‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 65 sur 79 · PES F · texte numérisé non relu

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à détacher du placenta, comme du cordon ombilical; il ne tient un peu que sur la limite des deux organes. Le chorion revêt non seulement la face interne du placenta, mais encore le pourtour de la face externe, attendu qu’il se réfléchit de dedans en dehors, en arrivant au bord du disque, qu’il reçoit par conséquent dans une espèce de pli. Ordinairement le cordon ombilical s'insère, non pas verticalement, mais obliquement, et non dans le milieu, mais un peu de côté, à peu près au milieu de l’espace compris entre le centre et le bord : son insertion forme en quelque sorte un second ombilic. Sous le point de vue de la formation, le cordon ombilical doit être considéré comme la tige; s’il est grêle, le placenta, quile couronne à peu près comme un chapeau de champignon, est également presque toujours petit et flasque.

3° Le üssu du placenta se compose donc des ramifications des vaisseaux ombilicaux, des flocons de l’exochorion convertis en gaines de ces ramifications , et d’un tissu cellulaire abondant, spongieux, mou, qui ressemble à de la lymphe coaguiée (1).

Les deux troncs artériels commencent à s’écarter un peu l’un de l’autre dès avant d’arriver au placenta, et, avant de s’y ramifier, 1ls s'unissent ordinairement ensemble par une branche transversale. Jamais ils n’y pénètrent dans la direction du cordon ombilical : ils commencent toujours par se diviser en branches rayonnantes à la face interne du placenta, dans la substance duquel ne’ s’enfoncent que leurs ramifications déliées. La même remarque est applicable aux veines. Chaque branche artérielle pénètre dans un flocon, se ramifie dans ses rameaux, et, à l'extrémité dé ceux-ci, s'infléchit sur ellemême, pour produire une veine correspondante. Ainsi, comme l'ont remarqué Wrisberg (2) et Lobstein (3), on trouve partout, et jusque dans les dernières ramifications, une artère et une veine accouplées et attachées ensemble, mais entre lesquelles on ne remarque plus ici aucune différence eu égard

(4) Weber, Handbuch der Anatomie, 1. IV, p. 503, (2) Commentat., p. 325.

(3) Loc. cit., p. 89.

à l'épaisseur des parois. Les ramifications de chaque flocon et de chaque couple de vaisseaux réunis en une espèce de paquet par du tissu cellulaire, forment un lobule ou un COtYlédon , dont les vaisseaux ne s’anastomosent point avec ceux des lobules voisins. Le passage des artères de chaque lobule dans leurs veines est libre et sans cellules intermédiaires, comme le démontrent les injections. Moreschi (4) dit n’avoir pu pratiquer les dernières, de sorte qu’il nie l'existence d’une Communication immédiate entre les deux ordres de vaisseaux il à fallu, dans ce cas, une réunion de circonstances individuelles toutes particulières pour amener un résultat sembiable , qui ne se voit jamais.

De même que l'endochorion se prolonge intérieurement en tube, pour fournir une enveloppe commune aux troncs des vaisseaux ombilicaux dans l'intérieur de la veine ombilicale, de même aussi l’exochorion se prolonge extérieurement en une multitude de gaînes pour les diverses branches de ces vaisseaux. Hewson à remarqué le premier ces gaînes ; mais il les prenait pour des prolongemens du chorion entier (2). Mondini a reconnu qu'elles n'étaient que des prolongemens du feuillet externe, mais cependant il considérait celui-ci comme une continuation de la membrane nidulante (3). Krummacher à, le premier, saisi la véritable disposition des choses , et trouvé qu'au troisième mois ces gaînes sont distendues en manière de vésicules, comme les flocons (4), de sorte qu'il n’est pas douteux qu'elles doivent leur origine à ceux- Ci, fait que les observations de Carus ont d'ailleurs parfaite ment établi. |

L'existence des vaisseaux lymphatiques est douteuse. Schreger les a plutôt soupçonnés que démontrés (5). Lebstein (6), Meckel (7) et autres n'ont pu les apercevoir. Ut-

(4) Deutsches Archiv, t. V, p. 616.

(22Danz oc. cit., t. lp. 37.

(3) Deutsches Archiv , t. V, p. 597.

(4) Schlegel, loc. cùt., t. I, p. 478.

(5) De functione placentæ uterinæ , p. 68-73.

