‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 28 sur 79 · TE — EE · texte numérisé non relu

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testin, avec lequel le pancréas fait corps, et où s’aboucherit aussi les conduits biliaives, se reporte à une grande distance du foie en arrière, ce qui allonge beaucoup le canal cystique et le canal hépatique.

14° Tous les appendices primordialement bursiformes du conduit excréteur des reins primitifs (corps de Wolff) s’allongent et se métamorphosent en vaisseaux propres de cet organe. De bonne heure aussi, des corpuscules de Malpighi (paquets artériels ) nombreux se développent en lui. Quoique les reins primitifs acquièrent beaucoup de longueur et en géneral de volume jusqu’au milieu environ de la vie embryonnaire , ils ne s’allongent cependant point en proportion du tronc , ce qui à pour résultat qu'ils s'éloignent considérablement du fond postérieur de la cavité du corps, et bien plus encore de son fond antérieur, de sorte que le conduit excréteur de chacun d’eux s’allonge beaucoup entre lui et le cloaque. Après le milieu de la vie embryonnaire, le volume des reins primitifs diminue beaucoup ; cependant il en reste encore des vestiges sensibles , même après l’éclosion.

15° Les reins proprement dits se développent tout-à-fait à la partie postérieure de la cavité du corps, entre la paroi dorsale de cette dernière et les reins primitifs, à une époque où ceux-ci s'étendent encore presque immédiatement jusqu’au cloaque. Ils apparaissent sous la forme de deux lames extrêmement étroites, peu épaisses , et très-peu longues, d’un blastème blanchètre , assez résistant , et peu translucide, dont la droite est un peu plus longue que celle du côté gauche. Sous le rapport de leur structure intime , ils se développent de la même manière que les reins primitifs ; en effet, au bord interne de chacun d'eux, naît un canal excréteur (l'uretère),qui en parcourt toute la longueur, et qui aboutit au cloaque , tout à côté de celui des reins primitifs; mais à ce canal tiennent une multitude de boursettes , en forme de massue , placées en ligne les unes à la suite des autres , et renfermées dans le blastème, qui peu à peu se convertissent en vaisseaux urinifères figurant des tubes minces et très-ramifiés. Quand le développement de ces petits tubes a fait des progrès, le rein, qui était d'abord lisse, acquiert une apparence lobu-

leuse. Avec le temps, les reins s’éloignent beaucoup de l’extrémité postérieure de la cavité du corps, surtout celui du côté droit, etils se reportent de plus en plus en devant, ce qui oblige les uretères à s’allonger considérablement.

16° Les capsules surrénales paraissent bien plus tard que les reins proprement dits ; elles se forment au côté inférieur des reins primitifs, près de leur bord interne , et représentent d’abord deux petits corps allongés, fort étroits , lisses , et d'un blanc jaunâtre; mais ensuite leur volume relatif augmente , et elles deviennent tuberculeuses, en même temps qu’elles prennent une teinte de jaune d’ocre.

17° Les parties génitales se forment avant les reins, et quelque temps aussi avant que les troncs branchiaux s’obli- . tèrent. D’abord , et long-temvps encore après , elles ont la même apparence chez tous les individus. Les ovaires et les testicules apparaissent sous la forme de deux filamens trèsminces et d’une longueur proportionnellement considérable, au côté inférieur de la moitié inférieure des reins primitifs, immédiatement des deux côtés de l’aorte ; ensuite ils ne font plus que s’allonger encore d’une manière absolue , mais se raccourcissent beaucoup d’une manière relative. Les ovaires deviennent creux , et représentent de longs sacs membraneux; mais les testicules demeurent pleins, et acquièrent un parenchyme composé de tubes déliés. Cette différence sexuelle commence à se prononcer vers le milieu environ de la vie embryonnaire. Des œufs ne se développent dans l'ovaire qu’après l’éclosion. Les oviductes et les canaux déférens se produisent au bord externe des reins primitifs, sous la forme de filamens extrêmement grêles, qui s'étendent depuis le cloaque jusque près de l’extrémité antérieure de ces viscères. Les deux organes ne tardent point à devenir creux, et à s’ouvrir aussi à leur extrémité antérieure ; mais on ne voit que trèstard s'établir une communication tubuleuse entre les canaux déférens et les testicules. Quant à ce qui concerne lesoviductes, c’est seulement plus d’une année après l’éclosion qu’ils acquièrent assez d'ampleur pour pouvoir admettre des œufs, et alors seulement aussi ils s’éloignent au point d’être obligés de décrire des circonvolutions. Vers le temps à peu près où

