VI. ft
À. Vaisseaux.
:$ 710. Conformément aux contractions du cœur , le sang coule d’une manière saccadée dans les artères, et comme les vaisseaux en général ne font qu’un avec lui pendant la vie, il résulte de là que les artères sont également mises en mouvement par saccades,
À. ARTÈRES. y
Le battement des artères porte le nom de pouls.
I. On sent le pouls en appliquant le doigt sur une partie du corps où une artère d'un certain volume soit comprise-entre la peau et quelque organe résistant , un os par éxemple. Ainsi on sent battre l'artère radiale à l'endroit où le radiusest:Voisin de l'articulation du poignet, la cubitale au coude, [à éarotide au cou, la temporale à la tempe, la maxillairé externe au bord inférieur de la mâchoire, la poplitée dans le creux du
-jarret, la tibiale antérieure entre le gros et le petit orteil, etc: Pour tâter le pouls, il faut appuyer le doigt sur l’une de ces parties; aussi Arthaud croyait-il que le pouls dépend de l’effort du sang contre l'obstacle causé par la pression du doigt ; mais je vois bien manifestement battre: mon artère radiale, et je n’en sens pas le bâttement lorsque je pose doucement le doigt dessus. Parry avait déjà observé que, mêmesur les artères mises à nu, un attouchement léger ne procure pas la sensation du pouls, quoique Jæger (4) prétende le contraire. Dans les fortes émotions , les congestions et les inflammations , on est quelquefois mformé par le sentiment intérieur du battement de ses propres artères.
Il. Le pouls se voit parfoiëtà l'extérieur sur certains points; à l'artère radiale par exemple, même dans un état parfait de santé et de calme, Où aux earotides, dans les fièvres: et les congestions vers la tête. Mais il ne paraît alors que comme un tressaillement rhythmique , attendu qu’il ne fait que percer à travers la peau, et qu'on n'en apprécie point le véritable caractère. Lorsqu'au contraire une artère se trouve à mu dans une étendue considérable , on remarque les phénomènes SUIVANS :
(4) Tractatus de arberidrum pulsu , p. 46,
ÿ PAS
1° Le point du vaisseau sur lequel où fixe son attention, s'éloigne du cœur; pendant la systole de cet organe, C’està dire se trouve poussé en avant ; tandis que ; dans là diastole; il s'en rapproche; ou revient en arrière. Ce mouvement avait environ une ligne détendue sur la carotide d'un cheval ; obserÿée par Parrÿ (1), et trois lignes dans uné autre expérience de Bell (2). Il ne peut pas dépendre immédiatement du mouvement du cœur, puisque celui-ci revient sur lui-même petdant la systole, et se distend pendant la diastole ; il consiste manifestement dans l'allongement desartères , durant le premier de ces déuxtemps, et dans leur raccourcissement durant lesecond. Lorsqu'une artère est tellement fixée en deux points que ces derniers ne peuvent point se déplacer, la portion comprise entre eux n’a la faculté de s’allongér que latéralement, ou par des inflexions, et elle quitte alors sa position; Ce qui contribue surtout à rendre le pouls susceptible de frapper là vue. Ainsi une artère droite devient sinueuse, et une autre naturellement flexueuse, s'infléchit encore davantage: Weitbrecht et Lamure ont les premiers constaté ces flexions ; mais on a été trop loin en les peignant d’une manière générale comme un déplacement des artères , puisque l'extension, dans le sens longitudinal ; y contribue aussi; même pour la part la plus essentielle ; on s’est écarté aussi de la vérité en attribuant à elles seules le phénomène tout entièr du pouls.
2° Jadis on considérait le pouls comme résultant d’une dilatation de l'artère ; suivie de la contraction de ce même vaisseau: À l'exemple de Weitbrecht et de Lamure , Haller (3), Dœllinger (4), Parryÿ (5), Rudolphi (6) et Jæger (7) ont ob-
(1) Experimentaluntersuchungén ueber die Naturursachen . dés àrteriæsen Pulses p. 411.
