EFFETS DES VARIATIONS NORMALES DANS LA QUANTITÉ RELATIVE DU SANG
IT. Si nous comparons enfin les uns avec les autres les différens organes sous le rapport de la quantité de sang qu'ils reçoivent dans l'état normal ($ 759), nous trouvons qu'en général Bichat (2) avait eu raison de dire que la vitalité d’un
(2) Journal complémentaire, t. IV, p. 47.
(2):Recherclies sur la vie et la mort, p. 492.
organe est en raison directe du sang qu'il contient. Ceux qui ne recoivent pas de sang rouge , par exemple, les cartilages et les tendons , ont peu de vitalité, ne sont point affectés par les causes excitantes, et tiennent faiblement à la vie générale, de manière qu'ils participent rarement aux maladies d'autres organes, et que leurs anomalies n'apportent pas de trouble notable dans d'autres fonctions; mais, si l’état inflammatoire vient à y faire affluer du sang rouge , leur vitalité s'exalte d'une manière anormale, et ils entrent en relation plus intime avec la vie générale.”
B. Effets qui tiennent à la quantité du sang dans ses réservoirs.
$ 742. Divers points de l'économie offrent
I. Des dilatations de veines, dans lesquelles le sang s’amasse quand la circulation vient à être gênée, de manière à ne pouvoir point fatiguer les organes eux-mêmes. Ici se rangent
1° Les sinus du cerveau qui, par leur capacité et leurs connexions mutuelles , fournissent des réservoirs dans lesquels le sang s’accumule en plus grande quantité quand'l ne peut pas sortir assez promptement de la cavité crânienne , que ce soit parce que l'accélération du pouls le fait affluer davantage vers la tête, ou parce qu'un obstacle gêne sa marche dans les veines jugulaires. Comme ces sinus tiennent au crâne, et que leur enveloppe est constituée par la dure-mère , ils ne peu: vent point, même quand ils s'engorgent, exercer de compression nuisible sur le cerveau.
2° Chez lesanimaux qui ont la faculté de rester quelque temps sous l’eau, comme les Phoques, les Loutres et les Plongeons, la veine cave postérieure à un diamètre sextuple au moins de celui de l'aorte , ou même forme une poche particulière, de sorte que le sang peut s'y amasser sans inconvénient lorsque l'interruption de la respiration gêne son cours à travers les poumons. |
3° Dans la Lamproie, outre les veines caves, qui sont fort amples , il ÿ a encore, suivant Rathke (1), un réservoir mé-
(4) Bemerkungen ueber den innern Bau der Priche ; p. 48.
dian , qui s'étend tout le long de la cavité ventrale, reçoit le sang des veines, des reins, des organes génitaux et d’une partie du canal intestinal, et le verse dans les veines caves, ue un grand nombre d’ OU VErERLeS étroites.
IT. Quelques auteurs ont regardé les glandes vasculaires comme des réservoirs de cette espèce, en se fondant et sur Ja grande quantité de sang qu'elles renferment , et sur l'absence de toute sécrétion correspondante. Mais il est fort peu probable qu’un tel but, qui pourrait être atteint par desimples dilatations de vaisseaux, soit celui d'organes spéciaux, dans lesquels on découvre une texture particulière.
1° Haller (1), Bonbard (2), Schreger (3), Haighton, Moreschi et autres ont prétendu que, dans les intervalles de la digestion, la rate attire à elle et retient une partie du sang destiné alestomac et au foie, et qu’elle leur restitue ce liquide, afin d’ac— tiver la sécrétion du suc gastrique et de la bile, au moment où les alimens, s'amassant dans l'estomac, viennent à exercer une compression sur elle. Mais, suivant Bichat, l’afflux du sang vers la rate n'augmente pas pendant la vacuité de l’esto— mac: c’est bien plutôt durant la plénitude de ce dernier organe , comme le fait remarquer Heusinger (4), qu'elle s’engorge de sang, et en général son volume n’est point en raison inverse de la distension de l'estomac. On ne peutpoint songer à une fluctuation du sang entre la rate et l'estomac, puisque l’afflux du liquide vers ce viscère, par les veines spléniques, mettrait obstacle à l'abord du sang artériel , et que d’ailleurs, ces veines sont munies de valvules bien distinctes dans le Cheval et les bêtes bovines. En outre, la rate n'opérerait, pendant la digestion, qu'un accroissement momentané de la quantité du sang dans le foie; car si elle recevait alors moins de sang, elle enverrait aussi moins de sang veineux à l'organe hépatique , ce qui diminuerait la sécrétion de la bile. Comme une pelite quantité d'une substance irritante introduite dans l'estomac vide augmente sur-le-champ la sécrétion du suc
(1) Elem. physiol., t. NI, p. 3914, 417.
(2) Journal der Erfindungen , cah. IT, p. 407.
(3) De functione placentæ uterinæ , p. 64.
