‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 41 sur 81 · VEINES · texte numérisé non relu

VEINES

$ 712. Passons à l’examen du courant veineux. | ls Ce courant est produit par l’artériel revenant sur luimême. Les vaisseaux capillaires artériels, c’est-à-dire les dernières ramifications des artères, s’infléchissent et, dès

(2) Loc. cit., p. 144.

(2) De blennii vivipari formatione, p. 42.

(3) Opera minora', t.1, p. 87.

(4) Ibid. p. 491.

(b) Loc. cit., p. 247. :

(6) Loc. eit., p. 210.

lors , sont, par le seul fait de leur direction inverse , vaisseaux capillaires veineux du sang qui coule dans leur intérieur , ou racines des veines. Il fant y joindre encore de temps entemps des branches transversales qui, se détachant d'une artère, ayant qu'elle soit parvenue à son extrémité, se continuent avec des veines toutes formées marchant parallèlement à. elles. Ce sont là des faits qui ressortent surtout des recherches de Haller (1), Spallanzani (2), Dœllinger (3), Wedemeyer (4) et J. Muller. Là où des capillaires artériels s’infléchissent pour devenir veineux , ils ne charrient plus la plupart du temps qu’une seule série de globules ; mais parfois aussi ils en contiennent deux ou trois, ou même, d'après Spallanzani, quatre à cinq, de manière qu'ici également il y a impossibilité d’'établir une ligne de démareation bien tranchée. Dœllinger fait remarquer que , dans les embryons un peu âgés de Poissons, les artères se partagent en ramifications plus déliées ; et se contimuent avec les veines, sous des angles plus aigus, que chez ceux qui sont moins avancés en âge,

2° Les veines se montrent en antagonisme avec les artères, car le sang y suit une direction opposée ; mais il y marche plus rapidement dans les branches que dans les rameaux, et il coule enfin par saccades dans les troncs, comme nous le verrons plus loin ($ 728, 732, 733, 737).

IL. Phénomènes généraux de la marche du sang- ÿ À. Phénomènes qualitatifs.

$ 713. Si nous portons nos regards sur les phénomènes que présente le courant du sang, nous voyons,

4e Qu’au microscope, les globules marchent enligne droite, sans nul changement dans leur situation relative. Ils s’ayancent comme du bois flottant, sans tourner ni rouler sur eux-mêmes, et tous suivent la même direction, avec la même vitesse. Plusieurs séries de ces corpuscules se meuvent aussi parallèlement

(A) Opera minora,, t. I, p. 476.

(2) Loc. cit., p. 255.

(3) Denhschriften der Akademie zu Muennchen , \, VIT, p. 204, : (4) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1828, p. 343,

etavec calme dans un même vaisseau, sans se frotter les uns contre les autres , s’entrechoquer, tournoyer, ni s'entreméler; des bulles d'air même peuvent nager parmieux , sans crever Ces faits sont incontestables : ils ont été établis surtout par les observations de Haller (1), de Spallanzani (2) et de Dœllinger (3). C’est la sérosité du sang qui porte les globules. Dœllinger, comme nous l’avons déjà dit (S 688, I) , a jugé qu’elle coulait d’après les oscillations d'un globule empêtré. Si l’on raisonne par analosie, elle doit avoir un mouvement plus rapide que celui des globules.

2° De même que toute autre manifestation de la vie maté: rielle, le courant du sang à lieu d'une manière uniforme et régulière, sans le moindre concours de la volonté; cependant il est assujetti à une multitude de modifications, qui dépendent de celles qu'éprouvent les diverses directions de la vie, et l’on tomberait dans une grave erreur si l’on admettait ici une absolue et invariable uniformité. Le sang, en sa qualité d'élément de l'organisme essentiellement mobile et qui ne peut même subsister. qu'autant qu'il demeure toujours en mouvement, doit se ployer aux circonstances, et s’écarter aisément de sa marche habituelle. L'observation microscopique avait déjà instruit Haller de ces mutations; souvent, dit-il (4), le sang coule avec rapidité dans un vaisseau , tan-: dis que , dans un autre vaisseau de la même partie, du mésentère par exemple , il se meut d’une manière lente ou s’arrête, et rien n’est plus commun (5) que de rencontrer des vaisseaux qui sont à moitié vides, quimêmele sontentièrement. Spallanzani (6) a vu le sang couler régulièrement dans une branche, ne faire qu’osciller dans une autre branche du même’ tronc’, et rester en repos dans une troisième. Cette irrégularité dans la vélocité et la direction du courant a été égale-

(4) Opera minor , t. 1, p. 76, 87, 492.

(2) Expér. sur la circulation, p. 464, 252.

(3) Loc. cit., p. 227.

(4) Loc. cit., p.191.

(5) Zbid:, p: 174.

(6) Loc. cit., p. 150:

Page 1