À. GLANDES
S 786. La première famille se compose des glandes. 1° On à donné ce nom aux parties les plus différentes les unes des autres, à des replis des vésicules synoviales , parce
(2) Traité de chimie , t, VIT, p. 443.
qu'ils renferment de la graisse sous forme de prumeaux ( glandes articulaires ), à certaines parties du cerveau qui ont une forme ronde et sont séparées du reste de la masse (#lande pituitaire et glande pinéale ), à des ramifications de la membrane muqueuse ( les poumons ), à des cryptes du système cutané ( glandes mucipares et glandes sébacées ), enfin à des ganglions vasculaires ( glandes Ilymphatiques et glandes sansuines ). Aujourd'hui on entend par glande un organe particulier, formé de membrane muqueuse, qui sécrète un liquide spécial dans des espaces totalement séparés les uns des autres, et verse ce liquide, par des canaux, sur la surface extérieure ou sur la surface intérieure du corps, Sans rien recevoir du dehors par ces mêmes; canaux.
Les glandes avoisinent les ganglions sanguins , en ce que des vaisseaux se ramifient et s’entrelacent également dans leur intérieur, unis par du tissu cellulaire parenchymateux ; mais elles diffèrent d'eux en ce qu'elles ont pour base des vésicules ou des tubes de membrane muqueuse , sur les parois desquels ‘se répandent les vaisseaux sanguins, et d’où des liquides particuliers sont amenés à la surface du corps.
Elles se rapprochent encore davantage des cryptes, entre lesquelles et elles il n’existe guère même qu'une différence relative, de sorte que leurs formes inférieures passent aux supérieures par des nuances presque indiscernables ; “mais elles en diffèrent , d’une manière générale , par leur texture plus complexe et par le caractère spécial de leurs produits sécrétoires.
2° Leur action consistant à former et à éconduire un liquide , elles se composent d’une portion productive ou plastique , et d'un canal excréteur.
Quant à son essence , la portion plastique est une cellule close , ou une vésicule, qui produit un liquide aux dépens du sang contenu dans les vaisseaux dont elle est entourée, et le renferme en elle. Nous retrouvons donc ici la forme des vésicules celluleuses ($ 782, 2°), mais à un degré plus élevé.
Le produit d'une vésicule de cette espèce a un caractère tel, qu'un moment arrive où l'organe qui le produit ne peut pas le conserver dans son intérieur, et qu'il est obligé de le
MEMBRANE MUQUEUSE. 151 conduire au dehors. Or, comme une harmonie entre l’extérieur et l'intérieur se manifeste partout dans la conformation organique ($A57 , 2°), la surface se fraie une voie jusqu'à la vésicule pour en recevoir le produit. Cette idée de laformation des glandes est réalisée dans le système génital de la femme. La glande ovarienne se compose d'un certain nombre de vésicules closes , qui se sont développées dans l’intérieur du sys: tème vasculaire ; un canal excréteur, l’oviducte , s'étend de la surface extérieure vers elle, sans atteindre jusque-là ; quand le produit d'une vésicule a été müri par.la fécondation ; les deux parties s'unissent ensemble, attendu que le canal excréteur est attiré par la vésicule , et celle-ci crevée par son produit mür. Dans toutes les autres glandes, l’union persiste durant toute la vie ; la portion plastique consiste en vésicules, qui ne ‘sont point entièrement closes, mais s'ouvrent d'un côté dans le canal excréteur, et qui, lorsque celui-ci a le même calibre qu'elles, semblent en être les extrémités en cul-de-sac, mais qui, dans les cas où leur volume dépasse le sien, présentent la forme vésiculeuse d’une manière plus distincte.
Cette formation de glandes s’effectue aussi à la fois de dedans en dehors et de dehors en dedans, mais seulement avec prédominance de l’une ou de l’autre direction. Les glandes spermatiques (testicules) et les glandes urinaires (reins) se développent dans l’intérieur du système vasculaire, et les conduits excréteurs vont à leur rencontre de dehors en dedans”, mais les limites qui les séparent sont franchies de bonne heure, de manière qu'une pleine et libre connexion devient permanente ($ 449-454). Dans les autres glandes, la formation qui procède du dehors a la prédominance, de manière qu'elles ressemblent à des renversemens en dedans de la membrane muqueuse ($ 439) ou de la peau ($ 454, LIL) ; mais la formation qui part de l'intérieur du système sanguin n'est assurément pas non plus sans influence.
Que la portion, à proprement parler, plastique, à laquelle nous donnerons le nom de cellule glandulaire , soit une vésicule close, ou une cellule vésiculiforme , ou seulement une extrémité en cul-de-sac de son canal excréteur, elle a tou-
jours pour caractère essentiel que l’espace où s'opère la sécrétion est profondément renfermé dans la substance organique , que la paroi est largement mise en contact avec les vaisseaux sanguins , et que les surfaces d’une demi-sphère creuse ou d’une sphère entière sont très-rapprochées l'une de l’autre ($ 62). La portion plastique est multipliée afin de donner plus de produit , dans les glandes ovariennes pour fournir à une procréation multiple ou répétée , dans les autres glandes pour réunir le produit en une plus grande masse, cas dans lequel le conduit excréteur commun doit s'étendre jusqu’à chaque cellule productive, et par conséquent être ramifié. Ces racines, que nous appellerons canaux de sécrétion, et leur tronc , qui est le canal excréteur proprement dit, sécrètent également , puisqu'ils consistent en membrane muqueuse ; mais ils donnent la plupart du temps un produit autre que celui des cellules, parce qu'ils diflèrent de ces dernières sous le point de vue de leur structure, comme on en trouve une preuve convaincante dans le système génital de la femme ($ 102, II; 340, 3°).
