À. ACTION DES IMPONDÉRABLES SUR LE SANG
$ 673. Parmi les substances dites impondérables qui peuvent agir sur le sang, se rangent la lumière, l'électricité et la chaleur.
I. L'action de la lumière sur ce Liquide est faible. Heidemann pense que le sang se coagule plus vite à la Jumière solaire qu’à l'ombre (1); mais on pourrait demander quelle est la part qui revient à la chaleur dans la production de ce phénomène.
IT. L’électricité influe sur la température, la coagulabilité et la composition du sang.
4° Wilson (2) a vu le sang se refroidir moins vite sous l'in fluence du galvanisme ; mais cet effet pouvait fort bien dépendre de l'élévation de la température des fils conducteurs : car Schubler a prouvé non seulement que le sang se refroidit par l'électricité, comme le mercure et l'huile, mais encore qu'il descend , comme l’eau, à deux degrés au dessous dela température du milieu ambiant (3). Il suit de là que le premier effet de l'électricité paraît être d'accroître l’évaporation ; car cette dernière est sans contredit la cause du refroidissement.
2° D’après Schrœder (4) et Scudamore (5), le galvanisme hâterait la coagulation du sang. Gendrin dit aussi qu’elle a lieu plus promptement par un temps orageux (6). Mais Rossi s’est convaincu que le sang se coagule avec plus de lenteur dans l’air électrisé, qu’il y donne et un caillot plus petit, plus mou, et un sérum plus jaunâtre (7). Schubler à constaté, par des recherches exactes , que l'électricité en général , et la négative en particulier, retardaient la coagulation , müis que l'électricité positive l'empéchait dans les couches supérieures , de manière que.la surface paraissait comme dissoute.
(4) Reil, Archiv , t. VI, p. 423.
(2) Ueber die Gesetzse der Functionen des Lebens , p. 495.
(3) Poggendorff, Annalen der Physik, t, XXXIX, p. 318, 344. (4) Loc. cit., p. 84.
(5) F’ersuch ueber das Blut , p. 46.
(6) Loc. cit., t. II, p. 426.
(7) Bullet. de la SOU méd, d'Émulation , 4893 p. 634.
{ “ CHANGEMENS PROYOQUÉS © ue SANG. 49 Ce retard'est dû, suivant toutes les apparences , à l’abaissement de la température.
3° Le sang prend une couleur rouge plus vive, suivant Schrœder (1), par l’effet des commotions électriques, et selon Rossi, dans l'air électrisé. Brande a remarqué que le sang renfermé dans le cercle de la pile voltaïque devient fortement alcalin et noir au pôle négatif, faiblement acide et vermeilau pôle positif (2). Krimer, au contraire, l’a vu prendre une teinte plus foncée et se liquéfier au pôle positif (3). La diflérence de ces résultats tient peut-être à celle de la durée et de l'intensité de l’action galvanique. Suivant Schubler (4), le sang liquide devient écarlate et alcalin, avec dégagement de bulles d'air, au pôle négatif, tandis qu’au pôle positif , l'acide qui se développe le dissout et lerend noir ; là, en effet, un anneau de couleur foncée , tirant sur le noir, se forme autour du conducteur, le caillot se creuse d’une dépression, comme s’il avait été corrodé, et le sérum acquiert une teinte de noir rougeâtre, due probablement à du cruor noirei qui s'y est dissous. .
&° Schræder. a remarqué encore que le sang qu’on avait. soumis à des commotions électriques, ou sur lequel on avait fait agir le galvanisme , tombait en putréfaction plus tôt qu’il n’a coutume de le faire.
HI. Le sang s'empare très-facilement de la chaleur ; s’il est à la température de l'air, et qu'on y plonge le doïgt, on éprouve une sensation de froid. Il ne tarde pas non plus à
s’échauffer sur le feu.
5° Une chaleur médiocre suffit pour le coaguler.
S'il a été étendu d’eau, on voit d’abord une écume verdâtre paraître à sa surface , puis un précipité gris se former; ensuite il se dépose des fétons plus abondans, après la séparation desquels, par le filtre , la liqueur offre une teinte rouge vermeille et conserve encore l'aptitude à se coaguler. En fai- « Sant agir plus long-temps la chaleur, on obtient un coagulum
(4) Loc. cit., p. 83.
(2) Home, Lectures , t. V, p. 156.
(3) Versuch einer Physiologie des Blutes, p, 344.
-… (4) Loc. cit,, p. 320.
abondant: et gris verdâtre; la liqueur filtrée est d'un jaune pâle , et ne se coagule point.par l'addition de l'alcool. Le,sang pur s’épaissit promptement à la chaleur, puis s'y dessèche , et.se convertit, ou en une masse solide, d’un brun foncé , ou, si on l'a remué sans cesse, en une poudre noirâtre, qui parait grasse au.toucher, n’éprouve aucun. changement dans les-vases clos, s'humecte”un peu à l'air, et se couvre, au bout de quelles mois , d’une elilorescènce de carbonate de soude. Si l'on.opère cette coagulation à l'aide d'une douce chaleur, dans un appareil distillatoire, il passe un liquide
aqueux , qui répand une faible odeur animale, se coagule à
une,chaleur plus élevée , ne tarde pas à se putréfier lorsqu'on le conserve, dépose des flocons , et verdit le sirop de violette: Ce. liquide est sans doute identique avec la vapeur. qui se dégage. du, sang à la température ordinaire ($ 667, 2°).
6°.A une plus forte chaleur, le sang coagulé sec entre.en fusion, se boursoufle , répand, des vapeurs grises, quiont l'odeur de la corne brülée, et brüle avec une flamme: bril- Jante. Le charbon qui reste est brillant , noir et difficile, à incinérer,; d'abord dense et solide , il devient , par les progres de la combustion, spongieux , très-léger et. facile à écraser: La, cendre, est d’un jaune rougeâtre : elle contient du phosphate , de l'hydrochlorate et du carbonate de soude, du phosphate.et du: carbonate de chaux, du phosphate de magnésie , du phosphate de fer, ouclotefois aussi des traces de manganèse et de silice, Si la combustion à lieu dans un appareil distillatoire , indépendamment du gaz acide carbonique, qui peut déjà s'être développé avant-la combustion , on obtient les produits .volatils de la : décomposition , du gaz hydrogène carboné et du gaz hydrogène sulfuré ; de l'ammoniaque ,«provevenant. de la combinaison de l hydro; ène avec l'azote; de: lacide hydrocyanique, composé d'azote , d'hydrogène. et de carbone ; de l'huile empyreumatique , qui est en partie rouge et légère, en partie noire et épaisse ;, et qui difière de l'huile,
végétale par le phosphore et l'azote qu'elle contient , comme
eu par la grande facilité avec laquelle elle s'altère à l'arret »
à la lumière. Si l’on brûle du sang desséché avec de la potasse, #,
l'acide hydrocyanique qui se produit est fixé Et cette der-
nière , en même temps qu’il se combine avec le fer, de sorte que la dissolution aqueuse (lessive du sang) contient, entre autres sels, du cyanure de potassium et de fer.
Suivant Krimer (4) ,; le sang frais, soumis à la distillation , donne beaucoup de gaz acide ot et peu d'ammonia-+ que, tandis qu'on obtient du sang putréfié beaucoup d’ammoniaque , avec laquelle l’acide carbonique est combiné.