(4) Ucber den Buau und die V. errichtungen der Mils, p. 430.
gastrique , et que la bile s'amasse dans la vésicule pendant l'intervalle des repas , une aflluence plus considérable de sang venant de larate, pendant la digestion, ne serait d'aucun profit pour la sécrétion. Il est difficile que l’estomac plein exprime le sang de la rate : chez les Ruminans, où les sécrétions dont il s’agit sont fort abondantes , la rate ne tient à l'estomac que par des liens assez lâches; enfin l’estomac ne peut pas la comprimer du tout chez les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons (1).
D'autres, Rush par exemple , ont admis que la rate est un réservoir dans lequel le sang s’amasse toutes les fois que son mouvement vient à être accéléré, afin qu'il ne puisse pas nuire aux autres organes. Hodgkin (2) la ‘comparait aux tubes de sûreté et aux soupapes de plusieurs appareils mécaniques et chimiques, en disant qu'elle sert à prévenir tout dérangement subit du rapport qui doitexister entre la capacité et le contenu du système vasculaire. Mais, dans les fièvres aiguës, où: la circulation éprouve une si grande accélération, la rate n’est point affectée , comme le fait remarquer Heusinger (3). Le phénomène qu'on désigne vulgairement sous le nom d’enflure de la rate, et qui s’observe à la suite de mouvemens violens, ne dépend que de lx lenteur du cours du sang , qui appartient en commun à la rate et au foie, de sorte que cette sensation désagréable est encore plus commune dans le foie que dans la rate.
be Schreger (4) dsl pour usage à la thyroïde de détourner le sang du cerveau et de diminuer son afflux vers cet organe, comme aussi Ackermann attribuait le crétinisme à ce que le rétrécissement des trous du crâne fait qu'il arrive moins de sang au cerveau, d’où résultent d’un côté l'idiotisme et de l’autre le goître. L'expérience ne montre aucune trace d'un antagonisme en vertu duquel tantôt cetté glande recevrait plus de sang, pour garantir le cerveau, tantôt s’en débarrasserait , pour faire servir sa texture spéciale à quelque
(4) Zbid., p. 427.
(2) Meckel, Deutsches Archiv, t. VI, p. 468.
(3) Loc. cit., p. 424.
(4) Fragmenta anatomica, p. 21.
autre usage ; mais si la quantité de sang qu'elle contient demeure toujours la même , elle ne pourrait qu'au premier moment de sa formation diminuer la quantité du sang affluent au cerveau. Cette objection s'applique également à l'hypothèse de Broussais, qui voulait que la thyroïde détournât une partie du sang du larynx, et le thymus une partie de ce liquide des poumons , afin que ces organes pussent bien se développer, mais non fournir une sécrétion trop abondante (4). En général, nous ne saurions croire que des organes doués d’une substance, d’une organisation et d’une texture spéciales, n'aient pour usage que de détourner le sang d’autres organes à certaines époques. |
IT. Effets qui tiennent à la qualité du sang.
À. Effets qui tiennent au sang pur.
$ 743. Si nous portons nos regards sur les effets qui tiennent à la qualité du sang ,
‘I. Nous trouvons d'abord qu'il n’y a que le sang complet qui puisse entretenir la vie , que nul autre liquide porté dans les veines n’a cette faculté , que par conséquent le sang procure à tous les organes ce qui est nécessaire à la manifestation de leur vie, et qu’en vertu de sa constitution spéciale il est la condition extérieure de leur activité vitale. Chez les animaux qu'on à rendus exsangues, l’eau chaude injectée dans les veines ne ranime point la vie, d'après Prevost et Dumas (2). Rosa dit bien (3) que du lait chaud ranima un Mouton, mais l'effet ne dura qu’un instant. Le sérum chaud lui-même ne rappelle point la vie, selon Dieffenbach (4) , ou du moins ne le fait pas d'une manière durable, suivant Rosa (5). Dieffenbach n'a également pu rappeler la vie avec de la fibrine atténuée et délayée dans de l’eau; mais le cruor étendu d'eau agissait de même que le véritable sang. D'après cela, la propriété
(2) Mém. de la Soc. médic. d'Emulat., t. VIII, p. 4014.
(2) Dieffenbach, Die Transfusion des Blutes, p. 486.
(3) Scheel, Die Transfusion des Blutes , t. IX, p. 149.
(4) Rust, Magasin fuer die gesammte Heilkunde , t. XXX, p. 4. (b) Loc. cit,, p. 150.
EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME, 395 d'entretenir l’activité vitale appartiendrait donc spécialement au Cruor (*). à
IL. Il n’y a que le sang artériel , vermeil , qui puisse entretenir la vie; le sang veineux ; noir, n'a point la même faculté (1). La vérité de cette proposition est patente , puisque la vie s'éteint quand la respiration cesse , c'est-à-dire lorsque le sang veineux ne se convertit plus en sang artériel et qu'il n’y a par conséquent que du sang veineux dans le système vasculaire entier. La seule question qu'on puisse soulever est celle de savoir d’où part lamort apparente, si le sang veineux ne fait qu'enrayer une seule fonction, dont l'abolition entraîne la mort générale à sa suite , ou s’il étend son action sur toutes les fonctions, et, dans ce dernier cas , quelle est, parmi cellesci, celle qui souffre le plus et avant toutes les autres. Bichat s’est livré avec succès à la solution de ce problème.