3° Tant qu'on ignora l’art d’injecter les conduits excréteurs qui se ramifient dans les glandes, et qu’on n'osa point tirer parti de l’analogie des ovaires, qu’on regardait comme des organes uniques dans leur genre , on n’eut que des idées 1incertaines sur la structure des glandes. Ainsi, par exemple, Ruysch prétendait que les canaux de sécrétion naissent des vaisseaux sanguins , et qu’ils en sont des continuations immédiates , parce que, dans ses belles injections du système vasculaire, il était parvenu ou à faire disparaître ces canaux, ou à les remplir de la masse qu’il emplôyait. D'un autre côté, Malpighi reconnut le véritable rapport et des culs-de-sac, entourés d’un lacis de vaisseaux sanguins, par lesquels se terminent les canaux de sécrétion , et des cellules glandulaires, qu'il désignait sous le nom de grains (acini). Cette disposition a été démontrée , à l’aide de recherches plus approfondies, par Duvernoy , Cruikshank et Mascagni sur les glandes mammaires , par Prochaska sur les glandes salivaires (4) et le
(1) Bemerkunsen ueber den Organismus des menschlichen Koœrpers ,
foie (1). Lucæ (2) la regarde comme démontrée à l'égard des reins et du foie, et comme vraisemblable , en raison de l’analogie, par rapport aux autres plandes. Elle a été constatée de la manière la plus positive, dans ces derniers temps, par Weber (3) sur les glandes salivaires, par Huschke et Rathke sur les reins, par Cooper sur les testicules, par Muller sur les glandes en général. Les recherches approfondies et exactes de Muller ont confirmé que les vaisseaux sanguins qui serpentent sur les cellules glandulaires et les canaux excréteurs sont parfaitement clos, qu'ils ont des parois visibles , et qu'aucune communication directe n'existe entre les deux classes d'organes (4).
Ceux qui croyaient à une communication immédiate entre les vaisseaux sanguins et les canaux sécrétoires , étaient obligés d'attribuer à ceux-ci un calibre bien inférieur à celui des conduits du sang, puisque autrement il n’y aurait pas eu moyen de concevoir comment, au lieu d’une hémorrhagie, c'était une sécrétion qui s’effectuait avec une pareille structure.fOr,en examinant des pièces sur lesquelles ont été injectés et les canaux de secrétion, avec les cellules g#landulaires , par le conduit excréteur, et les vaisseaux capillaires qui se répandent dans les parois de toutes ces'parties, on reconnaît que l'inverse précisément a lieu. Dans la parotide,. d'après Weber (5), les canaux de sécrétion avaient 0,0090 ligneïde diamètre, tandis que celui des vaisseaux capillaires n'était que de 0,0030 à 0,0039; dans lesreins, le diamètre des premiers était de 0,0166 selon Meckel et de 0,0180 suivant Weber (6), au lieu que Muller n’en assigne qu'un de 0,0044 à 0,0069 aux vaisseaux capillaires. Muller à trouvé, dans les testicules, le diamètre des canaux de sécrétion de
(4) Jbid., p. 71.
(2) Grundzuege der Lehre von den reproductiven Lebensthætigkeit des menschlichen Individuums , p. 337.
(3) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 1827, p. 276.
(4) De glandularum secernentium structura penitiori, p. 141.
(5) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 4827, p. 277.
(6) Anatomie des Menschen, t.X, p. 434,
154 MEMBRANE MUOQUEUSE.
0,0564 ,; et Weber (1) a reconnu que celui des vaisseaux ca: pillaires est seulément de 0,0030 à 0,0035 dans ces organés.
he Dans les cellules slandulaires et les canaux de sécrétion, la membrane muqueuse est mince, transparente, simple’; dans les conduits excréteurs, elle devient un peu plus épaisse, et sa facé extérieure est chargée d’une couche celluleuse où fibreuse. Nous voyons donc que, dans son intérieur, aux extrémités du système vasculaire , le tissu £landulaire est de nature plus celluleuse, et qu'il ressemble à celui des wvésicules séreuses , mais qu'en tirant vers l'extérieur, 1l se rapproche peu à peu des caractères du système cutané. Du reste, là couleur est partout blanche ou grisâtre , excepté dans le foie, où la bile qui s'attache à la membrane muqueuse lui communique une teinte jaune.
5° Le tissu parenchymateux qui enveloppe les cellules plandulaires et les canaux de sécrétion, et qui les unit ensemble, est également d’un gris blanc par lui-même ; à la vérité, il paraît d’un rouge brun dans le foie et brunâtre dans les reins, mais ces teintes ne sont dues qu'à du sang et à de la matière sécrétoire adhérens; car, lorsqu'on injecte de l'eau dans les conduits excréteurs-et dans les vaisseaux sanguins, Ces organes se décolorent peu à peu.
6° Les nerfs sont généralement peu nombreux , et accompagnent plutôt les vaisseaux sanguins que les canaux de sécrétion ; il n’est pas improbable, mais on ne l’a point encore démontré ,'que leur extrémité périphérique aboutit principaleñent aux cellules slandulaires.
7° Les glandes présentent des degrés différens de formation organique , Suivant qu'elles possèdent une forme plus'où moins déterminée et une enveloppe propre, qu'elles-mêmes et les canaux de sécrétion ’sont plus ou moins réunis en un tout , et que les conduits excréteurs sont simplifiés eu égard au nombre, mais diversifiés sous le rapport de la forme. Elles ne se prêtent point à une classification rigoureuse, attendu qu'entre deux coupes qu'on établit, il y a toujours des de-
(A) Anatomie des Menschen, t. IV, p. 389.
MEMBRANE MUQUEUSE. 155 grés intermédiaires qui viennent se placer. Elles constituent plutôt une série qu'un système , mais elles ne forment pas non plus une série continue , dans laquelle toutes leurs qualités se développent d'une manière uniformément progressive.
Nous commencerons par celles qui, bien qu'elles soient parvenues au plus haut degré de développement, tiennent cependant de près au système du tissu cellulaire, et nous examinerons ensuite les plus simples , qui font le passage aux cryptes du système général des mémbranes muqueuses.
a, Glandes supérieures,
Le premier genre comprend les glandes supérieures où viscérales. |
Ao Ces glandes sont indépendantes. Chacune d'elles représente un système particulier d'organes divers, puisque le tronc des canaux de sécrétion, qui n’a qu’un très-faible diamètre quand il part de la glande à l'égard de laquelle il joue le rôle de conducteur, se dilate en manière de vésicule, pour produire un réservoir de sécrétion, et se rétrécit ensuite en manière de conduit excréteur.