(2) An essay on the forces by which circulate the blood ; p: 30.
(3) Opera minora , t. 1, p. 88.
(4) Meckel, Deutsches Archiv, t. IL, p. 356. — Denkschriften der Akademie zu Muennchen , t. VIL, p. 220.
(5) Loc. cit., p. 94.
(6) Grundriss der Physiologie, t, IL, p: 295,
(7) Loc, cit,, p, 46.
jecté contre cette théorie que le diamètre transversal de l'artère n'éprouve aucun changement tandis qu’elle bat.'La vérité se trouve entre. les deux extrêmes ; le diamètre trans versal du vaisseau change, mais trop peu pour qu’on puisse faire dépendre les phénomènes du pouls de cette cause seule. Spallanzani (1) , ayant entouré l’aorte d’une Salamandre d’un anneau, afin d'en mieux apprécier le diamètre, reconnut que, pendant la systole du cœur, ce diamètre augmentait d'un tiers au voisinage de cet organe, et seulement d'un vingtième dans le reste de son trajet. Il constata aussi la même dilatation sur l'artère pulmomaire (2) , et sur les grosses branches de l'aorte (3), par exemple, l'artère mésentérique supérieure (4), mais non sur les petites ramifications (5); cependant il admettait que, toutes les fois qu’une artère se déplace ; elle se dilate et se contracte alternativement (6). Magendie (7) confirma ce résultat, en établissant (8) que la dilatation et la constriction se voient principalement à l'aorte, qu’elles sont également manifestes à la carotide, chez les gros animaux, par exemple, mais qu'on n’en aperçoit aucune trace dans les petites branches. Hastings, ayant placé une ligature autour de l'aorte d’un Chat, à vu, dans vingt cas, ‘un vide s'établir entre elle et l'artère pendant la diastole du cœur ; mais quelquefois aussi ce phénomène n’eut point lieu (9). Poiseuille a reconnu le même changement en entourant la carotide d’un cheval d’un tube métallique dont il collait exactement les bords, jusqu'à un point où un tube de verre rempli d'eau et perpendiculaire avait été introduit entre eux : àchaque pulsation, l’eau montait dans le tube de verre, refoulée par l'artère, dont le calibre augmentait d'environ un onzième,
- (4) Expér. sur la circulation , p, 446.
(2) bid., p. 389. 1 (3) Ibid., p. 263.
(&) Ibid., p. 459.
(5) Ibid., p. 383.
(6) Zbid., p. 395.
(7) Précis élémentaire, t. II, p. 314.
(8) Journal de physiologie, t,1, p.413.
(9) Meckel, Deutsches Archiv, t, VA, p. 224.
et après. la pulsation, elle baissait d'autant (1). Œsterreicher (2) ,:Segalas (3), Wedemeyer (4), et autres, ont également acquis la même conviction. Suivant Wedemeyer (5), la dilatation de l'artère brachiale s'élevait à environ un cinquième de ligne. Schultz dit avoir remarqué, dans l'embryon de Poulet, que la plus forte ampliation a lieu aux troncs, et l'allongement le plus considérable aux branches les plus déliées (6). Les observateurs qui ont soutenu que le diamètre transversal ne subissait aucun changement, avaient des ramifications sous les yeux, ou ne prenaient pas leurs mesures exactement.
3° Les deux mouvemens (1° et 2°) sont purement mécaniques, et tiennent à ce que, pendant la systole du cœur, les artèresreçoivent plus de sang qu’elles n’en peuvent contenir, de sorte qu’elles cèdent en vertu de leur extensibilité , tandis que, pendant la diastole du cœur, l’élasticité dont elles jouissent les fait revenir à leur diamètre normal. Il n’est pas possible qu'au moment où le cœur se vide dans leur intérieur , elles fassent passer dans les veines une quantité de sang égale à celle qu'elles ont reçue ($ 731, 4°). Ce liquide doit; d’après les lois de l'hydrostatique, faire également effort contre elles dans toutes les directions, et tendre, :par conséquent , à les dilater en tous sens: Or la couche médiane se compose de fibres élastiques, annulaires et un peu obliques; on peut la comparer à un tube produit par un. fil de fer roulé en spirale. De là résulte que l'artère est bien extensible en largeur , mais qu’elle cède plus facilement et davantage.en longueur , et que par conséquent le sang doit agrandir un peu. son diamètre transversal, mais surtout accroître son diamètre longitudinal. Les injections sur les cadavres , quand elles sont poussées autant. que possible, produffent les mêmes effets ; les artères s’allongent, se courbent davan-
(4) Journal de Magendie , t. IX, p. 48.