Îe Il a vu (2), quand il asphyxiait les animaux avec lenteur , de manière quela circulation continuât encore quelque temps, que les voies biliaires et l'intestin contenaient beaucoup moins de bile qu'à l'ordinaire pendant la digestion, et qu'il ne s'écoulait plus d'urine par lesuretères. Or, comme il remarquait en même temps que la transpiration cutanée cessait, et que la cessation de cette fonction rafraîchissante rendait les cadavres des asphyxiés aptes à conserver leur chaleur plus longtemps que d’autres, il conclut de là que le sang veineux pur n’est point apte à entretenir la vie des organes sécrétoires ou
à opérer les sécrétions , et il expliqua l'abondance du sang qu'on rencontre dans ces cadavres en disant que l’abolition des sécrétions fait accumuler une plus grande quantité du liquide, et qu'après la mort les lymphatiques prennent aux artères moins de sérum qu'ils ne font quand le sang s’est séparé. À
ti Comparez les intéressantes recherches de Bischoff (dans Muller, Archiv fuer Anatomie, 4835, p. 347) sur les effets comparatifs de Pinfusion du sang entier et du sang dépouillé de sa fibrine.
(1) En appelant artériel le sang vermeil, et veineux le sang noir, on n’a égard qu’au contenu des systèmes de l'aorte et des veines caves, et on laisse de côté celui des vaisseaux pulmonaires , où l'inverse précisément a lieu. C’est un vice de locution qu’il faut ne point perdre de vue.
(2) Recherches sur la vie et la mort, p. 280.
la vérité, c'est le sang veineux qui fournit les matériaux de la bile chez tous les animaux vertébrés, et de l'urine chez les Reptiles et les Poissons ; mais le sang qui produit ces humeurs n'est pas purement veineux, car le sang artériel qui se porte au foie et aux reins concourt aussi à la sécrétion.
Cependant la mort par asphyxie a lieu trop rapidement pour qu'on puisse l’attribuer à la cessation des sécrétions.
2° Goodwyn admettait, en conséquence, qu'elle part du cœur gauche, celui-ci n'étant point sollicité à se contracter par le sang veineux qui parvient dans ses cavités ($ 717, 6°). Mais Bichat (1) objecta, contre cette théorie, que, si elle était fondée , le cœur gauche devrait, après la mort par asphyxie, contenir du sang accumulé , ce qui n’est pas. Ses expériences lui apprirent que , chez les animaux qu’on asphyxie, le sang veineux marche encore pendant quelque temps avec force dans le système aortique, et que, quand on injecte du sang veineux dans le cœur gauche , les mouvemens de l'organe ne sont pas sensiblement affaiblis, qu'ils se raniment même, si déjà ils avaient cessé. D’après cela, il admit que le cœur n’est paralysé que plus tard, lorsque les artères cardiaques ont fait pénétrer du sang veineux dans sa substance. Ackermann (2) prétendit , à la vérité, que quand, sur un animal à sang chaud, on lie les vaisseaux pulmonaires et incise la cloison interauriculaire, le sang veineux, qui passe immédiatement du côté droit dans le côté gauche , arrête les mouvemens du cœur; mais, en pareil cas, la mort doit être bien plutôt l'effet de la blessure, que celui de l'impression du sang veineux. On serait mieux fondé à alléguer , en faveur de la propriété stimulante moins prononcée du sang veineux, l'observation faite par Humboldt (3), que des cœurs de Grenouilles dont les battemens étaient affaiblis , recommençaient à battre avec fréquence et vivacité quand on les plongeait dans du sang artériel, tandis que le sang veineux de l’homme ne produisait pas cet eflet.'
3° Bichat dit que la vie animale est la première à ressentir (4) Loc. cit., p. 241-216.
