‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 44 sur 108 · os · texte numérisé non relu

os

$ 796. La substance osseuse est caractérisée par sa dureté, qu'accompagne un haut degré de densité et de solidité. La pesanteur spécifique de la tête fraîche. d'un fémur était de 1267, celle de la diaphyse de cet os de 1791, celle du temporal de 1613, celle d’un pariétal desséché de 1906 , et celle du même os soumis à l’action de la machine pneumatique, de 1975, selon Kapff. La grande résistance dont jouit cette substance lui permet de rendre les formes de l'organisme permanentes. Elle est disposée en un squelette formant la paroi de cavités qui renferment des organes délicats, ou servant d'attache et de soutien à des parties molles. Ce squelette devient surtout le point d'appui qui rend possibles et sûrs tous les mouvemens libres et indépendans.

2° La substance osseuse est une combinaison d’une matière organique et d’une matière inorganique, dont chacune , après l'éloignement de l'autre, conserve encore la forme de l'os entier, L’acide hydrochlorique étendu dissout la matière inor-

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ganique, et laisse la matière organique , sous la forme d’un corps jaune brunâtre , transparent, léger, ferme, flexible, élastique, cartilagineux , dont le poids s'élève depuis 0,30 jusqu’à 0,37 de celui de l’os'mis en expérience. Le feu, au contraire , détruit la matière organique , et laisse un corps terreux, blanc, opaque, pesant, dur et cassant , dont le poids est de 0,63 à 0,70 de celui de l'os entier. La première diminue la fragilité de la seconde, et celle-ci la flexibilité de celle-là. Mais toutes deux ensemble donnent à la substance osseuse la. constitution qui lui convient ; car elles ne sont pas déposées l’une à côté de l’autre, ou l’une dans les mailles de l’autre, mais ellesse contiennent réciproquement et sont unies ensemble d’une manière chimique. En effet, chacune d'elles, prise à part, représente non seulement la forme totale, mais encore la texture de l'os entier, dans lequel l'observation m1croscopique ne fait apercevoir non plus aucune distinction de substance. Voilà pourquoi la matière organique se trouve non décomposée encore dans des os qui remontent à plus de dix siècles, pourvu que l’action de l’eau et de l’air n’ait point détruit sa combinaison chimique avec les principes constituans inorganiques. Mais comme la portion cartilagineuse se produit la première ( $ 427 ), on peut dire que, dans l'os, elle est chargée de sels terreux.

3° La forme primordiale proprement dite paraît être celle de granulations. Ces granulations, en se plaçant les unesà la suite des autres, forment d’abord des fibres, qui s'appliquent dans des directions diverses, en se serrant tantôt plus et tantôt moins. Lorsqu'une couche superficielle est plus attaquée que les autres par l’eau, l'air, le feu, les acides ou la maladie, elle se détache sous la forme de lamelles , dans lesquelles on reconnaît même encore une texture fibreuse. La substance mterne ou celluleuse de l'os est composée de fibres, qui, sur certains points , sont plus larges ou lamelleuses , et se croisent en divers sens , de manière à laisser entre elles des cellules irrégulières, anguleuses, qui s'ouvrent pour la plupartlesunes dans les autres. Ce qui couvre les fibres ou tapisse les. cellules est un tissu cellulaire délicat, la membrane médullaire, dans lequel se répandent des vaisseaux sanguins nombreux

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et d'unassez grand calibre, et qui sécrète de la graisse (moelle). Si cette substance a l'aspect d'un tissu cellulaire. ossifié, la substance extérieure on corticale, qui est plus condensée, ressemble à une membrane ossifiée Au moment de son origine, l'os est absolument celluleux; peu à peu seulement les vides se comblent, les fibres se confondent, et il se forme une écorce dense : celle-ci laisse encore apercevoir des fibres à sa surface, et l’on y découvre non seulement quelques grandes ouvertures (trous nourriciers), par lesquelles des vaisseaux pénètrent jusqu à la substance celluleuse, et du tissu cellulaire s'étend de la membrane médullairé au périoste, mais encore des canaux plus étroits, auquels Béclard assigne (4) un diamètre de 0,03 ligne ; ces derniers conduits, qui ne sont par conséquent visibles qu'au microscope, contiennent des vaisseaux sanguins déliés, avec un peu de moelle; quelques uns d’entre eux vont perpendiculairement de la surface à la substance celluleuse, tandis que d’autres suivent une marche oblique ou horizontale , et livrent passage aux ramuscules vasculaires qui appartiennent à la substance compacte elle-même. Dureste, les veines des os marchent séparées des artères, dans des canaux particuliers et plus amples de la substance celluleuse, où elles contractent de nombreuses anastomoses ensemble. k° Les os sont dissous par les acides minéraux à la chaleur de l’eau bouillante. Au feu, ils donnent , par la décomposition de leur matière organique , une vapeur blanche, avec une odeur de graisse, après quoi ils brûlent en répandant une flamme claire. A la distillation sèche, on obtient d'eux de l’eau, de l’ammoniaque, de l'huile empyreumatique, de l'acide gras, de l'acide hydrocyanique , du gaz hydrogène carboné, du gaz hydrogène sulfuré et du gaz acide carbonique: La matière organique, débarrassée des sels terreux par les acides, est plus transparente que le cartilage, et l'eau bouillante la résout plus promptement que celui-ci en gélatine, ce qui la rapproche du tissu scléreux (2). En se dissolvant dans l’eau