(7) Man. d’Anat., t. III.

ere —

tini (4) injecta, dans le tissu cellulaire du placenta, du mercure, qui se répandit de à dans le tissu cellulaire du cordon OHbEA , comme par une multitude d'orifices vasculaires étroits, mais qui n’avait fait sans doute que s’épancher dans le tissu spongieux. Les mêmes réflexions s’appliquent sans doute aussi, comme le croit Weber (2), aux canaux qui, d’après Fohmann (3), représentent le cordon ombilical tout entier, à l'exception de sa gaine et de ses vaisseaux sanguins, contiennent la gélatine de Wharton, forment d'innombrables anastomoses , peuvent rarement être Suivis jusque dans le placenta, et seraient des Iymphatiques, mais sans valvules. En effet, des vaisseaux lymphatiques spéciaux sembleraient être ici un pléonasme, puisque les flocons eux-mêmes sont déjà des fibres absorbantes, et on ne les a admis qu’aussilong-temps qu’on n’a pu concevoir d'absorption sans des vaisseaux particuliers. | L'existence des nerfs dans le placenta était admise autrefois, sans jamais avoir été démontrée (4). Lucæ , Lobstein , Durr et Riecke n’ont pu découvrir aucun filet nerveux, malgré les recherches les plus minutieuses. Riecke a constaté que les irritans mécaniques, chimiques et galvaniques, appliqués au cordon ombilical d’enfans et d'animaux nouvellement nés , ne déterminaient aucun mouvement (5). Le microscope lui à fait voir que les nerfs cutanés et musculaires cessent aux bandelettes tendineuses de la ligne médiane du ventre, que les branches fournies par le #rand sympatliïque aux artères ombilicales et aux extrémités de la veine ombilicale cessent à l'endroit où ces vaisseaux se convertissent plus tard en une masse tendineuse , mais qu'il existe sur la veine ombilicale quelques fibres tendineuses , qu'un examen superficiel pour-

(1) Deutsches Archiv, t. IL, p. 259.

(2) Aandbuch der Anatomie , t. AV, p. 498.

(3) Mémoire sur les communications des vaisseaux lymphatiques avec

les veines et sur les vaisseaux absorbans du placenta et du cordon ombihical , p.24.

(4) Danz, loc. cût., t. I, p. 116.

(5) Haller, Elem. physiol. t. X, p.417.

(6) Diss. utrum funiculus umbilicalis nervis polleat, an careat, p. 47.

rait faire prendre pour des filets nerveux (4): que par conséquent Chaussier et Ribes, qui avaient cru voir des branches du plexus hépatique dans le cordon ombilical (2) , S'étaient trompés. En effet, on ne peut pas concevoir autrement que privées de nerfs des parties qui, comme celles-là , Sont purement transitoires , n’appartiennent qu'à la sphère vépétative, et sont totalement étrangères à la sphère animale. Cependant, comme toute vieille erreur, quelque fréquemment qu'on l'ait abattue , tend toujours à relever la tête de temps en temps, l'existence des nerfs du placenta a été soutenue de nouveau par Home (3), qui en a même donné la figure. Schott (4) a démontré que du plexus hépatique gauche partent, à la région du foie, cinq à sept filets nerveux, qui se rendent à Ja veine ombilicale, qu'un d’eux accompagne cette veine jusqu’à l’anneau ombilical, et que chaque artère ombilicale reçoit du plexus hypogastrique un filet nerveux qu'on peut suivre jusqu'à un pouce et demi au dehors de l'anneau inguinal.

3° De même que, chez les Oiseaux, il y a des villosités saillantes dans l’oviducte, pour envelopper de blanc la sphère vitelline , de même aussi, chez les animaux sans vertèbres à incubation intérieure , il semble y avoir, dans le corps de la mére , des organes qui sont les prototypes du placenta utérin. Treviranus (5) a trouvé dans l'Oniscus des Corps coniques qui reposent sur la face interne de la paroi ventrale, dont les extrémités ou les sommets sont libres entre les œufs, et qui contiennent une substance pultacée brunâtre, destinée probablement à s’exhaler au travers de leurs parois, pour servir de nourriture aux œufs. Chez les Mammifères, la même harmonie qui règne entre la mère et l'embryon ($ 352) existe aussi entre la matrice et l'œuf ($ 365. L°) : d'un côté et de l’autre poussent simultanément des parties vasculeuses, qui se correspondent d’une manière parfaite, marchent à la rencon-

(4) Ibid., p. 21-24.

