À. CARTILAGE
2° La première famille est celle des cartilages.
Les cartilages ont un certain degré de solidité, qui leur permet de conserver leur forme sans avoir besoin d'appui, et de déterminer aussi celle des parties voisines. Ils peuvent cependant céder un peu à une forte compression ou flexion, c'est-à-dire se distendre par suite d'efforts portant sur leur surface ; mais l’élasticité dont ils jouissent les ramène aussitôt à leur forme première. Ils cèdent moins à la traction ou à une distension agissant sur leurs bords. Sous le rapport de la flexibilité , ils tiennent le milieu entre le tissu scléreux et le tissu osseux ; on peut les ployer, ce que les os ne supportent point ; mais ils cassent quand la flexion va trop loin, ce qui n'arrive jamais au tissu scléreux. Ils ont aussi plus de dureté
(4) Blainville, Cours de physiologie générale, t, II, p. 441. (2) Berzelius, Traité de à AR t. VII, p. 492.
(3) Lbid., p. 522.
(4) Ibid., p. 449.
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que ce dernier, quoiqu'on puisse les couper. La plupart du témps , ils affectent la forme de disques ou de lames. Leur couleur est blanchâtre , tirant sur le bleuâtre ou le jaunâtre. Coupés en tranches minces , ils sont un peu translucides. Leur pesanteur spécifique est de 1157 à 1161, selon Kapff.
3° Les cartilages semblent être des masses homogènes ; cependant, lorsqu'on les rompt, surtout après lés avoir fait bouillir ou macérer, ou les avoir traités par l'acide hydrochlo- . rique, on aperçoit plus ou moins distinctement, dans la cas- . sure , des fibres parallèles à leur plus petit diamètre, et par conséquent perpendiculaires à leurs deux faces : on peut aussi en exprimer une petite quantité d’un liquide clair comme de l’eau, Krause (1) admet, entre les fibres, une substance cartilagineuse plus molle et non fibreuse, avec de nombreux canaux ayant 0,0027 à 0,0011 ligne de diamètre. Ces canaux sont vraisemblablement des vaisseaux sanguins incolores, qui, après la dissolution de la gélatine par l’eau bouillante , restent sous la forme de filamens grêles , et qu’on ne peut la plupart du temps point démontrer par les injections.”
Le Ils doivent leur couleur et leur flexibilité à l’eau qu'ils contiennent. La dessiccation les rend jaunes , demi-transparens et cassans. Si on les plonge alors dans l’eau, ls recouvrent leurs qualités premières. D’après Chevreul , les cartilages perdent 0,6936 d’eau dans le vide, et absorbent ensuite 2,2050 de ce liquide pendant vingt-quatre heures d'immer- Sion. ,
Leur composition chimique varie. Quelques ‘uns d’entre eux , traités par l’eau froide, donnent un peu d’albumime , d'osmazome, de matière caséeuse et de matière salivaire , mais fournissent beaucoup de gélatine par l’ébullition ; d’autres donnent peu où point de gélatine, et seulement une substance albumineuse. À la première catégorie appartiennent les cartilages Costaux , qui, d’après Frommherz et Gugert (2), contiennent, à l’état sec, 0,96598 des substances
(4) Handbuch der menschlichen Anatomie , t. X, p. 48. (2) Schweigger, Journal fuer Chemie und Physik , t. L, p. 487.
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organiques citées plus haut, et 0,03402 de sels (0,02641 carbonate , sulfate , hydrochlorate , phosphate de soude et sulfate de potasse, 0,00625 carbonate de chaux, 0,00136 phosphate de chaux , phosphate de magnésie et oxide de fer). La seconde classe comprend les cartilages articulaires, qui, d’après J. Davy (1), contiennent 0,550 d'eau, 0,445 d'albumine et 0,005 de phosphate calcaire. En général, les cartilages renferment une quantité considérable de substance organique, proportionnellement à leurs principes constituans inorganiques.
On les partage en fibro-cartilages et ttes proprement dits.
a. Fibro-cartilages.
