‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 64 sur 79 · C1 OX · texte numérisé non relu

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d'un liquide limpide , insipide , un peu épais, coagulable, alburmineux, qu'on appelle gélatine de Wharton, qui est plus abondant chez l’homme que chez les Mammifères, et qui paraît diminuer vers la fin de la vie embryonnaire (4). Ce liquide est fort avide d'eau, à tel point même, dit-on, que lorsqu'on'plonge le cordon dans l'eau par un de ses bouts, elle monte jusqu'à l’autre extrémité à travers la gélatine (2). 5° Dans l'abdomen, les vaisseaux ombilicaux sont situés à la face externe du péritoine, et én partie dans ses replis. À partir de l'ouverture ombilicale, ils sont, sur toute la longueur du cordon, et au dedans de la gaîne ombilicale formée par l'amnios, entourés et retenus par une membrane qui s'applique immédiatement à eux. Cette membrane qui, leur appartient en propre, figure un tube renfermant le conduit allantoïdien : elle est donc analogue au feuillet vasculaire du conduit allantoiïdien chez les Oiseaux et les Reptiles supérieurs. Elle n’est autre chose que la portion tubuleuse de l’endochorion, ou du feuillet interne et vasculaire du chorion. Danz (3) et autres prétendent à tort que le chorion n’envoie pas de prolongement au cordon ombilical ; mais il est inexact aussi de dire que le chorion en général contribue à la formation de ce cordon ; le feuillet externe, ou l’exochorion (S$ 341, III) n’a aucune connexion, ni avec l’embryon, mi avec le cordon ombilical : le feuillet interne s’introduit seul dans ce dernier. On peut le suivre depuis lexochorion jusqu’à l'ouverture ombilicale ; mais ici il ne se continue point avec la peau de l'embryon, comme le prétendent quelques écrivains, Roux , par exemple (4); car on le poursuit aisément jusqu'aux bords des muscles abdominaux et de la bandelette tendineuse de la ligne médiane, avec lesquels il semble se confondre; en y regardant de plus près cependant, on voit qu'il se termine là d’une manière brusque. Mondini (5) n'avait donc pas tout-à-

(4) Burns, 7'he anatomy of the gravid uterus, p. 132. (2) Adelon , Physiologie , t. IV, p. 411.

(3) Grundriss der Zergliederungshunde des ungebornen Kindes ,1,T, p. 97, 79.

{à) Anat, descript. de Bichat, t. V, p. 372.

5) Deutsches Archiv ,1, V, p. 504,

fait Lort, quand ii disait que le chorion du cordon ombilical était un prolongement de la ligne blanche. D'après Flourens (4), le cordon ombilical serait composé de cinq couches passant Ge l'œuf dans l'embryon, une externe, fournie par le feuillet externe de l'amnios , se contihuerait avec l'épiderme ; une seconde, provenant du feuillet interne de l'amnios, se cénfondrait avec la peau; une troisième, émanée du feuillet externe du chorion, aboutirait au tissu cellulaire sous-cutané ; une quatrième, tirant son origine du feuillet interne du chorion, S'unirait à l’aponévrose des muscles abdominaux : une cinquième, enfin, la plus intérieure, venant du tissu cellulaire situé sous le chorion, se continuerait avec le péritoine.

IL. A l'extrémité du cordon ambilical, cette membrane, avec ses vaisseaux, s'étale sur la surface de l'œuf, en s'appliquant sur l'exochorion, et ressemblant parfaitement au feuillet vas- ‘culaire de l’allantoïde ; nous l’appelons endochorion. Dutrochet (2) a employé ce terme, mais dans une autre acception, car il entend par endochorion et exochorion les moitiés interne et externe de l’aliantoïde; ainsi, dans son mémoire ,le chorion tout entier porte le nom d’exochorion, et la membrane moyenne Celui d'endochorion. Si le chorion, appelé-membrane vasculaire, est regardé par Jœærg (3) comme le représentant des poumons, et par Oken{(4) comme une vésicule pulmonaire, tout cela ne peut s'appliquer qu’à l'endochorion qui accompagne les vaisseaux le long du cordon ombilical, comme vers la surface de l'œuf.