(2) De’combustionis lentæ phænomenis , p. 23. (3) Ueber die yereiste Muskelfaser, 1. IL, p. 264.
les atteintes de l'asphyxie, et que, quoique la circulation continue encore, le sentiment et le mouvement volontaires sont'abolis ; d’où il conclut que la mort par asphyxie procède du cerveau. Nous devons nous ranger à cette théorie , si nous réfléchissons que, dans l’asphyxie causée par la vapeur du charbon, il y a d'abord des vertiges, avec trouble des fonctions sensorielles et de la faculté locomotive, qu'ensuite la ‘conscience s'éteint peu à peu, et qu'après le rappel du sujet à la vie , il éprouve pendant long-temps des maux de tête, de l'accablement et de la difficulté à mettre ses fonctions intellectuelles en exercice. Lorsque Bichat (1) injectait du sang veineux dans les carotides de Chiens , la vie animale ne tardait point à s’abolir, tandis que la circulation continuait encore pendant une demi-heure. Nysten (2) prétend , à la vérité, qu’en pareil cas, les animaux périssent uniquement d’une apoplexie produite par la violence de l'injection ; mais le seul fait sur lequel il s'appuie, consiste en ce que, lorsqu'on introduit une grande quantité de gaz dans la carotide, l'apoplexie survient par suite de la compression du cerveau, tandis qu’une petite quantité de gaz ne détermine pas la mort. Au contraire , Bichat (3) a vu qu’un Chien dans Ja carotide duquel ihfaisait passer, au moyen d’une petite canule adaptée aux deux vaisseaux , le sang veineux de la carotide d’un autre Chien en asphyxie , devenait au bout de quelque temps agité, insensible et frappé de stupeur; et il a constaté (4) aussi que, chez l'animal en asphyxie, la vie animale baissait à mesure que le sang coulant dans les'artères perdait de sa teinte yermeille. Le besoin de sang artériel que le cerveau éprouve par dessus les autres organes , ressort déjà de ce que c’est par la voie la plus courte possible qu'il reçoit le sang vermeil revenu des poumons. Ainsi, chez les Mammifères et les Oiseaux , le sang va en ligne droite du cœur gauche au cerveau ; chez les Poissons et les têtards des Batraciens, les veines branchiales fournissent les artères de ds tête avant de se
(4) Loc. cit,, p. 239.
(2) Recherches de physiologie, p. 61.
(3) Loc, cit., p. 243. ü (4) Loc. cît., p. 248,
La
réunir en un tronc aortique, et chez les Reptiles écailleux, notamment les Crocodiles , le sang passe principalement de l'oreillette pulmonaire dans la portion du ventricule dé laquelle naît le tronc droit de l'aorte ; avec l'artère cépha= lique. |
4e Mais le Sang veineux ne peut pas non plus ‘entretenir l'activité vitale des nerfs et des müscles. Lorsque Bichat (4) injectait du sang d’une veine dans l'artère crurale du même animal, le membre inférieur était frappé de paralysie et d'insensibilité. Quand Ségalas liait l'aorte d’un Chien au dessus de sa division, les pattes de derrière étaient paralysées au bout de huit à dix minutes, en sorte que l’animal ne pou- Vait plus que se traîner; s'il liait la veine cave dans cette même région , les membres postérieurs étaient affaiblis, mais non entièrement paralysés ; enfin, s'il appliquait une ligature Sur. les deux troncs vasculaires, les pattes de derrière se paralysaient , mais seulement au bout de seize à vingt minutes, ou même plus tard encore (2). Ainsi, la paralysie survenait promptement dañs le premier cas, où le membre devenait exsañigue , la circulation continuant dans les veines après la ligature des artères ; elle s’établissait également, mais beaucoup plus tard, dans le troisième , où le membre démeurait plein de sang contenu dans les artères et y prenant peu à peu le caractère veineux; peut-être même n’avait-elle lieu alors que quand le sang était devenu veineux en entier ; enfin, dans le second cas , où il n’y avait point paralysie, mais seulement débilitation , le sang veineux, quoiqu'il ne püût revenir en totalité , rentrait cependant en partie dans le torrent de la circulation par le moyen des anastomoses, le sang artériel continuait toujours d'affluer, ét probablement il $'établissait une fluctuation dans l'aorte demeurée pérméable.
5° Nous nous tromperions Si nous prenions les choses à là lettre, et si nous voulionis considérer d’une manière absolue. le sang veineux comme une substance anéantissant la vie. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que, quand tout le sang
(4) Loc. cit., p. 279. or 08
(2) Journal de Magendie , te IV, p. 287. + à
SFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME 300 du corps est veineux , la mort arrive, et que tous les organes sans exception Ont besoin de sang artériel, quoiqu'à des degrés différens , et ceux de la vie animale plus que tous les autres. La rougeur vermeille des parties, qui dépend d’une prédominance du sang artériel , est toujours accompagnée, comme l'a fait voir Bichat (4), d'une activité plus grande de la vie, tandis que la prédominance locale ou générale du sang vemeux, dénotée par la teinte bleuâtre des parties, annonce üne faiblesse manifeste dé la vie. Les animaux qu'on à rendus exsangues reviennent à la vie lorsqu'on leur infuse un sang veineux étranger dans les veines (2), attendu qué ce liquide parvient dans le cœur droit, apte à en recevoir la stimulation , et passe de là dans les poumons ; où il se convertit en sang artériel.