Les glandes viscérales appartiennent à la cavité abdominale. Elles ont une surface égale , parce que leurs cellules et leurs canaux de sécrétion sont réunis sous une forme collective par du tissu cellulaire parenchymateux. Elles sont recouvertes d’une membrane fibreuse et d’une membrane séreuse, ou seulement d’une membrane séreuse. Elles n’ont de connexions avec le système vasculaire et le système nerveux que par un seul point de leur surface, qui est plus ou moins déprimé, et auquel nous donnerons le nom de sillon vasculaire. Elles ne reçoivent guère de nerfs que du système ganglionnaire. De chaque glande, il ne part qu’un seul canal excréteur, qu’on désigne sous le nom de conducteur, pour le distinguer, et qui, comme tous les canaux de sécrétion et conduits excréteurs , consiste en une membrane muqueuse peu développée, mince et lisse
Les réservoirs qui viennent ensuite présentent un développement plus considérable , soit dans la membrane muqueuse elle-même, quand elle devient plus épaisse, plus spongieuse, et forme des cryptes, soit dans les parties qui les entourent, quand ils s’enveloppent de fibres musculaires et de tissu vasculaire.
Le développement diminue un peu dans le conduit terminal, mais reste cependant toujours assez considérable.
Parmi ces glandes , le système génital de la femme occupe le premier rang , sous le rapport de sa texture, comme sous le point de vue de son produit. C’est celui de tous qui embrasse le plus. Sa portion glandulaire diffère de toutes les autres glandes par la clôture de ses cellules , qui la rapproche du système du tissu cellulaire. Son conduit excréteur, au contraire , a une membrane muqueuse tellement développée, qu'on re peut la comparer qu’à celle du système général des membranes muqueuses. Il partage aussi jusqu'à un certain point la bipolarité avec ce dernier ; car, bien que l'aptitude à produire dans l’intérieur et la destination d’expulser le produit prédominent en lui, cependant il se distingue de tous les autres systèmes glandulaires en cequ’ila besoin, pour déployer le luxe entier de sa productivité, de recevoir un objet exté— rieur, mais qui est lui-même un organe vivant, et qui exerce sur lui une impression vivifiante. De même aussi, il diflère de tous les autres organes glanduleux, parce que le caractère de la spécialisation et de la concentration portées au plus haut point, se trouve réuni en lui au caractère le plus développé également de généralité et de direction vers le dehors.
Après ce système, viennent le système urinaire et le système génital masculin, offrant cela de particulier qu'à certains égards le premier, et à certains autres égards le second, occupent un rang plus élevé.
Mais , tandis que ces trois systèmes se forment par un développement harmonique du dedans au dehors et du dehors au dedans ($ 449), le système biliaire se produit principalement de dehors en dedans, comme pullulation de la membrane muqueuse générale ($ 439, Il); de sorte qu'il est subordonné en quelque sorte, qu'il a moins d'indépendance ,
etque, par conséquent, il se rapproche des glandes inférieures (:$ 789).
Quant à ce qui concerne d’abord la portion glandulaire,
A° Les ovaires , les testicules et les reins ont cela de commun ensemble, qu'ils sont pairs, de volume moyen, étroitement renfermés dans des enveloppes scléreuses propres, et pourvus en outre d’une enveloppe cellulaire. En effet, les ovaires sont renfermés dans un repli du péritoine ; les testicules sont plongés dans un prolongement de cette membrane , qui a pris la forme d'une vésicule séreuse spéciale ; les reins sont couverts d’une couche épaisse de tissu cellulaire, abondamment chargés de graisse , et de plus attachés au péritoine. Le foie, au contraire , le plus volumineux de tous les organes glandulaires, est impair, dépourvu d’enveloppe propre, et seulement revêtu par un repli du péritoine.
2° Les ovaires sont, parmi les glandes de cette catégorie, celles qui ont la texture la plus simple. En eflet, leurs cellules glandulaires sont closes et isolées ; elles ne tiennent les unes aux autres que par un tissu cellulaire parenchymateux, qui est condensé et mou. Elles ne sont point unies ensemble par des racines rameuses d'un conduit excréteur.
Les cellules glandulaires des reins ressemblent, d’après Muller (1), à de simples culs-de-sac terminaux des innombrables canaux de sécrétion. Ces derniers, qu’on nomme ici conduits urinifères, décrivent d’abord une multitude de flexuosités et de circonvolutions, et constituent de cette manière la substance corticale du rein. Cette substance , qui a une couleur de rouge brun, non seulement forme la couche superficielle tout entière de l'organe, mais encore pénètre dans son intérieur, entre les divisions de la substance tubuleuse. D'après Weber, les conduits urinifères ont depuis 0,0195 jusqu'à 0,0220 ligne de diamètre (2). Ils s'étendent ensuite davantage , et forment ainsi la substance médullaire ou tubuleuse, qui à une apparence fibreuse. Là , ils se portent en convergeant vers le sillon vasculaire. Pendant leur trajet , ils
(4) De glandularum structura , p. 402.
(2) Anatomie des Menschen, t. IV, p. 339. :
yont constamment en se réunissant deux à deux, pour produire chaque fois un petit tube commun, de manière que leur nombre diminue progressivement , et qu'ils acquièrent par là une forme conique. Ils sont réunis, dans la substance tubuleuse, en faisceaux , qu’on appelle les pyramides de Ferrem, et dont un certain nombre forment ensemble un segment conique, nommé pyramide de Malpighi, dont la base et les faces latérales touchent à la substance corticale, tandis que le sommet fait saillie, en manière de papille libre, dans le bassinet. Les conduits urinaires passent , sous le nom de conduits de Bellini, de la substance corticale dans la base et les faces latérales de ces masses coniques, dont on compte, terme moyen, une quinzaine environ dans chaque rein. Mais ils n’ont point une forme dendritique telle qu'ils s'écartent les uns des autres, comme le feraient des racines , se réunissent sous des angles divers, et donnent naissance à des trongs de plus en plus volumineux ; ils sont, au contraire , parallèles les uns aux autres, se rencontrent deux par deux, sous des angles extrêmement aigus, et produisent ainsi des canaux affectant la même direction qu'eux, qui se comportent ensuite de la même manière. Leur diamètre ne va pas non plus en augmentant; loin de là même, il diminue, au dire de Weber, d'après les mesures duquel les canaux urinifères avaient 0,0195 ligne de diamètre à la base d’une des divisions coniques du rein, 0,0160 dans le milieu, et 0,0130 au sommet, ou dans ce qu'on appelle la papille.
