BULLES D’AIR DU SANG
des stries colorées , ou qu’elle consiste:en anneaux concentriques , alternativement clairs et obscurs. Cependant un phénomène d'optique entre ici en jeu : le milieu de la vésicule n’est jamais d'un rouge pâle , mais toujours parfaitement in-
colore , et séparé du pourtour d’un rouge foncé par une li-
mite bien nette ; quand une grosse vésicule crève , on ne voit pas qu'il en reste de matière colorante ; quelquefois le pourtour coloré devient alternativement plus large et plus étroit , de manière à simuler le resserrement et la dilatation d'une pupille , sans que la vésicule elle-même se meuve. A cela, il faut ajouter qu’on rencontre dans d’autres humeurs des vésicules de même forme , dont la circonférence colorée diffère quelquefois de celle des vésicules aériennes du sang (par exemple dans le sperme), mais parfois aussi y ressemble parfaitement (par exemple dans la salive).
Je ne crois pas me tromper en conjecturant que quelques observateurs ont confondu ces bulles d’air avec les globules du sang , ou les ont considérées comme des parties non moins essentielles que ceux-ci et coexistantes avec eux. Tels sont d’abord Bohn, Hamberger, Bernoulli, Keïl, et, parmi les modernes , Schultz (1), qui ont soutenu que les globules au sang sont des bulles d'air, tandis que celles-ci ont un tout autre aspect. Tel est encore Della Torre , qui regardait les globules de sang comme de simples anneaux ; or, on peut bien prendre pour tels les vésicules aériennes, mais difficilement les globules eux-mêmes ; et si, par un singulier hasard, ” ces derniers s'étaient réunis plusieurs ensemble , de manière à produire un anneau (2), l'observation un peu prolongée ne tarderait pas à convaincre qu'il s'agissait là d'une pure éventualité. Sprengel (3) dit que le sang des Poissons , outre
les globules, contient encore des sphères plus grosses, claires
et d'apparence vitrée. Gruithuisen (4) fait remarquer qu’après la coadnation des globules lenticulaires du sang ; il reste
des corps plus volumineux , entièrement sphériques, qui res-
(4) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 4826 , p. 50.
(2) Rudolphi, Grundriss der Physiologie, t. I, p. 443. (3) Institutiones physiologice , t. I, p. 378. :
(4) Beitræge zur Physiognosie , p. 89.
semblent à des boules de verre, contiennent une vésicule concentrique et s’aperçoivent encore dans le sang desséché ; il les croit identiques avec les vésicules du sang de Hewson ; dans‘un autre endroit (4), il les appelle du chyle , dit qu’elles sont plus grosses et plus pesantes que les globules du sang (qu’il nomme ici anapnoaires) , sphériques, nettement délimitées, de volume divers, d'un blanc de lait, presque entièrément transparentes, lisses, d'un brillant argentin et chatoyant ; suivant lui, leur nombre serait , à celui des globules du sang , comme 1 : 150, chez l'homme. Mayer dit avoir vü, dans le sang des Grenouilles et des Insectes, ainsi que dans la séve des végétaux, outre les petits globules , d'autres trois ou quatre fois plus gros, qui en portaient un petit dans leur centre (2). Jean Muller a reconnu que ces gros corpuscules se produisaient dans le sang par l'effet de l'agitation mécanique (3).
IT, Changemens que subissent les propriétés du sang.
A. Changemens spontanés du sang.