II. Enfin nous pouvons établir en règle générale qu'il ny a que le sang propre du sujet qui soit apte à entretenir là vie d’une manière complète et durable. | 6° Le sang d’un autre individu de là même espèce ne rem: place jamais entièrement celui du sujet; car la vie se crée elle-même son organisation, et, de même que l'embryon (SS 464, 3°; 466, 2°), l'organisme développé doit également se former lui-même son sang par l'assimilation de substances étrangères. Aussi ést-ce en vain que Blundell (3) a injecté du sang d’autres hommes dans les vaisseaux d'individus dont l'assimilation avait baissé; quoiqu'ils parussent se ranimer mo- . mentanément , ils ne tardaient pas à Voir leurs forces s’anéantir de nouveau, ét leur vie m'était point prolongée. Blundell (4) prit un Chien qui pesait vingt-six livres , ne lui donna que de l’eau pour toute nourriture pendant troïs semaines , én lui injectant peu à peu dans la veine jugülaire quatre-vingt- “quatre onces de sang provenant d’autres Chiens; l'animal tomba malade , ses forces diminuèrent, il magrit, perdit environ sept livres de son poids, et mourut. Dans ce cas, le sang étranger peut avoir été assimilé peu à peu, puisque la
(4) Loc. cit., p. 275.
(2) Blundell, PAystological and pathological researches, P. 93, (3) Loc, cit;, p. 139,
(4) Loc, cit,, p, 75,
oO EFŸETS DU SANG SUR L'ORGANISME.
force assimilatrice n'avait rien perdu de ‘son énergie, et ce pendant il paraît avoir été la cause de la maladie et de la mort, quoique, comme le présume Blundell, une partie de ce résultat doive être attribuée à l’irrégularité de la transfusion , dans laquelle on injecta tantôt beaucoup, et tantôt peu de sang. Lorsque la transfusion est moins prolongée, la vie peut se maintenir ; un petit Chien, dans le corps duquel Lower. fit passer du sang de deux gros Chiens, en lui tirant de temps en temps une partie du sien propre , ne succomba pas, quoiqu'il n’eût plus guère que du sang étranger dans ses vaisseaux (1). Bichat (2) ne remarqua non plus aucun trouble de la vie chez un Chien dans la carotide duquel il avait fait passer le sang de la carotide d’un autre Chien. Le sang étranger peut rappeler à la vie des animaux ou des hommes qui ont perdu tout le leur : probablement il n’agit alors que comme stimulus momentané, qui ranime les diverses fonctions , de manière qu'il est lui-même métamorphosé ou éliminé par ces fonctions, en même temps que le sujet forme de nouveau sang qui lui appartient en propre. Mais ces sortes d'expériences n’amènent souvent aucun résultat, et sans que nulle circonstance extérieure semble y contribuer; un Chien - que Blundell (3) avait asphyxié en lui tirant une livre de sang, revint à la vie lorsqu'une heure après il lui eut transfusé de nouveau Sang , tandis qu’un autre , qui n'avait perdu que huit onces de sang, ne se ranima pas, bien qu'il lui eütinjecté du sang au bout de vingt minutes. Le même expérimentateur a vainement essayé (4) quatre fois la transfusion sur des hommes ; plus tard elle a été pratiquée avec succès, tant par lui que par Doubledy, Brigham et Sewel, chez des femmes que des pertes consécutives à l'accouchement avaient mises à deux doigts de la mort. Du reste, Blundell (5) a trouvé que: la quantité de sang qu'on transfuse n'a pas besoin d'égaler celle qui à été perdue; chez un Chien, que la soustraction de
(À) Scheel, Die Transfusion des Blutesst. I, p. 48. (2) Loc. cit., p. 287.
(3) Loc. cit., p. 66.
(&) Loc. cit., p. 136, (5) Loc, cit., p. 96,, ;
EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME. Loi
dix onces de sang avait mis dans l'état d'asphyxie, deux onces de liquide suflirent pour rétablir la circulation et la vie.
7° On peut, sans compromettre la vie , transfuser une certaine quantité de sang appartenant à un individu d’une autre espèce; ainsi on a fait passer dans les vaisseaux d'hommes bien portans, sans qu'ils en fussent affectés, dix à quatorze onces de sang d’Agneau, selon King (1), et même vingt onces, suivant Denis (2), au rapport duquel le sang de cet animal (3) ou du Veau (4) a opéré un changement favorable dans l'état de certains malades. Des Chiens ont également supporté , sans en souffrir, qu’on leur coulât dans les veines du sang de Brebis (b) ou de Veau (6); des Chamois qu'on leur injectàt du sang de Veau (7), et des Brebis ou des Chiens épuisés de sang, ont été ranimés, les premières, par du sang de Veau (8), les autres par du sang d'homme (9). Mais, en y regardant de plus près, on a reconnu que tout sang étranger exerçait une action nuisible quand on l'introduisait en trop grande quantité. Une Brebis à laquelle King avait transfusé du sang de Veau, périt de marasme au bout de trois semaines (10); un Chien que Scheel (11) avait ranimé avec du sang de Cheval, après lui avoir tiré tout le sien, périt le même jour; Blundell rappela à la vie, avec du sang d’homme ; plusieurs Chiens tombés en asphyxie par le fait d'une hémorrhagie épuisante; mais ils moururent, soit au bout de quelques minutes (12), soit au bout d'une heure (13), d'un jour (14), ou de six (15), sans qu’on ob-
(1) Scheel, Loc, cit., t. I, p. 470.
