IV. Quatrième période
‘8 412. Pendant la quatrième période, qui embrasse le troisième mois lunaire, la vésicule ombilicale disparaît, et le placenta se forme, de manière qu’à cette époque l'enveloppe-
ment du fœtus est achevé et a pris les formes qu'il conserve pendant le reste de la grossesse. Les principaux organes ex1stent déjà , et ils s'en produit d'accessoires. Les parties solides ont acquis en grande partie leur configuration, et il se fait maintenant une sécrétion plus abondante. Divers organes plastiques se développent, notamment aux extrémités et dans les dilatations sacciformes du système digestif, dont les parties sont mieux distinctes les unes des autres, les glandes salivaires à la bouche, la rate à l'estomac, le pancréas au com mencement de l'intestin grêle , l'appendice cœcal au commencement du gros intestin. Le thymus apparaît dans la poitrinez La plus grande abondance de la sécrétion se manifeste par le contenu de la vésicule biliaire et du canal intestinal, par la graisse qui se dépose, par la plus grande quantité de liquide qui imprègne toutes les parties du corps. Mais, pendant que la nutrition fait ainsi des progrès , les organes sensoriels se ferment , soit par l'accollement des parties qui les couvrent, soit par la formation de parties tégumentaires spéciales.
A cette période appartiennent les observations d’Autenrieth (1), Meckel (2), Tiedemann (3), Senff (4), Sæmmerring (5), Madai (6), Albinus (7), Wrisberg (8), Hunter (9) et Mayer (10).
Ao L'œuf acquiert, dans le troisième mois lunaire , un diamètre d'environ trois pouces et demi, et un poids de quel-
(4) Supplementa , p. 18, 27, 34:
(2) Beitræge, t. 1, cah. I, p. 96, pl. V, fig. 17; —p. 411; —p. 417, fig. 27-32; p. 121.— Abhandlungen aus der menschlichen und vergleichenden Anatomie, p. 279, 294, 303, 338. — Deutsches Archiv, 1. UT, PL 4, fig. 9, 40, 44, 42, 13, 14.
(3) Anatomie der kopflosen Missgeburten , p. 81, 82.
(4) Loc. cit., pl. L, fig. 4, 2; — p. 76, pl. LE, fig. 3, 4; — pLIT, fige 5.6 ; —p. 76, pl. I, fig. 5, 6.
(5) Icones embryonum, p. 7, fig. 7, 8, 9.
(6) Anatome ovi human , fig. 2-4,
(7) Academic. annctat., PA. 5, fig. 4.
(8) Commentat., p. 16,— Descriptio anatomica embryonis , p.47, 27.
(9) Anat, utert humant gravidi, pl. 33 , fig. 4, 2.
(10) Loc. cût., t. XVII, pl. 87, fig: 4, 2.
ques onces. Le chorion contracte adhérence avec les deux parties de la membrane nidulante , et ses flocons disparaissent sur ces points; il s’unit aussi, par un tissu cellulaire lâche, avec l’amnios, qui, en vertu de son rapide accroissement, s'est rapproché de lui de toutes parts. Gomme les intestins se sont entièrement retirés de la gaîne ombilicale , et que la vésicule ombilicale se flétrit ausci dans son intérieur, cette gaîne devient le cordon ombilical gréle, qui ne contient que les vaisseaux omphalo-iliaques. Ces vaisseaux pénètrent, à l'extrémité du cordon, par la partie supérieure du chorion , celle qui n’est point revêtue de membrane nidulante , et dont les flocons nombreux et longs se réunissent avec eux pour produire un disque appelé placenta fœtal, tandis qu’à la région correspondante de la matrice se forme un autre disque analogue, mais infiniment plus mince, le placenta utérin , qui est une répétition de la membrane nidulante : les deux disques tiennent l’un à l’autre, et se soudent ensemble. Cette formation porte les enveloppes du fœtus au plus haut point de développement ; elles ne subissent plus ensuite aucune nouvelle métamorphose, et ne font plus que croitre en étendue. Du reste, jusqu’à la fin Au mois dont nous parlons, le cordon ombilical s’allonge au point d’avoir presque trois pouces de longueur; ses vaisseaux se remplissent davantage de sang rouge, et commencent à se contourner en spirale.