A l'extrémité et sur les faces latérales de la papille qui termine chaque pyramide, les conduits urinifères se contipuent, par une multitude d'orifices non moins petits qu'eux, avec la membrane muqueuse qui tapisse la papille , se réfléchit à sa base , et forme ainsi autour d'elle une espèce d'entonnoir, c'est-à-dire une cavité dont la forme est calquée sur la sienne. Ces entonnoirs , auxquels on donne le nom de calices , et dont chacun embrasse une ou deux papilles, se réunissent enfin, comme les branches d’une racine , en un tronc commun , appelé le bassinet du rem. La membrane muqueuse y devient déjà plus prononcée qu’à la surface des papilles , où elle est encore d'une ténuité extrême, |
Les cellules glandulaires des testicules paraissent, au pourtour de ces organes, sous la forme d'extrémités en cul-desac et un peu renflées des canaux de sécrétion, appelés ici conduits séminifères. Ces derniers , en effet , ont un peu moins de calibre qu'eux, et demeurent ainsi rétrécis jusqu’à ‘une certaine distance. Dans le reste de leur trajet, ils ont un diamètre de 0,0600 ligne, d’après Monroe. Muller (1) leur en assigne un de 0,0564 , qui peut être porté jusqu'à 0,1134 par l'injection de mercure. Suivant Lauth (2), un conduit séminifère a, terme moyen, un diamètre de 0,0648 , et, quand il. a été injecté, de 0,0816; sa longueur est de vingt-cinq pouces; et, comme on compte environ huit cent quarante de ces conduits, leur longueur totale s'élève, d'après cela, à dix-sept cent cinquante pieds. Considérés d'une manière générale , ils convergent de la circonférence vers le centre, en se dirigeant vers le sillon vasculaire. Chacun d'eux est flexueux, et surtout plié en zig-zag sur lui-même. Un certain nombre de ces conduits, qui sont placés immédiatement à côté les uns des autres, unis même en partie ensemble comme les ramifications d’une racine , et entourés d’un tissu cellulaire riche en vaisseaux, représentent une substance molle et brunâtre , qui fait toujours corps à part, étant isolée des autres masses analogues par des cloisons convergentes, depuis l'enveloppe scléreuse du testicule jusqu'à une autre cloison plus large, pénétrant dans le sillon vasculaire. Les conduits séminifères se réunissent à cette dernière cloison, sortent ensuite du sillon vasculaire, et se réunissent en sept à dixhuit canaux, ayant 0,1666 ligne. de diamètre, qui forment ensemble un plexus. Alors, au nombre de neuf à trente, ils | marchent d'abord en ligne droite, puis décrivent des Zig-7a9S de plus en plus grands, de manière à représenter ensemble la figure d’un cône, et, redevenant ensuite plus étroits , ils forment Pépididyme , dans lequel ils finissent par s'unir ensemble en un tronc commun, le canal déférent. Les divers contours Ont , d'après Lauth , une longueur de dix-neuf pieds,
(4) Loc, cit,, p. 407.
(2) Froriep, Notisen ,t, XXXII, p. 307. |
166 MEMBRANE MUQUEUSÉ.
en sorte que la longueur totale, à partir des cellules testiculaires , s'élève à vingt et un pieds.
Les cellules glandulaires du foie sont, d'après Muller (1), les extrémités en cul-de-sac et simples des conduits biliaires , qui, dans le Lapin, ont 0,0140 ligne de diamètre, et se réunissent en rayonnant, comme les brins d’une houppe (2). D'après cela, les cellules glandulaires sembleraient être ici de courts utricules , dont les plus rapprochés les uns des
autres s'’aboucheraient en commun au commencement d’un.
conduit biliaire. Dans le reste de leur trajet, les conduits biliaires qui proviennent de différens points se réunissent sous la forme dendritique , qu’on voit ici apparaître pour
la première fois dans la série glandulaire , et ils produisent
ainsi des rameaux et des branches qui , avant même de quitter la substance du foie , ont toutes abouti à un tronc commun, le canal hépatique. Communément, lorsque l’on coupe ou déchire la substance du foie, elle semble composée de granulations, qui ont une teinte jaune pâle en dedans et rouge brune en dehors , de sorte qu’on a admis dans cet organe une substance médullaire et une substance corticale. Mais, d’après Weber, cette diversité d'apparence tient uniquement à ce qu’en général le sang abandonne les vaisseaux capillaires
déliés qui entourent les cellules glandulaires du foie, et se :
retire dans ceux d’un plus grand calibre dont la substance avoisinante est parsemée, de manière qu’à travers les tissus on aperçoit la bile dans les cellules, et le sang dans les parties voisines (3).
A° La portion glanduleuse de chacun de ces systèmes reçoit.
le sang par des branches particulières , qui, immédiatement avant d'y pénétrer, se divisent en plusieurs rameaux ; Ceux-ci s’y plongent ensuite le long du sillon vasculaire.
Les artères des glandes génitales sont des branches de l'aorte, qui se distinguent de toutes les autres par leur lon gueur, la faiblesse de leur cabibre et leur marche flexueuse..
(4) Loc. cit., p. 74.° (2) Weber, loc. cit., t. IV, p. 306.
(3) Loc, cit., t, IV, p. 304.
Dans les ovaires, elles répandent des ramifications nombreuses au milieu du tissu cellulaire parenchymateux ;:et n’atteisnent les cellules que par leurs extrémités les plus grêles, Aux testicules, elles se répandent dans les cloisons tendineuses, pour, de là, se porter aux conduits séminifères et à leurs cellules.
Les artères rénales sont du nombre des branches les plus volumineuses que fournit l'aorte. Elles ont aussi des parois épaisses , et se font remarquer par la brièveté de leur trajet. Une fois introduites dans le sillon vasculaire , elles se glissent entre les pyramides, pénètrent dans la substance de la glande, et forment, entre la médullaire et la corticale , un réseau arqué, d’où partent les ramifications les plus déliées.
Le foie ne tire le sang artériel que d’une branche proportionnellement assez faible de l’artèrecæliaque ; mais en revanche , il reçoit le tronc de la veine porte , qui se ramifie dans son intérieur. Cette veine égale presque la veine cave, entre le diamètre de laquelle et le sien la proportion varie, suivant Haller (1), depuis 1 1,52 jusqu'à 14,12. Ses racines s'emparent du sang veineux provenant de l'estomac, de l'intestin, du mésentère , de l’épiploon , de la rate et du pancréas. Ses | ramifications suivent principalement les canaux biliaires, et présentent pour la plupart une disposition dichotomique , de telle manière néanmoins qu'en général il y a une des deux branches qui l'emporte sur l’autre en grosseur. Les artères se répandent surtout dans le tissu cellulaire parenchymateux et à la superficie , au dessous de l’enveloppe séreuse. Les deux ordres de vaisseaux s’anastomosent ensemble, et aboutissent à des veines communes. Suivant Heusinger, quelques unes des branches de la veine porte se continuent avec. les veines hé- Pâtiques, sans se diviser auparavant en branches plus grêles.
