V. Cinquième période
$ 413. La cinquième période comprend le quatrième et le cinquième mois lunaires.
L'inépalité d’accroissement des organes cesse, et ceux-ci se rapprochent de plus en plus des proportions qu'ils doivent conserver; par là disparaît aussi l’analosie avec Les animaux, la forme purement humaine se dessine davantage , et l’embryon acquiert une physionomie , comme aussi la différence sexuélle devient plus prononcée. Le cerveau et la moelle épinière se développent davantage, et l'on y aperçoit des fibres bien distinctes. Au moyen de la métamorphose du sang dans le placenta foœtai , maintenant bien développé, il arrive , suivant toute vraisemblance, que la fibrine se développe en plus grande quantité ; aussi les muscles, qui jusqu à ce moment étaient minces, pâles et gélatineux, deviennent-ils fibreux ét rouges. L'ossification marche épalement avec rapidité vers son but ; les dents aussi commencent à s’ossifier, et les ongles à devenir cornés. Au milieu de ce développement du système animal et des parties qui lui sont subordonnées , au milieu de cette manifestation plus prononcée de l'individualité , qui s'exprime même déjà dans la prédominance de la masse de l'embryon sur celle de l'œuf , au milieu enfin de la marche calme et uniforme que suit la nutrition, on voit apparaître les prémiers vestiges de la vie morale, dans les mouvemens de l'embryon, qui permettent d'admettre une excitation provenant de la sensibilité générale. En même temps, les organes sensoriels , ceux surtout des sens inférieurs , commencent à s'ouvrir.
L. Au quatrième mois lunaire se rapportent les observations de Meckel (1), de Wrisberg (2), de Sœmmerring (3), de Senff (4) et d’Autenrieth (5).
(4) Abhandlungen, p. 321, 346. — Deutsches Archiv, t. IL, pl T, fig. 45, 46.
(2) Commentationes, p. 16.
(3).Icones embryonum, fig. 40 , p. 8; fig. 41, 42, 43.
(4) Nonnulla de incremento ossium , pl. I, fig. 7, 8.
(5) Supplementa , p. 32, 33.
1° Le placenta fœtal se développe davantage. Le chorion a perdu entièrement ses flocons. L’amnios contient quelques onces de liquide. L'œuf pèse à peu près Cinq onces.
2° L’embryon acquiert environ quatre pouces, du sommet de la tête à l'extrémité du coccyx, et un poids de deux onces à peu près. Il se courbe de nouveau et davantage. La tête se place à la partie inféfieure de la matrice.
3° La moelle épinière devient fibreuse à sa phériphérie, mais reste molle et sans fibres à l’intérieur, c’est-à-dire du côté de son canal, On distingue l’entrecroisement des fibres des pyramides, et les pyramides se dessinent, quoique encore peu saillantes. On aperçoit le ganglion du nerf auditif dans le sinus rhomboïdal. Le cerveau se développe davantage en largeur. On voit apparaître au cervelet le corps ciliaire et le pont de Varole , mais celui-ci n’est d’abord qu’une bandelette étroite. Les tubercules quadrijumeaux sont adhérens ensemble sur la ligne médiane ; les couches optiques sont unies par la commissure molle ; les piliers de-la glande pinéale, qui en naissent, se réunissent pour produire cette glande ; la glande pituitaire est creuse. On trouve dans les couches optiques les piliers antérieurs de la voûte ; celle-ci s’est allongée , et ses piliers postérieurs arrivent dans les cornes d’Ammon. On distingue aussi l’ergot. Les hémisphères augmentent d'épaisseur, surtout à leur origine , ou en dehors et en bas, et quelques anfractuosités se dessinent à leur surface ; ils se portent assez loin en arrière peur couvrir déjà une partie des tubercules quadrijumeaux ; comme les lobes postérieurs se développent, et que les supérieurs et inférieurs grandissent, les antérieurs
sont plus couverts, et les fosses de Sylvius se ferment:
489 los sleep coutinue dans le sphénoïde ; les grandes ailes ont leurs trois faces , et les apophyses ptérygoïdes s'allongent ; un noyau osseux se forme dans le corps postérieur de l'os. Les apophyses nasale et jugale de l'os frontal sont encore membraneuses. Les angles des pariélaux ne sont point encore développés. Les points d’ossification de l'occipital se réunissent ; les apophyses articulaires sont réniformes; la portion basilaire est filiforme.