Ici deux cas sont possibles : ou l’endochorion des Mamimifères a une forme parfaitement semblable à celle du feuillet vasculaire de l'allantoïde des Oiseaux, c’est-à-dire celle d’une double vésicule , ou bien, comme il est plus indépendant de l’allantoide que le feuillet vasculaire de celle-ci ne l'est du feuillet muqueux, il ne représente qu’une vésicule simple. 11 me paraît que la première de ces dispositions a lieu chez

(4) Cours sur la génération, Paris, 4836, in-4e, fig. p. 129.

(2) Mém. pour servir à l'Histoire des animaux et des végétaux, t,11,p. 233. (à) E0C:-cût.,) pe 259.

(4) Isis, 4819, p. 4148,

quelques Mammifères, et la seconde chez d'autres. Dans le premier cas, l’endochorion forme une vésicule qui entoure l’allantoïde , avec laquelle elle croît, entre l’exochorion et l’amnios, autour de l'embryon, jusqu’à ce que ses bords, parvenus à se toucher, contractent adhérence ensemble, de manière qu’il résulte de là une double vésicule, dont Ia moitié extérieure revêt l’exochorion, tandis que l’autre tapisse l'amnios (1). Dutrochet admet cette disposition d’une manière générale ; mais avant de résoudre le problème, il faut examiner la formation de l’allantoïde (4°), la présence d’un feuiliet vasculaire interne (2°), la réflexion de ce feuillet sur lui-même pour produire le feuillet externe (3°), la présence d’une cavité entre les deux feuillets (4°), et la disposition des vaisseaux (5°).

4° L’endochorion représente primordialement une vésicule qui renferme l'allantoïde , et qui, lorsque celle-ci s'applique -sur elle-même et enveloppe l'embryon à la manière d’une vésicule double, doit prendre la même forme. Nous devons donc supposer qu'il affecte aussi cette forme chez les Mammifères, notamment ch" les Carnassiers et les Solipèdes ($ 447, 5°). Dans l'embryon humain, au contraire, à l'époque où les vaisseaux ombilicaux se développent et produisent le placenta, la vésicule allantoidienne est déjà morte, et, sinon complétement disparue, du moins flétrie, en sorte qu'à partir du cordon ombilical, l’endochorion ne s’applique qu'à l’exochorion seulement , forme un feuillet parallèle à ce dernier, et devient enfin, par les progrès de son accroissement , une vésicule simple (2).

2° Lorsqu'il y a une moitié interne de l’endochorion (membrana media de plusieurs auteurs, endochorion de Dutrochet), elle doit constituer un feuillet vasculaire qui revête l’amnios. Un pareil feuillet se rencontre réellement chez plusieurs Mammifères, et c’est par lui que l'amnios reçoit des vaisseaux, qui sont des ramifications des vaisseaux ombilicaux , comme l'ont remarqué, entre autres, Emmert (3), dans les Solipèdes,

(4) 7. pl. IV, fig. 4:

(2) 7. pl. IV, fig. 5.

(3) Deutsches Archiv, 1. V, p. 42.

