‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 92 sur 115 · EXPRESSION DU CARACTÈRE SEXUEL DANS LES FONCTIONS · texte numérisé non relu

EXPRESSION DU CARACTÈRE SEXUEL DANS LES FONCTIONS

$ 177. Examinons maintenant les fonctions l’une après

l'autre. | a. Expression du caractère sexuel dans les fonctions plastiques.

Nous placerons en première ligne la digestion.

1 La digestion en général est plus puissante chez l'homme, et son appareil a plus de capacité. Dans la femme, les mû : choires sont un peu comprimées et paraboliques, tandis qu’elles sont plus en arc chez l’homme ; la cavité orale est plus étroite et moins haute, la bouche plus petite, l'estomac plus resserré, le foie moins volumineux, la sécrétion biliaire moins abondante.

2° L'appareil digestif a une irritabilité plus faible.

Déjà, chez queiques Insectes, les mandibules des mâles sont plus développées (3), et, dans la classe des Mammifères, le

(4) Froriep, ÂVotisen,t. XXXIX , p. 183.

(2) Burdach, Anatomische Untersuchungen, p. 30 et 44.

(3) Meckel, Traité général d’anat, comp. , t. I, p. 303.

volume plus considérable des muscles masticateurs élargit la tête des mâles de certaines espèces, par exemple les Chats, les Loups, les Renards, les Lynx, les Chevréüils, tandis que le crâne des femelles est plus étroit et leur museau plus eflilé. La branche montante de la mâchoire inférieure est plus étroite, moins élevée et plus oblique chez la femme; les muscles qui servent à la mastication y trouvent des points d'attache moins étendus, ils sont par conséquent plus faibles, et la mastication s'exécute avec moins d'énergie. Les dents sont plus petites ; les dernières molaires, ou dents de sagesse, manquent fréquemment, ou du moins percent plus tard que chez l'homme ; les dents de la seconde pousse paraissent également à une époque plus reculée, et celles de lait se conservent, proportion gardée, bien plus fréquemment. On a également remarqué, dans l’espèce du Narwal, que la sortie des dents avait lieu plus tard chez la femelle que chez le mâle.

L’estomac de la femme a des parois moins épaisses, et la force musculaire de l'intestin est moins considérable, ce qui rend les déjections alvines plus rares, la constipation plus fréquente et "plus facile à supporter , les maladies qui tiennent à la faiblesse musculaire des organes digestifs plus communes. Mais, en revanche , le canal intestinal possède un nombre plüs considérable de vaisseaux lympbhatiques , le mésentère qui les soutient est plus large , et l'énergie plus grande de l'absorption rend les selles plus sèches. Comme l'estomac est plus petit et que les vaisseaux Iymphatiques sont plus acüfs, la femme est plus facile à rassasier, et il suflit d'une petite quantité d’alimens pour la nourrir. La faim est un besom moins impérieux chez elle. L'observation a partout con- ! firméïque, dans les hôpitaux et les prisons , il faut à peu près | un cinquième de moins d’alimens pour les femmes que pour | les hommes ; nous possédons aussi un grand nombre d'exemples de femmes qui, en pleine connaissance, et soit par l’eflet d’un désordre du système nerveux , soit seulement dans quelque vue particulière , par pur caprice, ou pour exciter l'attention, sont demeurées des mois entiers sans faire usage d'aucun aliment, ou du moins, si elles en imposaient à cet

égard, sans prendre autre chose qu'une très-faible quantité de nourriture , tandis qu'on n’a jamais vu d'homme supporter une abstinence semblable. Comme la force musculaire de l’appareil digestif est plus considérable chez ce dernier, il éprouve aussi un besoin plus vif d’alimens, et en général la partie animale de la digestion prédomine chez lui. Chez la femme, au contraire, c'est à l’activité des lymphatiques et par conséquént à la partie végétative de la digestion qu’appartient la prédominance , aussi Le besoin des alimens est-il plus modéré et plus facile à satisfaire ; la femme est plus frugale et plus disposée à s'arrêter dans ses repas lorsque la satiété commence à se faire sentir, tandis que l'homme ne trouve fréquemment les bornes de son appétit que dans l'épuisement des plats qui couvrent sa table. L’abstinence coûte moins à la femme , et c'est un bonheur pour elle de se l’imposer à l'insu de tout le monde , afin de pourvoir plus abondamment aux besoins de son époux et de ses enfans. Comme elle prend moins de nourriture et digère plus vite, ses repas lui chargent moins l'estomac, ne diminuent pas son activité et n’influent point sur son humeur. De toutes ces circonstances résultent pour elle une certaine délicatesse et une jouissance plus entière de sa liberté. L'homme est plus dépendant du besoin de nourriture , et se laisse plus facilement entraîner à l'intempérance par la gourmandise ; les nombreux exemples de polyphagie que nous connaissons ont tous été offerts par des hommes; les excès de table ne se concilient point avec la nature de la femme, tandis que, chez l'homme , ils ne sont point absolument incompatibles avec certaines vertus de son sexe.

3° Tous les forts excitans des organes digestifs conviennent mieux à l'homme, dont l'irritabilité plus grande exige aussi des stimulations plus énergiques. Chez la femme , au contraire , c’est la sensibilité qui prédomine dans ces organes, de sorte qu'ils s’accommodent mieux d'une nourriture plus légère et d’excitans moins forts. Ici l'instinct parle aussi haut que l'organisation. En effet :

a. L'homme se rapproche des animaux carnassiers et la femme des herbivores. Les dents qui servent à déchirer ja viande , les canines, sont plus fortes chez l'homme. Elles ont

surtout beaucoup de volume dans l'Eléphant , l'Hippopotame et le Cochon mâles ; elles sont petites dans le Cheval, mais plus petites encore dans la Jument , qui même en est presque

toujours privée. Bechstein (1) prétend que les jumens qui

ont des crochets, sont souvent stériles.

De même, chez la femme, l'estomac est plus allongé et l’intestin plus lony que chez l'homme et les animaux carnassiers.

L'homme est poussé davantage, par son instinct, vers la nour-.

riture animale, qui le rend plus robuste, mais aussi plus

grossier et plus farouche. La femme reste plus fidèle à sa. nature , en ce qu'elle préfère les alimens tirés du règne vé-

gétal, et, parmi ceux du règne anima! , le lait, que les ani-.

maux offrent d'eux-mêmes comme un superflu de leur nutriion. |

b. L'homme éprouve le besoin des épices et des liqueurs

spiritueuses, comme moyens de ranimer , après de fatigans travaux, son irritabilité puissante, mais obtuse, et de redonner du ton à sa fibre, de la vigueur au sentiment de sa propre existence. La femme a moins besoin de ces stimulans, elle en éprouve peu le désir, et, quand elle en abuse , elle perd les caractères de son sexe; le plus hideux de tous les spectacles est celui d'une femme plongée dans les excès de l'ivrognerie.