20 L’embryon arrive à quinze lignes environ dans la neuvième semaine , à deux pouces dans la dixième , à deux pouces et un quart dans la onzième , et à deux pouces et demi dans la douzième. Son poids monte de quelques gros jusqu'à une once. La masse grenue homogène à été remplacée par des tissus hétérogènes ; les muscles sont visibles, et l’on reconnaît déjà les plus volumineux d’entre eux; on distingue partout les nerfs : la peau se sépare aussi de la masse du corps, mais elle est encore mince et translucide. La forme de l'embryon se rapproche davantage de celle qu'il doit conserver. Comme les muscles de la colonne vertébrale deviennent plus forts , il s'étend davantage en ligne droite, pour se courber plus tard de nouveau.
30 La tête est devenue globuleuse , et le tubercule de la nuque a disparu. La base du crâne est cartilagineuse ; on distingue la selle turcique, avec les apophyses clinoïdes du sphénoïde. La voüte du crâne est encore membraneuse dans la neuvième semaine ; le front fait saillie; l'ossification s'étend dans l'os frontal, à partir de l’arcade surcilière, et l'on voit paraître les premiers points d'ossification de loccipital au devant de son trou ; l’ossification commence aussi dans les grandes aîles , les petites aîles et Îles apophyses ptérygoides du sphénoïde, ainsi que dans les portions écailleuses des temporaux et dans les pariétaux.
A° La moelle épinière, de gouttière qu’elle était, est devenue un corps cylindrique, contenant un canal, qui n’ofre plus d'autre trace de son ancienne ouverture qu'une petite fissure en arrière, et qui est un peu plus gros aux extrémités centrales des nerfs destinés aux membres. Les parties latérales du cervelet sont unies ensemble par une lame étroite, sur la ligne médiane, et forment la calotte excavée du quatrième ventricule. Les tubercules quadrijumeaux sont deux hémisphères creux adossés l’un à l'autre, et non réunis sur la ligne médiane, couvrant, à cela près d’une fente - sur {la ligne médiane, l'aquédue, qui représente une vaste cavité. La glande pituitaire est fort petite. Les hémisphères du cerveau sont encore des vésicules à parois minces, mais croissant d'avant en arrière et de dehors en dedans , de sorte qu’à cette époque ils couvrent les couches optiques. Les lobes antérieurs sont formés , les supérieurs ne le sont qu'en partie, et les inférieurs ne sont encore qu'indiqués. Il n'y a de formé que la partie la plus antérieure du corps calleux, ou le genou : des éminences médullaires s'élèvent les piliers antérieurs de la voûte, derrière le genou du corps calleux ; ces piliers se courbent en arrière, mais ne s’unissent point encore ensemble , et ne s'étendent pas jusqu’au dessus des couches optiques. Les commissures antérieures et postérieures deviennent visibles. Les vastes ventricules cérébraux contiennent de très-gros plexus choroïdes. Les bandelettes olfactives sont courtes, claviformes et creuses.
5o La face devient un peu plus longue. L’arcade zygoma-
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tique reçoit de l'os jugal et de l'os temporal un point d'ossification filiforme. La mâchoire supérieure forme un triangle , dont le rebord alvéolaire est la base : l'apophyse palatine s'ossifie presque entièrement, et sépare d’une manière complète les cavités orale et nasale. À la mâchoire inférieure , les apophyses articulaires et coronoides commencent à se distinguer, et des points d’ossification se développent à leurs sommets, Comme aussi aux angles de la mâchoire. Le rebord alvéolaire des deux mâchoires devient crénelé, parce qu’il se développe dans son intérieur seize follicules dentaires , pour les incisives et les deux molaires antérieures. Cependant la mâchoire inférieure demeure encore peu élevée , et à parür du bord inférieur sa surface, qui est arrondie et sans saillie mentonnière , se continue avec la poitrine ; ce n’est que vers la fin du mois qu’on commence à apercevoir le menton.