(2) Adelon, Physiologie , t, IV, p. 409.

(3) Philos. Trans., 1825, t. I, p. 66-86.

(4) Die Controverse weber die Nerven des Nabelstranges und seine Gefæsse , einer sorgfaeltigen Pruefung unterworfen, p. 29, 39.

(5) Vermischte Schrifien , t, X, p. 60. :

tre les unes des autres, et contractent ensemble une connexion organique lorsqu'elles sont parvenues à se toucher. La matrice nous offre ici le reflet fidèle des formes que nous avons précédemment décrites (III). Chez les Solipèdes et les Cochons , l'œuf tient pendant quelque temps à la matrice, comme un linge mouillé (4) ; peu à peu des villosités se développent à la matrice, et, en s'accroissant , deviennent des Caroncules , auxquelles s’accollent celles du placenta fœtal. Ces parties représentent des villosités simples chez les Solipèdes, et des pinceaux ramifiés chez les Cochons ; mais, chez les Ruminans, elles deviennent des masses d'une certaine densité. Ici la face interne de la matrice offre constamment À à dater du moment de la maturité sexuelle , des cotvlédons ou des caroncules, qui ne font que se développer davantage pendant la gestation, et au devant desquels marchent les cotylédons du placenta fœtal, qui leur correspondent parfaite ment sous le rapport de la situation, du nombre, du volume et de la forme. Pendant les premiers temps de la gestation, ces cotylédons grossissent, mais ils sont encore mous, saignent lorsqu'on y touche, et ne présentent point de fossettes ; peu à peu ils deviennent plus fermes . prennent une couleur rouge et blanche, sécrètent un suc laiteux, et acquièrent des enfoncemens à leur surface ; ils ressemblent aux mamelons, avec cette seule différence qu'ils reçoivent dans leurs excavations les cotylédons du placenta fœtal destinés à les sucer. Dans la Brebis et la Chèvre , ils ont à cet effet des fossettes non divisées. Dans la Vache, au contraire , ils reposent sur des pédicules grêles, produisent des saillies plus globuleuses, et sont enveloppés par le chorion , qui s'applique d’une manière serrée autour de leur pédicule ; maisils présentent , ce qui leur donne l'apparence d'une fraise ou d’une amygdale , de petites fossettes tubuleuses, dans chacune desquelles s’enfonce un flocon moliasse et iaunâtre d'un Cotyiédon fœtal, qu'on en peut retirer sans déchirure aucune , Sous la forme d'un petit ver.

Chez les Rongeurs, les Carnassiers, les Chéiroptères, les

(1) Jœrg, Ueber das Getærorgan , p, 23.

Quadrumanes et la femme, les excroissances forment un disque, appelé placenta utérin. Ce placenta, la plupart du temps d’un jaune blanchâtre , repose sur les points de la matrice qui jouissent de la vitalité au plus haut degré, qui reçoivent le plus de vaisseaux , et qui sont en contact plus immédiat avec l'œuf, par conséquent sur les parois latérales, dans les matrices longues , et sur le fond, dans les matrices sphériques. Chez les Carnassiers, le placenta utérin forme un renflement annulaire, dans les enfoncemens duquel se plongent les petits flocons vasculaires mous du placenta fœtal disposé en manière de cemture. Dans les Lapins, il se compose d’abord de protubérances blanches, grenues, et ne tarde pas à devenir un disque blanchâtre, tandis que le placenta fœtal est d'un rouge foncé et un peu plus petit. Les deux disques sont séparés l’un de l’autre , sur le bord ,+par un sillon, dans lequel le chorion s’insinue; leurs faces s’engrènent l’une dans l'autre, par des élevations et des excavations correspondantes , et leur centre est le seul point où elles ne soient pas unies. Chez la femme, le placenta utérin se développe vis-àvis du renversement de la membrane nidulante, ordinairement au fond de la matrice , à l’un des orifices des oviductes, ou entre ces deux orifices, par conséquent dans la partie la plus vivante, la plus molle et la plus vasculeuse de l'organe, dans l'endroit où celui-ci n’est point séparé du chorion par la membrane nidulante. Il ne fait pas partie de la membrane nidulante primordiale , comme l’admettent Chaussier et quelques autres physiologistes ; mais il constitue, ainsi que l'ont surtout démontré Wrisberg et Lobstein, un produit postérieur, qui d’ailleurs ressemble beaucoup au premier, et qu'on peut considérer comme une membrane nidulante secondaire. En effet, comme, après le renversement en dedans de la membrane nidulante primordiale, la matrice n’est en relation immédiate avec l'œuf qu’à l'endroit de la réflexion, le conflit plus actif qui s'établit là entre elle et lui accroît l’activité vasculaire , de sorte que, vers la fin du second mois, le placenta utérin transsude sous la forme d’une couche albumineuse ; cette couche se coagule en un disque , dans l’intérieur duquel croissent, au troisième mois, des prolongemens de vaisseaux