(2) Zbid., 4829, p. 92. :
(3) oid., p. 89, 432, 232.
(4) Jbid., p. 104, 424.
(5) Jbid., p. 58.
(6) Ibid., p. 80.
(7) Jbid., 1. II, p.450.
(8) Lbid., p. 136.
(9) Blundell, Loc. cit., p.94.
(10) Scheel , loc. cit., t, I, p, 68.
(414) Zbid., t. II, p. 226.
(412) Loc. cit., p. 82', S4.
(43) Zbid., p. 86, 88.
(44) Zbid., p. 83.
(45) Zbid., p.!88. },
servât aucune trace de pléthore , ou qu'il se fût introduit d'air * dans les vaisseaux. De méme, suivant Leacock, les Chiens épuisés par une hémorrhagie Sont ranitnés par le sang dé Brébis, mais périssent ordinairement quelques jours après (4): Prevost et Dumas ont transfusé du sang de Veau dans le corps de Chats ou de Lapins ; mais Ces animaux, qui ont rarement survécu au-delà de six jours, offraient une accélération du‘pouls et une diminution de la chaleur, avec des évacuations mu: queuses et sanguinolentes (2). Dieffenbach a des gere tions analogues.
8° La transfusion du Sang d'un individu ptite à uné autre clässe amène presque toujours la mort. Des Tortues, auxquelles Rosa avait mjecté du sang de Veau dans lés veines, Moururent au bout de quelques heures (3). Un Lièvre, auquel Gäspard avait tiré deux onces de sang, bientôt remplacé par autänt dé sang de Limaçon tiède , périt douze heures après (4). Suivañt Prevost ét Dumäs , les Oiseaux auxquels on injecte du sing de Maminifèré, meurent dans les convulsions, comme s'ils avaient été empoisonnés. D'après Diéffenbach, quélqués gouttes de ce sang suffisent pour tuer dés Pigeons, et trente à quarante pour causer Ja mort des Oies; le sang des Poissons agit de même sur les Oiseaux , et fait succomber aussi les Mammifères ;, notammenñt les Chiens, lés Chäts et les Lapins ; cepéndant un Chat Supporta le sang de Tortue:
IV. La qualité du sang est déterminée tant par lés impressions du dehors , que par l'état et l'activité vitale des organes assimilateurs et excrétoires , par la modalité desa formation et de sa décomposition. Ce qui annonce déjà que des produits qui en émanent peuvent modifier ses qualités, c’est l'effet produit par l'infusion de liquides provenant dé ‘sécrétions anormales. Ainsi divers animaux chez lesquels Gaspard, Bouillaud, Trousseau et Velpeau avaient injecté du pus, tom-
bèrent malades et succombèrent (5): Des Ghiens, dans lesang
(4) Jbid., p. 90.
(2) Éibtiothèque universelle de Genève , t. XVI, p. 306. (3) Scheel, loc. cit., t. IT, p. 452.
(4) Journal de Magéiilé, t. II, p. 358, |
(5) Archives générales, 1, VI, p. 306, 406; t, XI, D. 878; !
EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME. 405 #* desquels Deiïdier avait fait passer de la bile d’un pestiféré, furent atteints de la peste , et leur bile agit ensuite de la même manière sur d’autres Chiens (1). Il arrive aussi, dans certaines maladies, qu’on trouve ($$ 753-757), comme Velpeau, entre autres, l’a démontré par plusieurs exemples (2), le sang altéré sous le point de vue de sa couleur; de sa consistance , de sa pesanteur et de son odeur. De quelque cause que puisse provenir cette altération, toujours est-il qu’elle entraîne constamment à sa suite un trouble considérable de la vie. Nous en trouvons une preuve immédiate dans cette circonstance qu'un pareil sang , introduit dans le corps d'individus jouissant de la santé, produit les accidens morbides analogues à ceux qu'on remarquait chez l'individu qui l'a fourni : du sang de chevaux morveux ou farcineux ; que Viborg avait transfusé à des Chevaux sains, fit éclater chez eux la morve ou le farcin (3). Du sang d’un homme atteint de fièvre putride, qu’on injecta dans le tissu cellulaire d’un Chat, tua l'animal en quelques heures , après qu'il eut éprouvé des vomisséemens bi- « dieux, de la dyspnée, de l’accablement et des convulsions (4). Le sang des animaux frappés du charbon excite, par son seul contact avec la peau d’un homme ou d’un animal sain, une inflammation gangréneuse et une fièvre putride. Mais le sang peut aussi avoir acquis des qualités anormales et déstructives de la vie, sans que ces qualités soient susceptibles de tomber sous les sens. Ainsi on ne remarqué aucun changement dans le sang des varioleux , si ce n’est qu’une couenne se produit à la surface, et cependant, d’après Gendrin (5), lorsqu'on l'injécte dans les veines d'un animal vivant, il provoque des inflammations mortelles , tandis que le sang de sujets atteints d’autres maladies inflammatoires ne détermine pas dè phénomènes semblables.