5° La face est devenue plus cusidéasbte. L’œil a une cons
vexité plus marquée; les paupières sont unies par l'épiderme,
etne restent béantes qu’en dedans ; les caroncules lacrymales sont développées et font saillie au dehors; la sclérotique est translucide, mais ferme ; la choroïde est brune, noire à sa partie antérieure ; l'iris est étroit ; le cristallin sphérique est placé immédiatement derrière la cornée transparente ; la réline, épaisse en devant, est plus mince en arrière.
.-6° Les oreilles sont à peu près développées, quant à la forme, mais encore plates ; le cadre du tympan est fort étroit, de manière que la paroi du labyrinthe se trouve très-rapprochée de la membrane tympanique.
7° Le nezest encore fort large et court; les narines sont grandes ; les ailes du nez se développent, et le vomer.s’ossifie dans l’intérieur de la cavité nasale.
8° La gouttière de la lèvre supérieure est formée ; la bouche petite, proportion gardée, et close; la langue moins plate et plus épaisse qu'auparavant ; elle s’est encore retirée davantage en arrière. La luette se soude complétement avec le voile du palais, pendant 1 la voûte palatine osseuse achève de se développer et de s’excaver. L’angle et le condyle de la mâchsire inférieure se forment , et les trous mentonniers deviennent visibles , comme aussi jé sous-orbitaires. Aux seize follicules dentaires s'en joignent quatre autres, pour les canines. Du fond des follicules internes s’éiève le germe dentare, sous la forme d’un petit corps mou et rougeâtre, qui reçoit des vaisseaux et des nerfs de ce fond.
9% Le col est bien distinct de la tête et des épaules. Les vertèbres s'ossifient davantage, tant dans leurs corps, qui sont presque globuleux, que dans leurs parties latérales ; les apophyses transverses sont surtout fort grandes au cou. Vers la fin du mois, le sternum commence à s’ossifier. Les neris grand-sympathiques se font remarquer par leur volume, et leure ganglions sont si gros qu'ils se touchent en partie les uns les autres.
10° Le cœur s'est placé plus obliquement encore; il est, proportion gardée, plus court qu'auparavant, mais plus large. Les orcillettes ont perdu leur prédominance ; elles sont deveuues plus petites, et surtont plus minces dans leurs parois, de
sorte qu’elles ressemblent à des membranes transparentes, sur lesquelles sont éparses des fibres musculaires très-déliées. Le trou ovale est devenu un peu plus petit, et il est couvert à moitié par la valvule , mais cependant encore une fois aussi large que l'entrée du ventricule. Le sang de la veine cave inférieure ne passe plus si exclusivement dans l’oreillette sauche, quoique le courant principal prenne cette route , parce que le trou ovale est placé, au côté gauche, plus en devant, et par conséquent plus en face de la veine cave inférieure. L’artère pulmonaire devient plus forte ; le canal artériel est un peu plus étroit qu’elle , et il se porte presque horizontalement en arrière. L’aorte se recourbe plus haut que par le passé, et elle devient plus forte après avoir reçu le canal artériel. La partie tendineuse du diaphragme se rapetisse, eu égard à la musculeuse , et s’unit plus étroitement avec le péricarde qu’elle ne l'avait été jusqu'alors. 11° Les poumons deviennent rougeûtres , et ils s'élargissent , relativement à leur longueur; leur surface devient plus unie, parce que leurs lobules s’aplatissent. Le larynx n’est plus aussi volumineux , proportion gardée ; les parties latérales du cartilage thyroïde se réunissent sur la ligne médiane; celles du cartilage cricoïde ne le font point encore. La trachée-artère n’est plus plate, mais cylindrique. Le glande thyroïde est longue ; ses moitiés latérales sont unies ensemble ; on distingue mieux son tissu grenu, 12° Le foie ne s’étend plus aussi loin vers la gauche, son lobe gauche n'ayant pas crû en proportion du développement qu'a acquis la cavité abdominale ; mais , du côté droit, il de:cend encore presque jusqu’à l’os des îles. La vésicule biliaire contient du mucus; elle est tout-à-fait verticale , et plus allongée qu'auparavant; on remarque déjà des rides à sa face interne. Son canal est encore droit.