utérins (1). Les vaisseaux sont assez gros : ils ont plus d’une ligne de diamètre, et se terminent , sans se ramifier beaucoup, par des dilatations ou cellules , d’où naissent les veines, ainsi que le démontrent les injections poussées en divers sens. Au quatrième et au cinquième mois, le placenta utérin devient celluleux, inégal ; il s'enfonce dans les sillons du placenta fœtal , dont il reçoit aussi en lui les lobules, et avec lequel il est d'abord uni d’une manière assez lâche pour qu’on puisse les séparer l'un de l'autre par la macération ; mais l'union devient plus solide par la suite. Le placenta utérin acquiert environ quatre lignes d'épaisseur, et vers la fin de la vie em bryonnaire , il devient un enduit insignifiant, mince, quelquefois même seulement gélatineux.

5° Les deux disques ne sont point unis ensemble par des vaisseaux allant directement de l’un à l’autre; les Systèmes vasculaires de la mère et du fruit, parfaitement clos des deux côtés, ne sont qu'appliqués l’un sur l’autre ; c’est ce que démontre d’abord l’anatomie ; les injections délicates passent, sans extravasation , des vaisseaux ombilicaux dans le placenta lœtal seul, et des vaisseaux utérins dans le placenta utérin seulement. Les nombreuses expériences de Wrisberg (2), Reuss (3), Hunter, Roux (4), Tiedemann (5), Dœllinger (6), Meckel (7), Lauth(8), Lee (9), Baer (10), Weber (11), et autres, ont parfaitement établi ce résultat , de sorte que l'opinion de Flourens (12), qui admet un passage immédiat du sang de la mère dans l'embryon, n’est qu'un anachronisme littéraire.

(1) Moreau, Essai sur la dispos. de la membrane caduque , p. 30.

(2) Commentationes, p. 339.

(3) Novæ observat. cirea structuram vasorum in placenta, p. 42.

(4) Anat. descript. de Bichat ,t. V, p. 415.

(5) Anatomie der kopflosen Missgeburten , p. 74.

(6) Deutsches Archiv, t, VI, p. 192.

(7) Manuel d’Anatomie, t. III.

(8) Répertoire général d’Anatomie, t, I, p. 76.

(9) Annales des Sc. naturelles, seconde série, t, V1). 05.

(40) Untersuchungen ueber die Gefaessverbindung zwiscien Mutter und 'rucht in den Sacugethieren, Léipzick , 4828, in-fol,

(11) Handbuch der Anatomie , t, IV, p. 496.

(12) Cours sur la génération, Paris, 4836 , p. 432, 443,

56o DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET VASCULAIRE.

L'embryon prépare son sang lui-même, chez les Mammifères tout comme chez les Ovipares : aussi ce sang diffèret-il de celui de la mère ; d’abord d'un rouge pâle, puis rouge,

et ensuite norrâtre , il renferme dans le principe des globules de forme nCUte contient davantage de sérosité, et est moins coagulable. Les battemens du cœur de l'embryon ont aussi un autre rhythme que ceux de la mère ($ 471, 3°), Mais Je sang de la matrice et celui de l'embryon exercent une attraction mutuelle l’un sur l’autre, de manière que des réseaux vasculaires plus serrés se forment aux points correspondans. C'est ainsi que, chez les Pachydermes, sur tous les points où l'œuf et la matrice sont en contact immédiat, des réseaux de cette espèce se produisent dans les fosses alvéolaires et les plis de l'utérus. Ges réseaux représentent le placenta utérin, et ils s'appliquent aux villosités et aux plis du chorion, qui “Formient le placenta fœtal et s’introduisent dans les excavations de la matrice. Chez les Ruminans, les placentas utérins multiples existent déjà d'avance en rudiment : ils ne font que se développer davantage pendant là gestation,