Jles Carnassiers , les Ruminans, les Chauve-souris et les Co- Chons ; Alessandrini (1), dans les Phoques, etc. Suivant Dutro- <het (?), ce feuillet consiste en deux membranes épidermatiques et une couche vasculaire médiane ; mais Dutrochet n’admet une pareille composition que pour complaire à sa propre théorie. Lorsqu'on enlève le feuillet extérieur de l'amnios, les vaisseaux suivent, par exemple chez les Solipèdes et les Ruz minans, avec un entourage gélatineux , qui ne peut pas plus être considéré comme une membrane spéciale que celui qu’on remarque à l'exochorion, et l’amnios reste sous la forme d’un feuillet simple. D'après J œrg (3) et Dutrochet, ce feuillet existerait au second mois chez l'embryon humain, mais se souderait ensuite avec le chorion; c’est là une chose invraisemblable ; car, lorsqu'il existe réellementune moitié interne de l'endochorion, sa portion membraneuse est située à l'extérieur, et les ramifications vasculaires se trouvent à l'intérieur, tandis que l'inverse a lieu pour la moitié externe : or, s’il S'opérait une soudure, il faudrait que les portions membraneuses des deux moitiés qui se touchent disparussent pour que les vaisseaux entrassent en contact, et il faudrait de plus qu’une nouvelle portion membraneuse se formât en dedans. L’existence de vaisseaux dans l’amnios de l'homme n’est nullement prouvée; car la présence d’une branche de l'artère ombilicale parcourant un trajet de quelque étendue à l’amnios etse rendant ensuite au placenta, comme l'a vu Haller (4) , ne démontre point que l’amnios possède des vaisseaux en propre. 3° Tant que l’amnios et le chorion ne sont point encore en contact l'un avec l’autre, l’espace qu'ils laissent entre eux est rempli, chez l'embryon humain, par un liquide, qu'on a appelé liquide de l’allantoïde, mais à tort : car il n’est pas rare de le rencontrer encore à une époque postérieure , ou même de le voir sortir au moment de l'accouchement, constituant alors ce qu’on nomme les fausses eaux : or,onna ja- . mais observé de sac allantoïdien Complet à cette époque.

(4) Ibid., p. 614.

(2) Loc. cit., 1, IL, p. 239.

(3) Loc. cût., p. 288.— Ueber dus Gebærorgan, p. 32. (4) Elem. physiol,, t. VTT, p. 491.

4° Les artères omphalo-iliaques tendent à se porter vers la surface de l'œuf, et là seulement elles trouvent à jouer leur rôle dans toute sa latitude. Chez les Oiseaux ($ 404, 1), de même que chez les Reptiles supérieurs (1), il n'y a que le tronc artériel gauche qui arrive à la surface, celui du côté droit, qui correspond à la moitié interne de l’allantoïde, se rapetissant jusqu'à disparaître en totalité. Chez les Mammifères, la moitié interne de l'endochorion est formée, non par un tronc spécial, mais seulement par quelques branches des artères ombilicales, qui sont aussi, ou fort peu nombreuses, comme dans le Cochon, ou très-grêles , comme dans les bêtes à cornes et les Chevaux, chez lesquels la gélatine qui. les couvre en manière de gaine est l'unique cause du volume apparent qu'elles présentent. Mais, chez l’homme , cette moitié interne serait , après la fiétrissure de l’allantoïide, un organe aussi complétement inutile qu'impossible à expliquer : nous devons donc rejeter son existence.

5° L’endochorion humain, ou la moitié externe de l’'endochorion dés Mammifères, s'applique à la face interne de Pexochorion , et s’y fixe tant par ses vaisseaux, qui courent entre eux, que par du tissu cellulaire; la face interne est d’abord libre, lisse, et séparée de l'amnios par un liquide ; plus tard, elle semble se souder avec lui par un tissu cellulaire lâche. Chez les Ruminans et les Solipèdes il existe, entre l’'éxochorion et la moitié extérieure de l'endochorion, un tissu cellulaire imprégné d'une épaisse gelée, dans laquelle marchent les vaisseaux : si l'on sépare les au feuillets, les troncs vasculaires, entourés de gelée, demeurent tous suspendus à l'endochorion, et il n’y à que les petites ramifications qui se rendent à l’exochorion, ares aller gagner les cotylédons. !

TEL. Chez les Oiseaux et les Reptiles supérieurs, ces vaisseaux S'arrêtent à l'allantoide, $ous l'enveloppe testacée, parce qu'ils n'exhalent et n’absorbent qu'un fluide gazeux, qui pénètre aisément à travers les membranes. Chez les Mammi-

ères , ils dépassent plus ou moins la face externe de la mem-

(4) Dutrochet , t. IT, p. 244.

brane testacée ou de l’exochorion, parce que l'œuf de ces animaux absorbe aussi des liquides. Ils forment ainsi des saillies qu’entourent des prolongemens de l'exochorion, et qui représentent des organes spéciaux, voisins de la matrice ou de la membrane nidulante.