13° L’estomac est situé en travers ; le grand développement de son cul-de-sac fait qu’il paraît arrondi ; ses courbures deviennent plus étendues, et ses parois beaucoup plus épaisses que celles du duodénum ; à sa face interne des rides se développent, et la valvule pylorique se forme. L'intestin grêle acquiert un diamètre plus uniforme ; le duodénum a beaucoup
de villosités , mais point encore de valvules de Kerkring ; les ouvertures du conduit biliaire et du canal pancréatique font saillie en manière de tubercules, et sont distanies l'une de l’autre d’une demi-ligne. Le gros intesiin commence à acquérir la situation qu'il doit avoir plus tard, le cœcum se plaçant sur l'os iliaque droit, et le colon montant avant de traverser la largeur du bas-ventre : l'appendice cœcal devient de plus en plus grêle et flexueux; le rectum acquiert des sillons longitudinaux , et diffère du colon par son épaisseur.
14° La rate devient peu à peu plus large. Le pancréas s’entoure. de tissu cellulaire plus dense, et ses granulations se rapprochent les unes des autres ; son canal a une largeur considérable.
15° Les capsules surrénales n'ont plus une texture grenue sisensible; elles représentent une masse plus homogène, dont la partie externe est blanchâtre, et l'interne jaunâtre. Les reins sont aussi volumineux qu’elles, et plus gros, en proporton du reste du corps, qu'ils ne l'avaient été jusque-là. Les lobules de leur face antérieure commencent à se souder ensemble , et la partie moyenne devient plus grosse , eu égard aux portions terminales et aux cornes. Les bassinets sont encore en grande partie découverts, attendu que les reins ne sont point aussi larges en avant qu en arrière. La vessie s’arrondit ; elle acquiert pour la première fois quelques rides à sa surface interne, mais elle ne contient que du mueus ; à deux lignes de distance d’elle, l'ouraque cesse d’être creux.
16° Les testicules sont situés à quelques lignes au dessous des capsules surrénales, et ils touchent aux os des iles, qui maintenant ont pris | un accroissement considérable ; ils reçoivent les vaisseaux à leur bord. supérieur. Ils ne sont plus, proportion gardée, res volumineux que par le passé ; mais, en revanche, les épididymes sont plus développés, et les conduits déférens qui en partent se dirigent d'abord versle haut, puis s’infiéchissent vers le bas. Le gouvernail est devenu plus fort, et il a son point d'appui inférieur à la région de l'anneau inguinal. La verge commence à se Bees vers la fin du mois.
17° Les ovaires sont proportionnellement plus petits que
par le passé, et plus arrondis, presque aussi épais que larges, convexes en dessus , CONCAves En dessous, et profondément échancrés à leurs deux bords: la forme en grappe de leur structure se dissipe; ils sont placés à quelques lignes au dessous des reins, et situés horizontalement. Les oviductes se trouvent plus en devant que jusqu'alors ils ne l'étaient : ils sont plus longs et plus flexueux , et paraissent acquérir une ouverture à leur commencement. La matrice, dont les cornes s'effacent, se convertit en une cavité simple, mais de telle sorte cependant que son bord supérieur estencore concave, et que ses bords latéraux demeurent presque en ligne droite. Le clitoris acquiert un prépuce, et se retire un peu en arrière ; les nymphes se séparent mieux des grandes lèvres. |
AS Les épaules se développent davantage. L'ossification des os du bras continue. Les os du métacarpe sont entièrement ossifiés; les mains sont encore fort larges; les doigts sont épais : leurs premières phalanges acquièrent des points d'ossification, et ceux des troisièmes augméntent. Le sacrum s'0ssifie dans ses deux vertèbres supérieures ; l'extrémité du coccyx ne fait plus saillie , et le bassin se développe davantage.
Les membres inférieurs croissent d’une manière plus rapide que les supérieurs, de manière qu'ils arrivent à les égaler en longueur, et à les surpasser en volume, à leur partie supérieure. La rotule devient cartilagineuse. Un vestige de mollet se dessine à la jambe. Les os du métatarse s'ossifient, ainsi que les troisièmes, et plus tard aussi les secondes phaanges des orteils. Les orteils sont devenus plis Courts, eu égard aux doigts; les uns et les autres laissent a xrcevoir les rudimens membraneux des ongles. |
IT. Au cinquième mois se rapportent les observations d’Autenrieth (1), Sœmmerring (2) et Meckel (3).
4° L'œuf a environ six pouces de long, sur cinq de large, el il pèse près de six onces. Le placenta fœtal acquiert un dia-
(1) Supplementa, p. 34, 37, A, A7.
(2) Icones, fig. 14, 5, A7.
(3) Abhandlungen, p. 359, 370.—Deutsches Archiv ; t. IF, pl. LE, fig. 47, 48.
mètre d'environ quatre pouces. La longueur de l'embryon est de cmgq à sept pouces, depuis le vertex jusqu'à l'anus, et de huit à dix depuis le sommet de la tête jusqu’au bout des pieds. 11 pèse cinq à huit onces. Déjà il est assez volumineux pour toucher à l’amnios et être obligé de prendre une forme sphérique. À dater de la dix-huitième ou de la dix-neuvième semaine, la femme sent, dans la matrice, des mouvemens qui proviennent de l'embryon. Ces mouvemens , d’abord faibles et rares, sont ensuite plus forts et plus fréquens. Ils deviennent appréciables même pour l'étranger qui applique sa main sur le bas-ventre.
2° Les hémisphères se développent au cervelet, et quatre Sillons transversaux indiquent la division en cinq lobes. Dans le cerveau proprement dit, on aperçoit la cloison transparente, dont la cavité se continue avec celle du troisième venticule. Le corps calleux se prolonge au dessus des COrps triés. Les hémisphères n'atteignent point encore tout-à-fait jusqu’au dessus des tubercules quadrijumeaux. On n'aperçoit les premières traces des circonvolutions qu'à leurs faces internes , ou à celles qui sont tournées vers la ligne médiane. La tête est au corps dans la proportion de 1 : 3. La face devient plus longue et plus large, le front plus développé et arrondi. À la peau du crâne, des sourcils et des paupières, se manifestent de petites élévations percées de trous, pour les poils qui pousseront le mois suivant.
3° Les paupières sont considérablement convexes , et elles ne sont plus unies ensemble par l’épiderme ; leur séparation est indiquée, vers la fin du mois, par une ligne visible à l’extérieur même. Les caroncules lacrymales et les points lacrymaux sont grands, et paraissent comme des plis qui s’appliquent les uns sur les autres. On distingue des vaisseaux dans la membrane pupillaire. |
!° Le développement de la face fait que l'oreille est plus reportée en arrière, et plus distante de l’œil et de la bouche. Elle est grande, et comme la conque apparaît maintenant, toutes ses parties sont développées, sans cependant avoir encore acquis leur forme permanente. Le cadre du tympan se soude avec la pyramide. La trompe d'Eustache devient çarti-
lagineuse. Le canal demi-circulaire externe commence à s’ossifier, et le labvrinthe entier est près d’avoir acquis son entier développeinent.
5° Le nez est encore large. Les narines se rouvrent. L’ethmoïde et les cornets commencent à s’ossifier.
6° La bouche se rapetisse en proportion de la grandeur de la face, et s’ouvre un peu. La lèvre supérieure est très-large, et sa souttière encore plane. Le menton est encore rapproché de la bouche. Les joues deviennent plus fortes. Le palais s'élargit en arrière. Aux vingt follicules dentaires s’en joignent encore quatre, ceux des troisièmes molaires. En même temps l’ossification commence dans Les dents de lait; les sommets des couronnes futures paraissent, à la surface terminale libre du germe dentaire, sous la forme de petites et minces écailles, qui deviennent peu à peu plus solides et plus épaisses, se soudent ensemble, et embrassent le germe dans son excavation ; ce phénomène a lieu d'abord dans les incisives externes, puis dans les internes, et enfin dans les molaires antérieures.
7° Le cœur a sa pointe tournée plus à gauche encore. L’oreillette droite est beaucoup plus grosse que la gauche. Le trou ovale est devenu plus petit; sa valvule est plus longue ; elle se dirige obliquement de gauche à droite et de haut en bas ; comme la veine cave inférieure est maintenant plus élevée qu'elle ne l'avait été jusqu'alors, la quantité de sang qui peut couler de ce vaisseau dans le trou ovale est moins considérable aussi.
8° Les poumons deviennent plus gros, plus sanguins, plus rougeûtres ; ils représentent un tissu dense, parsemé de vaisseaux. L’épiglotte est encore molle ; le larynx et la trachéeartère contiennent un liquide -mucilagineux. La thyroïde est proportionnellement plus volumineuse et plus large. Le thymus est également plus gros et composé de petits grains arrondis.