(2) Versuch einer Darstellung der Lehre vom Kreislaufe , p. 48. (3) Journal complémentaire , t XXXVI, p:' 73.
(4) Untersuchungen ueber den Kreislauf, p. 55.
(5) Loc. cit., p. 43. QE (6) Meckel, ph fuer Anatomie , 4826, p. 598.
262 MOUVEMENS DU COŒUR.
tage et se dilatent un peu. Pendant la vie, ce phénomène est assujetti à beaucoup de variations; la capacité de l'artère s'accroît d'autant plus que le cœur bat avec plus de force, que l’ondée de sang est plus copieuse et animée d'une plus grande vitesse, que le passage du liquide dans les veines présente plus de difficultés, enfin, que l’extensibilité et l'élasticité de l'artère sont plus considérables. | LIL. Il est donc concevable aussi que des circonstances se rencontrent où l'artère n'éprouve ni allongement ni amplia— tion par le fait de la systole du cœur, et l'expérience a prouvé qu'en pareil cas néanmoins , non seulement le sang sort du vaisseau ouvert par un jet saceadé , mais encore le pouls se fait sentir au doigt qu'on appose dessus. Il est arrivé quelquefois à Parry de ne remarquer aucun déplacement , aucune am- -pliation, même avec le secours de la loupe, sur la carotide des Moutons ; l'aorte des Lapins ou les branches aortiques du Cheval, quoique le pouls se fît sentir distinctement ; et rien n’est plus facile que de se convaincre soi-même, sur presque toutes les artères, de l'exactitude de ses observations. Ce qu'il y à d’essentiél dans le pouls consiste donc , comme l'ont fait voir Dœllinger (4), Merk (2) et Jæger (3), en un ébranlement: de la colonne sanguine , qui se propage à la paroi tendue de l'artère, et s'étend même, d’après la remarque de Party (4), à unë portion d'artère comprise entre deux ligatures et vide dé sang ; on ne sent bien cet ébranlement qu'autant qu’on'appuie le doigt avec force, parce que la tension qui résulte de là permet alors qu'il se transmette jusqu’à lui.
IV. À chaque poussée du cœur, la vitesse du courant augmente dans les artères , de sorte que le jet qui s'échappe d'une plaie décrit une plus grande arcade durant la systole de l'or: gane central , etcoule avec plus de calme pendant la diastélé. Ge phénomène tient au choc , qui doit se manifester sur tous les points ; car la colonne entière du sang, chassée par lui avec plus de vitesse , se ralentit dès qu’il est passé , mais Sans néan-
(1) Meckel , Deutsches Archi ; t. EL, p. 346.
(2) Inauguralabhandlung ueber die thierische Bewegung ; p. 402. (3) Tractatus de arteriarum pulsu , p, 46. ]
(4) Loc. cit., p.18.