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& 478. Le ventre , comparé à la poitrine, est plus long chez.

la femme ($ 458), les vertèbres lombaires sont plus hautes, et par cela même la taille est plus élancée. Ainsi , les Chèvres, les Chattes , les femelles des Chevreuils et des Renards, etc, ont la poitrine plus étroite, et le ventre plus long, plus eflilé.

La cavité pectorale de la femme offre les différences sui-

vantes :

A Les côtes sont plus minces , plus plates et plus courtes.

20 Elles s'éloignent davantage de la colonne vertébrale en arrière , et se reportent ensuite plus brusquement en avant, de sorte qu'elles sont plus fortement arquées à leur partie postérieure. Il suit de là que la colonne vertébrale fait plus de saillie dans la cavité thoracique, et que les apophyses épineuses , lom d'être saillantes au dos, y occupent le fond

d’une pouttière.

(A) Gemeinnuetzige Naturgeschichte Poutschlands, {. T, p. 255.

3° Dans le reste de leur étendue, les côtes sont moins courbées et plus tordues sur elles-mêmes, de sorte qu’en décrivant un arc pour gagner la partie antérieure du corps, elles s’inclinent davantage de haut en bas, ce qui fait que le bord.inférieur du corps du sternum correspond à la hauteur du bord inférieur de la quatrième côte (de la cinquième chez l'homme). ;

A° Le sternum est plus court; son extrémité inférieure est placée à la hauteur de la septième vertèbre dorsale (de la onzième , chez l’homme); par conséquent la sixième côte ne se fixe pas , comme chez l’homme , au bord latéral, mais à

l'extrémité inférieure du corps du sternum. Mojon assure que le sternum est plus court aussi chez les eunuques (1).

5° Le diaphragme de la femme est plus petit et situé plus haut; sa partie antérieure s’insère au cartilage de la sixième côte (de la septième , chez l’homme).

6° Le diamètre horizontal de la cavité thoracique est moins

étendu, parce que les côtes sont plus courtes (1e) et plus torses (3°). Le diamètre correspondant à la ligne médiane a surtout moins d’étendue, parce que la colonne vertébrale fait plus de saillie à l'intérieur , ou se rapproche davantage du sternum (2°). Tandis que la poitrine à une voussure plus prononcée en arrière (2°), elle est plus aplatie en devant (3°). Le plan de la cavité pectorale est égal à celui du bassin, au lieu qu'il le dépasse chez l'homme.

7° Le diamètre longitudimal est également plus court chez

la femme ,; à cause de la brièveté du sternum (4°), et parce que le diaphragme s'élève davantage (5°).

. 8° Les poumons sont plus petits, comme aussi les fosses

.nasales , le larynx et la trachée-artère sont plus étroits. Par une suite nécessaire, la respiration est plus faible , et la consommation de l'oxygène atmosphérique moins considérable ; si donc on peut comparer la respiration à la combustion, celle-ci n’est qu'une incandescence calme et tranquille chez la femme, tandis que c'est une flamme pétillante chez l'homme. De là vient que la femme a la faculté de rester plus long

(1) Sur les effets de la castration dans le corps humain, p. 43.

temps dans des lieux renfermés , tandis que l'homme cherche par instinct le grand air, et qu'il éprouve en général plus vivement le besoin de respirer. Cette différence se manifeste déjà au moment de la naissance; car il a été remarqué par Carus que les fœtus mâles sont plus sujets à l’asphyxie lorsqu’ils viennent au monde, et qu’on à plus de peine à les ürer de cet état de mort apparente (1). La cyanose est beaucoup plus rare chez la femme que chez l’homme, l’hémoptysie présente aussi moins de danger chez elle, et la mène moins fréquemment à la phthisie pulmonaire.

On remarque , en outre, une différence entre les proportions de la partie supérieure et de la partie inférieure du thorax (9°, 40°, 14°). “

90 La poignée du Sternum de l’homme est plus courte; sa longueur est à celle du corps de l'os : : 4 : 1,50, chez la femme, :: 4: 4,20 chez l’homme.

10° Les côtes inférieures sont beaucoup plus courtes chez la femme, de sorte que les hypochondres, presque exclusivement formés par les parties tendineuses des muscles , ont plus de mollesse et d’extensibilité. Le creux de l'estomac, situé plus haut, à cause de la brièveté du sternum, est également plus mou, parce qu'il n’a pour limites que les cartilages plus allongés des côtes, tandis que, chez l’homme , la poruon . oSseuse des côtes, qui est plus longue, s’en rapproche davantage.

11° Celles des côtes supérieures qui se portent horizontalement au sternum , sont principalement destinées aux mouvemens inspiratoires ; celles dont la partie antérieure remonte pour aller gagner cet os, contribuent d'une manière plus spéciale aux mouvemens expiratoires (3). {Or, comme les: côtes de la femme s’abaissent davantage (3°), la sixième déjà commence à monter pour aller rejoindre le sternum, tandis que c'est la septième seulement chez l'homme. La portuon de la cage thoracique consacrée à l'inspiration est donc plus petite

(4) Lehrbuch der Gynæcologie , t. 1, p. 43.

(2) Ackermann , Znfantis androgyni historia, p.64. (3) Autenrieth , dans Reil, Archiv , 1. II , p. 6.

chez la femme, et cela d'autant plus que sa partie supérieure est fort étendue. RER

12° Chez l'homme , le diaphragme, qui est plus grand, contribue davantage à l'inspiration, et la poitrine se dilate plus dans le sens de haut en bas, par conséquent à sa base et au moyen du diaphragme. Chez la femme, les muscles qui agissent le plus sont ceux de la périphérie, dont l’eflet est d’élargir la poitrine dans le sens horizontal, parce que les côtes sont plus mobiles et plus torses; aussi les seins s'élèvent et s’abaissent-ils davantage pendant la respiration.