9° La région hypogastrique se développe davantage, de sorte que l'ouverture ombilicale se trouve située plus haut.
10° Le foie devient plus rouge et plus dense ; son volume proportionnel diminue ; la vésicule biliaire est plus horizontale, et contient un mucus jaune-verdâtre.
Ao L’estomac a des plis longitudinaux et des flocons. Le
duodénum offre également des plis saillans dans son intérieur. Les orifices du canal biliaire et du conduit pancréatique se sont rapprochés l’un de l’autre. Les villosités de la partie inférieure de l'intestin grêle et celles du gros intestin deviennent plus petites que celles de la partie supérieure de l'intesün grêle. Le colon commence à présenter des bosselures dans sa portion transversale. Le rectum acquiert sa flexion en S. L’anus est fermé.
12 Les reins reçoivent davantage de sang. La vessie a des rides plus prononcées, et contient de l’urine claire.
13° Les testicules sont devenus non plus longs, mais plus gros. Les canaux déférens marchent en serpentant vers le bassin, se dilatent à leur partie inférieure , et se continuent avec les vésicules séminales, qui sont flexueuses. Le gouvernail est iiangulaire; son sommet s'applique à la région supérieure du Scrotum , un peu au dessous de l'anneau inguinal, et sa base à la partie inférieure de l'épididyme. Le péritoine forme une bourse à l'arcade crurale. Le scrotum est plus bombé, et l'on y distingue le raphé. La verge est un peu courbée de haut en bas: le prépuce représente un pli annulaire, qui pousse vers le gland. La prostate apparaît sous la forme d'un trèspetit corps.
fñ° Les ovaires deviennent proportionnellement plus petits ; et sont situés dans le grand bassin. Les oviductes sont plus flexueux, et ils ont de larges orifices. La matrice se termine en haut par un bord droit, et commence à se plonger dans le petit bassin. Le vagin acquiert des plis, et l’hymen se forme de deux saillies latérales. Le clitoris se courbe par l’effet du raccourcissement de sa face inférieure, mais il n’est point encore couvert par les grandes lèvres. Le mont de Vénus Commence à devenir plus ‘saillant.
45° L’avant-bras est ployé sur la poitrine, et dirigé vers Ja tête. Les membres inférieurs acquièrent plus de masse musculaire que les supérieurs.
DÉVELOPPEMENT DE L'EMBRYON HUMAIN. 363 VI. Sixième période.
$ A14. Pendant cette période, qui comprend les sixième, septième et huitième mois, le développement et l'accrots? sement continuent, sans qu'il survienne de changemens notables. L'embryon peut déjà naître vivant à cette époque, c'est-à-dire qu'après s'être séparé du corps de Îà mère , il peut respirer et se mouvoir pendant quelque temps ; mais sa naissance à un pareil moment constitue toujours un avortement , c’est-à-dire qu'il est inapte à continuer de vivre.
I. Pendant le sixième mois , auquel se rapportent les observations de Wrisberg (4), Soœmmerring (2), Meckel (3) et Mayer (4), on remarque les changemens suivans :
4° L'œuf acquiert un poids d'environ huit onces. L'embryon devient long de douze pouces, et son poids s'élève à douze ou seize onces. Le cordon ombilical décrit des circonvolutions. La peau se développe davantage ; partout, à l’exception de la paume des mains, de la plante des pieds, et des régions occupées par les organes sensoriels et génitaux, il pousse des poils lanugineux. On voit aussi apparaitre le vernis caséeux; cependant il est encore peu abondant, et plutôt mucilagineux que gras. La graisse augmente sous la peau, notamment aux joues, à la nuque et au ventre. Les onsles commencent à devenir cornés. Quelques petits cheveux poussent sur la peau ridée de la tête; les sourcils et les cils croissent également. Les mamelons apparaissent comme de petits anneaux.
20 La tête a un quart de la longueur du corps. Une grande partie du crâne est ossifiée. On aperçoit les olives à la moelle allongée. Les lobes du cervelet sont divisés en lobules par de nouveaux sillons transversaux : le cérvelet a augmenté en même temps d'épaisseur , et le quatrième ventricule se prolonge par conséquent moins dans son intérieur. La masse des
(4) Loc. cit., p. 37.
