I. Entozoaires privés d'organes sexuels, À
$ 374. Les Entozoaires dépourvus de sexes se rencontrent
I. Dans la classe entière des Vers cystiques. Le mode de propagation des Cysticerques est couvert d’une obscurité profonde. Mais,
1° Nous pouvons observer une formation de gemmes dans le Cœnurus cerebralis. Les têles de ce Ver vésiculaire sont effectivement toujours réunies en plusieurs groupes, dans lesquels on les trouve, d'ordinaire , elles et leurs cols , à des degrés divers de développement. Entre des têtes complètes, dans les cols desquelles sont épars des corps disciformes ayant la limpidité du verre , on reconnaît des cols petits et courts, dont la couronne de crochets et les quatre suçoirs sont développés d'une manière imparfaite , ou même manquent entièrement. Fréquemment les nouveanx rejetons sont encore si peu avancés dans leur formation qu'ils ne représentent que de petites saillies imprégnées de disques limpides , qui se prononcent à la paroi interne de Ia vésicule commune. Aux endroits où l’on remarque des têtes, soit bien distinctes, soit en tram de se développer, la paroi de la vésicule montre également les petits disques limpides , qui manquent sur tous les autres points de son étendue. Comme on trouve aussi quelques gemmes disséminées çà et là sur cette paroi , nous sommes en droit d'admettre qu’à mesure que la vésicule s’accroît , il peut aussi germer de nouveaux groupes de têtes.
2° L'histoire du développement des Echinocoques laisse également bien des choses à désirér. Nous devons toujours distinguer deux choses dans ces Vers : la vésicule maternelle ou primaire, et les Echinocoques propreme#t dits qu'elle renferme. La vésicule maternelle est revêtue en dedans d’un épithélium extrêmement délicat, auquel adhèrent des corpuscules limpides, la plupart du temps oblongs, qui .ont
(4) Rédigé par Charles Théodore de Sicbold.
de l’analopie avec ceux qu’on rencontre dans le col des Cœnures. Le liquide qu’elle contient présente des Echinocoques libres, dans l’intérieur desquels, quand ils ont renversé au dehors leur couronne de crochets et leurs suçoirs , on ne distingue rien autre Chose que quelques corpuscules limpides épars. Ces Echimocoques tirent évidemment leur origine de la vésicule maternelle. Mes observations à ce sujet ont été faites sur l’Echinococcus hominis, sur V'Echinococcus veterinorum , etsur une nouvelle espèce à laquelle j'ai imposé le nom d’£chinococcus variabilis, parce que le nombre de ses sucoirs varie beaucoup. En examinant la face interne de la vésicule maternelle, on aperçoit çà et là de petites vésicules implantées, qui renferment une masse de granulations déliées, d’où proviennent les têtes d'Echinocoques, tantôt une seulement, tantôt deux, six, sept et plus. En effet, une partie de la masse grenue , séparée par une ligne de démarcation bien nette, forme un petit corps arrondi , qui se continue manifestement avec le reste de la masse par une de ses extrémités ; le corps arrondi acquiert peu à peu la forme d'une poire ; l'endroit rétréci s’allonge, et le corps, qui à pris maintenant une forme ovalaire, ne tient plus que par un mince filament VISQUEUX | et grenu à la masse d'où il est sorti ; on ne tarde pas non plus à discerner, dans l'intérieur de ce corps, la couronne de crochets et les corpuscules limpides. C’est alors que les têtes d'Echinocoques exécutent le mouvement qui consiste dans l’exsertion et la rentrée des suçoirs et de la couronne de crochets, et pendant lequel le corps entier tantôt s’allonge, tantôt se raccourcit. Une fois que le développement des têtes en est venu à ce point , la mince enveloppe qui les renfermait se déchire. Les jeunes Echinocoques ne tombent pas sur-le-champ au dehors, car ils tiennent tous à la face interne de l'enveloppe qui les avait contenus jusqu'alors , et ils y sont fixés à un mince prolongement owçordon de cetie dernière, qui pénètre dans l’'intérieur de leur corps, par une fossette située à leur partie postérieure. La fossette à presque l'apparence d’un sphincter qui relient ce cordon de l'enveloppe. Ce n’est qu'au bout d’un certam laps de temps que les cordons et les Corps des Ethinocoques se séparent Les uns des autres. Le mode de Eu 3
connexion de ces cordons avec les corps des Echinocoques et la manière dont ils s'en séparent rappellent en tous points les rapports qui existent entre la queue et le corps, chez les Cercaires. Après s'être déchirée , l'enveloppe des jeunes Echi-. nocoques se resserre aussitôt sur elle-même, les Echmocoques se tournent en dehors, et ils forment ainsi un amas arrondi, dans le milieu duquel se cache l'enveloppe ratatinée , sur laquelle ils reposent comme sur le tronc d'un Polype. Ces masses tantôt demeurent long-temps pendantes à la face interne de la vésicule maternelle , tantôt s’en détachent avant que les divers Echinocoques s’en soient eux-mêmes séparés. La masse grenue contenue dans la vésicule ne saurait être mieux comparée qu'à une masse vitelline, qui fait arriver aux têtes, par les cordons déliés dont nous venons de parler, la substance nécessaire à leur développement. Du reste, je laisse indécise la question de savoir si toutes les vésicules , grandes et petites, qui contiennent des têtes d'Echinocoques, et qui flottent librement dans la vesicule maternelle, entre des têtes libres, se sont détachées de la paroi interne de cette dernière, ou si quelques unes proviennent de têtes libres d'Echinocoques qui auraient développé des germes d'Echinocoques dans leur intérieur, et se seraient ensuite laissées distendre en vésicules par eux ; j'ai été frappé, en effet, de voir souvent pendre à des vésicules libres, contenant des têtes d'Echinocoque , des crochets , qui étaient peut-être les débris de la couronne de crochets détruite : je crois même avoir remarqué des résidus de suçoirs dans ces vésicules, chez l'Echinococcus variabilis. Il est plus difficile encore d'expliquer le mode d'origine et de propagation de la vésicule maternelle des Echinocoques. Comme l'Echinococcus hominis présente fréquemment de petites hydatides en quelque sorte emboitées dans d’autres plus grandes , il faut bien croire que lhydatide extérieure est [a vésicule primordiale, dans laquelle se sont ensuite procréées les autres ; mais comment cet emboitement a-t-il eu lieu? c’est une question à laquelle je ne puis pas plus répondre qu’à celle qui concerne le mode de développement de la vésicule primordiale elle-même.