I. Cœur
& AAA. 4° Le cœur apparaît sous la forme d’un corps oblong , qui devient un sac par la fluidification de son axe. Ce sac est situé dans l'axe transversal de l'embryon chez les animaux vertébrés (les Poissons et les Oiseaux au moins), et dans son axe longitudinal , chez les animaux sans vertèbres. Cette disposition tient peut être à ce que le cœur paraît de très-bonne heure chez les vertébrés , où le repli du feuillet séreux passant du côté spinal de l'extrémité céphalique au côté viscéral (capuchon céphalique), laisse un espace qui s'étend en travers, tandis que, chez les animaux sans vertè-bres , il se développe plus tard , lorsque le canal intestinal est déjà clos, et que les parois viscérales, marchant des deux côtés à la rencontre l’une de l’autre , laissent entre elles un espace longitudinal. On a trouvé, dans une monstruosité humaine , le cœur constituant, par suite d’un arrêt de développement, une masse oblongue et solide , de laquelle partaient les vaisseaux (1).
2 La partie tournée vers l'extrémité caudale devient veineuse , et celle qui est dirigée vers l'extrémité céphalique , artérielle. Chez les animaux sans vertèbres, cet effet a lieu d'une manière fort simple ; le vaisseau dorsal reçoit le sang par son extrémité postérieure et le chasse par son extrémité antérieure. Chez les Poissons , il ya transition de cette forme à la suivante : l'extrémité située en arrière et à droite du sac recourbé sur lui-même, devient veineuse, tandis que celle qui est située en devant et à gauche devient artérielle. Chez
(4) Meckel , toc, cùt., t. 1, p. 420.
les Oiseaux , et probablement aussi chez les Mammifères , les deux extrémités ( cuisses du cœur) deviennent veineuses par la face concave située entre elles et tournée vers la queue, artérielles par la face convexe qui regarde la tête. En eflet, la partie concave du sac ployé en manière d’arc s'étend en un tube longitudinal , qui est à la fois sac veineux et tronc veineux , tandis que les deux cuisses du cœur deviennent les racines de ce tronc veineux, c’est-à-dire les veines caves, supérieure et inférieure. Le point culminant de la convexité est la pointe future, et se place à droite, tandis que la portion veineuse se tourne à gauche. Cette torsion du cœur dépendelle de ce que, l’embryonse couchant du côté gauche sur le jaune, et recevant de ce côté les veines de la vésicule ombilicale, la convexité du cœur ne trouve d'espace qu'au côté droit ?
La paroi de la portion artérielle acquiert promptement de l'épaisseur, et il s’y développe un rudiment de substance musculaire pendant que la portion veineuse a encore des parois fort minces. Les deux portions diffèrent donc l’une de l’autre : sous ce rapport; mais la seconde ne se divise qu’en deux segmens, l'un dilaté, l’autre un peu plus rétréci, le tronc veineux , et la première se partage de même en ventricule artériel et bulbe aortique. |
On a trouvé le cœur arrêté à ce degré de développement dans une monstruosité humaine; le sac veineux était une dilatation membraneuse du tronc veineux, et le ventricule artériel une cavité Simple, à quatre cellules (D):
3° Le cœur s’allonge et se divise par deux étranglemens, dont l’un ( canal auriculaire) entre le sac veineux et le ventricule artériel, l’autre (détroit) entre ce dernier et le bulbe aortique. Ensuite il se resserre un peu sur lui-même , de manière que ses diverses divisions sont ramenées à l’unité ; le canal auriculaire paraît se renverser dans le ventricule et devenir la valvule qui garnit l'entrée de celui-ci; quant au bulbe aortique , il entre dans lasubstance du cœur, et devient une portion des deux ventricules futurs, de même que le tronc veineux se convertit en deux oreillettes. Cette période n’a pas plus été observée que les précédentes dans les em-
(4) Meckel, loc, cit,, t, I, p. 421,