9° Dans chacun de ces organes, les vaisseaux capillaires ont un mode particulier de distribution, qui est déterminé en grande partie par la forme des cellules et des canaux de sécrétion , sans cependant qu'il dépende exclusivement de cette circonstance. Mais, comme les injections passent aisément des
(4) Element, physiolog:, AVI, p. 488. | VIL. It
102 MEMBRANE MUQUEUSTE.
vaisseaux capillaires dans les canaux de secrétion , on est EXposé à prendre ceux-ci pour ceux-là.
Dans les vésicules de l'ovaire , les vaisseaux capillirés for à ment une ramification dendritique simple.
Suivant Weber (1), le testiculea des capillaires de 0 080 à 0,106 de diamètre , qui donnent des branches rombreuses et fort régulièrement disposées, dont le diamètre varie depuis 0,013 jusqu’à 0,046 ligne ; ces branches sont écartées les unes des autres d'une distance égale à leur diamètre ; elles sont placées comme les dents de deux peignes tournés lun vers l'autre, et chacunese convertit tout à coup en une bandelette plus large, qui affecte la même direction, et se compose de vaisseaux fortement flexueux , ayant 0,0030 à 0,0035 ligne.
Dans la substance des reins , les vaisseaux capillaires artériels, dont les plus déliés ont, d’après Muller (2), 0,044 ligne de diamètre , décrivent des courbures peu étendues et s’en tortillent fréquemment en paquets sphériques , parfois un peu oblongs, qui pendent aux vaisseaux d'où ils partent , comme des baies à leur grappe. Ces paquets ou glomérules ressemblent à de très-petits points rouges, lorsqu'on les contemple à l'œil nu : leur, diamètre est de 0,084 ligne, d’après Muller, ou.de 0,080 à 0,106 selon Weber (3). Ils tiennent peu à la substance des reins, de manière qu’on peut les en extraire par üne sorte d'énucléation. Muller assure qu'ils sont rénfermés dans une membrane , ce qui leur donne l'apparence dé petites sphères lisses, et empêche, la plupart du temps, qu'on ne disimgue les vaisseaux délicats ; et fortement entortillés les uns avec les autrés, dont ils se coiposent. Prochaska (4) croyait avoir trouvé un réseau veineux très-délié , qui les entouré. Suivant Huschke (5), parmi les branches qui en émanent, les unes se continuent avec des veines, les autres se prolongent,
EU
(4) Loc. cût., t. IV, p. 369.
(2) Loc. cit., p. 101.
(3) Loc. cit., t. IV, p. 358.
(4) Bemerkungen ueber den Organismus des menschlichen Kærpers , p. 79.
(5) Zeitschrift fuer Physiologie, 4 AV, p. 416,
comme artères , dans le réseau qui entoure les conduits urinifères. Cependant les glomérules sont plus serrés ‘les uns contre les autres et disposés presque en grappe de raisin au pourtour du rein, tandis qu'on les trouve plus isolés dans l'intérieur , et qu’on n’en rencontre pas du tout dans la substance médullaire. Ruysch les avait déjà reconnus pour des paquets de vaisseaux ; mais Malpighi les considérait comme des cellules glandulaires (acini); de même aussi, l'opinion la plus généralement répandue dans les temps modernes , était que les conduits séminifères en naissent, lorsque enfin Huschke et Muller (1) ont démontré qu'ils appartiennent exclusivement au système des vaisseaux capillaires, avec lesquels les conduits urinifères n’ont aucune communication à l'aide d'ouvertures béantes.
Les vaisseaux capillaires de la substance médullaire des reins marchent parallèlement aux conduits urinifères et à leurs faisceaux , entourent enfin la base de chaque papille, en manière de couronne , et forment ainsi un réseau à la surface de cette dernière.
Dans le foie , les ramuscules les plus déliés de l'artère , et surtout ceux de la veine porte , produisent des ramifications et des lacis en forme de pinceaux , de lames ou d'étoiles, qui constituent peut-être les éntourages des cellules #landulaires üriculeuses ; mais dont la destination n’est cependant pas encore bien connue. Là où les ramifications sont moins Serrées les ünes contre les autres, on voit les ramuscules les plus déliés partir , en rayonnant comme des étoiles, d’un vaisseau capillaire central ; chaque espèce de vaisseaux sanguins du foie paraît former des faisceaux distincts de cette nature. D'après Czermak et Vivenot (2) , les plus petites ramifications des veines hépatiques ont 0,0038 ligne de diamètré , celles dé Partère 0,0023 , et celles de la veine porte sont encore plus déliées ; les lames formées par les artères ont 0,0476 à 0,333
ligne de diamètre ; et celles de la veine porte depuis :0,1666 jusqu'à une ligne. |
(2) Vivenot, Déss, de vasis hépatis, P. 26,
. 6° A l'égard des nerfs, ceux de tous ces organes ne proviennent que du système ganglionnaire. Le foie seul reçoit en outre des filets de la dixième paire cérébrale.
7° Les ovaires n'ont point été soumis à l'analyse chimique.
D'après Frommherz et Gugert (1), le foie contient 0,6179 d’eau , et 0,3821 de substances solides, dont 0,2724 solubles dans l’eau ou dans l'alcool, et 0,1097 insolubles. Les substances solubles dans l’eau étaient de l’albumine, en grande quantité, de la matière caséeuse, de la matière salivaire, de l'osmazome, de la gélatine , du chlorure de potassium et de l'acétate (lactate?) de potasse : les autres étaient de la graisse acide (stéarine et oléine, avec leurs acides) , de la fibrime, une ré- . sine particulière , du phosphate de chaux , une petite quantité de carbonate calcaire et des traces de fer. La résine particulière, ou résine hépatique, était grenue, d’un jaune brun, sans odeur ni saveur ; elle fondait à la chaleur , et brülait avec une flamme brillante et fulisgineuse ; elle différait d'autres résines animales par son insolubilité dans l'alcool froid et dans l’éther. Cette résine paraît être identique avec la substance analogue au blanc de baleine, qui, d’après Wienholt, se précipite de la dissolution alcoolique d’osmazome, par le refroidissement. Les sels du foie s’élevaient à 0,0100. |
Braconnot (2) a trouvé, dans un foie de bœuf, 0,5565 d’eau, 0,1994 de substance insoluble dans l’eau, qu'il regardait comme tissu de vaisseaux et membranes, et 0,2541 de sub-— stances solubles dans l’eau, savoir 0,1636 d’albumine, 0,0492 d'une substance analogue à l'osmazome , 0,0316 de graisse phosphorée, 0,0051 de chlorure de potassium, 0,0038 de phosphate calcaire , avec du fer, et 0,0008 de potasse combinée avec un acide combustible. La substance analogue à l’osmazome différait de celle-ci en ce qu’elle n'avait pas de saveur salée et piquante ; elle semblait consister enun mélange d’une petite quantité d'osmazome avec une autre substance (ptyaline ?) peu azotée , soluble en totalité dans l’eau et peu soluble dans l'alcool.
