‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observationChapitre 21 sur 64 · LA PS Ô · texte numérisé non relu

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à cent; mais, en général, il n’est pas prouvé que la polygamie favorise la population, comme le prétendait Zimmermann; Au moins, Potter a-t-il remarqué (1) que la plupart des Musulmans n’ont'que deux ou trois enfans, et qu'il est rare d’en voir quatre ou cinq. Les mariages ne sont pas très-féconds chez les habitans primitifs du Brésil, parmi lesquels chaque homme prend autant de femmes qu'il lui plaît, ou qu'il en peut nourrir , et les quitte aussi à son gré (2). Dans la polygamie , l'homme est épuisé par la volupté, et le nombre des enfans doit en conséquence se trouver restreint , ou leur vigueur diminuée, ou au moins leur éducation négligée. Le mariage et la chasteté favorisent la fécondité, et une procréation moins souvent répétée donne des produits plus parfaits.

3° La fécondité est très-diflérente dans les divers pays. D'a près Hawkins (3), il y a une naissance sur trente-sept habitans en Islande, sur trente-cinq en Angleterre, sur trentetrois au cap de Bonne-Espérance, sur trente-un en France, sur vingt-sept en Suède, sur vingt-cinq à l'Ile de Bourbon, sur vingt-quatre dans le royaume de Sicile, sur vmgt-trois en Prusse, sur vingt-deux à Venise, et sur vingt aux Etats-Unis d'Amérique. Dans certaines contrées , ce n’est pas parce qu'il trouve plus de nourriture que l'homme est plus fécond, mais cette nourriture elle-même y est plus abondante parce que les conditions de la procréation organique sont réunies en plus grande masse , de sorte qu'on y compte plus de plantes et d'animaux. La fécondité est très-faible dans les pays fort avancés vers le Nord, du soixante-dixième au quatre-vingtième degré de latitude, chez les Lapons, les Groenlandais, les Esquimaux, les Samoïèdes, les Ostiaques, les Jakutes, les Kamtchadales. En général, elle augmente à mesure qu’on se rapproche du midi. Suivant Benoiston (4), chaque mariage produit, dans le midi de l'Europe, depuis le Portugal jusqu'aux Pays-Bas, ou du quarantième au cinquantième degré de lati-

(4) Philos. Trans., 4. XLIX , P. 1, p. 96.

(2) Spix et Martius, Reise in Brasilien, t. I, p. 380.

(3) Quetelet, Sur l'homme et le développement de ses facultés, t. I, p 7. 1

(4) Annales des sc. naturelles , t, IX, p. 491.

tude, 4,57 enfans , et dans le nord, depuis Bruxelles jusqu'à Stockholm, ou depuis le cinquantième degré jusqu’au soixante : septième, 4,30, Savoir, 5,10 en Portugal, 3,62 en Suède, A,34 dans le midi de la France, et 4,00 dans le nord de ce royaume. Larrey à remarqué que plusieurs femmes qui avaient été stériles en Europe, devinrent enceintes en Égypte, à la suite de l’armée française. De même , le nombre immense de Nègres que la traite enlève depuis des siécles, pour les transporter dans un autre hémisphère , n’a pas sensiblement dépeuplé les pays d'où on les tire : de même aussi la population est trèsgrande au Japon, où cependant les femmes ont souvent recours à des moyens artificiels pour se faire avorter, à la Chine, où l’on expose une multitude d'enfans, à Formose, enfin, où il n’est pas permis aux femmes d’accoucher avant leur trente-cinquième année , et où les prêtresses font avorter celles qui deviennent enceintes avant cet âge.

L'influence de la chaleur se fait sentir aussi chez les animaux. Le Lapin ne fait des petits que trois à quatre fois par an dans nos climats , tandis que, dans les pays chauds, il donne sept à huit portées. Au commencement du printemps et en automne, le Lièvre ne produit qu'un ou deux petits, tandis que leur nombre s'élève de trois à cmq en été. Les animaux originaires des pays chauds deviennent souvent stériles dans un climat froid, ou même cessent de s'y accoupler. Lorsque Spallanzani avait laissé des Grenouilles plus de dix jours dans une glacière, à l’époque des amours, et qu’ensuite il les exposait à la chaleur, elles s'accouplaïient bien, mais les œufs n'étaient point fécondés.

Mais l'influence de la chaleur varie en raison de la constitution. Chaque espèce, chaque race, chaque Individualité exige un degré particulier de chaleur, parce que ce degré convient mieux à sa nature, ou efface quelque défaut de rapport entre les sexes. Ainsi on prétend avoir remarqué que les femmes voluptueuses sont plus fécondes en hiver et dans les pays froids ; que les femmes d’un tempérament froid en été et dans les climats chauds. Suivant Bicker (1), les femmes sont

(4) Henke, Zeitschrift fuer die Staatsarzneikunde, t. XXTIT, p. À et 41.

plus fécondes dans les contrées montagneuses et élevées, où cependant la population est peu considérable, que dans les pays bas et plats, où la population est néanmoins très-forte.

ho L’humidité de l’air semble exercer aussi quelque influence, car la fécondité est plus grande sur les côtes que dans l’intérieur des terres ; les femmes sont plus fécondes à Lucerne qu'à Unterwalden, en Normandie qu’en Champagne, dans les Pays-Bas qu'en Allemagne.