(4) Additions à l'Anatomie générale, p. 439, (2) Béclard , Additions à Anatomie générale, p.440,

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bouillante, elle laisse un résidu fibreux, qui peut bien être de l’albumine coagulé et de la fibrine. L'eau bouillante , surtout dans la marmite de Papin, extrait de la gélatine des os; les alcalis caustiques donnent aussi avec eux une dissolution brunâtre , qui s'accompagne d’un dégagement d'ammoniaque.

La graisse ne peut point être séparée des os frais, parce qu'elle se trouve même dans la substance compacte; elle se rapproche de la surface par l’action de la chaleur.

L'eau existe en moins grande quantité dans les os que dans d’autres parties ; c’est elle qui donne du liant à la matière organique, puisque celle-ci devient cassante par la dessiccation.

La matière imorganique consiste essentiellement en phosphate et carbonate calcaires.

Vauquelin a trouvé, dans les os, 0,500 de gélatine, 0,370 de phosphate calcaire , 4,100 de carbonate de chaux, 0,013 de phosphate de magnésie et de fer (1). Berzelius a obtenu des os du bassin, 0,3217 de gélatine, 0,0113 de substance insoluble dans l’eau , 0,5104 de phosphate calcaire, 0,1130 de carbonate de chaux, 0,0200 de fluate calcaire, 0,0116 de phosphate de magnésie, 0,0120 de soude et de chlorure de sodium (2). Un radius donna, d’après Denis (3), 0,130 d’eau, 0,278 de gélatine, 0,530 de phosphate calcaire, et 0,062 de carbonate de chaux. Lassaigne (4) a trouvé, dans les os, 0,400 de substance organique , 0,400 de phosphate calcaire, 0,076 de carbonate de chaux, et 0,124 desels solubles : Gaultier (5), 0,5628 de substance organique, 0,3875 de phosphate calcaire, 0,0385 de carbonate de chaux, et 0,0112 de phosphate de magnésie. Suivant Thilenius (6), après la combustion de toute la substance organique et l'expulsion de l'acide carbonique , le résidu du rocher s'élevait à 0,6872, celui d'un os de membre à 0,6666, celui d’une côte à 0,6337, et celui d’une

(4) Blainville, Cours de physiologie générale, t. IT, p. 490. (2) Traité de chimie , t. VII, p. 474.

(3) Journal de Magendie, t. IX, p.484.

(4) Journal de chimie médicale , t. IV, p. 366, (5) Breschet, Recherches sur la formation du cal, p. 84. . (6) Gmelin, Handbuck der theoretischen Chemie ;'1, IL, p, 4861, -

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vertèbre du cou à 0,5647 ; un fémur donna 0,2928 de sub : stance organique, 0,5975 de phosphate calcaire , 0,0928 de carbonate de chaux, 0,0155 de phosphate de magnésie, et une trace d'acide fluorique et d'acide <uferiqies avec une perte de 0,0014.

5° Les os qui, réunis ensemble par ds cartilages, des vésicules synoviales et du périoste, forment le squelette, diffèrent les uns des autres suivant la prédominance de telle ou telle dimension, ce qui entraîne en outre des modifications dans leur substance. Les os longs sont les plus parfaits , ceux qui paraissent les premiers et qui se développent avec le plus de rapidité; ils ont une écorce compacte, à fibres parallèles, une cavité médullaire dans l’intérieur, des articulations parfaites à leurs extrémités, et les rapports les plus étendus avec les muscles à leurs surfaces. Les os larges servent plutôt de paroi ; ils ont des fibres rayonnées dans leur écorce, et dans leur intérieur un tissu à petites cellules, qui manque entièrement lorsqu'ils sont fort minces. Les os courts, qui se rapprochent de la forme cubique, ont une configuration irrégulière ; ils naissent tard etse développent lentement ; leur écorce est mince, avec des fibres qui se croisent , et la substance celluleuse prédomine en eux; ils sont peu mobiles et associés en grand nombre les uns auprès des autres, quand il faut que la solidité se trouve unie à une certaine mobilité. La colonne vertébrale présente la réunion des trois formes ; car le corps figure un os Court, l'arc un os plat, et les apophyses des os longs.

En dehors du squelette sont placés les os sésamoïdes où ostéides, qu’on rencontre dans la substance tendineuse, tenant lieu de périoste. Ils s'ossifient tard, et demeurent celluleux.

Les os de l'appareil hyoïdien sont étrangers aussi au squelette, et appartiennent à la membrane muqueuse.

Une particularité assez générale dans la forme des os, consiste en ce qu'ils sont plus épais à la circonférence que dans le milieu, par conséquent les larges sur les bords, les longs aux deux bouts, et les courts sur les deux côtés, ce qui les fait paraître en quelque sorte comme des cônes doubles unis par leur sommet.

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