(4) Scheel , loc. cif., t. IT, p. 86.
(2) Archives générales, t. VIT, p. 302, 460.
(3) Scheel, Loc: ceit., t. IT, p. 462.
(4) Andral , Précis d'anatomie pathologique; t. T; p. 539. (5) Histoire anatomique des inflammations , t IX, p. 460,
ho4 EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME.
vs:
B. Effets qui tiennent à des substances étrangères mélées avec le sang.
$ 744. Pour apprendre à connaître expérimentalement les effets des changemens de qualité du sang , jetons un coup d'œil sur les tentatives d’infusion qui ont été faites , c’est-àdire sur l'introduction immédiate de substances étrangères dans la masse de ce liquide.
À. SUBSTANCES INDIFFÉRENTES, bi Et d’abord examinons ce qui résulte de l’infusion des sub: stances qui, lorsqu'elles entrent en contact avec d’autres parties de l'organisme , se montrent indifférentes , ou même contribuent au maintien de la vie. | I. Nysten surtout a fait de nombreuses expériences sur l'action des gaz. Il a trouvé, comme déjà Blumenbach (1) l'avait fait avant lui, que les gaz sont d’autant plus nuisibles, qu'ils se mêlent moins avec le sang (2). IL s’est convaincu, en outre, que le gaz qui parvient dans le sang ne tue point par paralysie du cerveau ; car il ne fait que déranger la circulation et la respiration, sans troubler l’action sensorielle ; de pelites quantités d'air atmosphérique ou de gaz acide carbonique , poussées immédiatement dans la carotide , demeurèrent sans effet, et iln’y en eut que des quantités plus considé- Fables qui, parvenues de cette manière au cerveau, déterminèrent l’apoplexie et la stupeur; un peu moins occasionait un trouble dans la circulation et la respiration (3). 2° Lorsque Blundell (4) injectait cinq gros d'air atmosphérique dans les veines jugulaires d’un Chien , il voyait survenir la difficulté de respirer, avec irrégularité du pouls et accablement, et les animaux ne se rétablissaient qu'au troisième jour. Quand Nysten (5) avait injecté, dans les veines jugulaires de Chiens, de l'air par petites quantités à la fois ; environ
(1) Scheel, Die Transfusion des Blutes, t. II, p. 272.
(2) Recherches de physiologie , p. 455. Fa (3) Zbid., p. 48, 98, 468. LE " (4) TT NE LES , p. 431.
(5) Loc. cit., p. 33.
* vingt centimètres cubes , mais à plusieurs reprises , et de manière qu'au bout d’une demi-heure la somme totale s'élevât à deux cent cinquante centimètres cubes , les animaux paraissaient accablés ; le lendemain ils toussaient, avaient une respiration stertoreuse , rejetaient un mucus écumeux, et enfin
périssaient; leurs poumons étaient grisâtres et contenaient beaucoup de mucus écumeux. D’après cela, lair introduit dans le sang faisait mourir par la suppression de la respiration ; c'est ce que Nysten confirma (1), en remarquant qu'a près de semblables infusions , le sang artériel finissait par devenir brunâtre. Nous devons donc présumer que le sang mêlé avec de l'air est impropre au conflit normal avec l'atmosphère dans les poumons, que par conséquent il n’a point d’affinité pour l’oxygène, ou ne peut passe débarrasser de son carbone. Mais Nysten (2) n’a jamais vu de bulles dans le sang artériel , lorsqu'il avait injecté de l'air dans les veines, et de là il conclut (3) que l’air s'arrête dans les vaisseaux capillaires du poumon , qu’il porte ainsi le désordre dans la respiration , et qu’en sortant il produit l’écume qu’on remarque.
Quand Nysten (4) injectait tout à coup, ou en peu de minutes, quatre-vingts centimètres cubes d’air dans les veines, la mort avait lieu promptement , et il trouvait le cœur droit distendu par du sang et de l'air, tandis qu'il y avait peu de
sang et point d'air dans le cœur gauche. Aussi attribue-t-il la mort, en pareil cas, à ce que la distension qu'éprouve le cœur le fatigue et le rend incapable de se contracter convenablement. Mais, outre quele cœur droit , qui seul était affecté ici, suit les mouvemens du cœur gauche , dont la force l’emporte sur la sienne , il ne pourrait arriver à une telle distension qu'autant que l'entrée du sang dans les poumons serait gênée, et nous devons présumer, d’après l’analogie des effets produits par de petites quantités d'air, que le sang ne circule point dans les poumons, et que c’est cette cause qui le rend
(4) Loc. cit., p. 44.