moins cesser de marcher en avant , de sorte qu'il ne se produit pas de vide. Du reste, la propagation du choc dans le sang est toujours infiniment plus rapide que le cours de ce liquide luimême. 70
$ 711. 1° Ordinairement on trouve que toutes les artères battent ensemble. Haller (1) et Spallanzani (2) ont établi cette simultanéité en règle générale, d'après leurs expériences. Kerr (3) en a conclu que le, pouls ne peut pas provenir d’un liquide marchant par un courant continu, ni, par conséquent, être.dû au.sang chassé du cœur. Mais tout ce qu'il suit de là, c'est que le pouls ne se rattache pas à la progression du sang, et qu'il.est l'effet de la propagation du choc à la masse entière. de ce liquide qui: remplit le système. artériel sous la forme d’une colonne non. interrompue. Or l’ébranlement communiqué à,un..liquide,se transmet avec une vélocité diverse suivant la nature des; parois. La propagation est instantanée, lorsqu'un canal rigide. est rempli d'un liquide qui ne puisse pas.s’échapper latéralement: ainsi, quelque long que soit, un, tube métallique, äl en sort de l’eau à l'instant même où une pression agitsur l’autre extrémité de la colonne du liquide, Mais si ce dernier se trouve dans une gouttière, c'est-à-dire sur une surface non entourée d’une paroi solide, comme il exerce, constamment une-pression uniforme. de tous les, côtés, tout.choc. qu'il reçoit le pousse vers le côté libre ; c'est-à-dire vers la partie supérieure, et le force de s'élever ; puis, quand sa pesanteur le fait retomber, il choque les points voisins de sa masse, de manière que ceux-ci s'élèvent à leur tour au dessus du niveau. , et ainsi de suite ; en un mot l’ébranlement.se propage peu à peu et par ondulations. Mais un canal.à parois.extensibles et contractiles tientle milieu entre. un conduit rigide et une gouttière ; si la colonne de liquide qu'il renferme reçoit une impulsion à l’une de ses extrémités, les points les plus voisins de la paroi se distendent en tous sens , c’est-à-dire que le canal se dilate , et quand le point ainsi di-
Fe
(4) Opera minôra, t. I, p. 485. kb (2) Expér. sur la cireulat,, p. 246. % (3) Observations on the harveian doctrine, p. 60 , 444.
264, MOUVÉMENS DU COŒUR.
laté vient à se contracter, celui qui Suit éprouve une dilatation analogue , et ainsi de suite jusqu'à ce que l'ébranlement'ait atteint l'extrémité opposée de la colonne. Or l'artère est précisément un canal extensible et élastique; donc le choc qüele cœur imprime à la colonne de sang qu'elle renferme, doit se propager de la même manière et en des temps appréciables. Aussi plusieurs observateurs ont-ils reconnu qu'il y a réellement une différence de temps entre les pulsations des diverses artères. Weitbrecht a constaté que son artère radiale battait après la carotide. Wedemever dit qu’on sent lé pouls un in-
stant plus tard aux membres qu’au voisinage du cœur. Arnott "s’est convaincu qu'il y a succession! des battemens à la lèvre ; au poignet et au Coude-pied (1). D’après les observations de Weber (2), l'artère axillaire bat en même temps que la maxillaïre externe, mais un sixième ou un septième de seconde plus tôt que la métatarsienne , et celle-ci un peu après la radiale, qui n’est guère plus rapprochée qu'elle du cœur. Stockes a remarqué qu'il y avait synchronisme parfait du pouls dans lés parties placées à égale distance du cœur, par exemple dans l'artère radiale ,’au poignet, et la crurale, à la partie supérieure de la cuisse; mais que le pouls battait plus tard dans les parties éloignées du cœur que dans celles qui en sont voisines, plus tard, par exemple, à l'artère tibiale qu’à la radialé(3). La même observation a été faite aussi par Despine (4). Koch a vu, dâäns la membrane interdigitale de jeunes Grenouilles , lé mouvement saccadé du sang avoir lieu quelqué temps dures la contraction du cœur (5). \
Mais la différence ne peut être qu ‘extrêmement légère , atténdu que la dilatation de l'artère se réduit presque à rien, et que $on élongation ést beaucoup plus sensible. En effet,\on ne
saurait l'observer sur une artère mise à nu, et Arnott lur-.
mêmé dit(6) que la dilatation produite dans le vaisseau parle
(1) Elemente der Physik, t. 1, p. 494.
(2) Adnotationés anatomicæ , p. 2.
(3) Froriep, Notizen , t. XXIX , p. 451.
(4) Archives générales, t. XX VI, p. 427.