les organes génitaux internes commencent à se former, ou tout au moins fort peu de temps après, un petit tube verruciforme apparaît sur les deux côtés de la fente transversale de l'anus. Ge tubercule continue de croître ; bientôt cependant il diminue chez les femelles, où , avant la fin de la vie embryonnaire, on n’en aperçoit déjà-plus aucune trace ; mais, chez les mâles , il ne cesse pas de se développer, pousse deux branches épaisses et courtes à son extrémité, et se transforme en une verge creuse à l'intérieur. Les deux membres restent visibles à l'extérieur jusqu'à la fin de la vie embryonnaire, et ce n’est vraisemblablement qu’à l'époque de l’éclosion, ou tout au plus peu de temps auparavant, que, rentrant en eux-mêmes , ils viennent se loger dans les cavités qui se sont produites pour eux, et qui se trouvent situées dans l'intérieur de la base de la queue. |

18° Le cœur, qui d'abord était placé immédiatement derrière les arcs branchiaux, s’en éloisne beaucoup et se reporte en arrière ; en même temps il abandonne peu à peu son sac herniaire, qui va toujours en s’étrécissant , et rentre ainsi dans la cavité du corps, où les côtes, à mesure qu'elles s’allongent , l’enveloppent de plus en plus. Dans le ventricule, qui était primordialement simple, naît ure cloison, d’abord annulaire, mais qui se forme d'une manière complète dès avant [a fin de la vie embryonnaire, et qui partage ainsi cette moitié du cœur en deux oreillettes. Le ventricule avait commencé par ressembler à l'estomac humain, sous le point de vue de Ja configuration ; mais peu à peu le milieu de sa plus grande courbure venant à s'épandre de dedans en dehors , il acquiert la forme d’un cône court, obtus et un peu aplati; il S'y produit aussi une espèce de cloison, mais qui demeure fort incomplète , c’est-à-dire dans laquelle on aperçoit toujours une grande ouverture. Le cœur entier, qui, à une époque antérieure du développement , était plus large que long, s’allonge ensuite à un degré convenable. Le canal, proportionnellement fort long et recourbé, qui unit ensemble le ventricule et les vaisseaux branchiaux , et qu'on doit considérer comme le tronc de ceux-ci, se renfle dans leur voisinage, et produit, un bulbe cardiaque ; mais l’autre portion, qui à plus

de longueur (fretum Halleri), se raccourcit tellement, qu’un moment arrive enfin où le bulbe touche immédiatement au ventricule.

Pendant que ces changemens ont lieu, la portion renflée augmente beaucoup de longueur, et finit par se diviser en trois canaux situés à côté les uns des autres. En effet, il s’est produit de très-bonne heure en elle trois courans de sang, allant du détroit simple de Haller aux divers arcs vasculaires branchiaux, et autour desquels la substance a acquis davantage de densité ; mais la portion devenue plus dense se métamorphose en parois vasculaires ; après quoi le reste de la substance embrassant ces parois disparaît par résorption. Des troncs vasculaires développés dans le renflement, et qui, avec le temps, deviennent de plus en plus longs, outre qu'ils se rapprochent toujours davantage du ventricule, l’un se prolonge dans la paire postérieure des arcs vasculaires bran- Chiaux , le second dans la paire antérieure et la moitié droite de la moyenne, le troisième enfin dans la seule moitié gauche de cette dernière. Quelquefois, après que les ouvertures branchiales se sont oblitérées, les deux arcs vasculaires antérieurs cessent de communiquer, à leur extrémité supérieure, avec l'arc de la seconde paire, parce que leur moitié supérieure a été résorbée , et la moitié qui reste alors de chacun représente le commencement d’une cerotide. Mais l'arc vasculaire moyen de la moitié latérale droite, qui, ainsi qu’il vient d'être dit, naît d’un seul et même tronc avec les deux antérieurs, persiste dans toute sa longueur, augmente con- Sidérablement de longueur et d’ampleur, et figure [a racine permanente droite de l'aorte. L’arc vasculaire moyen gauche, avec lequel seul se continue le second des troncs vasculaires venant du cœur, augmente plus encore de largeur que l’arc correspondant de l’autre moitié latérale, et représente , avec son tronc, la racine permanente gauche de l'aorte. De l'arc droit de la paire postérieure il naît de très-bonne heure une branche, qui va gagner le poumon de son côté, et qui, avec le temps, acquiert assez de calibre pour égaler sous ce rapport la portion de son arc située entre elle et le troisième tronc. Gette partie et 16 troisième tronc deviennent donc le

