MEMBRANES MUQUEUSES GÉNÉRALES
$790. La seconde famille comprend les membranes mu: queuses générales, qui ont pour caractère l’universalité. :
1° La vie végétative y est de tous côtés en conflit avec le monde extérieur. Elles sont bipolaires, c’est-à-dire qu’elles forment et décomposent du sang, qu’elles reçoivent du dehors
() Eble}, Ucber den Bau und die Krankheïten der Bindehaut des Auges, p. 24. x
174 MEMBRANE MUQUEUSE. * et qu’elles déposent au dehors. Aussi leur substance est-elle plus développée que dans les organes accessoires qui se trot vent en rapport avec elles. La membrane muqueuse proprement dite, appelée autrefois membrane nerveuse, et que Bi: chat nommait tunique celluleuse sous-muqueuse , forme une couche externe, plus ferme et moins colorée, qu’on peut disz tinguer de la couche interne (membrane villeuse des anciens, muqueuse proprement dite de Bichat}, qui est formée d’un tissu délicat, avec un réseau serré! de vaisseaux capillaires, quoique ces deux couches ne fassent essentiellement qu'an tout. Les vaisseaux capillaires les plus déliés ont à peu près 0,000 à 0,0060 ligne de diamètre (1) ; ils affectent la forme d’anses dans les villosités ou papilles, comme aussi sur d’autrés points, où l’on peut remarquer que les artérioles capillaires se continuent par mflexion avec les veinules capillaires (2). Les membranes muqueuses générales ressemblent à la peau Sous lé point de vue de tous ces caractères ; mais elles en diffèrent par la prédominance de la vie plastique, en raison de laquelle elles sont bornées aux cavités plastiques de la tête et du tronc, ce qui ne les empêche pas de présenter une surface bien plus étendue que celle des tégumens extérieurs, au voisinage desquels elles prennent un peu leur caractère. En effet, vers la périphérie, au lieu de nerfs provenant du p#rand sympathique, elles reçoivent des filets du système cé rébro-spinal ; au lieu d’être couvertes de muscles non soumis à la volonté , ellesse garnissent de muscles qui reconnaissent l'empire de cette faculté ; au lieu d’être fixées par du tissu cellulaire et séreux, elles acquièrent un squelette cartilagineux et osseux; enfin, au lieu de villosités vasculaires, elles présentent des papilles sensitives,; de manière qu'elles deviennent à la fois organes de plasticité et organes $ensoriels, Elles se partagent en membrane muqueuse respiratoire et membrane muqueuse digestive. Ces deux membranes se eroisent ou se réunissent dans la région gutturale ; elles sont aussi
(4) Weber, Anatomie des Menschen, t. I, p. 422. 2) Mediciñisohe Jahrbuecher des wsterreichischen Staates, & XIV, p. 426, | :
attachées. l’une à l'autre dans une étendue considérable , et elles se prêtent un mutuel appui dans leurs mouvemens.
a. Mémbrañe muqueuse réspirdtotre.