ils déterminent la formation de’ villosités nee du chorion qui leur correspondent exactement, et ils attirent chacune de ces villosités dans une fosse créée pour elle. Mais, dans l’une et l’autre classe, le placenta utérin et le placenta fœtal ne sont qu'appliqués l’un à l’autre, sans avoir d'adhérence ensemble (1). Chez les Rongeurs , ils sont soudés en une seule masse , de manière qu'ils se pénètrent réciproquement, et les vaisseaux sanguins du placenta utérin entourent de toutes parts les villosités vasculeuses du placenta fœtal, sans se continuer avec ces dernières (2). La même chose a lieu dans l'espèce humaine : le placenta utérin s’insinue entre les lobules du placenta fœtal ; ses veines sont plus larges que partout ailleurs à leurs racines, c’est-à-dire qu'elles y présentent des dilatations vésiculiformes, dans lesquelles les villosités du placenta fœtal s’introduisent, en refoulant sur elle-même la tunique veineuse , de manière à s’en faire une

(4; Baer, Untersuchungen ucber die Gefæssver bindung, p. 7-16.! (2) Loid., p. 20-23.

lé,

DÉVELOPPEMENT DU FÉUILLET VASCULAIRE. BGr enveloppe (1). Cette disposition organique explique pourquoi les injections passent quelquefois par transsudation d’un SYS-

tème vasculaire dans l’autre , circonstance qui à fait naître

l'erreur d’une libre communication entre les deux systèmes.

Schreger (2) a vu, en pratiquant dés injections d’eau de colle colorée par le cinabre, que ce dernier restait toujours dans les vaisseaux ombilicaux , et que l’eau seule pénétrait quel, quefois ; mais il a observé que, quand l'injection était faite immédiatement après la mort, cette transsudation n’avait lieu que le lendemain, lorsque l'extinction de la vitalité avait relâché davantage le tissu. Chaussier et Béclard (3) n’ont pu faire passer du mercure dans les veines utérines par artère ombilicale, mais seulement par les veines ombilicales , ‘évidemment parce que la délicatesse plus grande des veines de part et d'autre favorisait la transsudation , attendu que le passage du sang des unes dans les autres est déjà rendu inadmissible par la différence de direction du courant de ce liquide.

Gette disposition organique établit également que, quand le placenta fœætal se détache, les veines du placenta utérin doiventse déchirer ; on explique d’après cela pourquoi il survient alors un écoulement de sang par la matrice , €t pourquoi cet organe présente des ouvertures de vaisseaux assez grandes

pour pouvoir admettre le bout du petit doigt (4), particularité qui à suscité l'opinion erronée que les veines ont des ouvertures béantes à ja face interne de la matrice. Au contraire , le placenta foœtal détaché ne donne point de sang. Rœderer et Osiander (5) ont vu, chez des enfans qui étaient venus au

monde avec leur placenta, la circulation continuer encore

pendant un quart d'heure, sans qu'il s’échappât de sang. De

même aussi, après la naissance de l'enfant , les pulsations et

l’hémorrhagie cessent dans la portion du cordon ombilical

coupé qui reste pendante au placenta et demeure dans la matrice.

() Weber, Handbuch der Anatomie, t, IV, p. 496, . (2) Baer, loc. cit., p. 31-37.

(3) Adelon , Physiologie, t. IV, p. 482. (4) Annales de Sc. naturelles > XXVIIL, p. 428. G) Lobstein, Ueber die Ernaehrung des Fœtus, p, 405.

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6 À mesure que l'embryon approche du terme de sa maturité , le placenta fœtal et le placenta utérin diminuent de vitalité, À partir du neuvième mois , le premier croit moins, devient par conséquent plus petit , en proportion de l'embryon, et reçoit moins de sang ; une partie de ses vaisseaux 8e CON vertissent en fibres, qu'on pourrait aisément prendre pour des nerfs ou des lymphatiques : il devient plus facile à dése et flasque, ses connexions avec la matrice sont plus

ches.

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