tronc de l’artère pulmonaire. Quant à l’autre partie du vaisseau postérieur droit, ou à la supérieure, elle se dilate beaucoup moins, et apparaît sous l'aspect d'un canal artériel de Botal communiquant avec la racine droite de l'aorte. L’arc vasculaire postérieur gauche, qui communique également avec la racine de l'aorte située de son côté, et qui d’ailleurs s'allonge et s'agrandit bien pius que tous les autres, représente dans toute sa longueur un second canal artériel de Botal. Les deux carotides se développent uniformément jusque près du milieu de la vie embryonnaire ; mais alors la moitié latérale droite commence à se rétrécir et à disparaître peu à peu , en allant de la tête vers l'arrière du corps, jusqu’à ce qu’enfin, long-temps déjà avant la fin de la vie embryonnaire, son tronc s’efface, dans toute sa longueur, sans laisser aucune trace , après toutefois que celles de ses branches qui appartiennent à la tête , et parmi lesquelles il faut compter l’une des artères vertébrales naissant au cou, tout-à-fait en devant, se sont réunies à la carotide gauche. (La même chose a lieu très-probablement aussi chez les Oiseaux, qui, parvenus à l’état parfait, ne possèdent qu’une seule carotide.) Pendant ce temps il se développe une nouvelle artère destinée au col, qui üre son origine de la racine droite de l’aorte, se prolonge en avant, au dessous des corps des vertèbres cervicales, ne parvient cependant pas jusqu’à la tête, et envoie de chaque côté des branches à la paroi dorsale. C’est le vaisseau que Cuvier appelait artère vertébrale, et que Schlemm nomme arteria collaris. À mesure que le canal intestinal grandit, et que le sac vitellin diminue, l'artère mésentérique acquiert un calibre de plus en plus fort ; mais l’artère qui va au sac vitellin diminue de calibre, et en général se rapetisse, pendant la dernière moitié de la'vie embryonnaire, quelque temps avant la fin de laquelle elle disparaît, le tronc auparavant commun aux deux branches, ou l'artère omphalo-mésentérique , ne représentant plus alors que le tronc des artères mésentériques.

19° Les points les plus essentiels du développement du système veineux seront exposés plus loin ($ 442).

20° Long-temps avant que la carotide droite commence à

disparaître , il se forme, immédiatement au devant de l'arc représenté par les artères qui viennent du bulbe cardiaque, au dessous de la trachée-artère et de l'œsophage, et au milien du tissu muqueux unissant ensemble ces parues et les tégumens cutanés, trois petits corps placés en ligne les uns à côté des autres, qui , si l’on en juge d’après leur texture, leur longueur et leurs connexions , représentent le thymus. Celui de ces corps qui occupe le milieu est situé entre les deux carotides , en dehors desquelles on aperçoit les deux autres: Le corps moyen demeure simple, mais chacun des latéraux se divise transversalement en deux, tandis qu'il augmente de volume. Plus tard encore, tous ces corpuscules se rapprochent davantage les uns des autres, et ils représentent un seul corps lobé, de médiocre volume, autour duquel un peu de graisse se dépose.

21° Mais il s’amasse une bien plus grande quantité de graisse des deux côtés de la veine ombilicale droite, qui persiste et marche d’arrière en avant, sur la ligne médiane de la paroi ventrale. Gette accumulation de graisse forme, chez l’embryon à terme, deux longs cordons , plissés comme des cravates , assez épais, médiocrement larges, et entourés d’une portion du péritoine.

2? L’ombilic est situé tout près du cœur chez les trèsjeunes embryons. Mais comme la paroi ventrale de la cavité du corps s’égalise à la paroi dorsale, eu égard à la longueur, et qu’elle s’allonge en outre d’une manière absolue , l’allongement s'opère principalement dans sa moitié antérieure, ce qui fait que l’ombilic semble se reporter de plus en plus en arrière , jusqu’à ce qu’enfin il ne soit plus fort éloigné de Ja fente anale. |

23° Des épaississemens partiels produisent à la peau des . écailles et des plaques, d’abord immédiatement derrière la tête , et en dernier lieu à l’extrémité de la queue. Mais les plaques céphaliques ne paraissent qu’un peu plus tard , et les plus tardives de toutes sont celles qui couvrent le vertex. Les plaques de la paroi du ventre se forment de deux moitiés latérales , qui sont d’abord très-écartées l’une de l’autre, mais qui se rapprochent peu à peu jusqu'au point de se toucher, ef

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