20 La membrane muqueuse respiratoire constitue le premier genre.
C'est dans cette membrane que s'achève la formation du sang. Née de la membrane muqueuse digestive ($ 443 , 1°; 448 , 1°), elle offre des ramifications dendritiques, à la faveur desquelles elle multiplie le contact mutuel de l'air et du sang. Par cette forme, comme àussi par la prédominance en elle de l’exhalation , elle se rapproche des glandes. Des cartilages ou des os minces la soutiennent dans toute son étendue et lui servent d'attaches , de manière qu'elle possède un squelette propre ; qui maintient son canal ouvert, et auquel s’insèrent des muscles dilatateurs ou constricteurs. Au point où elle commence , et où elle se divise en deux branches garnies de prolongemens libres et lamelleux, elle jouit de: la sensibilité et devient le siége du sens de Fodorat. À peine a-t-elle besoin du secours d'organes: plastiques pour accomplir sa fonction : les organes dans lesquels elle s'étend sont donc , ou des cellules aériennes accessoires pour elle-même , comme les sinus frontaux , sphénoïdaux et maxillaires, ou des sacs à air pour l'organe auditif, comme les trompes d'Eustache, la caisse du tympan et les cellules mastoïdiennes. Gomme elle reçoit de l'œil le canal lacrymal pour humecter sa surface sensible , et qu’elle-même se continue immédiatement avee la membrane muqueuse de la cavité orale, nous trouvons là une liaison établie entre tous les organes sensoriels de la tête. |
Dans le nez, elle est épaisse, molle, spongieuse , rougeûtre, riche en cryptes muqueuses, .en vaisseaux eten nerfs, et pourvue d'un lacis réticulé de vaisseaux capillaires , dont les mailles sont en partie plus petites que les vaisseaux euxmêmes. Dans les cavités âccéssoires, elle dévient mince , pâle , pauvre en vaisseaux.et en nerfs, et complétement lisse;
elle finit même ‘par se confondre tellement avec le périosté ; qu'on ne peut parvenir à l'en séparer. Au larynx, elle est rouge , assez épaisse , très-vasculaire et pourvue de follicules mucipares. Dans la trachée-artère, elle est d'un rouge pâle, et présente une multitude de petites cryptes muqueuses et de vaisseaux affectant une direction perpendiculaire , dont les branches latérales forment, par leurs anastomoses, des mailles arrondies ou quadrilatères. Enfin, dans les ramifications bronchiques, qui font la base des poumons , elle devient de plus en plus mince, mais aussi de plus en plus vasculaire et rouge, et, de même que les canaux de sécrétion des glandes, elle se termine par des vésicules, appelées cellules pulmonaires, qui ont 0,0530 à 0,1600 ligne de diamètre selon Weber (1), ou 0,0529 à 0,1599 suivant Muller (2).
Les vaisseaux capillaires s’insinuent entre les globules , et leurs ramifications les plus déliées, qui ont un diamètre de de 0,00490 ligne (3), se rendent aux cellules, sur les parois desquelles elles forment un réseau serré et semblable à un crible. Ainsi , tandis que les troncs vasculaires qui pénètrent dans les poumons surpassent de beaucoup les ramifications des bronches en volume, les capillaires par lesquels il se terminent sont vingt à quarante Le plus petits sp les cellules pates
b. Membrane muqueuse digestive.
3° Le second genre comprend la membrane muqueuse digestive.
Cette membrane est le premier organe plastique qui se dé veloppe dans la série animale, et pendant la vie de l'individu. Elle représente un utricule étendu de la tête à travers le tronc entier, par lequel passent des substances étrangères , solides et liquides, et elle devient, avec le concours du produit sécré-
(4) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 4830 P- 60. (2) Loc. vit., p. 442.
(3) Weber, Anatomie des Menschen , t, I, p. 486.
toire de glandes qui s’y abouchent, le lieu où commence à se former une substance organique spéciale.
La membrane muqueuse est arrivée là au point culminant de son développement, et elle s'y modifie diversement dans les différentes régions. Aux deux extrémités, la cavité orale et le rectum , elle est plus dense et plus ferme : dans l'intérieur, où le travail de formation a son siége principal (estomac et intestin) , elle est plus molle et plus spongieuse. Le point où elle a la teinte la plus rouge est la cavité orale : dans le reste de son étendue, elle n'offre qu’une couleur rougeâtre où blanchâtre. Elle est entourée de muscles qui , dans certaines régions, la renversent en dedans, de manière à ce qu’elle y forme des valvules : à l’intérieur, ce sont des muscles non Soumis à la volonté , des muscles membraneux : mais à la périphérie , ce sont des muscles qui obéissent à la volonté , et qui tantôt sont appliqués sur la paroi , tantôt sont renfermés dans des plis saillans à la face interne , comme au voile du palais et à la langue. | -: Les follicules mucipares offrent la plus grande diversité dans leur développement, de sorte qu'ils se prêtent à une classification particulière (4). Quelques uns sont tellement petits, qu’on ne les aperçoit qu'avec la loupe ou après la macération. La plupart sont peu élevés au dessus de la surface 4 on en trouve aussi qui n'arrivent pas jusqu'à elle, et même qui sont enfoncés au point de simuler des prolongemens en forme d'intestin, comme l’appendice cœcal. Le plus grand nombre sont disséminés ; mais il y en a beaucoup aussi qui se rapprochent les uns des autres , et qui alors tantôt forment des espèces de plaques donnant plus d'épaisseur à la membrane muqueuse (glandes de Peyer), tantôt constituent des masses sphériques et spongieuses (amygdales ). Quelquefois leur orifice est beaucoup plus étroit que leur fond, de manière que la portion rétrécie représente, quand elle a une certaine étendue, un canal excréteur, qui peut même , comme à la langue, appartenir en commun à plusieurs cryptes rap-
(1) Haller, Ælem, Physiolog,, t, TI, p. 398.
VIle 12
prochées les unes des autres. Ainsi , ces follicules tiennent de
près aux glandes proprement dites, entre lesquelles et eux.il
est difficile de tracer une ligne de démarcation bien nette ; on’ pourrait effectivement regarder la prostate et les lglandes de
Cowper comme des eryptes muqueuses plus développées , si
la-membrane muqueuse qui reçoit leur produit sécrétoire
offrait , dans le reste de son étendue, un développement ana-
logue de follicules mucipares.
Dans la cavité orale , et surtout à la surface de la langue, la prédominance des nerfs fait acquérir aux saillies le caractère de papilles sensitives ; dans l'intérieur, au contraire, celle des vaisseaux les constitue en villosités plastiques. Ges yillosités sont plus développées que partout ailleurs: dans Tintestin grêle, où elles forment une couche particulière et comme. veloutée ; elles sont plus rares ; plus écartées les unes des autres, plus courtes et moins prononcées, dans l'estomac et. le gros intestin ;, elles disparaissent presque : éntièrement dans le rectum. |
Les vaisseaux capillaires s'anastomosent, généralement parlant, sous des angles droits, ce qui fait qu'ils produisent un réseau plus ou moins serré. Comme ils marchent tout le long des papilles et des villosités, à l'extrémité desquelles ils rez viennent sur eux-mêmes , ils forment des anses qui , d’après Berres {1), sont tantôt simples , et tantôt composées de plusieurs anses simples, c’est-à-dire qu'on observe tantôt un seul vaisseau replié en arcade , tantôt plusieurs qui communiquent ensemble de distance en distance. Le diamètre de ces capillaires. est de:0,006 à 0,007 ligne ;suivant Berres. > pu
Dœllinger distingue trois couches dans, l'intestin grêle: (2).
La couche extérieure, immédiatement couverte par la tunique musculeuse, se compose d'un tissu propre fort peu abondant, et d'innombrables vaisseaux, entassés en plusieurs couches les uns sur les autres. Les artères qui proviennent
(4) Medicinische Jahrbuecher des œsterreichischen Staates, FOAIY,
(2) De vasis sanguiferis, quæ villis intestinorum tenuium hominis
brutorumque ansunt , p. 11-17,
de la couche musculaire marchent en décrivant des flexuosités , et se partagent dendritiquement en branches, qui s’anastomosent ensemble sous la forme d’arcades , d’où naissent des ramifications plus déliées, qui s'entrelacent irrégulièrement les unes avec les autres. C’est là que les vaisseaux ca pillaires les plus fins se terminent , en se continuant avec des veines qui marchent parallèlement aux artères. Des branches plus fortes gagnent la couche moyenne.
Celle-ciest plus abondamment pourvue de substance propre, et reçoit moins de sang. Ses vaisseaux forment une couche simple ; ils se partagent rapidement, sans former de dendrites ni d’arcades, en branches droites, qui s’anastomosent ensemble sous des angles divers, produisant ainsi des lacis dans les mailles desquels on découvre encore d'autres ramifications plus déliées, qui s’entrelacent également les unes avec les autres, et dont presque aucune ne dégénère en veines, la plupart d'entre elles continuant de marcher vers la couche interne.
* La couche interne , ou membrane‘villeuse , reçoit donc, de ces lacis, des vaisseaux qui d'abord marchent flexueusement et en s’anastomosant ensemble à la face externe; trois à cinq artères pénètrent dans chaque villosité , se ramifient un grand nombre de fois au milieu de sa substance , mais sans diminuer de diamètre, forment un réseau par leurs anastomoses nombreuses, et aboutissent communément, vers l'extrémité de la villosité , à une seule veine , qui marche ensuite séparée des artères. Du reste, les dernières ramifications des vaisseaux capillaires dans cette couche ne sont pas des plus déliées qu'on connaisse, et leur calibre n’est point, en particulier, inférieur à celui des capillaires de la couche externe.
D'après l'analyse de Wienholt, qui d'ailleurs n’a pas tenu Compte des diflérens. tissus accessoires , la membrane villeuse de l'estomac: contient plus d’eau , plus d'extrait aqueux et al-
coolique , et moins d'albumine et de substance insoluble dans l'eau , que celle, des poumons.
B. Peau,
$ 791. La peau constitue la seconde famille du système cutané.
Couvrant le corps entier, elle est par cela même l'organe qui limite l'organisme et qui en exprime l’individualité. Elle absorbe et exhale, comme la membrane muqueuse. Cependant son activité plastique est bien moins développée que celle de cette dernière, parce que l'usage auquel elle sert, celui de protéger les parties délicates situées au-dessous d'elle, à dû y faire dominer les conditions mécaniques. En même temps, la vie animale y est plus active; elle reçoit exclusivement ses nerfs du cerveau et de la moelle épinière, et devient le siége du sens mécanique. Ses nerfs ne sont pas non plus, comme ceux de la membrane muqueuse, de simples ramifications fort courtes des nerfs musculaires sous-jacens; ils ont plus d’indépendance, et constituent de longues branches, qui ne se distribuent qu’à elle. Enfin elle a une fonction plus générale, et offre infiniment moins de modifications dans les divers points de son étendue.
4e Elle est blanche , ferme, dense, difficile à déchirer, extensible et contractile à un haut degré. Après avoir été ramollie par la macération, elle représente la plupart du temps un réseau de filamens et de feuillets entrelacés d’une manière très-étroite, et laissant entre eux des mailles obliques , qui s'étendent de dedans en dehors. On peut donc la considérer comme produite par la condensation d'un tissu cellulaire métamorphosé , tandis que, d’un autre côté , le rôle mécanique qu'elle joue dans l'organisme la rapproche du tissu scléreux.
2° Suivant que la fonction purement mécanique ou la sensibilité prédomine dans telle ou telle région de la peau, elle varie sous le point de vue de son épaisseur et de sa densité, du nombre de nerfs et de vaisseaux qu’elle reçoit, du développement des papilles et des cryptes. Ainsi elle est plus épaisse au crâne qu'à la face , au dos qu’à la partie antérieure du tronc, aux membres inférieurs qu'aux membres supérieurs.
Tandis qu'elle est extrêmement épaisse, dure et presque scléreuse , aux talons et à la base des orteils (*) , elle acquiert une grande délicatesse sur les limites des membranes muqueuses, aux paupières , aux lèvres , aux seins, au clitoris, aux nymphes , au scrotum et au gland ; elle est encore très-délicate à l'oreille externe et dans le conduit auditif, où elle se réfléchit sur elle-même comme une membrane muqueuse, mais demeure fidèle à son caractère, en conservant des follicules cérumineux, et s’amincit sur la face externe du tympan, au point d'y devenir transparente. En général, les deux formes du système cutané passent de l'une à l’autre par des gradations si insensibles, qu’on ne peut point établir entre elles de démarcation rigoureuse. Ainsi la peau du gland se reconnaît aux follicules sébacés qui la garnissent, quoiqu'à l'instar d'une membrane muqueuse, elle soit renfermée dans une portion réfléchie des tégumens communs. De même, la conjonctive oculaire est bien un réservoir constitué par une mem brane muqueuse , mais un réservoir ouvert et incomplet, qui se continue avec la peau, et qui est muni de follicules sébacés dans les points où il passe à cette dernière.
Suivant Krause (1), le diamètre de la peau est de 0,25 ligne aux paupières, et de 1,25 au dos.
3° En dedans, la peau confine à des enveloppes scléreuses (gaînes aponévrotiques , périoste, périchondre, enveloppes de tissu vasculaire), mais parfois aussi immédiatement à des muscles ou à des glandes (glandes salivaires et mammaires). Lorsqu'elle rencontre soit des glandes, soit, médiatement ou immédiatement, des muscles, on trouve au dessous d'elle du tissu cellulaire plus long et plus ou moins rempli de graisse (pannicule adipeux), dans lequel se répandent les vaisseaux qui lui sont destinés. C’est, au contraire, par un tissu cellulaire court et dense seulement qu'elle tient au périoste, au périchondre et aux enveloppes de tissu vasculaire. Toutes les fois qu'entre deux points où elle tient peu
(*) Voyez Nouvelles Recherches sur la structure de la peau , par G. Breschet et Roussel de Vauzème, Paris 1835 , in-8°, fig. (4) Handbuch der menschlichen Anatomie , t. 1 rh: 79.
aux parties sous-jacentes , elle se trouve fixée par des bandelettes de tissu cellulaire plus court, elle présente à sa surface extérieure des enfoncemens linéaires, qui se croisent fréquemment, et le long desquels elle présente moins de mobilité.
Le caractère de fa peau varie suivant les points de son épaisseur. On reconnait ainsi en elle trois couches, qui ne sont cependant pas séparées par des limites bien nettes, mais passent peu à peu de l’une à l’autre.
lo À sa face interne, la peau est inégale, floconneuse, celluleuse et garnie de ramifieations vasculaires et nerveuses, entremélées de vésicules graisseuses. En se rapprochant de l'extérieur, elle perd de plus en plus sa texture celluleuse, qui fait place à un tissu dense , dans lequel Eichhorn (1) admet, outre des mailles étroites, des cellules closes ; plemes d’un liquide albumineux , et où il présume que sont les racines des vaisseaux lymphatiques.
5° La couche médiane est absolument dense; sans mailles ni cellules. Les vaisseaux la traversent presque perpendicu= Jairement et sans donner beaucoup de branches. Les nerfs ne peuvent être poursuivis que jusqu’à cette couche, dans laquelle ils se soustraient entièrement aux recherches.
6° La couche extérieure , qu’on appelle le corps papillaire, est mince et rougeâtre ; c’est une sorte de membrane vascuhire, un tissu délicat et lâche de vaisseaux capillaires entrelacés, et contenant probablement des nerfs, qu'on ne peut néanmoins pas rendre sensibles à la vue. Les vaisseaux capillaires paraissent sans ramification aucune et sans direction spéciale de leur trajet, s’anastomosant ensemble de tous les côtés , et formant un réseau dont les mailles ne sont pas plus larges qu'eux-mêmes (2). Weber a trouvé leur diamètre de: 6,0096 dans la peau du bras (3). Cruikshank croyait avoir aperçu deux couches vasculaires. |
(1) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 4827 , p. 50, 56, 65.
(2) Prochaska, Bemerkungen ucber den Organismus des menschlichen Koœrpers , p. 63.
(3) Anatomiejdes Menschen, t. 1, p. 411,
“7° On trouve ici des papilles, consistant en vaisseaux capillaires qui s'élèvent au dessus de la surface, se replient sur eux-mêmes en manière d'anses, et forment de cette manière des $aillies cylindriques , renfermant incontestablement aussi desmerfs. D'après Krause (4), ces papilles ont environ 0,0333 ligne de diamètre, et sont pour la plupart isolées les unes des autres ; quand elles se développent davantage, elles: se réunissent plusieurs ensemble ; maïs lorsqu'elles sont arrivées au plus haut point de développement, elles forment des chaînes de collines, dont la crête est partagée en deux par un enfoncement qui en parcourt la longueur.
