À, ACTION DU COEUR SUR LES ARTÈRES
$ 720. Le sang est chassé par le cœur dans le système artériel entier. ë
I. Le pouls artériel se rattache au cœur. Il n’est essentiel-lement autre chose que la propagation au système entier de l’ébranlement qui a été communiqué à l'artère (à son sang et à-sa paroi), par le choc de l’ondée venant du cœur ($ 716):
A0. Il est isochrone avec la systole des ventricules, à Jaquelle il correspond sous le rapport de la durée et des modifications de force et de fréquence ; il s'arrête quand le cœur ne lance plus de sang, ou s’épanche par une plaie , et il renaît lorsque les battemens cardiaques reparaissent.
2° Quand on lie une artère, le pouls cesse au dessous de
la ligature (1). Ge cas a lieu principalement dans les cas où
(4) Haller, Opera minora, 1, L, p, 487.
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une étendue considérable d'artère à été rendue imperméable par l'application de deux ligatures (4); mais si les battemens du cœur sont forts , il lui arrive quelquefois d'imprimer encore à l'artère, ainsi chargée de deux ligatures, une oscillation ana- Jogue au pouls. |
I. Le pouls artériel n'est donc que l'effet mécanique du choc 1 imprimé au sang par le cœur. |
1° Les veines battent comme les artères, lorsqu'on y fait passer le courant de sang qui vient du cœur. Denis a observé ce phénomène dans la veine jugulaire où il faisait couler le sang de la veine crurale (2), et King dans un cas analogue de transfusion chez l'homme, quoique trois tuyaux de plume emboîtés l’un dans l'autre fussent interposés entre la veine du sujet et l'artère de l’Agneau qui fournissait le sang (3). Des faits analogues ont été recueillis par Arthaud (4) et Bichat. Dans l’anévrysme variqueux, la veine bat simultanément avec l'artère entre laquelle et elle existe une communication.
A° Lorsqu'au contraire on conduit le sang d’une veine dans une artère, celle-ci ne bat plus , à moins qu'elle ne reçoive un choc de quelque branche voisine.
be Le courant du sang venant du cœur, dirigé dans l'artère d'un cadavre, lui imprime des oscillations analogues au pouls, que l’on peut sentir à travers la peau. C’est ce que Bichat a remarqué sur le bras d’un cadavre humain dans l'artère duquel ilavait fait passer le sang de la carotide d’un gros Chien.
6° Le couraht artériel produit aussi un mouvement analogue dans d’autres parties. Un intestin de Poule , dans lequel Rosa (5) avait fait couler le*sang de la carotide d'un Veau, exécutait des pulsations isochrones à celles de cette dernière. . Le même phénomène a été observé par Bichat sur une vessie dans laquelle il avait conduit le sang d’une artère. Dans des essais de transfusion, Rosa, Scarpa et Tietzel ont vu le
(2) Spallanzani , Expér. surla circulation, p. 383.
(2) Scheel,, Die Transfusion des His ki ps 29.
(3) Ibid. # 4170.
(4) OŒsterreicher, loc, cit., p. 75.
(5) Giornale per servire alla storia della medicina, t. XL, p. 489.
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tube , qui était tantôt un canal de cuir cousu (1), tantôt la carotide d’un cheval (2), battre sensiblement durant le passage du sang.
7° Si l’on injecte du sang par saccades dans les artères d'un cadavre, elles battent; le fait.a été observé par moi sur les artères du cerveau (3) ‘et par Wedemever sur la radiale (4). Ce dernier a remarqué que , dans une injection semblable , l'artère crurale mise à nu se dilatait dans toute sa longueur, à chaque coup dé piston , puis se resserrait sur elle-même , et chassait l’eau (5). Le mouvement ondulatoire de l’eau et le frémissement de la paroi se font sentir aussi dans tous les corps de pompe , quelque épais qu'ils soient, même , d'après Dœllinger (6) , dans ceux de plomb qui ont une grande épaisseur, et Johnson a construit, avec des vessies et des intestins, une machine sur ‘laquelle il produisait, par là pression, un frémissement analogue au pouls.
III. Le cœur opère la circulation dans des circonstances même où les artères ne peuvent y contribuer.
8° Les artères sont parfois ossifiées dans une étendue con Sidérable, et cependant la circulation n’en continue pas moins pendant plusieurs années (7).
“9° Il n’est pas rare que les artères soient fixées de manière à ne pouvoir exécuter 2 aucun mouvement. Ainsi l'aorte de beaucoup de Poissons traverse l'arc des apophyses épineuses inférieures , et celle de l’Esturgeon représente un canal cartilagineux.
IV. Lorsque la vie est interrompue par manque de sang , on ne la rétablit pas en faisant couler de nouveau sang dans les artères, mais en l'introduisant dans le cœur , dont il ranime le mouvement. Blundell (8) à reconnu que des animaux
(4) Scheel, Loc. cit., t. Il, p.141.
(2) Dieffenbach, Die Transfusion des Blutes, p, 27. (3) V’om Bau des Gehirns, t. TITI, p. 56.
(4) Untersuchüungen ueber den Kreislauf , p. 43. (5) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 1828 , p. 339. (6) Meckel, Deutsches Archiv, t. IT, p. 356,
(7) Haller, Opera minora, t. I, p. 230.
(8) Physiological and pathological reseaurches , p. 68.
auxquels on avait tiré tout leur sang, ne revenaient point à la vie quand on leur injectait du sang artériel d'autres animaux dans la carotide , mais bien lorsqu'on le faisait parvenir au cœur par les veines.