‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 15 sur 81 · PUTRÉFACTION DU SANG · texte numérisé non relu

PUTRÉFACTION DU SANG

contredit sur tant de points, est d'accord avec lui quant à celui-là.

b. Putréfaction du sang.

$ 671. Nous avons peu de chose à dire de la putréfaction, dernier changement qu'éprouve le sang sorti des vaisseaux. Elle dépend de l’eau que ce liquide renferme; car le sang évaporé jusqu'à siccité, ou le caillot desséché, ne la subit qu'à la condition qu’on y ajoute de l’eau. C’est sous l'influence d’un air chaud et humide qu’elle se développe le plus rapidement, au bout d'environ deux ou trois jours ; dans les cas ordinaires, elle n’a lieu que du troisième au quatrième jour; elle s'établit plus tard dans des vaisseaux clos. Le sang qui la subit devient d'un brun foncé et fétide; le caillot se ramollit , se liquéfie, et se confond avec le sérum en un liquide onctueux homogène , qui contient des flocons membraniformes bruns et noirs. Ce liquide ne se coagule point à l’air, mais la chaleur de l’ébullition et l'alcool y font naître la coagulation. 11 absorbe l'oxygène de l'air atmosphérique, et, au dire de Hunefeld (1), cette absorption est quelquefois accompagnée de phosphorescence ; il se dégage du gaz acide carbonique , du gaz hydrogène sulfuré et du carbonate d'ammoniaque, tandis qu'en même temps se forme une substance grasse. Au bout d’un certain laps de temps, le sang est converti en une masse épaisse, extractiforme , et enfin il n’en reste {plus qu'une terre animale, qui ressemble au charbon produit par la combustion , mais ‘qui est grasse et onctueuse.

Les dissolutions des principes immédiats du sang (8675)

deviennent troubles quand la putréfaction commence à s'emparer d'elles ; elles déposent une substance floconneuse, qui paraît contenir de la graisse, et qui est soluble en partie dans l’ammoniaque; elles dégagent aussi de lammoniaque.

B. Changemens provoqués dans le sang.

$ 672.Si, pour approfondir la nature du sang, nous observons les changemens auxquels donnent lieu les puissances ou substances que nous faisons agir sur lui, nous arrivons à

(4) Archio fuer die gesammte Naturlehre, t, VL, p. 484,

CHANGEMENS PROVOQUÉS DANS LE SANG, 47 des résultats qui souvent diffèrent ou même sont opposés entre eux dans les divers cas. Cette différence dépend d’abord des rapports de quantité : suivant que la puissance est plus ou moins forte, la substance plus ou moins concentrée , l’action plus ou moins prolongée, et la masse du sang sur laquelle on opère plus où moins considérable, il.se manifeste des phénomènes divers. Les circonstantes concomitantes exercent en outre une grande influence, de telle sorte, par exemple, qu'une même réaction donne des résultats tout-à-fait différens suivant la température. Il faut aussi avoir égard à la méthode préparatoire dont on se sert, à la manière dont on traite le sang avant de le mettre en expérience, et au temps qui s'est écoulé depuis sa sortie des vaisseaux. De légères modifications, en tout autre cas à peine appréciables, dans la composition d'une seule et même substance , occasionent également des différences notables, à cause de la susceptibilité extrême du sang ; ainsi, par exemple, l'acide phosphorique récemment préparé agit d’une autre manière que celui dont la préparation date déjà de huit jours. Enfin Le sang est modifié à tel point, non seulement suivant l'espèce , l'âge, le sexe et les individus , mais encore selon l'état présent de la vie dans chaque individu , que sa manière de se comporter avec tel ou tel réactif peut varier par cela seul , et cependant ces modifications sont si légères que, la plupart du temps, les effets seuls nous révèlent leur existence , qu'il nous est impossible de constater en elle-même.

Toutes ces circonstances réunies rendent l'étude chimique dusang extrêmement difficile; si nous traçons ‘un tableau général de l’action d’une puissance, nous courons risque de généraliser ce qui ne dépendait que de certaines circonstances,

“et Si nous entrons dans tous les détails de chaque résultat, nous nous perdons au milieu des minuties, sans pouvoir arriver à rien de général. Nous sommes encore dans l'attente d’un homme de-génie qui examine l’histoire du sang d'une manière complète et qui sache en déduire des -vues exactes et élevées. L'état d'imperfection de la science excuséra les lacunes qu'on pourra remarquer dans l'exposé suivant (S$ 673-687 ).

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