À. CHANGEMENS QU'ÉPROUYENT LES GLOBULES
666. 4° A part la différence d’illumination entre leur centre fortement bombé et leur pourtour plus mince, les globules du sang ne présentent aucune partie distincte au moment où l'on vient de les tirer du courant qui les recélait; mais, à peine quelques instans se sont-ils écoulés que le centre se détache de la circonférence par une sorte de sillon, et se prononce sous l’aspect d'un noyau sphérique renfermé dans une flasque enveloppe. Dans cet état, ils conservent leur forme quand on étale le sang en une couche fort mince sur le verre , de manière qu'il se dessèche rapidement; mais ils se conservent assez long-temps aussi lorsqu'on les tient dans le sérum, et surtout, d’après Kaltenbrunner, quand ils restent en contact avec une surface du corps animal d’où ils proviennent, de sorte qu’alors on peut, mieux qu’en toute autre circonstance,
(4) Medicinisch-chirurgische Zeitung , 4822, t. I, p. 314. (2) Supplemente sur Lehre vom Kreislaufe, p. 67. | (3) Jsis, 1824, p. 287.
jugér de leur constitution primitive (1). Mais si l'on examine du sang qui ait été tiré depuis quelque temps et qui déjà commence à se décomposer, on trouve les globules renflés en sphères, et en partie ridés à la surface. Quelques uns montrent des traces de division qu'ils ont subie; car, à côté d’une enveloppe déchirée, on aperçoit un noyau qui s'en est échappé. D'autres encore sont entièrement brisés en morceaux, même leurs noyaux. Hewson (2), qui, le premier, observa ce phénomène, a remarqué que les globules frais ne tardent pas. non plus à subir des changemen analogues dans l’eau ; ils sé gonflent et deviennent globuleux ; la partie périphérique s'amincit, acquiert plus de transparence et enferme la partie centrale en manière d’enveloppe tellement lâche que , quand le globule roule sur lui-même, ce noyau tombe au fond , jusqu'à ce qu’enfin il devienne libre dans l’eau par la dissolution de la capsule (3). Hewson admet que le noyau et l'enveloppe sont des parties primordialement distinctes. Home (4), Prevost et Dumas pensent de même, ce qui, d’après les faits exposés précédemment, n’est au moins pas démontré, Le phénomène semble bien plutôt tenir à ce que la dissolution du globule homogène commence par établir en lui une hétérogénie de parties, la périphérie se ramollissant et se liquéfiant , tandis que le centre se condense, jusqu'à ce qu'enfin il se dissolve à son tour. Raspail a remarqué aussi que, quand on plonge un globule du sang dans de l'eau ou dans un acide , il se forme dans son intérieur une sphère qui n'existait point aupara= vant (5). Home prétend, conformément à ses vues, que les noyaux sont des sphères régulières, de volume égal, c’est-à-dire ayant un centsoixante-sixième de ligne; mais, plus tard, ilen indique aussi qui n’avaient qu'un trois cent trente-troisième de ligne de diamètre. Tandis qu'il veut que le noyau fasse les quatre cinquièmes du globule entier, Hewson, Prevost et Du-
(À) Froriep, Motisen, t. XVI, p. 307.
(2) Loc. cit., t. IIT, p. 22.
(3) Ibid., p. 17.
(4) Lectures , t. III, p. 4.
(5) Répertoire général d’añatomie , t, VI, p, 146,
mas le disent beaucoup plus petit (4); dans la Salamandre, il n "est, d'après Wedemeyer (2), qu'un huitième àun sixième du globule. Sa forme est irrégulière chez les Grenouilles , selon Blainville (3), et dans les Salamandres , suivant Schmidt (4). Wedemeyer (5) a remarqué qu'il n’avait pas toujours le même volume, et qu'il présentait parfois des bords déchiquetés. D’après "Webér (6), le globule du sang se réduit en morceaux, de nombre et de volume indéterminés. Tous ces faits annoncent qué les noyaux n'existent pas primordialement, ou du moinstqu'ils ne sont pas d’abord si nettement tranchés qu'on les trouve plus tard.
. Suivant Hodgkin et Lister, le premier changement du globule du sang consiste en ce que sa périphérie acquiert un aspect déchiqueté , déchiré, crénelé, bosselé, semblable à celui d’une mûre, mais reprend ensuité une surface lisse et sphérique (7). Gendant il n’est point douteux que ce dernier changement dépende d’une dissolution de la couche péri-
hérique ; on distingue sans peine, quand la décomposition En , que cette couche sert d’enveloppe au noyau, et Wedemeyer à vu fréquemment (8) celui-ci abandonner le centre et se rapprocher du bord , comme s’il était sur le point de sortir du sac. Du reste , ainsi que le fait remarquer aussi Rudolphi (9), la décomposition a lieu plus tard chez les animaux à sang froid que chez ceux à sang chaud ; cependant "Hewsonprétend (10) qu'il faut plus d'eau pour décomposer les globules de l’homme que pour ceux des Reptiles et des Poissons , parce que ceux-ci sont plus minces.
2° Quand Blamville dit (11) que le nombre des globules du
(4) Schmidt, Ueber die Blutkærner, p. 34.
(2) Loc. cit., p. 352.
(3) Loc: cit., 1, I, p. 212.
. (4) Loc. cit., p. 34,
- (5) Loc. cît., p. 354 (6) Anatomie des Menschen , t. I, p. 148.
(7) Froriep, Notizen , t. XVIIE, p. 245.
(8) Loc. cit., p. 345.
(9) Grinidriss der Physiologie, t, 1, p. 443 (40) Loe. eit., t. IT, p. 49.
(1) Loc, it, 1; p, 212,
sang Va toujours en augmentant sous le microscope , ceci ne doit s'entendre que du moment où ils se décomposent.
: Nous parlerons plus loin ($ 690, 2°) de l'hypothèse d’une résolution régulière de ces mêmes globules en parties intégrantes.