$ 179. La femme a moins besoin de nourriture ($ 177, 2°) et d'air ($ 478, 8°), c’est-à-dire de substances étrangères à son corps, de sorte qu'elle est moins dépendante des choses du dehors. Cependant l'hématose est très-productive chez elle; aussi remarque-t-on qu’elle est sujette à des hémorrhagies plus fréquentes et plus fortes, même habituelles, qu’elle supporte mieux une perte considérable de sang, et qu’elle répare cette perte bien plus vite que ne le fait l'homme. Tous ces eflets tiennent à ce que les vaisseaux eflérens, les lymphatiques et les veines, ont plus d'activité et procurent ainsi une assimilation plus abondante. Mais comme la femme supporte plus long-temps la privation de substances extérieures, il faut qu’elle soit douée également d’une facilité de réassimilation plus énergique, c’est-à-dire d’une activité qui ramène la masse des diverses parties de son propre corps à la forme générale , et reporte les substances ainsi acquises dans le torrent du sang, par le moyen des lymphatiques et des veines, de manière que, dans cette circulation de la matière, les transformations de substances demeurent en quelque sorte intérieures , et que le corps entier maintient par là son homogénéité. Tout cela se rapporte donc à ce que, dans la sphère plastique des femmes, la direction de dehors en dedans prédomine sur l’autre, l'association des substances sur leur disgrégation , Ja formation du sang sur la décomposition, tandis que, chez l’homme, la direction de dedans en dehors, les rapports avec le monde extérieur, la décomposition de tout ce qui à reçu forme, et le besoin de substance nouvelle et étrangère, Ont un Caractère d'énergie plus prononcé. Au reste,

le sang des femmes contient , suivant Lecanu , plus d'eau et d'albumime , et moins des autres principes solides, que celui des hommes. Fœædisch (4) estime que la proportion, calculée en millièmes, serait à peu près la suivante :

Chez l’homme. Chez la femme.

Fer 9 8 Fibrine 28 25 Cruor 140 129 Albumine 91 96 Eau 732 742

& 180. Le système vasculaire de la femme offre plusieurs particularités.

1° Le cœur est plus petit.

2 Les parois des artères ont moins d'épaisseur et de cohésion , de sorte qu’à cet égard aussi leur prépondérance sur les veines est moins considérable que chez l'homme. Suivant Clifton Wintrmgham , la densité de l'aorte ascendante d’une femelle d'animal était à celle du mâle . .1 1,238, et quand la densité de la veine était à celle de l'artère : :4 ? 1,166 dans une femelle, elle était : : 11,238 dans le mâle ; la différence était plus grande entre les artères des deux sexes qu'entre leurs veines, puisque l'aorte de la femelle était ‘à celle du mâle ©? °1 74,044, et la veine cave de la première à celle de la seconde : :1°1,006 (2).

30 Le système vasculaire de la femme est plus faible et plus irritable , la circulation plus rapide , le pouls plus fréquent , plus mou, moins fort, plus variable et plus facile à accélérer. Le pouls des eunuques est plus petit et plus faible que celui des hommes.

& 181. Parmi les sécrétions, celle de la graisse prédomine chez la femme , parce qu’elle produit une substance qui reste dans l’économie , s'applique également aux besoins de toutes ses parties, et supplée jusqu’à un certain point le défaut de nourriture. Cette prédominance paraît dépendre de ce que le sang contient plus de carbone, la respiration étant plus

(4) De morbosa sanguinis temperatione , p.410.

(2) Haller, £lem. physiol., t: VIT, P. IT, p. 161.

faible , surtout proportionnellement à la digestion. L'abondance de la graisse rend les contours de la forme extérieure plus moelleux. L'eunuque est plus gras que les hommes n’ont coutume de l'être , et la virago est plus maigre et plus sèche que la femme. Chez l’homme, la décomposition et la sécrétion excrémentitielle sont plus considérables ; il rejette plus de mucosités par la bouche et le nez, et l'urine se forme chez lui en plus grande abondance. La femme sécrète moins d'urine, et elle est moins fréquemment atteinte de maladies des voies urinaires ; elle à une vessie moins spacieuse, et cependant elle peut retenir plus long-temps son urine, probablement parce que ce liquide est résorbé en plus grande quantité chez elle.

$ 182. La peau, organe délimitateur qui marque l’individualité , est moins développée chez la femme, plus fine, plus molle , plus lisse, plus blanche et plus translucide; les veines percent davantage à travers son tissu , et ses vaisseaux Capillaires contiennent moins de sang. Chez l'homme, elle est plus dure, plus tendue , plus solide; les eunuques et les hommes efféminés ont la peau plus molle et plus lisse. La transpiration exhale une odeur plus forte, qu’on ne remarque point chez les eunuques. Le développement plus considérable de la peau et l'abondance plus grande de substances combustibles et réfringentes chez les animaux mâles s'expriment par des couleurs plus variées , plus foncées, plus éclatantes , et plus tranchées. On peut s’en convaincre chez beaucoup d’Insectes, les Lépidoptères surtout. Le même phénomène a lieu aussi chez certains Poissons ; le mâle est plus coloré et plus brillant dans le Cyprinus tinca (1) et le Syngnathus papacinus ; dans le Labrus viridis, le mâle est d'un vert éclatant, et la femelle d’un vert brun ; dans le Zutjanus melops, le premier est rouge et l’autre brunâtre (2); le mâle du Cottus scorpius à le ventre rouge et la femelle l’a blanc; dans le Gobius niger, le mâle porte une bande bleuâtre sur les nageoires ventrales et anale, qui sont incolores chez la fe-

(4) Bloch, OËkonomische Naturgeschichte der Fische, . X, p. 467. (2) Meckel , Traité gén. d’anat. comp. , t. I, p. 353.

melle (1). (Le ventre du mâle est rose dans le Cottus anostomus, et pourpré ou d’un rouge de feu, dans le Guasterosteus pungitius, tandis que celui des femelles est blanc) (2). Les mâles brillent des plus vives couleurs chez quelques espèces de Sauriens et de Batraciens. Ce phénomène n'est dans aucune classe plus répandu et plus prononcé que dans celle des Oiseaux; parmi les Passereaux, chez l’Ortolan, dont le mâle a la tête et le cou d’un vert olivâtre, tandis que ces parties sont plus cendrées dans les femelles; parmi les Grimpeurs, chez les Pics; parmi les Palmipèdes, chez le Mergus merganser, dont la tête et le cou sont d'un vert foncé chatoyant dans le mâle et d'un brun rouge dans la femelle ; chez le Mergus albellus, dont la huppe est d'un vert noirâtre et blanche et le dos noir dans le mâle, tandis que ces deux parties sont brunes dans la femelle; parmi les Echassiers, chez la Grue, dont le derrière de la tête est d’un cendré foncé dans le mâle et d’un gris pâle dans la femelle; chez le Butor, dont le bec est noirâtre en dessus et vert de mer en dessous dans le mâle, brun foncé en dessus et jaunâtre en dessous dans la femelle ; chez la Bécassine, dont la femelle est d’une teinte plus claire et plus pâle; parmi les Gallinacés , chez lesquels la différence saute aux yeux dans l'espèce du Coq domestique et dans celle du Paon; dans le Coq de bruyère le mâle a la tête et le cou gris, la poitrine d’un vert foncé brillant, et ces parties sont d'un rouge brun chez la femelle ; dans le petit Tétras le cou et la poitrine sont d'un bleu brillant chez le mâle et d’un rouge brun chez la femelle , qui a le reste du corps d’un brun foncé, tandis qu'il est de couleur de rouille chez le mâle ; dans le Faisan, le mâle est brillant et chamarré, il a le cou et le ventre verts, la poitrine rouge et jaune, au lieu que la femelle est brune, avec des taches plus foncées et noires ; dans le Coracias garrula, le mâle est d'un vert chatoyant, la femelle d'un gris brunâtre ; dans la Perdrix, le mâle porte un plastron châtain sur la poitrine et les plumes de sa queue sont d’un rouge foncé; dans l'Otis tetrax, il a une bande