(2) Loc. cit., p. 30.
(3) Loc. cit., p. 38.
(4) Loc. cit., p.16.
stagnant dans le cœur droit. Quand Nysten (1) ouvrait la veine sous-clavière après la cessation des phénomènes vitaux, et chassait l'air par une compression exercée sur la poitrine , il voyait reprendre d'abord la respiration , puis les battemens du cœur, de sorte qu'alors l’activité des poumons se prononçait hautement comme étant la circonstance déterminante. Du reste, les animaux qu’on avait fait périr en leur injectant de l'air, avaient, suivant Sprœgel, le sang plus liquide que de coutume, ete l'air était épanché à la surface de leurs poumons , sous la forme de bulles (2). D'après Hertwich(3), leurs poumons étaient vides de sang , pâles et affaissés, et le cœur gauche contenait du sang noir, tandis qu'un mélange de sang et d'air remplissait le cœur droit (4). Leroy a observé parfois un emphysème des poumons; mais il l'attribuait à ce que l'air déchire les vaisseaux capillaires par l'effet du changement de sa température, et il faisait dépendre la mort, ou de cette circonstance, ou du défaut d’excitation du cœur gauche , tenant à ce qu'au lieu de sang il recevait de l'air (5). Mais l’emphysème se voit rarement, et on ne trouve point d'air dans le cœur gauche: D’après une expérience de Gaspard , l'air paraît aussi interrompre la circulation dans d’autres organes ; lorsqu'il avait injecté sept à huit pouces cubés d'air dans l'artère crurale d’un Chien, un peu d'air revenait bien par la veine crurale, au bout de quelques minutes, mais le mémbre était erépitant au toucher, et les injections d'acide hydrocyanique ou d'extrait de noix vomique ne produisaient pas l'effet ordinaire (6).
2° Nysten (7) a vu des Chiens auxquels il avait injecté à la fois soixante centimètres cubes environ de gaz oxygène, périr rapidement; le cœur droit était gorgé de sang'vermeil et écumeux, mais le cœur gauche ne contenait que du sang noir. Ici donc, ou lé sang avait traversé les poumons sans rougir,
LA
(4) Loc. cit., p. 22.
(2) Scheel, Loc. cit., t. II, p. 256.
(3) Dieffenbach , Die Transfusion des Blutes , p. 42. (4) Jbid., p. 37.
(5) Archives générales, t, IT, p. 413.
(6) Journal de Magendie, t, V, p. 329. :
(7) Loc. cit., p. 54,
ou il n'avait point passé de sang à travers ces organes , et le liquide qu'ils avaient fourni en dernier lieu était devenu noir par le fait de sa stase dans le cœur gauche.
3° L’'azote, l'acide carbonique, le gaz oxide d'azote, l’hydrogène pur, l'hydrogène carboné et l'hydrogène sulfuré, occasionaient la distension du cœur droit, et empêchaient le sang de prendre une teinte vermeille dans les poumons. Ge dernier effet appartenait surtout aux gaz contenant du carbone (1). Le gaz oxidule d'azote ne causait point la dilatation du cœur droit (2), mais il s’opposait à ce que le sang devint vermeil dans les poumons ; ceux-ci étaient surchargés de sang et de mucus écumeux, et le sang contenu dans les artères avait une teinte brune, qui ne passait pas non plus au rouge par l'exposition à l'air (3). Le gaz hydrogène sulfuré enfin tuait sans empécher le sang de rougir , ni déterminer la distension du cœur droit (4).
IT. On peut injecter quatre onces d’eau à des Chiens (5), et dix à des Ghevaux (6), sans qu’il en résulte aucun effet nuisible. Poussée en plus grande quantité, elle détermine, d’après les expériences de Portal (7), de Magendie (8) et de Hertwich (9), des symptômes de réplétion du système vasculaire , notamment l'accélération des battemens du cœur et de la respiration , mais de plus une grande faiblesse de la vie animale , et de l’accablement. Si la quantité d’eau est considérable, on voit survenir un état apoplectique et enfin la mort. Chez un Cheval qui périt le quatrième jour après l’infusion, Hertwich (10) trouva des traces de décomposition dans le sang et les parties solides, comme chez les individus atteints de fièvre pu: tride.
(4) Loc: cit., p. 460.
(2) Loc. cit., p. 120. | (3) Loc. cit., p. 433. ” (4) Loc. cit., p. 163.
(5) Scheel , Loc. cût., t. IT, p. 25.
" (6) Dieffeubach , Loc. cit., p. 45.
(7) Scheel , Loc. cit.,t, II, p. 412.
(8) Journal de physiologie , t. L, p. 44.
(9) Dieffenbaeh , Loc. cit , p. 43.
-.(40).Loc. cit., p. 46.
4oë EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME.