‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 18 sur 108 · DE LA NUTRITION ET DE LA SÉCRÉTION · texte numérisé non relu

DE LA NUTRITION ET DE LA SÉCRÉTION

$ 778. La décomposition vivante du sang ; embrasse la nutrition et la sécrétion.

Le Le mot de nutrition est équivoque ; car on s’en sert pour désigner tantôt l’acte tout entier qui constitue la formation continuelle de substance organique, y compris celle du sang; tantôt seulement le début de cet acte, la susception et l’assimilation de matières étrangères , et même l'acquisition, non pas seulement immédiate, mais encore médiate, des alimens. D'un autre côté, ce terme ne se rapporte qu'à la conservation de ce qui existe déjà, et exclut la formation de nouvelles parties organiques.

La dénomination de sécrétion n’est pas non plus très-convenable ; car elle part de l'opinion non encore démontrée que les différentes substances organiques existent formées déjà dans le sang , et n’ont besoin que d'en être séparées pour devenir manifestes.

Cependant ces deux termes sont consacrés par l'usage et généralement compris. Nous ne les remplacerons donc pas par d'autres qui semblent mériter de leur être préférés, et que nous nous contenterons de mettre en regard d’eux. Ge qu'il ya d'important , c'est de se faire une idée nette de ces deux modes de formation.

2° Les substances qui émanent du sang , peuvent , comme les corps en général, être partagées en solides et liquides, de sorte que les actes dont nous avons à nous occuper comprennent Ja formation de solides, ou la nutri-

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tion, et celle de liquides, ou la sécrétion. Mais, de quelque importance que soit toujours la forme de cohésion, cependant l'essence d'une substance, organique surtout, ne s'exprime jamais en elle d’une manière si explicite que nous puissions la considérer comme celle de toutes les circonstances qui doit fournir les caractères des divisions premières. En effet, à peine parviendrions-nous à établir une démarcation bien tranchée, dans le règne organique, entre solide et liquide ; tout sort du sang sous forme liquide, et bien des parties qui plus tard acquièrent de la solidité , comme, par exemple, l'enveloppe chrysalidaire , n’ont d'abord, même à l'extérieur, que la forme liquide ; d’autres substances , au contraire , l’urine entre autres, se présentent à l’état liquide chez tel animal, et à l'état solide chez tel autre; enfin il se forme aussi des solides auxquels manque le caractère organique, et qu'on ne peut par conséquent point ranger au nombre des parties organiques , comme le sable de la glande pinéale.

3° Nous avons donc à chercher quel est le rapport de ces formations avec la vie, pour y trouver un principe physiolo pique de division. Car, si le développement des substances diverses qui procèdent du sang sert à la conservation de l'organisme lui-même , il ne peut produire d'autre effet, sinon que ce dernier enchaîne plus intimement à lui-même ce qui convient d’une manière spéciale à son maintien, et repousse loin de lui ce qui est moins propre à remplir cet office.

D'après cela , il y à une série de formations dans lesquelles les substances qui se développent du sang viennent prendre place au milieu de la trame organique, comme substratum permanent de la vie; elles acquièrent la continuité et la délimitation par soi-même ; elles prennent une forme organique, c'est-à-dire spéciale , qui se rapporte à la vie, et en vertu de laquelle non seulement elles maintiennent leur existence, mais encore deviennent organes de la vie, ou servent à l'accomplissement des actions vitales. C’est ce que nous appelons nutrition, Où, pour employer un terme plus convenable, formation organique.

L'autre série comprend la formation des substances qui n’acqui èrent point une forme organique, mais demeurent Ia

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