5e Les fibro-cartilages consistent en tissu scléreux dont les mailles sont pleines de substance cartilagineuse, ou dont les couches alternent avec des couches de cartilage. Gette texture, qui les rapproche du tissu scléreux, fait aussi qu'ils diffèrent des cartilages proprement dits par une plus grande flexibilité ét par l'aptitude à être comprimés. Cependant ils ne sont point séparés des cartilages par une ligne de démarcation absolue, et ils ne comptent parmi leurs caractères, ni de posséder'une texture fibreuse, ni de contenir de la gélatine.
6° Quelques uns d’entre eux servent au mouvement des tendons; ils s'appliquent , en forme de plaques, sur le périoste à la surface duquel glissent immédiatement des tendons, et produisent des espèces d’anneaux à travers lesquels passent ces organes,
7° D'autres sont destinés à des os, et servent soit à les unir ensemble , soit à faciliter leurs mouyemens. |
8° Les prémiets adhèrent par leurs deux faces aux os qu ‘ils unissent ensemble. Les cartilages intervertébraux sont des, disques composés d'anneaux concentriques, dans la composition desquels entre un liquide visqueux , qui, à l'instar d’en-
(2) Béclard , Additions à l’Anatomie générale, p. 473.
veloppes scléreuses, envoient une multitude de fibres dans la substance de l'os, et qui permettent aux corps des vertèbres de jouer les uns sur les autres. Les disques cartilagineux plus solides interposés entre les os du bassin et entre ceux du crâne , établissent des connexions immobiles entre les pièces osseuses.
9° Les cartilages articulaires accessoires forment tantôt le rebord d'une fosse articulaire, qui sert à agrandir cette dernière et à embrasser la tête de l'os ; tantôt des disques parallèles aux surfaces articulaires et entourés par la membrane synoviale, dans l’intérieur de la capsule articulaire.
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b. Cartilages proprement dits,
10° Les cartilages proprement dits forment toujours la paroi d’une cavité, soit avec la peau, soit avec la membrane muqueuse ou des membranes séreuses. Ils appartiennent les uns au squelette , les autres aux articulations. |
11° Les cartilages squelettiques sont les parties les plus indépendantes du système cartilagineux. Comme tels, il n’y a qu'eux qui soient pourvus d’un périchondre ou d’une mem-— brane propre. Ils donnent aux parties molles situées à leur surface une forme constante et qui ne se prête qu’à de faibles changemens.
12° Il y en a de deux espèces. Les uns appartiennent au squelette proprement dit. Ce sont les parties de ce dernier jusque dans l'intérieur desquelles l’ossification ne s'étend point d'une manière normale pendant l'âge moyen de la vie, et qui entretiennent l’élasticité des parois de la cavité du tronc. Ils sont situés entre la peau et une membrane séreuse. Ici se rangent l'appendice xiphoïde du sternum et les cartilages costaux. Ces derniers, qui ont une forme plate, sont les plus longs de tous, ce qui les rend aussi plus cassans ; mais la macération les réduit en disques accolés les uns aux autres dans la longueur du cartilage , ce qui prouve qu'ils résultent d'un assemblage de fibres transversales. Ils contiennent des vaisseaux sanguins rouges , qui se rendent de leur face interne
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jusque dans leur centre, et qui alors marchent le long de leur axe.
13° Les autres sont logés sous la peau ( cartilages de l'oreille et du conduit auditif }, ou à la face externe de la membrane muqueuse (cloison du nez, trompe d'Eustache, larynx, trachée-artère et ses ramifications ), ou entre la peau et Ia membrane muqueuse ( cartilages du nez et des paupières }, et tiennent tendues ces portions du système cutané : ceux-là sont plus flexibles que d’autres cartilages, et l'on y aperçoit presque toujours des fibres distinctes, mais ils donnent peu ou point de gélatine.
1% Quant aux cartilages articulaires, l'une de leurs surfaces est intimement unie à l'os , sur les dépressions et les saillies duquel elle se moule, tandis que l’autre, couverte d'unewésicule synoviale , regarde la cavité articulaire. Ils ont une ligne environ d'épaisseur. Ils sont très-blancs , solides et fibreux dans leur cassure. On n’y aperçoit pas de vaisseaux SangUIns.