8° Les follicules sébacés sont des dépressions dont le fond repose sur les couches profondes ; mais on peut aussi les considérer, jusqu’à un certain point, comme des vides, attendu que leur fond est toujours plus mince que la peau entourante. Lorsque celle-ci se contracte par l'influence du froid , les follicules deviennent saillans, ainsi que les capsules pileuses situées au dessous d'eux, et produisent alors le phénomène connu sous le nom de chair de poule. Les vaisseaux capillaires forment un anneau au pourtour de leur orifice et un réseau sur leurs parois. Weber à démontré (2) que ces follieules sont répandus sur toute la peau, à l'exception de la paume des mains et de la plante des pieds; que seulement ils sont plus petits et plus étroits encore que les bourses muqueuses , mais que, du reste, à l'instar de ces dernières , ils sont tantôt superficiels , notamment. dans les points où la peau est mince etrepose immédiatement sur le périchondre, tantôt plus profonds , et en partie semblables à des bouteilles, parfois aussi divisés en cellules, ow réunis plusieurs ensemble pour s’aboucher dans un conduit exeréteur oommun (3). Les plus volumineux ont, suivant Krause (4), environ 0,1 ligne de diamètre à leur orifice, et 0,2 à leur fond. Ils sont fort développés: au voisinage de l'entrée des cavités , à l'anus, au gland , aux
(4) Handbuch der menschlichen Anatomie , t. I, p. 74. (2) Meckel, Archiv fuer Anatomie ; A827, p. 204.
(3) Anatomie des Menschen , t. 1, p. 409.
(4) Handbuch der menschlichen Anatomie, t. I, p, 88.
18/4 | PEAU. | petites lèvres ; aux grandes lèvres, aux mamelons, aux lèvres, aux ailes du nez, aux conques de l'oreille, au conduit auditif, mais surtout à l'œil, dans l'endroit où la conjonctive se continue avec la peau, et à l'entrée du vagin, 6ù la peau offre d’ailleurs les caractères d’une membrane muqueuse. La caroncule lacrymale est un composé de plusieurs petits follicules sébacés, groupés ensemble, comme des amygdales sont des amas de cryptes muqueuses. Mais les glandes de Meibomius sont des follicules allongés en utricules, présentant sur les côtés une multitude de dilatations vésiculeuses ou de cellules qui, d’après Weber (1), ont 0,031 à 0,038 ligne de large, sur 0,069 à 0,076 de long.
- 9° La peau se putréfie assez tard , et se dessèche aisément sans subir la putréfaction. Plongée dans de l’eau bouillante, elle commence par durcir, puis elle se résout entièrement en gélatine. Le tannin, mis en contact avec sa face interne, qui est la plus poreuse , pénètre dans son tissu et se combine avec elle. Les oxides métalliques contractent aussi combinaison avec cette membrane. Les acides et les alcalis étendus la réduisent en une gelée, qui se dissout ensuite dans l’eau. L’éther en extrait de la graisse. Quand on la brûle , elle laisse un charbon diflicile à incinérer.
Suivant Wienholt (2), elle diffère de tous les autres tissus par la grande quantité de substance insoluble dans l’eau qu'elle contient , et par la faible proportion d'extrait alcoolique qu’elle fournit. Séguin prétend qu'elle est composée, en partie, de gélatine pure, qui se dissout dans l’eau bouillante , et forme une combinaison cassante avec le tannin; en partie d'une substance analogue à la fibrine, ferme, extensible, contractile, insoluble dans l’eau et non susceptible de se combiner avec le tannin, qui est plus oxidée que la gélatine, mais que les acides , les alcalis faibles , l'ébullition prolongée et la macération dépouillent d’une partie de son oxygène, et convertissent en une autre matière demi-pélatineuse, qui peut se
(4) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 4827, p. 285. (2) T'uebinger Bletter fuer Naturwissenschaften und Arzneikunde, t. I, p. 362. |