6° Les paupières sont encore, dans la neuvième semaine, des replis cutanés étroits et circulaires. En grandissant, pendant la dixrème semaine , ils forment, du côté interne, un lac lacrymal très-vaste , qui est situé plus bas que l’angle ex: terne des yeux , de sorte que la fente des paupières se trouve un peu oblique. Dans la onzième semaine, les paupières se touchent par leurs bords , et se collent ensemble ; mais elles restent encore pendant quelque temps minces et translucides. En même temps se forme la membrane pupillaire, qui est encore molle.
7° L’oreille externe acquiert la forme d’une ligne spirale qui , en haut et en devant, s'éleve peu à peu de la peau pour produire l’hélix , et à l'extrémité postérieure et inférieure de laquelle on voit le tragus; l’anthélix se développe aussi; mais la conque n’est point creuse, et l'oreille est plate : elle contient cependant déjà un peu de substance cartilagineuse, tandis que jusqu'alors elle n'avait été constituée que par un simple repli de la peau. Le conduit auditif est bouché par une masse onctucuse. Le cadre du tympan Ss’ossifie. Les ossejets de l’ouïe deviennent visibles pendant la neuvième semaine, et commencent à s’ossifier dès la douzième. Une masse cartilagmeuse séparée du rocher représente le labyrinthe, dont la cavité est tapissée par une membrane. Le limaçon se com-
pose d’une membrane épaisse’; mais il à déjà la forme qu’il doit conserver. Pendant la douzième semaine apparaissent les premiers points d'ossification au pourtour de la fenêtre ronde , située presque parallèlement à la membrane du tympan, ainsi que dans les canaux demi-circulaires supérieur et postérieur. |
8e Le nez est large et peu saillant, petit et obtus , aplati à sa base ; les narines sont dirigées en avant, très-près de la bouche, séparées l’une de l'autre par une cloison large, et bouchées par une sorte de masse cutanée. Peu à peu, de la substance cartilagineuse se développe dans le nez jusqu'alors membraneux; les aîles du nez se forment, la cloison se rétrécit un peu, et dans la douzième semaine apparaît le premier point d’ossification des os propres. Les cornets ne Sont que de srnples plis saillans de la membrane muqueuse. La lame criblée est encore une membrane mince.
9° Pendant la neuvième semaine, la fente buccale est encore ouverte, grande, et pourvue de bords jaunâtres, bien délimités ; la langue, large, ronde et aplatie, sort de Ia bouche. Mais bientôt les lèvres croissent sous la forme de faibles plis cutanés , qui s'élèvent peu à peu en façon d’ourlets ; cependant l'inférieure se développe plus lentement que la supérieure , et elle est située bien plus en arrière qu’elle. Vers la douzième semaine , les lèvres arrivent à se toucher, et ferment la bouche , dans laquelle la langue se retire alors. Le palais est développé dans la dixième semaine. Les glandes salivaires paraissent sous la forme d’amas de vésicules qui reposent sur des canaux ramifiés de la membrane muqueuse.
10° La tête et le tronc commencent à se séparer; il se forme entre eux un cou, d'abord fort court et épais, qui , dans la dixième semaine, devient long d'environ une ligne et demie. Les côtes sont rapprochées les unes des autres, et elles s’ossifient, à l'exception de la plus inférieure, mais restent encore arrondies ; à la fin &u mois, elles forment déjà un angle. On aperçoit quelques fibres musculaires au diaphragme ; sa partie tendineuse est encore fort grande, proportionnellement. Les corss des vertèbres s’ossifient depuis la cinquième
SAS DÉVELOPPEMENT br L'EMBRYON HUMAIN.
du cou jusqu'à la cinquième du ventre ; les arcs vertébraux sont formés depuis le haut jusqu'aux vertèbres dorsales.
47° On distingue l'hyoide dans la neuvième semaine. Le carülage thyroïde se compose de deux parties latérales, qui Sont unies, sur la ligne médiane , par une membrane dans laquelle Ja cartilaginification fait peu à peu des progrès. Le rudiment du cartilage cricoïde consiste également en deux moitiés latérales. A la facé antérieure de la trachée-artère, les arceaux cartilagineux se montrent comme autant d'étroites bandes transversales, Qui sont plus minces et plus transparentes sur la ligne médiane, de sorte que la trachée se trouve par là un peu déprimée ou aplatie en devant; plus tard ils acquièrent plus de largeur, et, vers la fin du mois ; ils sont étroitement appliqués les uns contre les autres. Les Poumons sont blanchâtres, denses, et situés dans la partie postérieure de la cavité pectorale , Couverts par le cœur : des échancrures profondes les divisent en lobes ; les Jobules ne Sont pas encore soudés complétement ensemble, et ils font Saillie comme autant de vésicules appliquées les unes contre les autres, qui rendent la surface inégale. Le thvmus consiste en deux petits Corps étroits et plats, qui sont logés derrière la partie supérieure du sternum , €t Qui se réunissent ensemble à leurs extrémités inférieures.