Une forme inférieure consiste en ce que les vaisseaux partant du cordon ombilical se vépandent sur la surface entière du chorion, et y produisent un réseau par leurs anastomoses les uns avec les autres. Sous ce rapport, les Solipèdes et les Cochons occupent le dernier rang, les vaisseaux s’étalant chez eux d'une manière à peu près uniforme sur le chorion, et produisant une multitude de flocons déliés, analogues aux villosités intestinales, qui plus tard seulement se réunissent en petits tubercules. Viennent ensuite les Ruminans, chez lesquels les vaisseaux forment un réseau à larges mailles, et produisent des saillies plus considérables mais moins nombreuses (50 à 400 environ), qu'on appelle caroncules ou cotylédons , et qui représentent des disques arrondis ou réniformes.

À un degré supérieur, la division des vaisseaux est plus concentrée, et bornée à un point qui entoure l'extrémité du cordon ombilical, et où les cotylédons se réunissent en un organe spécial, auquel on donne le nom de plucenta fœtal. Ge placenta est incomplet, eu égard à la forme, quand il se partage encore en plusieurs lobes, comme chez les Rongeurs, ou quand il entoure toute la partie moyenne de l'œuf en manière de ceinture aplatie, comme chez les Carnassiers et les Phoques. Il atteint son plus haut degré de perfection chez l'homme, où 1l est ordinairement arrondi, quelquefois cepen- : dant oblong , il à six Ou huit pouces de diamètre , et couvre un quart du chorion ; son épaisseur est de douze à quinze lignes dans le milieu, mais il est plus mince sur les bords, et son poids s'élève à une livre environ. En général, il reçoit toutes les ramifications des vaisseaux ombilicaux, et ce n’est que dans des cas rares qu’on voit sortir, du point où ces derniers se plongent dans le placenta, quelques ramifications isolées, qui vont gagner le chorion et y produire des plexus.

1° Partout ie placenta doit naissance aux extrémités des

vaisseaux omphalo-iliaques, qui se sont élevées au dessus de la surface externe de l'exochorion, accompagnées par des prolongemens®vapiniformes de cette membrane. Ainsi, par exemple, les observations de Dutrochet (1) nous apprennent que, chez les Ruminans, il n’existe pendant quelque temps aucune trace de cotylédons , l'œuf étant tout-à-fait libre dans la matrice ; ensuite il se développe, d'abord dans le milieu de l'œuf, puis plus tard vers ses extrémités, des points rouges et chargés de vaisseaux sanguins, qui se convertissent peu à peu en cotylédons et s'appliquent aux caroncules de la matrice. Chez la femme, toute la surface de F'exochorion est garnie de flocons ou de villosités à la fin du premier mois et pendant le second ; vers la fin de celui-ci, les vaisseaux ombilicaux semblent pénétrer dans l’intérieur des villosités qui sont situées immédiatement à l'endroit où la membrane nidulante se réfléchit sur elle-même ($ 344, 12°), et que par conséquent cette membrane ne couvre point. Au troisième mois, ces viliosités, devenues alors des gaînes vasculaires , se soudent peu à peu les unes aux autres, au moyen d'un tissu cellulaire qui ne les unit d'abord que d’une manière fort lâche, et elles constituent ainsi un disque aplati, dont, au quatrième mois , l'épaisseur augmente et les diverses parties deviennent plus cohérentes. Ainsi le placenta doit être considéré comme une réunion de plusieurs cotylédons soudés ensemble (2). En effet, sa face externe est inégale, parsemée de sillons, et divisée en lobules, dont chacun recoit une branche spéciale des vaisseaux ombilicaux , et est formée par un seul flocon de lexochorion. C’est par suite d’un arrêt de développement qu'on trouve quelquefois le placenta humain composé de plusieurs lobes distincts (3).«Du reste, il se forme à l'époque où la vésicule ombilicale commence à se flétrir, et où l'activité de ses vaisseaux diminue.

2° La face interne du placenta est concave et lisse, à cause du chorion et de l'amnios qui la tapissent. L'amnios est facile

(4) Loc. cit, p. 51.

(2) Wrisberg, Commentationes , p. 334.

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