(4) Berzelius, Traité de chimie, t. VIT, p. 475, (2) Meckel , Deutsches Archiv, 1. V, p. 236.
D'après cela, le caractère chimique du foie semble consister dans une abondance d’albumine non coagulée et d’osmazome , en combinaison avec de la graisse et de la résine. Cet organe est, après le cerveau, celui qui contient le plus de substance soluble dans l'alcool ; l'albumine y prédomine plus sur les autres principes organiques, et on y trouve moins de matière salivaire que dans les autres organes. Mais Berzelius (1) conjecture que la combinaison émulsive d'albumine avec un Corps gras provient du liquide contenu dans les canaux de sécrétion , et qui était sur le point de donner de la bile. Une analyse comparative de la bile contenue dans les ramifications les plus déliées des conduits biliaires, et de celle que renferme le tronc du canal excréteur, pourrait seule décider la question , outre qu’elle conduirait par elle-même à des résultats fort instructifs.
Les reins ont été analysés par Gmelin (2), chez l’homme et le Bœuf, par Braconnot (3), chez les bêtes à cornes, et par Berzelius (4), chez le Cheval. Suivant Gmelin , l’albumine contenait peu de soufre ; l’éther enlevait de la graisse. L'extrait aqueux, dont Gmelin dit que la substance médullaire fournit une quantité supérieure à celle de la substance corticale , se comportait , d’après Berzelius , comme l'extrait de viande : il renfermait un acide libre (lactique selon Berzelius, phosphorique suivant Gmelin ) , et donnait de la gélatine qui, au dire de Gmelin , se prenait très-difficilement en gelée. Selon Gmelin, la substance médullaire donnait plus d'extrait alcoolique que la corticale. Le même chimiste pense que la substance insoluble dans l’eau était de la fibrine , qui cependant se dissolvait dans les acides avec moins de facilité que de coutume. Berzelius a trouvé que la substance à laquelle elle ressemblait le plus était la membrane fibreuse des artères ; en conséquence de quoi il là regarde comme de la
(2) Traité de chimie , t. VII, p. 478, 479.
(2) Tuebinger Blætter fuer Naturwissenschaften und Arzneizunde ; t. I, p. 346.
(3) Meckel, Deutsches Archiv, t, V, p. 242, » 4) Traité de chimie, t. VIL, p. 333.
substance vasculaire. Wienholt a trouvé, dâns la cendre, du phosphate de soude, du chlorure du sodium, du phosphate de chaux et du fer. Suivant Braconnot, le rein contient plus de sels et beaucoup moins d’albumine que le foie.
S 788. Les autres organes qui appartiennent à ce système sont des conducteurs, des réservoirs et des canaux, excréteurs. |
T. Les conducteurs se trouvent placés entre les glandes et les réservoirs. Ce sont des canaux dans lesquels la membrane muqueuse est plus développée, plus dense et moins translu- « cide, que dans les cellules glandulaires et les canaux de sécré: « tions, outre que, la plupart du temps, elle est revêtue d’une enveloppe celluleuse assez solide et riche en vaisseaux.
L’oviducte, uni par des nerfs et des vaisseaux tant avec l’ovaire qu'avec la matrice, reçoit surtout un grand nombre de ramifications vasculaires , qui le rendent susceptible d'entrer en turgescence ($ 328, 2° ). Au moyen de cette propriéé ; il s'applique sur la glande , mais seulement lorsqu'elle a amené le produit d’une de ses cellules à maturité, et qu’elle est sur le point de s’en débarrasser.
L'uretère fait corps avec la glande par le moyen sh son commencement , le bassinet. Mais la glande verse son produit
sécrétoire par d'innombrables ouvertures , hors de sa propre substance , où ce liquide est reçu par le bassinet, comme pes une espèce d'entonnoir.
La continuité est poussée plus loin entre le canal déférent et sa glande ; cependant elle n’est point encore complète. En effet, le produit sécrétoire qui sort du testicule passe bien dans les canaux continus, non interrompus; mais Ces Canaux SOnÉ encore multiples , et ce n’est qu’au dehors de la glande dans ce qu’on nomme l’épididyme , qu'ils se réunissent en un seul tronc, de manière qu’il y a entre la tête de l’épididyme et le bassinet du rein le même rapport qu'entre le bassinet rénalh et le’pavillon de la trompe de Fallope.
Enfin la séparation entre le conducteur et la glande, et la formation du premier hors dela seconde, ont tout-à-fait disparu dans le système biliaire ; le canal hépatique se forme
MEMBRANE MUQUEUSE, 167 dans da substance même du foie, par le concours 8e paris biliaires. “
» II. Les ovaires et los reins se distinguent en, ce que M conducteurs aboutissent à un réservoir impair , occupant:la ligne médiane du corps. Dans les testicules, Les réservoirs sont pairs, mais rapprochés tous deux de la ligne médiane: Enfin; comme le foie est impair et dépourvu de symétrie , son réservoir offre aussi les mêmes caractères. |
1e Tantôt le réservoir fait partie intégrante essentielle du système, et c'est un lieu de passage inévitable:, dans lequelde produit tout entier de la sécrétion doit séjourner pendant un laps de temps plus ou moins long. Tantôt, au contraire, il n'est qu'une branche accessoire du conducteur , qui n’y depose pas toute la masse du produit sécrétoire.
Sous ce point de vue, la matrice occupe le plus haut rang. Elle est disposée de telle manière, entre les oviductes ét le vagin, que les premiers s'ouvrent dans son extrémité supérieure , et le second procède de son extrémité inférieure.
À la matrice tient de près, sous ce rapport, la vessie; dans laquelle les uretères s'ouvrent, ilest vrai, non pas à l'opposé du canal excréteur, mais tout près de lui, de telle sorte néanmoins que chaque goutte d'urine est obligée de tomber dans le réservoir.