12° Le cœur est d’abord près de moitié aussi oros que le foie ; peu à peu il devient plus conique, par l’effet surtout du renflement de son bord droit ; la partie veineuse devient plus large , et l'artérielle s’allonge en pointe. L’organe enfin se place déjà un peu obliquement, la base à droite et la pointe à gauche. Le péricarde est complétement développé. Les oreïllettes sont fort grandes, surtout la droite ; la moitié droite de l’organe à plus de volume que la gauche. La fente entre les deux ventricules n’est plus aussi profonde. La valvule se forme dans le trou ovale. La valvule d'Eustache, prolongement de la paroi antérieure de la veine cave inférieure, est très-prande; elle détourne de cette dernière veine le sang amené par la veine cave Supérieure , et dirige la plus grande partie du sang que l’inférieure amène du ventre et du placenta vers le trou ovale de la cloison des oreillettes, par
conséquent dans le cœur gauche, et de Ià dans l’aorte ascendante. Le sang qui arrive dans l'oreillette droite par la veine cave supérieure , coule directement dans le ventricule pulmonaire, et de là dans l’artère du même nom ; mais celle-ci ne donne que de faibles branches aux poumons ; elle monte en ligue droite, comme canal artériel, et, vers le milieu de la crosse de l'aorte, s’unit avec cette artère, qu'elle égale en volume ; plus tard, elle ne monte plus d'une manière parfaitement verticale, mais se porte de suite vers la gauche, décrit un petit arc pour atteindre l'aorte, et s’unit avec elle, immédiatement au dessous de l’origine de l'artère sous-clavière gauche ; elle forme à proprement parler l’acrte descendante , qui ne reçoit que peu de sang du ventricule aortique. Mais l'aorte descendante se termine dans les artères iliaques, qui ne fournissent que de très-petites branches au bassin et aux membres inférieurs, et se continuent avec les artères ombilicales.
13° Le foie occupe encore la plus grande partie de la cavité abdominale; cependant son lobe gauche ne descend plus aussi bas; du reste, il devient plus ferme et rouge. Ses conduits excréteurs sont bien prononcés. La vésicule biliaire est longue et un peu conique. +
14° L'estomac est court, large et vide. Pendant le cours de ce mois, il change peu à peu sa situation verticale en une horizontale, de sorte que sa longueur fait presqu'un angle droit avec l'œæsophage et le duodénum, qui sont tous deux perpendiculaires. En même temps, son cul-de-sac se développe , et son bord supérieur commence à s’excaver.
15° L'ouverture ombilicale se rétrécit au point de n'être plus qu'une ligne, et elle se trouve placée un peu plus haut, parce que la région hypogastrique , qui a pris du développement, est devenue plus longue. La vésicule ombilicale se flétrit et s'oblitère, de sorte qu’à peine en distingue-t-on plus tard un vestige. La portion des vaisseaux omphalo-mésentériques qui passe au dessus de l’ouverture ombilicale disparaît de même. Le duodénum est d’abord fort large et non encore distingué de l'estomac; il remonte jusqu’au conduit biliaire, puis redescend. Le reste de l'intestin grêle forme , au com;
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5$o DÉVELOPPEMENT DE L'EMBRYON HUMAIN.