(1) Rathke , Beitræge zur Geschichie der Thierwelt, t, IT, p. 206. (2) Addition de Rathke.

s CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT, 315

blanche autour du cou; dans le Tetrao rufus , ses couleurs sont plus foncées, etc. Parmi les Mammifères , les mâles des espèces surtout qui vivent à l’état sauvage, comme le Blaireau , le Lynx, etc., ont des couleurs plus vives. L’'inverse paraît n’avoir lieu que dans le règne végétal, où l’on remarque que les plantes diclines ont leurs fleurs femelles teintes de couleurs plus foncées et plus variées (1), peut-être en raison de la tendance à la monogénie.

$ 183. Le développement des différentes formations et excroissances qui se rattachent à la peau, suit pas à pas celui de l'organe cutané lui-même.

I. Telles sont d’abord les crêtes, ou les appendices cutanés susceptibles d'entrer en turgescence , et dont la plupart se rattachent aux organes de la respiration.

1° Les crêtes sont plus fortes chez le mâle que chez la femelle. Celle du Coq domestique est droite et grande, celle de la Poule, pendante et petite, celle du Chapon, maigre et peu développée. Le Dindon a une grande crête, qui se gonfle lorsque l'animal éprouve quelque passion. Les Pigeons mâles se rengorgent plus que les femelles. Dans la Perdrix , le Tetrao lagopus , le Coracias garrula, “ete. le mâle a autour des yeux une peau plus développée, verruqueuse et d'un rouge foncé.

2° Les mâles seuls ont, dans le Faisan, des lambeaux de peau rouge autour des yeuxk, dans le Vultur gryphus et le Casoar , une crête sur la tête, dans le Gallus furcatus, une crête sur le bec, dans le Tringa pugnax, un tissu spongieux et verruqueux sur les côtés de la face, etc. Parmi les Mammifères, le mâle du Phoca cristata porte sur le nez une crête qui pend sur le côté de la bouche.

IT. Les poils et les plumes sont plus développés chez les mâles. |

3° La huppe qui garnit le sommet de la tête dans les Mergus merganser €t albellus, Upupa epops , ‘ Podiceps cristatus, Anas rufina et fuliqula, Corvus glandarius, Colymbus cristatus, Platalea leucorodia, et plusieurs espèces d'Ardea,

(4) Henschel. Von der Sexualitæt der Pflanzen ; p. 353.

316 CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT. e

est plus grande chez les mâles que chez les femelles. Dans le mâle de l'Æmpelis garrulus , les rémiges postérieures se terminent par un prolongement en forme de palette, qui ressemble à du parchemin, et dans celui du Gallus Sonnerati, les moyennes et petites tectrices des ailes sont terminées par une palette cartilagineuse. Le mâle du Coracias garrula à les rectrices extérieures plus longues et noires à l'extrémité : les moyennes sont arquées dans l'Anas anser, longues et droites dans les Ænus acuta et glacialis, d’une longueur con- * sidérable dans le Phasianus argus. Parmi les Mammifères, le Bouc a une barbe plus longue et plus forte que celle de la Chèvre. Les femelles des Mammifères, par exemple, les Brebis, les Chèvres, etc., ont en général le poil plus fin et plus soyeux. De même les cheveux de la femme sont plus fins : ils sont plus grossiers et plus cassans chez la virago-

4° [ln est pas moins commun de rencontrer des poils et des plumes appartenant d'une manière spéciale aux mâles des animaux. Le Dindon et le Paon portent à la queue des plumes parüculières, éclatantes, variées en couleur et susceptibles de se redresser, de se déployer en manière d’éventail. Le Coq domestique en a également de longues sur les côtés de la queue. Il en est de même chez les mâles de l'oiseau de Paradis et du peut Tétras, où elles sont placées en forme d’arcs et donnent à la queue l’apparence d’un lis. Le mâle de l'Anas galericulata à les plumes de ses ailes redressées. Dans celui du Colymbus cristatus , un bouquet de plumes descend de la joue et de la gorge. Celui de l’Otis houbara à une cravate de plumes chamarrées. Un bouquet de poils raides se voit à la face antérieure du cou chez le Dindon, et lOutarde mâle à une bandelette de plumes plus grèles que les autres, qui s'étendent en manière de barbe depuis le bee jusqu'au dessous des yeux. On trouve une crinière dans le mâle du Phoca jubata; cette crinière s'étend depuis le milieu du cou jusqu'aux épaules dans l'Élan mâle ; elle couvre latête et la nuque chez le Lion. Dans le Bouquetin, il n’y à que le mâle qui ait une barbe. La femme n’a de poils que sur la tête, sous les aisselles et au pubis ; chez l'homme, ils s'étendent des tempes au menton, des aisselles à la poitrine, de la région

pubienne à l’ombilic et au périnée. La barbe se rattache à la faculté génitale chez l’homme; elle commence à paraître vers l'âge de la puberté, se développe en raison directe de l'énergie des facultés procréatrices, manque chez les hommes efléminés et les gynandres, se réduit presque à rien ou même ne se manifeste pas chez les eunuques, et croît au contraire chez la virago. C’est pourquoi, dans tous les temps, elle a fait l'orgueil de l'homme, et on l’a traitée comme une chose fort importante , honorable, sacrée. Moïse avait défendu à son peuple de se raser; couper la barbe à quelqu'un était, chez les Indiens, la punition de crimes graves, et chez les peuples de là Germanie, un irréparable affront. Le Romain sacrifiait ordinairement sa première barbe à Jupiter Capitolin , et l'Osmanli jure par sa barbe, dont le soin l’occupe pendant une srande partie de la journée. Il à fallu l'exemple des rois en France pour déterminer les courtisans d'abord, et ensuite toute l'Éurope civilisée, à quitter la barbe, et la pius périlleuse de toutes les innovations du Grard-Turc fut de vouloir assimiler ses soldats aux troupes européennes jusqu'au -point de leur mettréle menton à nu. Il n'est pas rare que de la barbe pousse aux femmes dont les règles se sont supprimées , ou qui ont atteint l'âge du retour (1). Au reste les poils sont, en général, dans le sexe féminin, plus rares, plus fins , plus mous, plus flexibles et plus lisses (2). IH. Les formations cornées méritent aussi qu’on les étudie. 5° La femme a des ongles plus délicats et plus translucides. 6° Dans les espèces du Coq domestique, de la Perdrix, du Paon, etc., le mâle porte des éperons aux pattes , où les femelles n’ont que de simples tubercules. Bechstein à vu un éperon mousse dans le cas de conformation hermaphrodite. L'Ornithorhynque mâle a ordinairement des éperons. 7° Lorsque les deux sexes sont pourvus de saillies cornées et osseuses, celles des femelles sont ou plus courtes, plus petites et en partie moins Courbées, par exemple, dans le Rhinocéros, le Renne, le Bouquetin , le Chamois et la plupart

(4) Eble, Die Lehre von den Haaren in der organischen Natur, Vienne 4831 , t. II ,p. 222.

(2) Ibid., p. 79.

518 CARACTÈRE SEXUÉL MÉDIAT.

des Antilopes, ou plus longues, contournées, mais en même temps plus faibles et plus cassantes, tandis que celles des mâles sont plus propres au combat par leur brièveté, leur épaisseur et leur solidité, comme chez les Ruminans, par exemple. Les cornes les plus longues , mais les moins dures et les plus cassantes , sont celles des Bœufs qu'on a châtrés de bonne heure; la même chose à peu près arrive chez les Vaches hermaphrodites (4).

8° Les Brebis et les Chèvres n’ont point, en général, de cornes, et, quand elles en portent, ces excroissances sont plus courtes et plus faibles.

9° Le mâle seul porte des cornes dans les espèces du Cerf domestique , du Daim, du Chevreuil, de l'Élan, de la Gazelle et des Antilope qutturosa et cervicapra. Lorsque le Cerf subit très-jeune la castration, sa tête ne s’orne pas de bois, et il y pousse seulement des tubercules informes , qui ne durcissent jamais entièrement. Lorsqu'on le châtre après qu'il a jeté son bois, il n’en reprend plus, et l’on assure que, quand le bois vient à être blessé avant l'époque, du rut , l’animal demeure toute l’année incapable de se reproduire. Les Chevreuils femelles poussent quelquefois un bois très-court pendant la captivité, lorsqu'elles sont privées du mâle à l'époque de la chaleur, et quand on leur fournit une abondante nourriture. Valmont de Bomare à trouvé, chez une Biche qui avait des bois, de gros ovaires semblables à des testicules et un clitoris | volumineux; chez une autre, qui n'avait qu'un seul bois, l'ovaire du même côté était dégénéré et squirrheux.

Parmi les Insectes, les mâles du Scarabée nasicorne et du Cerf Volant ont seuls des excroissances en forme de cornes.

$ 184. Le volume du corps présente des différences qui méritent d’être notées.

1° Toutes les classes du règne animal nous offrent des exemples de femelles dont la taille surpasse celle des mâles. Tels sont, parmi les Entozoaires, l’Ascaride et l'Échinorhynque , chez lesquels la femelle est à la fois plus grosse et plus longue ; ‘parmi les Insectes, plusieurs Lépidoptères, notam-

(4) J. Hunter, oc, cit,, p. 49.

ment crépusculaires et nocturnes , chez lesquels la différence est déjà sensible dans les chrysalides ; certains Coléoptères et la plupart des Hyménoptères et Diptères ; les Arachnides ; parmi les Crustacés, les Cyclops, Daphnia et Lygius , chez lesquels la femelle est trois ou quatre fois plus grosse que le mâle; les Bopyrus, chez lesquels sa longueur surpasse à peu près six fois celle du mâle, d’après Rathke; parmi les Poissons, le Lutjanus venosus, mais surtout les Squales ; parmi les Reptiles, le plus grand nombre, notamment les Anoures et les Chéloniens ; parmi les Oiseaux, les Rapaces diurnes principalement, et sinon tous les monogames (4), du moins la plupart d’entre eux (2); parmi les Mammifères, enfin, la Baleine, le Fourmilier et l’Aurochs, chez lesquels cependant la femelle est plus débile que le mâle.

2: En général , la longueur prédomine dans la forme des mâles, et la largeur dans celle des femelles. Cette différence s'aperçoit déjà chez les végétaux dioïques ; les individus mâles croissent plus en hauteur, ils deviennent plus élancés, et leurs feuilles aussi s’allongent davantage ; les individus femelles croissent plus en longueur, sont plus ramassés et moins hauts de taille (3). Quoique la femelle de l'Élan ait beaucoup plus de masse que le mâle, puisque, suivant Wansenhéim , elle pèse cent livres de plus, cependant elle est un peu plus petite en arrière, plus petite encore en avant, et surtout beaucoup plus courte que lui. Il en est de même chez certains Insectes, par exemple dans les Æylotoma , où la femelle est épaisse et ronde, et le mâle eflilé.

3° C’est surtout l'abdomen des animaux femelles qui se développe davantage.

a. Il est plus large, comme dans les genres Tarpa, Tenthredo, Lyda, etc., chez les Insectes.

b. Ou bien il est plus épais, comme chez les Sirex et les

(4) Rudolphi, Beitræge zur Anthropologie, p. 181.

(2) Tiedemann, Zoologie , t. IT, p. 693.

(3) Meinecke , Ueber die Zahlenverhæltnisse in den Fructificationsorganen der Pflansen ; p.40,— Mauz, dans Sprengel, Veue Entdechungen,

t. IIL, p. 345.

Xiphyria, où les femelles l'ont cylindrique et les mâles aplatr.

c. Ou il est plus gros et plus long, par exemple, dans le Chlorion.

d. Chez plusieurs Insectes, tels que les Larra, Bembex, Liris, Bethylus , Scolia, Hellus, Vespa, Polistes, Prosopis, Mellinus, Apis et Formica, l'abdomen a sept anneaux dans les mâles , et n’en à que six dans les femelles (4).

e. Dans certains Mammifères, tels que le Lièvre, la Loutre, il est seulement plus long et plus eflilé chez les femelles, tandis que les mâles l'ont plus court et plus resserré.