Au contraire , les canaux déférens et le canal hépatique ne communiquent avec leurs réservoirs qu'à la fayeur d’un prolongement tubuliforme de ces derniers, et sous un angle aigu, tandis qu’ils se continuent en ligne directe avec les conduits excréleurs. Les vésicules séminales et la vésicule biliaire ne sont donc pas des passages, mais des détours dans lesquels leproduit de la sécrétion reste en dépôt, tant que le conduit exCréteur est fermé ; une fois que celui-ci vient à s'ouvrir, leréservoir se vide, et la glande en fait autant par son conducteur.
A ces usages différens des réservoirs. , qui suit exfirimés par le mode d'insertion des conducteurs, se rattache une autre circonstance ; c'est qu’en général il existe un rapport inverse entre les réservoirs et leurs glandes. Les ovaires sont bien plus petits que là matrice parvenue au pointeulminant de son
développement , tandis quelle foie surpasse de beaucoup le volume de la vésicule biliaire. Ce sont là les deux extrêmes entre lesquels vient se placer la proportion de la vessie au rein. On peut en dire autant des vésicules séminales, qui , si l’on prend en considération leurs circonvolutions et leurs branches, sont infiniment plus grosses, proportionnellement aux: testicules , que la vésicule du fiel ne l'est par rapport au foie.
2° La membrane muqueuse des réservoirs est, sous le point de vue du degré de développement, en raison inverse des parties qui l'entourent.
À la matrice, la couche qui l'enveloppe a plus d'épaisseur que partout ailleurs; c'est un tissu érectile ou vasculaire, dans lequel se développent des fibres musculaires. Mais ellemême est tellement délicate’et adhérente, qu'on ne peut point la détacher, et qu'on a même nié qu’elle existât. Elle paraît plus pâle encore dans le col que dans le corps de la matrice; mais elle y forme des plis saillans, et y est pourvue de cryptes muqueuses.
À la vessie, la membrane muqueuse n'est entourée que d'une forte couche musculaire. Elle même est assez épaisse et spongieuse , mais pâle, et ses follicules mucipares sont si petits qu'on ne les aperçoit distinctement qu'avec le secours de la loupe , après avoir injecté les vaisseaux sanguins. Elle forme aussi, indépendamment des contractions de sa couche : musculaire , des plis saïllans, qui s’étendent des orifices des uretères à celui de l’urètre.
Dans les vésicules séminales, elle présente des plis proportionnellement plus forts que partout ailleurs , de manière que les réservoirs eux-mêmes ressemblent pour aimsi dire à une série de cellules. Extérieurement , elle est revêtue, d'une enveloppe celluleuse épaisse et foros dans laquelle on ne “np point distinguér de fibres musculaires.
A la vésicule biliaire , elle est recouverte d’une enveloppe celluleuse plus mince, avec des fibres faibles; aussi sa ‘substance propre est-elle plus développée, épaisse , spongieuse, avec de nombreux plis saillans, croisés, rétioulis et des follicules mucipares. AN
4° Dœllinger (1) dit qu'à la matrice les vaisseaux capillaires les plus forts se réduisent, sans division dendritique, en un petit nombre d’autres plus petits, qui, perçant les couches fibreuses, marchent flexueusement entre elles, leur fournissent peu ou presque point de branches, et se partagent enfin en ramifications flexueuses allant plus loin: J'ai remarqué qu'à la membrane muqueuse elle-même ils se terminent par des branches courtes et assez volumineuses, qui s’écartent les unes des autres en directions différentes , à peu près comme celles du chêne.
Ceux de la vessie urinaire, au contraire, sont très-grêles, et forment un réseau uniforme, extrêmement serré , avec des mailles fort étroites.
C'est à la vésicule biliaire qu'on les trouve le plus rapprochés les uns des autres dans les plis, où ils s’entrelacent en manière de réseaux.
Le, Quelques filets provenant de nerfs rachidiens se joignent aux plexus du grand sympathique dont les ramifications parviennent aux réservoirs du système génital et du système urinaire.
Ille Parmi les canaux excréteurs , celui du système génital de la femme est le plus développé de tous. En effet, le vagin se compose d'une membrane muqueuse épaisse, spongieuse, plissée, et pourvue d’un grand nombre de follicules mucipares. Comparé à d’autres canaux excréteurs, il a une longueur et une ampleur considérables. 11 s'ouvre à la surface extérieure, et à l’endroit où il se continue avec la’ peau, il est entouré de tissu érectile, fort rouge et abondamment parsemé de cryptes.
Le système urinaire se trouve à la même héatene chez l’homme. Ici l'urètre est un organe indépendant, qui reçoit les conduits excréteurs d’autres glandes, et qui a une longueur considérable ; il consiste en une membrane muqueuse fort abondamment garnie de cryptes, et d’un rouge vif vers son extrémité, qu'entoure un tissu vasculaire ou érectile plus
(4) Meckel, Deuésches Arçhiv, t. VI, p. 492.
CU
développé que partout ailleurs. Chez la femme , au contraire ; l'urètre est plus simple, plus court, et ils’ouvre dans le vaginà
Les testicules font le passage aux glandes inférieures paires, qui ont aussi des conduits excréteurs pairs ; car les courts conduits éjaculateurs s'ouvrent d'ordinaire par deux orifices, immédiatement sur les côtés de la ligne médiane de l'urètre , quoiqu'il leur arrive parfois de n’en avoir qu’un seul ; Qui alors leur est commun.
Le canal cholédoque est, comme les conduits éjaculateurs, la courte continuation du conducteur depuis le point où s’effectue le passage dans le réservoir, jusqu’à l’orifice béant à la surface de la membrane muqueuse générale.
b, Glandes inférieures,
$ 789. Les glandes inférieures ont pour caractère d'être accessoires à d’autres organes , et par conséquent de recevoir leur sang , non par des branches spéciales des troncs vasculaires, mais par des ramifications latérales d'artères qui se ré pandent dans les parties voisines, de quelque nature#d'ailleurs que soient celles-ci, membranes séreuses où scléreuses , membrane muqueuse ou peau, muscles ou organes sensoriels. De même aussi elles ne reçoivent pas leurs vaisseaux par un point Spécial, par un sillon vasculaire, mais par un point quelconque de leur surface. Indépendamment des nerfs qui appartiennent au système ganglionnaire, elles en recçoivent aussi quelques uns qui proviennent du système cérébrospinal. En outre , elles présentent une grande diversité, de sorte qu'il est bien moins possible encore qu’à l'égard des glandes supérieures de les AUDÉIREEE d’après un comen unique.
