et ce qui affecte les sens; elle tient à une manifestation du sentiment moral sous des formes agréables, à la liberté, à la facilité, à la grâce dans les pensées et la manière de les exprimer, dans la forme et tous les mouvemens. La femme aëraït honte de paraître forte, parce que la force porterait préjudice à J'amabilité ; elle aime à montrer sa faiblesse, elle aflecte même de la laisser apercevoir, paree que cette faiblesse parle au sentiment et intéresse.
7° Comme les organes génitaux sont tournés en dedans et cachés, de même la femme se distingue par une plus grande pudeur, celle-ci exprimant le sentiment d'une élévation morale au dessus des jouissances des sens, une valeur intellectuelle en opposition avec la vie matérielle et animale. Aussi la femme même la plus pudique a-t-elle som de laisser percer la fécondité de son sein, parce qu'alors la sexualité apparait rapportée aux soms maternels d'une bienveillance désintéressée. |
8° La force musculaire de l'homme , son courage et son esprit porté à la réflexion le rendent propre aux combats et font de lui le protecteur naturel de la femme. Les mâles, dans les deux premières classes du règne animal, ont généralement plus de courage et de force : quelques uns même sont pourvus d'armes particulières dans leurs dents canines ($ 177, 2°), leurs éperons ($ 153, 5°, 6° jet leurs cornes ( S 183, 7°, 8° ). L'indomptable Taureau, le farouche étalon deviennent plus doux et plus dociles par l’eflet de Ia castration.”
9° Le principe moral réside davantage dans le sentiment chez la femme ; il y est plus sûrement conservé, plus puissant et plus pur. L'homme le regarde plutôt comme un objet d'examen : il se crée des dogmes, court davantage le risque de se tromper à l'égard de ceux qu'il adopte, et y devient souvent infidèle. La vertu de la femme est dans le sentiment, et celle de l'homme dans l'intuition.
.. 40° Le sentiment moral se rapporte principalement, chez la femme, aux fonctions de la génération, qui forment le point central de son organisation entière, et qui sont plus subordonnées chez l’homme (8157). L'abus des plaisirs de l’amour détruit plus le corps de l'homme et dégrade davantage l'âme de la femme. Celle-ci se pervertit en s’adonnant sans retenue à la volupté, et néglige tous ses devoirs envers son époux et ses enfans , tandis que l’homme livré à ce vice peut encore cohserver de la valeur sous d’autres rapports.
41° Comme la force physique est plus grande chez l’homme, de même aussi sa volonté propre est plus puissante. L'homme est destiné à agir sur les objets du dehors et dans un cercle plus étendu ; il vit pour l’état, soit dans la sphère des affaires publiques , soit dans celle de la science et des arts. En butte aux vicissitudes de la vie, il affronte les dangers avec le courage qui lui est particulier. Comme il est partout le plus acüf, celui qui travaille le plus pour l’ensemble, il veut aussi exercer son activité sur tout et dominer en tout. Chez la femme, l'irritabilité est plus faible, et tout, dans son organisation physique et morale, annonce que sa sphère d’action a des limites plus resserrées ; elle vit dans la famille et pour la famille, mais n’en remplit que plus complétement sa destination en dedans de ces bornes étroites. Aussi Marie Wolltonecraft estelle (1) tombée dans l'erreur en demandant que les femmes participassent à l'éducation scientifique et gymnastique des hommes, qu'elles fussent admises à partager leurs occupations et leurs travaux. Les anciennes traditions des peuplades d’Amazones sont des fables, et les récits des voyageurs touchant les femmes guerrières et dominatrices des hommes au
(4) Vindication of the rights of woman. Londres, 4792, in-8°, t. IL.
Thibet, au Congo, au Monomotapa, à Malimpa et à Angola (1), ne sont certainement point exempts d’exagération.
12° L'homme ne se décide guère à agir que par l'impulsion de son jugement : la femme suit en cela davantage le sentiment. Comme le sentiment se rapproche plus de la volonté que l'intelligence, et qu'il est une connaissance momentanée , la femme prend le plus court chemin pour arriver à vouloir; sous ce rapport elle fait preuve d’une grande résolution et de beaucoup de présence d'esprit. Telle était celle, par exemple, qui, au rapport de Cochrane , se débarrassa d’un Allisator qui l'avait déjà saisie , en lui enfonçant ses doists dans les deux yeux; telle était encore celle qui, d’après le récit de Pennant, voyant un Tigre prêt à se jeter sur une des personnes de la société dont elle faisait partie, épouvanta l’animal en déplovant tout à coup son parasol.
13° L'activité de l’homme tend à changer et:à produire du nouveau; celle de la femme a pour but de préserver ce qui existe et de le perfectionner ; l’homme acquiert et dissipe , la femme conserve et épargne.