5° Le nombre des enfans diminue pendant une famine et augmente dans une année productive, tant parce que l'abondance des alimens et la joie favorisent la procréation, que parce que ces influences agissent également sur tous les êtres doués de la vie. Ainsi les années qui suivent une fa mine sont la plupart du temps d’une fertilité extraordinaire dans tous les règnes de la nature. Villermé prétend qu'il se procrée moins d'enfans après les jeûnes. Les animaux élevés en domesticité, qui sont en général plus féconds qu'à l’état sauvage , se mulüplient davantage encore lorsqu'on leur fournit une nourriture abondante , circonstance dans laquelle la Truie, par exemple, donne trois portées en treize mois. On dit que l'usage du poisson, du blé sarrazin, etc., accroît la fécondité de l’homme, tandis que celui de l’eau-de-vie et des substances narcotiques la diminue.

6° Un genre de vie simple favorise la fécondité : aussi estelle plus grande dans les rangs inférieurs de la société que parmi les hautes classes, et dans les campagnes que dans les villes (1), quoiqu'ici Le concours d’autres circonstances puisse amener un résultat inverse (2). Presque tous les cas de fécondité extraordinaire ont eu lieu chez des gens du peuple, même très-misérables. Les peuples laborieux et libres sont plus féconds que les nations adonnées au luxe et asservies. La civilisation accroît la fécondité, car elle est moindre chez les sauvages du nord de l'Amérique que chez l'industrieux habitant des États-Unis. |

7° La race à laquelle un peuple appartient est aussi une

(4) Sussmilch , loc. cit., t. I, p. 473.

(2) Quetelet, loc. cit,, t. I, p. 81.

FÉCONDITÉ DANS LES ESPÈCES. res

source de variétés. En Prusse on compte 4,3 enfans par mariage parmi les Chrétiens, et 5,2 parmi les Israélites (1). Suivant Bicker (2), les nations Slaves sont plus fécondes que les peuples Germaniques. Les Néoresses aussi sont très-fécondes sous tous les rapports, car elles conçoivent aisément, font souvent des jumeaux, accouchent avec une grande facilité, ont du lait en abondance et aiment beaucoup les enfans, ce qui fait qu’elles sont excellentes nourrices (3).

Certaines familles se font remarquer aussi par une grande fécondité. Une femme qui avait eu treute-deux enfans en . onze couches, était venue elle-même au monde avec trois autres, et sa mère avait eu trente-huit enfans (4). Une autre femme accoucha de cinq ‘enfans à la fois, et sa sœur de trois (b). Au rapport de Thaer, on choisit, pour le consacrer à la propagation de l'espèce, un taureau provenant d'une bonne vache laitière.

8° A l'égard de l’âge, la fécondité est moindre dans les premiers et derniers temps de l'aptitude à procréer. L'Élan, l'Ours, etc. , ne font d’abord qu’un seul petit, mais ils en ont presque toujours deux, et sur les derniers temps un seulement. Le jeune Hamster ne met bas que trois à six petits, tandis que celui d’un âge plus avancé en fait huit à seize. La Truie est dans le même cas. Cette règle paraît être générale, puisqu'elle s’applique aussi aux Entomostracés; suivant Jurine (6), le nombre des petits du Monoculus pulez est d’abord de quatre à cinq, après quoi il augmente peu à peu jusqu’à dix-huit. On ne rencontre guère non plus les accouchemens de trois et de quatre enfans que chez les femmes qui ont passé la trentaine. Les mariages précoces sont moins féconds, et de plus la mortalité est plus grande parmi les enfans qui en proviennent. D'après Sadler (7), chaque mariage, dans les familles des

(4) Henke, loc. cit., t. XII, p. 230.

(2) Dans Henke, Loc. cit.,t. XXIIT, p. 43.

(3; Dict. des sc. méd., t. XIV, p. 547.

(4) Osiander, loc. cit, t. I, p. 316.

(5) Jbid., p. 3147.

(6) Bulletin de la Soc. philomat., t. LIL, p. 33. (7) Jbid., p. 62.

pairs d'Angleterre, donne 4,40 enfans, lorsque la femme est au dessous de seize ans ; 4,63, depuis cet âge jusqu'à vingt ans; 5,21 depuis vingt jusqu à vingt-trois; et 5,43 depuis vingt-quatre jusqu'à vingt-sept.

Le rapport entre les âges des époux exerce aussi de l’influence. D'après Quetelet, les mariages les plus productifs sont ceux où l’homme est du même âge que la femme, ou plus âgé qu'elle d’une à six années ; la fécondité est moindre quand l'âge du mari dépasse de six à seize ans celui de l'épouse, et très-faible lorsqu'il a seize ans de plus qu'elle, ou quand il est moins âgé (1). On remarque aussi, dans l'espèce chevaline, et chez les bêtes à laine, que l’accouplement des mâles âgés avec des femelles plus jeunes donne des produits plus abondans que la combinaison inverse.