(5) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 1827, p. 442. (6) Loc, cit,, p. 488.
MOUVEMENS DU COEUR. 265 sang qui afflue du cœur se propage presque avec la rapidité d'une secousse électrique. Comme il n’est pas très-facile de reconnaître de très-petits intervalles de temps par le sens du toucher, on court grand risque de commettre ici des erreurs. J'ai comparé , sur des Chevaux, la pulsation de la carotide, immédiatement au dessus de la cage thoracique, avec celle de l'artère caudale ; j’explorais l'une des artères, tandis qu'un aäde m'indiquait à haute voix les battemens de l’autre ; maisje n'ai pu apercevoir aucun intervalle. Cependant les Chevaux conviennent parfaitement pour ces sortes d'expériences, à cause du volume de leur corps et du peu de fréquence de leurs pulsations. La différence devient incontestablement plus facile à apprécier lorsque d'un côté la paroi de l'artère est plus extensible, et de l’autre le vaisseau ne regorge pas déjà de sang, ou quand la systole du cœur a moins‘de force. Ainsi c’est seulement sur des animaux fort affaiblis qu'il a été possible à Haller (1) de se convaincre que les artères'éloignées du cœur battent plus tard que lui; et si, comme le fait remarquer Senac (2), le mouvement du pied d’un homme qui croise ses cuisses l’une sur l’autre s'opère après le pouls radial ou cervical, il est probable que l'augmentation de la résistance entre pour quelque chose dans cé ralentissement.
2° La pulsation diminue en raison directe du diamètre des artères (3). Le sang ne s’élance plus par saccades des artérioles , mais sort par un filetuniforme, ou coule en nappe (4). Haller a trouvé que celles des branches de l'artère mésentérique d’une Chèvre dont le diamètre était inférieur à un sixième de ligne, ne battaient plus. Cependant il n’y a point de limites précises à établir ici; car l'étendue des pulsations varie en raison des circonstances. Dœllinger a vu, dans l’embrvon de Poulet , le choc du cœur s'étendre à toutes les branches artérielles (5):
3° Les ramifications des artères ont , prises ensemble, plus
(4) Elem. phystolog., t. II, p. 2M.
(2) Spallanzani , Loc, cit., p. 159,/
(3) Magendie, Précis de physiologie , t, IT, p. 252.
(4) Haller, Opera minora , t. X, p. 485.
(5) Denkischriften der Ahademie zu Muennchen, t. VIT, p.245.
266 MOUYEMENS DU CŒUR,
de diamètre transversal ou de capacité que les troncs. Or, en passant de ceux-ci dans celles-là, le sang doit perdre d'autant plus de sa vélocité que l'espace au milieu duquel il se répand est plus considérable. Ce ralentissement nécessaire du courant sanguin est reconnu d’une manière générale. IL a été observé immédiatement par Spallanzani (4), sur des Salamandres, par Forchhammer (2) et par d’autres. En examinant les capillaires artériels au microscope, on voit le sang. s'y mouvoir sans secousses, par un courant uniforme , mais avec ‘une apparence de vélocité excessive qui tient à l'effet du grossissement, et il est difficile de saisir quel rapport peut exister entre sa rapidité dans ces petits vaisseaux et celle qui l'anime dans les troncs. Haller (3), en répétant ces observations, a trouvé que le ralentissement dans les ramifications n'est point aussi considérable qu’on a coutume de le croire, et il lui est quelquefois arrivé (4) de voir dans les capillaires des courans tout aussi rapides que dans les troncs. Suivant Spallanzani (5), le sang coule avec plus de lenteur pendant la systole du cœur, et plus de vitesse durant sa diastole, dans les artères de capacité moyenne que dans les troncs, mais sa vélocité est la même dans les ramuscules les plus déliés que dans les branches médiocres, et elle ne diminue que quand la faiblesse s'empare de l'animal. Enfin Doœllinger (6) prétend que le sang coule, dans toutes les branches qui admettent plus d’une ou deux séries de globules, avec toutautant de rapidité que dans les troncs.