(2) Loc. cit., fig. 20.
(3) Loc. cit., p. 373, 378.
(4) Loc. cit., t. XVII, pl 66.
tubercules quadrijumeaux est aussi plus épaisse en dedans, ce qui fait que la cavité qu'ils renferment est devenue plus étroite. De la substance non fibreuse , Mais encore blanchätre, se dépose à la surface. La glande pituitaire est volumineuse , rougeâtre et imbibée de sucs. Le corps calleux s'étend jusqu’au-delà de la partie antérieure des couches Optiques. Les hémisphères du cerveau couvrent les tubercules quadrijumeaux et le cervelet; ils acquièrent plus d'épaisseur, attendu que des fibres de renfort s'ajoutent aux rayonnemens des pédoncules cérébraux qui les avaient d’abord seuls con-
stitués. 3° Le front est ridé; la face plissée et semblable à celle
d'un vieillard. La cornée transparente est pâle , le cristallin mou, opaque, et comme mucilagineux , la membrane pupillaire solide.
4° Le lobule de l'oreille est développé : l'oreille est encore fort large, et l'hélix n’a point encore de limites bien tranchées.
5° Le nez et la cloison nasale ne sont plus aussi larges ; les narines sont ouvertes, mais remplies de mucosité.
6° La bouche est ouverte, et daus son intérieur on trouve un liquide blanc et filant. La langue est épaisse et rouge ; elle a une surface grenue et un long filet. La parotide est large et composée de petits grains ; elle a un fort conduit excréteur.
7° Le cœur est devenu un peu plus petit proportionnellement ét moins arrondi. Les oreillettes sont un peu plus petites par rapport aux ventricules.
8° Le cou a une longueur considérable. La thyroïde n’est point devenue, proportion gardée, plus volumineuse. Des anneaux cartilagineux se forment à la trachée-artère. Les artères pulmonaires sont devenues plus fortes. Les poumons sont solides, celluleux , et l’on ne peut les souffler qu’en employant beaucoup de force ; l'insufflation fait paraître des vésicules du volume d’une graine de pavot, et l'air ne tarde pas à ressortir.
9° Le foie monte plus haut, et refoule le diaphragme. Il augmente plus de diamètre d'avant en arrière que de haut en bas, d’où résulte qu'il fait plus de saillie vers le haut, et
que son lobe droit ne descend point aussi bas. La vésicule biliaire a encore une forme allongée.
10° Les orifices du canal biliaire et du canal pancréatiqué ne sont ni aussi saillans ni aussi séparés l’un de l'autre qu’auparavant. Le pancréas devient plus petit , proportion gardée, et la rate, au contraire, beaucoup plus grosse.
11° Les capsules surrénales acquièrent de profondes cel- Jules et des sillons, avec un liquide brunâtre. Les reins sont proportionnellement plus gros, et une fois aussi volumineux que les capsules. Leurs lobes sont plus confondus dans l’mtérieur, et ils ne sont plus séparés les uns des autres qu'à la surface, par des sillons. Les uretères sont longs et rougeâtres. L’urine contenue dans la vessie est en petite quantité, Sans couleur ni odeur.
12° Les testicules sont logés sur les os des îles et les muscles psoas , et encore recourbés, |
15° Les ovaires sont plus refoulés en dedans. Les oviductes sont plus horisontaux, et ils s'ouvrent, dans la cavité abdominaie, par de très-larges ouvertures, sarnies de grandes franges. Le bord supérieur et la face postérieure de la matrice deviennent plus convexes. Le clitoris est caché entre les grandes lèvres. à
IL. Pendant le septième mois, on remarque les particularités suivantes :
1° L’œuf pèse environ douze onces. L'embryon a près de quinze pouces de long , et il pèse environ deux livres.
2° La peau est riche de vaisseaux. L’épiderme se développe , surtout aux mains et aux pieds. La graisse, qui se dépose en abondance , rend les formes plus potelées. Les anneaux qui tiennent la place des mammelons , sont composés des orifices Léans des conduits lactifères , disposés en lignes circulyres.