Le Le mâle est plusgros et a un corps plus volumineux chez plusieurs Insectes; chez les Oiseaux , non-seulement dans les espèces polysames , telles que le Coq domestique, la Gélinotte, l'Outarde, le Coq de Bruyère, où la femelle pèse huit livres et le mâle douze à quatorze ; le petit Tétras, où la femelle pèse deux livres trois quarts et le mâle quatre livres ; le Faisan, où le

mâle pèse près de deux livres et la femelle deux et demie à trois livres, le Mergus Merganser, où le mâle est d’un tiers environ plus gros; mais aussi dans quelques espèces monogames, comme les Pigeons, les Cigognes, les Grues et certains Passereaux ; chez les Mammifères, où les mâles ont surtout la tête et les membres beaucoup plus gros, notamment parmi les Carnassiers , dans les Lions, les Loups, les Renards, les Blaireaux , les Martes , les Lynx, etc. ; parmi les Ruminans, dans les Chevreuils et les Gerfs, la Biche pesant à peu près deux cents et le mâle trois cents livres; dans les Phoques, par exemple, le Phoca proboscidea , dont le mâle est une fois aussi gros que la femelle, ete. De même , la femme est plus petite que l'homme ; la virago est ordinairement de grande taille, et l’homme efféminé de petite stature. En général, les grandes femmes sont moins fécondes que Îles autres.

& 185. Chez la femme, la cohésion se rapproche en général davantage de l'indifflérence et du liquide, de sorte que le corps entier est plus mou ; chezl'homme , les antagonismes de forme solide et de forme vaporeuse sont plus développés, ce qui

(4) Klug , dans Magasin fuer die neuesten Entdeckunÿen , t. 1. p. 68,

fait que le corps est plus ferme, plus élastique, plus rebondissant. On remarque déjà, dans les plantes dioïques, que les individus mâles sont plus secs. La solidification prend aisément le dessus dans le corps masculin : de là vient que les indurations, les ankyloses, les ossifications de cartilages et d’artères, les concrétions pierreuses, les tophus arthritiques et la lèpre, sont des affections plus communes chez l’homme que chez la femme. Chez celle-ci, au contraire, la fluidification est très-encline à dépasser ses limites normales, ce qui rend les personnes du sexe plus exposées aux ramollissemens des os, aux flux muqueux et à la leucophlegmatie. L’eunuque est exempt de la goutte et moins sujet à la lèpre ; ses os conservent leur mollesse pendant plus long-temps (1) ; il est fréquemment atteint d'hydropisie et de chlorose , rarerement de rhumatismes et d’inflammations.

$ 186. On a souvent essayé d'exprimer le caractère sexuel par une formule chimique. Comme, d’un côté, on attribuait à l'oxygène en général le rôle de principe actif, et que, d'un autre côté, on avait toujours sous les yeux la respiration plus faible des femmes, on donnait pour caractère au sexe masculin d'être riche eg oxygène, et au sexe féminin d’abonder en principes combustibles (2); c’est-à-dire, qu'on regardait le premier comme de l'hydrogène oxygéné, avec un excès d’oxygène libre, et le second comme de l'hydrogène oxygéné avec un excès d'hydrogène (3), ou, pour employer une formule plus courte, l'un comme acideet l’autre comme alcali (Mitchill). Mais d'abord on allait beaucoup trop loin quand on s’imaginait trouver dans cette différence chimique la cause de toute la sexualité. Les partisans de la physiologie chimique ne connaissaient d’autres dieux que l'oxygène et l'hydrogène; cependant ce ne sont à en réalité que des Dii minorum gentium ; 11 s'en faut de beaucoup que la sphère chimique soit la première de toutes, celle de laquelle tout dépend, et bien loin de là , elle n’est elle-même qu'une expression du rapport mutuel des forces. Il faut donc, quand on veut caractériser

(4) Mojon, Loc. cit., p. 42.

(2) Wagner, Von der Natur der Dinge, $ 323 et 329.

(3) Ackermann, {nfantis androÿynt historig , p. 5S.

un être, avoir égard à sa Composition chimique , mais celle-ci doit être envisagée elle-même sous’ un point de vue plus élevé. Alors on reconnaît que tout ce qui a été dit sur le rapport ou la proportion des élémens , est entièrement dénué de fondement.

4° La respiration, l’mhalation de l'air atmosphérique, est plus faible chez la femme. Une respiration vive et forte, chimiquement parlant , est égale à une combustion plus active, et dépend par conséquent d’une plus grande combustibilité. Mais une grande combustibilité tient elle-même à la prédominance des matériaux combustibles et au défaut d'oxygène. Donc le corps masculin doit être plus combustible que le corps féminin.

2° De même que le caractère sexuel en général, la nature chimique des sexes doit s'exprimer aussi de la manière la plus précise dans les substances qui servent à la génération. Mais la substance du testicule est la plus volatile de celles qu’on trouve dans le corps entier ($ 83, 1° ), et la substance génitale masculine est plus combustible, la féminme plus aqueuse et plus riche en oxygène (8 91: 5°).

3° Il arrive souvent , dans les plantes dicknes . que la fleur femelle est sans odeur, et que la fleur mâle seule en répand une (1). Demême, les Putois mâles exhalentune odeur beaucoup plus forte que les femelles. Le mâle seul du Moschus moschiferus donne du muse, et lafemelle n’en fournit point. On ne retire ordinairement que deux gros de castoréum de la femelle du Castor, tandis que le mâle en donne quelquefois une livre. La glande temporale de l'Eléphant mâle sécrète beaucoup plus de matière odorante que celle de la femelle. La transpiration cutanée est plus abondante et plus chargée d’odeur, . la secrétion bilieuse plus copieuse, la fièvre bilieuse beaucoup plus commune , ainsi que la fièvre putride , chez l'homme que chez la femme. L’oxygène est le principe qui produit les combinaisons , et le combustible ce qui les détruit; or comme la combinaison prédomine chez la femme et la décomposition chez l'homme ($ 191, 2°, $ 479), la proportion des élémens se trouve en harmonie aussi avec ces caractères.

(1) Henschel, Jon der Sexualitæt der Pflansen, p, 353.

CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT, t 505

he Mais, parmi les formes du combustible, nous distinsuons encore le carbone, qui désigne particulièrement la composition végétale, et l'azote, qui prédomine dans le corps des animaux. Les parties les plus développées dans l’organisme masculin sont le muscle, riche en azote ($ 190 , 3 jet l'os ( $ 190, 4, ); dans celui de la femme, on trouve davantage de tissu cellulaire, qui abonde en carbone ($ 187, 5°), et une plus grande quantité aussi de graisse ($ 181). La composition se rapproche done davantage du caractère animal dans le premier, et du caractère végétal dans la seconde. Ainsi, même dans le pollen, on voit déjà paraître une compcsition animale ($ 82), pendant que le produit de l'ovaire est purement végétal. Il est prouvé que le carbone ne détermine point l’inhalation de l'oxygène dans la respiration, puisqu'il est déjà oxygéné dans le sang veineux lui-même ; mais il peut fort bien, dans certaines combinaisons avec l'hydrogène, arriver jusqu'à la véritable combustion, et c’est ainsi qu'il paraît dépendre de sa prédominance que les combustions spontanées soient infiniment plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. Peut-être aussi est-ce à la même cause qu'il faut rapporter l'éclat supérieur à celui des mâles que jettent les femelles des Lampvyres.

Ç 187. La plasticité est plus forte dans le corps de la femme.

4° La nutrition et la conservation de soi-même s'opèrent

sans avoir besoin d’une aussi grande quantité de substances et d’excitans venant du dehors ($ 179 ). |

2° Le plus haut degré de la formation , la génération, prédomine chez la femme ($ 157 ).

3° Toutes les périodes de la vie, développement , accroissement, puberté et décroissement, se succèdent avec plus de rapidité. On observe même un accroissement plus rapide chez les eunuques.

h° Le tronc de la femme, le bas-ventre surtout, est plus long que celui de l’homme ($ 158, 178, 184, 3°). Quand les mâles des Mammifères ne se distinguent point par leur grosseur en général, ils le font au moins par le volume de leur tête, de leur poitrine et de leurs membres; et chez les animaux inférieurs, la grosseur de la femelle ($ 184, 4°) tient

32! CARACTÈRE SÉXUEL MÉDIAT.

en partie, d’un côté à ce qu'il faut mettre le corps entier en balance avec {a cavité abdominale , d’un autre côté à ce qu'on ne fait point assez d'attention aux membres.

5° Le tissu cellulaire , comme le premier et Le plus général des tissus organiques, est plus abondant, plus lâche et plus répandu chez la femme. |

$ 188. Le pollen doit être considéré comme une substance végétale dissrégée et manquant de liaison organique; on peut, jusqu’à un certain point, dire que sa formation est une décomposition qui se rapproche de Ia putréfaction (1). Demême aussi le sperme est une matière purement excrémentitielle ($90, 3), et le testicule un organe excrétoire (8 94, 3°). Conformément à ces idées , la plasticité masculine se montre active principalement dans les rapports avec le monde extérieur ( dans la digestion, la respiration et la transpiration cutanée), comme prédominance de la décomposition et de l’excrétion, comme activité plus grande du renouvellement des matériaux , de la consommation et de la destruction de soimême, tandis que celle de la femme a pour effet de retenir davantage les matériaux, de les moins détacher, de les mieux enchaîner, et par conséquent d’avoir moins besoin des substances du dehors ($ 179). Aussi, les maladies putrides sont-elles beaucoup plus communes et plus violentes chez l'homme que chez la femme. Le Cerf perd son bois tous les ans; le réduit-on, avant qu'il l'ait jeté, à la condition féminine, en le soumettant à la castration, il le conserve pendant toute sa vie ; le châtre-t-on avant que sa tête se développe, au lieu de bois, il lui pousse quelquefois des tubercules informes, qui ne tombent jamais. De même , le bois que les : femelles poussent parfois lorsque la fonction génitale est entravée chez elles, ne se détache point, mais augmente continuellement de force et de dimensions (2). ‘Les mâles des Insectes changent plus souvent de peau que leurs femelles ; les Ephémères mâles, par exemple, muent trois fois, selon Swammerdam, tandis que les femelles n’éprouvent que deux

(4) Henschel , Loc. cit., p. 434-459.

(2) Neujahrsgeschenk fuer Jagd-und Forstliebhaber, 4799, p. 47.

mues. Les femmes perdent leurs cheveux plus tard, et, en général deviennent bien plus rarement chauves que les hommes; ce n'est qu'après les fièvres aiguës qu’elles semlent perdre plus fréquemment cette parure de la tête, qui ordinairement néanmoins repousse un peu plus tard. On remarque aussi que les cheveux des eunuques tombent plus tard et en moins grande quantité (1). Cette prédominance de la décomposition ou de la composition se manifeste également dans la durée plus oumoins longue de la vie. La vie desfemmes court plus de dangers à l’époque de a puberté, pendant la grossesse , la parturition, les couches, et à l'extinction de la faculté procréatrice, ce qui ne l'empêche pas de durer plus long-temps que celle des hommes. ($ 630, 4°-9%), Mauz a remarqué (2), dans les plantes dioïques, que les femelles résistent bien plus aux blessures que les mâles.

b. Expression du caractère sexuel dans les fonctions animales.

$ 189. La femme à moins de réceptivité pour les impressions, qui l’affectent d’une manière plus légère. Sa sensibilité est plus active et prédomine davantage sur la force musculaire. Ainsi, elle a un sommeil plus léger et plus court ; elle souffre plus souvent de maladies nerveuses et de spasmes, qui dépendent d’une prédominance anormale des nerfs sur les muscles. L'homme a davantage de force physique ; chez lui, les maladies aiguës , notamment sthéniques , celles qui tiennent à un excès d'irritabilité, sont plus fréquentes et plus mtenses. L'homme efléminé et l’eunuque ont peu de force musculaire. Déjà , dans la fleur des végétauxi, l’étamine est le véritable prototype de la force motrice animale libre et dégagée de toutes entraves. On prétend aussi que l'électricité des Poissons engourdissans, qui tient immédiatement à la sensibilité, est plus considérable chez les femelles que chez les mâles (3). Et comme nul autre viscère n’est plus immédiatement embrassé par des muscles soumis à la volonté que le testicule ($S 88, 3, 8°), de même, dans la génération, l'homme agit

(4) Withof , De castratis commentationes, p. 52.

(2) Sprengel, Neue Entdeckungen , t. III, p. 350, (3) Virey, Hist. des mœurs des animaux, t, I.

plus par sa force musculaire et la femme davantage par sa réceptivité : sous ce rapport, les deux sexes se comportent jusqu'à un certain point l’un à l'égard de l’autre comme le muscle et le nerf.