mencement du troisième mois, trois à cinq circonvolutions en spirale, avant d'arriver à l'ouverture ombilicale ; après être entièrement rentré dans la cavité abdominale, durant la dixième semaine , il se pelotonne , et se place dans le milieu du ventre et à gauche. En même temps, il perd l’uniformité de diamètre qui l'avait caractérisé jusqu'alors , et devient un peu plus grêle vers le bas; son extrémité s’enfonce dans le commencement du gros intestin, au point d'en toucher presque la paroi opposée. Pendant la dixième semaine se développe l'appendice cœcal, qui est d'abord aussi large que l'extrémité de l'intestin grêle et fort long; cet appendice monte en ligne droite, mais s’amineit peu à peu, et finit par se recourber. Le colon acquiert sa vaivule ; à son origine , il n’a pas plus de volume que le duodénum, et, vers son autre extrémité, il va en s'amincissant peu à peu : dans la dixième semaine, il ne se porte point encore en haut, mais passe directement du côté droit au côté gauche, après quoi il descend:; à douze semaines, il est !plus long et un peu arqué, mais sans plis ni bosselures. Le rectum n’a point encore non plus un diamètre plus considérable. Vers la fin du mois, la membrane muqueuse se développe d'une manière uniforme dans toutes les parties de l'intestin ; elle s'élève en plis, et forme des villosités. On commence aussi dès-lors à trouver du méconium , surtout dans l'iléon. Jusque vers la douzième semaine, l'anus, qui constitue un trou arrondi, est situé immédiatement derrière l'ouverture des organes urinaires et génitaux; mais COMME ensuite le coccyx s’allonge , ainsi que toute la colonne vertébrale, l'anus devient une fente longitudinale béante, qni se reporte plus en arrière , et en avant de laquelle se forme le périnée..
16° Le grand épiploon croit davantage, et acquiert des masses graisseuses. Au commencement du troisième mois paraît le pancréas, COrPS composé de granulations peu adhérentes les unes aux autres, et qui tient à l'estomac et au duodénum; il est d'abord perpendiculaire , mais peu à peu il se place en travers, comme l'estomac. La rate paraît sous la forme d'un corps proportionnellement très-petit, blanchâtre, qui se ter mine en pointe par le haut et pur le bas, pend à l'extrémité
du cul-de-sac de l'estomac, et se compose, à son hile , de plusieurs lobes distincts ; l'artère rénale est encore courte, et elle marche en ligne droite.
17° Les capsules surrénales sont maintenant plus faciles à étudier. Pendant la neuvième semaine, elles ont 2ncore un volume double de celui des reins; leur extrémité supérieure et externe est pointue , et touche au diaphragme ; leur extrémité inférieure et interne est arrondie. Les deux capsules tiennent ensemble par cette dernière extrémité, mais elles se séparent peu à peu l’une de l'autre. Elles sont formées de très-petits srains, unis en trois ou quatre masses, dont chacune repose sur un vaisseau, comme sur un pédicule. Leurs troncs vasculaires sont aussi volumineux que ceux des reins.
AS Les reins sont situés plus bas ; leurs sommets s’écartent davantage en dehors, mais leurs extrémités inférieures se touchent, de manière qu'ils représentent un corps ayant deux cornes recourbées l’une vers l’autre. Dans la dixième semaine , ils deviennent aussi longs que les capsules surrémales, quoiqu'ils n'aient point encore autant de largeur. Ils se composent d'une multitude de petits grains qui, à la fin du mois, sont réunis en sept ou huit lobules ; ces lobules ne tiennent guère ensemble que par du tissu cellulaire, quoique des vaisseaux contribuent aussi à les unir vers le hile: du reste, ils diflèrent les uns des autres quant au volume et à la forme ; ils sont pour la plupart carrés, et forment deux couches , l’une antérieure, l'autre postérieure. La membrane qui les enveloppe en commun, n’envoie pas de prolongemens entre eux. Les uretères sont fort larges. La vessie est vide ; d’abord étroite et en forme d'intestin , elle devient peu à peu plus arrondie ; cependant elle demeure toujours oblongue. On ne peut suivre l'ouraque que jusqu’à l’ombilic.