3° La longueur de la tête n’égale que le cinquième de celle du corps. Le canal de la moelle épinière s’est rétréci. Le cervelet se partage, par des sillons multipliés, en un plus grand nombre de lobules; on voit surtout paraître les flocons et la voile médullaire postérieure. Le pont de Varole se développe davantage. A cette époque seulement, les tubercules quadri-
jumeaux sont partagés, par un sillon transversal en une paire antérieure et une paire postérieure ; en même temps ils ac: quièrent tant d'épaisseur, à leur partie interne, que l’aqueduc n'est plus une cavité spacieuse, mais un étroit canal. Le corps calleux s'étend au dessus des couches optiques. Les éminences mamillaires sont séparées. Les hémisphères du cerveau s'étendent sur le cervelet, et l’on remarque quelques circonvolutions à leur face supérieure et externe. Cependant les ventricules latéraux sont encore très- -grands, et remplis par les plexus choroïdes.
. 4° Les cils sont plus longs et plus forts. Les points lacrymaux font moins de saillie. La cornée est plus convexe. La membrane pupillaire est développée de la manière la plus complète.
5° Les osselets de l’ouie sont complétement ossifiés.
6° Toutes les dents de lait ont des germes osseux.
7° La thyroïde est alors arrondie et plus épaisse. Le thymus est proportionnellement plus volumineux.
8° La valvule d'Eustache est déjà refoulée à gauche , et la valvule du trou ovale s'est Meta de manière que ce trou admet moins de sang.
9° La vésicule biliaire contient de la bile. Les villosités ont disparu dans le gros intestin. Le cœcum est plus manifestement séparé du colon, et l'ouverture de sa valvule est plus allongée que par le passé. Le rectum contient davantage de méconium. |
10° Les reins sont plus gros et couverts d’un peu de graisse. La vessie ne contient encore que peu d'urine. |
{1e Les testicules sont au ME de l'anneau imguimal, ou
même engagés dedans , auquel cas il suffit d'une légère pres- :
sion pour dès faire rentrer dans la cavité abdominale. Le pré: puce s’est étendu sur le gland.
42 L'hymen fait une forte saillie. Les grandes lèvres se |
renflent.
430 Les bras sont pliés sur la poitrine , et les doigts fléchis. Les cuisses sont également fléchies sur le corps , les senoux tournés en dehors, et les pieds en dedans, appliqués aux parties génitales.
IT. Pendant le huitième mois lunaire, on remarque les changemens qui suivent :
ic L’œuf a environ neuf pouces de long, et pèse une livre. La longueur de l'embryon est de seize à dix-sept pouces , et son poids de trois à quatre livres.
2° Les oritices des conduits lactifères sont plus clos, et le mamelon commence à s'élever. Les ongles sont encore mous el courts. |
3° Les cavités de la glande pituitaire et de la bandelette olfactive s'oblitèrent, et celle de la cloison se ferme.
h° Les paupières sent moins serrées l'une contre l'autre. La cornée est moins trouble. La membrane pupillaire commence à disparaître vers son centre.
5° Les canaux demi-cireulaires sont complétement ossifiés.
6° L'hyoïide s’ossifie.
7: Les deux valvules semi-lunaires du trou ovale se rapprochent de plus en plus l'une de l'autre , et laissent passer moins de sang. Le canal artériel devient plus faible, en pro portion des branches pulmonaires.
8° Les cartilages du larynx et de la trachée-artère soi t plus solides, et les poumons plus celluleux.
9° Le foie est d'un rouge foncé; l'urine d'un jaune de paille.
40° Un testicule, la plupart du temps celui du côté gauche, est descendu dans le scrotum, tandis que l’autre se trouve encore, au dessous de l'anneau, dans Îa région inguina'e. A cette époque seulement le canal déférent se recourbe sur lui-même, après être descendu le long du testicule, et ensuite il remonte.
44e La matrice a sa forme permanente. Un mucus gélatineux et blanchätre remplit le vagin. La vulve est béante.
VII, Septième période.
$ 415. — La septième période comprend les neuvième et dixième mois de la grossesse. La vitalité du placenta fœtal diminue, la circulation dans les poumons devient plus forte, et le cœur se dispose de plus en plus à la séparation des deux
circulations. C’est ainsi que l'embryon se prépare à quitter le corps de sa mère : lorsque sa séparation à lieu au commencement de cette période, elle ne constitue plus un avortement, mais une part prématuré, c’est-à-dire que le fœtus peut continuer de vivre, quoiqu'il ne soit point encore arrivé à maturité parfaite.