$ 190. La vie animale extérieure , ou le mouvement volontaire , a plus d'énergie dans le sexe masculin. Tandis que le Puceron mâle se montre vif et alerte , la femelle, semblable à une excroissance galliforme de la plante, reste immobile et pelotonnée en une! masse globuleuse sur la branche d'un arbuste , attire à elle le suc de cette plante, se laisse féconder, pond et meurt, laissant son cadavre collé à la même place. La femelle de certaines Lernées s’insinue, d’après Nordmann, dans la chair des Poissons, et y demeure immobile jusqu'à la mort, perdant peu à peu ses membres, qui.disparaissent, pendant que le mâle continue à se mouvoir librementi sur elle.

1° Chez certains Insectes , la femelle a des membres d'une forme particulière. Ainsi, tantôt les pattes en général sont plus courtes et plus fortes , comme dans les Fourmis, ou plus velues, comme dans les Andrènes et les Eriops ; tantôt celles de devant diffèrent des autres pour la forme, comme dans l'Oryssus, sont plus garnies de poils comme dans la Pepsis, ou ont en même temps plus de volume , comme dans les Sphez ; tantôt enfin celles de derrière sont plus grosses, comme dans plusieurs Hyménoptères. Chez d’autres, ce sontles membres des mâles qui présentent une configuration spéciale ; tantôt les pattes antérieures sont parsemées de poils épais, comme dans les Nymphales, ou arquées, et garnies de soies, comme dans les Nomades, ou munies d’un tibia fortement renflé’, comme dans le Gryllus clavimanus , ou enfin pourvues de trois premiers articles larges et spongieux à leur face inférieure , comme dans la plupart des Hydrophiles; tantôt les pattes de ‘derrière sont plus volumineuses, comme dans les Cimbex , ou munies d'un tibia et d’un tarse longs etlarges, comme dans les Pepsis (4). Dans les Crustacés mâles, les pattes de devant, spé-

(4) Meckel, Traité gén. d'anat. comp., t. I, p. 305. —Klug, dans Magazin fuer die neuesten Enidechkungen , 1. IT, p. 68.

cialement les serres, acquièrent un plus grand développement, Chez quelques Oiseaux , le mâle a des tarses plus robustes.

20 Dans le Gryllus Lazvmanni, la femelle n’a point d’ailes du tout, mais le mâle en a des rudimens. La femelle est sans ailes et la mâle ailé dans le Bombyx antiqua , les Mutilles , les Lampyres et quelques autres Coléoptères. La femelle de l’Abeille a des ailes fort courtes, et celle de la Phalæna dis- * par vole peu. Dans le mâle des Locusta, les deux ailes se touchent et ont l'air de s’articuler ensemble. Les ailes des Papillons mâles sont plus grandes et plus larges. Chez plusieurs Oiseaux , le mâle a des ailes plus développées que celles dela femelle ; par exemple, dans le Phasianus argus, es rémiges sont deux fois plus longues, et tandis que l’envergure de la femelle ne s'élève qu'à deux pieds, celle du mâle est de deux pieds dix pouces.

3° La queue est plus forte chez plusieurs Mammifères mâles, le Loup par exemple, ou plus mobile, comme chez le LiSure. qui. se distingue parce qu’en fuyant il la redresse fréquemment.

Chez la femme , tout le système locomoteur est plus faiblement développé.

£° Les muscles des femmes ont une teinte plus claire et plus pâle ; ils sont plus mous, plus minces et plus faibles, ce qui tient en partie à ce que là faiblesse .de la respiration ne permet point que la fibrine acquière un aussi haut degré de perfection. Chez les eunuques les muscles sont plus faibles et plus relâchés que chez l'homme (1). La différence chimique des muscles dans les deux sexes se manifeste aussi, chez les animaux, par leur saveur ; quand la chair est très-molle , elle est plus savoureuse chez les mâles, par exemple dans la Tanche et plusieurs autres Poissons; au contraire, la chair des femelles des Mammifères a plus de goût, parce qu'elle est plus délicate, plus fine, plus facilé à déchirer, et celle des mâles acquiert les mêmes propriétés après la castration.

Les muscles de la femme ne font point saillie à la surface, comme ceux de l’homme, parce qu'ils sont d’une part plus minces, d'un autre côté plus entourés de graisse etde tissu cellu-

(4) Mojon, Loc. cit., p. 13,

laire. Les muscles de la virago sont mieux dessinés. Toutes les manifestations d'irritabilité qui exigent de la force, tous les travaux mécaniques grossiers et continus, ont donc été assignés à l'homme par la nature , qui a voulu pour cela que ses muscles fussent plus robustes. |

5° Les tissus tendineux sont moins serrés chez la femme, et renferment davantage de tissu cellulaire ; les cartilages sont plus mous, plus minces et plus flexibles ; les os plus minces, plus lisses, moins solides , moins garnis de saillies et d’enfoncemens , comme on le voit aussi dans les eunuques (1), tandis que la virago a des os plus forts. La diaphyse des os longs est plus faible et plus arrondie chez la femme , et le corps des os courts plus petit, tandis que les surfaces articulaires ont à peu près la même étendue que chez l’homme; de là il suit que la mobilité est plus grande. En général donc, la femme a moins de masse osseuse ; chez un homme et une femme d’un poids égal, et pesant chacun cent trente livres environ, le poids du squelette est, suivant Autenrieth, de dix centièmes dans le premier et de huit dans la seconde (2).

6° La colonne vertébrale de la femme est plus longue, parce que les corps des vertèbres ont plus de hauteur et les cartilages intervertébraux plus d'épaisseur. Les apophyses transverses se dirigent un peu plus en arrière, comme les côtes ($ 178), de sorte qu'il se forme un enfoncement plus considérable entre elles et les apophyses épineuses. Le canal vertébral est plus ample, et les trous intervertébraux pour le passage des nerfs sont plus grands. Comme , par cela même, la moelle épinière est proportionnellement plus grosse, et qu'ainsi le centre de la sensibilité prédomine davantage sur la masse périphérique , les muscles sont plus dominés par la sensibilité : les mouvemens s'exécutent avec plus de facilité et d’aisance; ils sont plus agréables, plus expressifs et moins fatigans ; la femme en est plus maîtresse , parce que la masse qu'elle doit mouvoir oppose moins de résistance.

7° Ses membres sont plus courts en proportion du tronc. Ils

(4) Mojon, loc. cit., p. 43.

(2) Reil, 4rchiv , t. VII, p. à.

se rapprochent davantage de la forme féminine dans les hermaphrodites femelles et de la forme masculine dans les hermaphrodites mâles.

$ 191. Les membres fournissent aussi quelques traits au caractère des sexes.

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