19° Pendant la dixième semaine, les testicules sont placés à côté des reins; dans la douzième, ils se trouvent immédiatement au dessous d'eux. Ils ont environ deux lignes de lons, et la forme d’un haricot, lé bord convexe tourné en dehors et en devant, le bord concave en dedans et en arrière, Ils sont retenus , au devant du muscle psous, par un large repli
du péritome, et convergent un peu l’un vers l’autre par leurs extrérutés inférieures , qui sont obtuses. De leurs extrémités supérieures, terminées en pointe, sortent les épididymes, qui déscendent en arrière et un peu en dehors , le long des testicules, après quoi les conduits déférens, qui en sont la continuation, se portent obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, dans le petit bassin. Le gouvernail est un cordon qui naît au fond du sac péritonéal, à peu près dans le milieu de l’arcade crurale, et qui remonte jusqu’à l'endroit où l’épididyme se continue avec le conduit déférent. La verge est volumineuse et redressée; la gouttière creusée à sa face inférieure se ferme et devient l’urètre.
Dans la neuvième semaine, les ovaires sont situés près et au devant des reins ; ils sont plus longs et plus étroits qu'eux, et convergent vers le bas : peu à peu ils descendent , et d’obliques deviennent horizontaux; ils ont une surface inégale et une structure presque en grappe. À partir de la neuvième semaine, les oviductes sont séparés des ovaires ; ils commencent par un renflement en cul-de-sac, et deviennent peu à peu légèrement flexueux. L'insertion des ligamens ronds marque leur limite du côté de la matrice, et l’on reconnaît ainsi que celte dernière se compose actuellement de deux longues cornes, qui aboutissent à un corps commun , dont le diamètre ne dépasse d'ailleurs point le leur. Peu à peu les cornes deviennent plus courtes et plus larges que les oviductes , et ne se réunissent plus sous un angle aussi aigu, tandis que le corps se renfle un peu et finit par prendre la forme d’un triangle arrondi. Le vagin a d’abord un diamètre égal à celui de la matrice, et peu à peu il se rétrécit : ilse termine dans la portion postérieure du vestibule, tandis que l'orifice de lurètre se trouve plus en avant. Le clitoris est volumineux, et d'abord redressé ; mais, à dater de la douzième semaine, il croît plus lentement et devient proportionnellement plus petit; les bords de sa gouttière sont moins s&ilkans et plus rapprochés vers la base, plus hauts et plus aistans vers le bout.
Tandis que les organes génitaux des deux sexes se ressemblent encore beaucoup, on voit déjà se manifester des traces
de différence sexuelle dans le caractère général de lorganisation.
20° Les membres deviennent plus longs et plus grêles, et leurs racines, qui jusqu'alors avaient été ensevelies sous la peau du tronc, paraissent couvertes d’un tégument cutané propre.
Les membres supérieurs sont encore plus longs et plus gros que les inférieurs , et ils se distinguent par le volume plus considérable de leurs articulations. La clavicule , qui est d'abord large et presque droite, décrit un arc dans la dixième semaine, s’aplatit à son extrémité scapulaire , et acquiert à peu près la forme qu’elle doit conserver. Durant la dixième semaine , un point d’ossification apparaît dans l'omoplate , dont l’épine se développe pendant la douxième. L’ossification de l’humérus est déjà cylindrique dans la neuvième semaine. À cette même époque, on aperçoit des points d’ossification dans le radius et le cubitus ; celui du cubitus ne tarde pas à devenir plus long que celui du radius. La main est aussi longue que l'avant-bras et plus étroite que le pied ; elle est placée devant le visage , souvent avec les doigts ployés en dedans : on découvre des points d'ossification dans les métatarsiens de l'indicateur et du médius, ainsi que dans les troisièmes phalanges de tous les doigts.
Pendant la seconde moitié du mois , le bassin acquiert un point d’ossification dans chaque os coxal. Les fesses, jusqu’a- Jors plates, commencent à se bomber, et la queue disparaît entièrement. La cuisse sort peu à peu de la peau du tronc, d’abord en avant , puis en arrière ; son point d’ossification de vient plus considérable, et les extrémités de l'os commen-
cent à se renfler. Le genou devient arqué , et la cuisse se fléchit sur le bas-ventre. Le tibia et le péroné acquièrent des points d’ossification ; celui du premier est beaucoup plus long que l’autre. Les pieds sont d’abord étendus ; mais, dans la dixième semaine , ils commencent à former un angle avec la jambe ; la plante est tournée en dedans. Le talon se prononce; Is orteils sont développés , de moitié moins gros que les doigts, et terminés en pointe ; l'ossification commence à la fin
du mois dans l’os métatarsien du second orteil. IT; 29