L. ACTION DU COUR EN GÉNÉRAL
& 723. Ainsi le cœur est une pompe foulante et aspirante , qui peut accomplir la circulation entière. Les deux forces sont distribuées dans des espaces différens de l'organe , afin que la circulation suive toujours la même direction, et nous trouvons là la raison mécanique de la séparation du cœur($ 707) en oreillettes, qui attirent le sang par leur diastole, et en ventricules, qui le chassent par leur systole ; car si le cœur n'était qu'une cavité simple , il pomperait et refoulerait des deux côtés, de sorte qu'il produirait plutôt une fluctuation qu'une circulation du sang. Mais les deux forces se prêtent mutuellement appui, et donnent pour résultat commun la circulation. La pression que les ventricules exercent sur le sang dans les artères, doit s'étendre à toute sa masse, et même, comme celle-ci ne peut point se soustraire à l'effort continuel de la vis a tergo, pousser au cœur les dernières portions du liquide contenu dans les troncs veineux. De même aussi la force aspirante doit étendre son influence sur le système entier, car, lorsqu'une portion de sang est absorbée par le cœur, celle qui vient immédiatement après doit pénétrer dans le vide qui résulte de là, donner lieu elle-même à un vide , et ainsi de suite, jusqu'à ce que le tronc artériel pompe le sang du cœur. Maintenant la systole des ventricules et le commencement de la diastole des oreillettes sont simultanés ; le sang est donc sollicité à la fois par pression et par aspiration. Mais lerapport entre ces deux temps peut ne pas être le même à diverses époques et dans différens espaces : ainsi les veines battent tantôt avec les artères, parce que la force expulsive prédomine ($ 722, 3°), tantôt alternativement avec elles,
parce que la force aspirante a le dessus (8722, 10°), et le
choc parti des artères chasse le sang par la veine porte dans le foie ($ 722, 2°), tandis que l'aspiration qui part de la veine cave le ramène de cet organe par les veines hépatiques. Mais il doit nous suffire de reconnaître en général l’eficacité
: défi
des deux forces et la possibilité que leurs rapports mutuels
. varient ; car, pour fixer leur proportion à l’aide du calcul il faudrait détruire le caractère variable de la vie, et analyser l'harmonie de ses diverses forces, de sorte qu’au lieu de l’organisme nous n’aurions plus qu’un simple automate.
B. Circonstances mécaniques de la marche du sang.
$ 724. La même restriction doit avoir lieu si nous considérons les circonstances purement mécaniques de la circulation. Ces circonstances doivent nécessairement influer , et celui qui les nie, parce qu’il voudrait faire de l'organisme un tissu de pur éther, méconnait le merveilleux de la vie, qui se manifeste jusque dans son côté le plus matériel, puisque le mécanisme dans lequel elle se réalise ne lui vient point du dehors et est créé par elle-même.