1° Les glandes salivaires et le pancréas appartiennent aux organes de la digestion , les glandes mammaires , la prostäte et les glandes de Cowper à ceux de la procréation les glandes lacrymales à des appareils sensoriels.
2° Le pancréas est situé dans la cavité abdominale. Appartenant à l'intestin, il est, comme cet organe, impair et non
MEMBRANE MUQUEUSE. 171 symétrique. Ses nerfs sont peu nombreux etgrèles ; lesplexus du grand sympathique y prennent infiniment plus de ms que la dixième paire cérébrale.
Les autres glandes de cette catégorie sont disséminéé ‘dans la périphérie animale, situées sous la peau, à uné plus ou moins grande profondeur, et symétriques. Elles reçoivent des nerfs cérébraux ou rachidiens, des filets accessoires, qui , de même que les vaisseaux , se répandent dans les parties voisines , de quelque nature qu'elles soient. Les nerfs que leur fournit le grand sympathique sont, au contraire, fort te considérables.
3e Il n’y a que les glandes salivaires et dr éPias qui soient multiples.
Les premières forment un démi-cercle, qui correspond à la mâchoire inférieure, et se compose de trois paires de glandes, voisines les unes des autres, mais un peu différentes sous le point de vue de leur texture.
Quant aux glandes lacrymales , la plus volumineuse est située dans l'orbite, et la plus petite à la paupière supérieure.
4° I semble que , dans toutes ces glandes, les céllulés soient vésiculeuses, ou, en d’autres termes, que les canaux de sécrétion aient un calibre sensiblement inférieur à celui des eulsde-sac qui les terminent. Tel est du moins, d'après Weber (?) , le cas des glandes salivaires , dont les cellules sont d’ailleurs, hon pas parfaitement rondes, mais oblongues et un peu anguleuses. Te] est aussi, selon Muller, celui des glandes salivaires (2), des glandes mammaires (3) et de. la prostate (4). :
“Dans cette dernière , les canaux de sécrétion sont serrés les uns contre les autres. Le tissu cellulaire parenchymateux qui les unit est dense , et se rapproche du tissu scléreux: Le tout enfin est entouré d’une enveloppe scléreuse. De là résulte que la glande à un haut degré, tout particulier, desoli-
(2) Meckel , 4rchiv fuer Anatomie , A827, p. 276. (2) De glndatiil structura , p. 51.
(3) Zbid., p. 48. |
(4) Zoid., p. 47.
dité , que sa surface est uniformément arrondie ou lisse, et qu’elle présente un tissu serré , d’un blanc grisâtre.
Dans les autres glandes de même groupe , les canaux de sé: : crétion nesontpoint aussi parallèles les unsaux autres; ilsaffectent une forme plus dendritique, ets’écartent davantage en des directions différentes , de sorte que chaque petite branche, avec ses ramuscules et les cellules qui en garnissent les extrémités, représente une espèce de grappe , enveloppée de tissu cellulaire parenchymateux, qui la convertit en une petite masse ou en un lobule. Ces lobules se réunissent avec leurs voisins en lobes plus volumineux, de sorte que , en dernière analyse , la glande entière, entourée d’une enveloppe purement celluleuse , présente une surface inégale , bosselée, et paraît composée d’une multitude de petites masses , ce qui fait qu'on lui donne l’épithète de conglomérée. Le tissu cellulaire parenchymateux conduit les vaisseaux ; entre les lobes, où il est plus long , il renferme assez souvent de la graisse; notamment dans les glandes salivaires , mais surtout dans les glandes mammaires. La couleur est le blanc rougeâtre ou jaunâtre. Le tissu, considéré d’une manière générale , est mou; la {slande sous-maxillaire a des lobules plus volumineux et est plus molle que la parotide ; les glandes lacrymales ont des lobules plus petits, et sont:un peu plus fermes. La pesanteur spécifique est, suivant Sauvages, de 1007 pour la glande sublinguale ; de 1043 pour la sous-maxillaire, et de 1034 à 1050 pour la parotide ; selon Muschenbroek, de 1029 pour le pancréas; d’après Schubler (1) de 1042 (1010 à 1044) pour la parotide , et de 40413 (1007 à 1020 ) pour le pancréas.
5° Il n'y a que le pancréas dont on ait fait l’analyse chimique. Ce qui le distingue, au dire de Wienholt, c’est qu'il donne davantage d'extrait aqueux et alcoolique , et contient moins d'albumine et de substances insolubles dans l’eau, que d’autres parties. d
6° Les glandes lacrymales tiennent aux glandes supérieures,
(4) Ucber das specifische Gewicht thierischer Substançen. Tubingue, 1832, in-8°.
eh ce qu'elles ont une espèce de réservoir d'où part enfin un conduit excréteur. Mais elles n'ont point un conducteur simple , comme les glandes supérieures ; elles s'ouvrent, par six ou sept orifices, dans la conjonctive oculaire , qui est la plus mince de toutes les membranes muqueuses. Cette membrane est, aux paupières, rouge , riche en vaisseaux et munie de papilles qu'on découvre à l’aide du microscope (1) ; mais , à l'œil, elle est inséparable de la cornée , complétement transparente et incolore, ce qui n'empêche pas cependant qu'elle reçoive des vaisseaux. La conjonctive forme un réservoir qui, à la vérité , est ouvert dans son milieu par la fente des paupières, mais qui, chez l'embryon, demeure parfaitement clos pendant long-temps ($ 433, 3°); les larmes qui s’y déposent des glandes, sont conduites, par deux racines, dans le canal excréteur, qui lui-même s'ouvre à la surface de la membrane muqueuse de la cavité nasale.
Quelques autres glandes offrent aussi des dilatations de leurs conduits excréteurs , qui sont des vestiges de réservoirs. Le pancréas, la parotide , la glande sous-maxillaire et les glandes de Cowper s’abouchent, par des conduits excréteurs simples, avec la surface de la membrane muqueuse générale, à laquelle ils appartiennent; dans la glande sublinguale, la glande mammaire et la prostate, les canaux de sécrétion ne sont plus réunis en troncs communs, et le produit sécrétoire de ces organes s’épanche par plusieurs orifices étroits.