‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 52 sur 81 · À. RÉSISTANCES · texte numérisé non relu

À. RÉSISTANCES

Il y a donc des particularités qui font que la force du cœur rencontre de la résistance , et c’est vainement qu’on prétendrait les nier en alléguant que le sang forme un courant continu, car un fleuve, qui ne représente pas un courant moins continu , coule tantôt plus rapidement et tantôt avec plus de lenteur, suivant la disposition de son lit. Mais il y à ici une telle harmonie entre la force et les obstacles, que le sang parcourt aisément sa carrière. Si cette vue ne suflisait pas, si l’on voulait, pour être exact , évaluer les mouvemens et les forces en secondes , lignes et grains, on se lancerait dans une entreprise impraticable et inutile ; impraticable , parce qu’on ne saurait faire entrer en ligne de compte toutes les circonstances dont le concours influe sur la vie; inutile , parce que les variations continuelles de la vie ne permettent pas de donner à de tels calculs un caractère de vérité générale.

Les circonstances mécaniques que nous avons à considérer ici sont, d'un côté, la force motrice du cœur ($ 730), d’un autre côté , les forces qui lui résistent ; savoir, le sang , ou la masse à mettre en mouvement ($ 729), et les vaisseaux, ou les espaces dans lesquels le liquide se meut.

a: Résistance des vaisseaux. | CP

Les résistances qui se rapportent aux vaisseaux naissent Où des rapports entre les parois et le sang , adhésion ( $ 725) et compression ($ 726), ou de particularités uniquement rela-

tives à l’espace , Le volume (8 727) et la direction ($ 728) de

ces conduits.

$ 725. Les vaisseaux sont les parois du courant sanguin, formées par ce courant lui-même, de sorte qu'elles lui cor-

respondent parfaitement , et qu "elles réunissent les conditions

nécessaires à son écoulement, c’est-à-dire qu’elles sont lisses et glissantes. Mais comme, partout, ce qui vit s'impose à SOImême des limites par ses productions, de même aussi le vaisseau devient une limite avec laquelle le sang entre en conflit. ‘ÆEntre l’un et l'autre règne une affinité adhésive; la force du cœur doit vaincre cette adhésion , et plus la surface des vaisseaux est étendue, comparativement à la masse du sang, plus aussi il doit se pérdre de la force du cœur, pour,

vaincre celte résistance, et plus la vitesse de la: marche du

sang doit être REC

4° Aussi le courant est-il plus rapide dans l'axe d'un vaisseau que le long de ses parois. On peut, selon Haller (1), Spallanzani (2), Sæmmerring (3) et Wedemeyer (4),s'en convaincre d'après le mouvement des globules. De là vient qu'il arrive quelquefois, quand le sang marche avec lenteur , qu'un

en ”

caillot se dépose sur les parois, et que lui-même ne conserve |

plus qu'une étroite gouttièrecorrespondante à l’axe. Ainsi, quoique, comme le dit Prochaska(5), le sang marche parallèlement aux parois, de même que‘la molletite sur la pierre à broyer, ce n’est point là un argument qui renverse la théorie dont nous venons de parler.

. 2 C'est la masse du:sang qui prédomine dans les troncs; et la surface du vaisseau dans/les ramifications. La proportion

LA

(2) Opera minora, t. I, p: 493.

(2) Loc. cit., p. 492, 27.

(3) Gefæsslehre, p. 128.

(4) Loc. cit., p. 496.

(5) Opera minora, 1.1, p. 45.

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