9° Immédiatement après la menstruation, le rapprochement des sexes est plus fécond. Catherine de Médicis, imstruite de cette particularité par Fernel, en profita pour arriver au but de ses désirs. Lorsque les animaux s'accouplent pendant le premier rut de l’année ou pendant le premier qui succède à la parturition, il y a plus de chances en faveur de la fécondation, et les petits sont plus robustes.

10° Une certaine excitation physique et morale paraît être favorable à la fécondité. Ainsi la fécondation a-t-elle souvent lieu après des fièvres, même chez des femmes qui avaient été stériles jusqu'alors. La population s'accroît rapidement dansles années qui succèdent immédiatement à une épidémie , à une guerre, à une famine. |

On observe aussi des différences qui tiennent au temps. Non seulement il ya, dans certaines années, incomparablement plus de naissances que pendant le cours de celles qui avaient précédé , mais encore il s’y trouve plus de femmes qui mettent au monde deux ou trois enfans à la fois (2). L'année 1784, entre autres, a été remarquable sous ce rapport (3). Osiander prétend qu'il y a un développement extraordinaire d'électricité, des tremblemens de terre, ou quelque chose

(4) Loc, cit., p. 61.

(2) Dict. des sc. méd., t. XIX , p. 388.

(3) Stark, Archivo fuer die Geburtshuelfe, t. I, cah. 4, p. 486.

d'insolite dans le cours des saisons, pendant les années qui offrent ce phénomène (1); mais son assertion réclame. encore une nouvelle série d'observations. Il paraîtrait résulter aussi dés remarques. de Nasse (2) que , parmi les femmes, il s’en trouve qui ont plus d'aptitude à concevoir et amènent plus facilement leur fruit à maturité en certains temps de l’année qu'en d’autres.

EL. Bornes de la fécondité.

$ 268. Lorsque les circonstances sont favorables, il se produit beaucoup plus d'individus que la terre n'offre de place pour les loger. La population d'un pays peut doubler (3) dans l’espace d’un demi-siècle (*). Derham parle d'une femme qui n'avait eu que seize enfans, dont orize seulement s'engagèrent dans les liens du mariage, et cependant, lorsqu'elle mourut , à l'âge de quatre-vingt-treize ans, elle comptait cent quatorze petits-enfans, deux cent vingt-huit arrière-petits-enfans, et neuf cents enfans de ces derniers, en tout douze cent cinquante-huit descendans (4). Si une pareille fécondité avait lieu partout et toujours , l’espace et la nourriture manqueraient bientôt aux hommes. Un couple de Lapins, déposé dans une île, avait produit six mille descendans en deux années, au dire de Worton ; comme un Lapin peut mettre bas quatre à huit fois par an, et donner chaque fois quatre à huit petits , comme aussi ces derniers sont aptes à se reproduire dès qu'ils ont atteint l’âze de six mois, un couple pourrait produire, en quatre années, un million deux cent soixante-quatorze mille huit cent quarante individus. Réaumur obtint d’une Phalène trois cent cinquante petits, dont soixante-cinq femelles ; avec une pareille fécondité, le nombre des individus

(4) Osiander, loc. cùt., t. I, p. 304.

(2) Meckel, Deutsches Archiv, t. IT, p. 133.

(3) Dict. des sc. méd., t. VI, p. 501.

() D’après le relevé des tables de population, depuis 1817 jusqu’en 1834, en France, où la population est sensiblement progressive, il faudrait, si Vaccroissement se maintenait le même, cent trente et un ans pour qu’elle devint double de ce qu’elle est maintenant (Annuaire du bureau des longitudes , 4837, p. 449 ).

(4) Sussmilch , Loc, cût., t. I, p.169.

produits eût été l’année suivante de vingt-deux mille sept cent cinquante, et l’année d'ensuite d’un million quatre cent quatre-vingt-douze mille sept cent cinquante. Suivant Dodart, un orme donne annuellement trois cent trente mille graines : or, Comme il vit cent ans, sa postérité pourrait s'élever à trente-trois millions. L’accroissement est plus consi dérable encore dans la monogénie. Une Daphia longispina produit, à dater du dixième jour de son existence, quinze petits tous les trois jours, de sorte qu’au bout des deux premiers mois sa postérité est de douze cent quatre-vingt-onze millions; mais comme elle se propage pendant cinq mois, le nombre devient bien plus considérable encore (1). Suivant Réaumur , un Puceron comptait déjà cinq mille neuf cent quatre millions de descendans à la cinquième’génération ; mais cette progéniture était infiniment plus nombreuse encore , puisque, dans le cours d’une année , il émane vingt générations d'un seul de ces animaux. De là résulte donc qu'il y a dans la nature beaucoup plus de force procréatrice qu'il ne peut s’en réaliser, que cette force à une tendance infinie, mais qu’elle trouve des bornes dans la réalité.

1° Ces bornes tiennent à la nature des espèces elles-mêmes. Chaque individu ne peut amener à maturité qu’un nombre d'individus proportionné à l’organisation particulière de son espèce, de sorte que c’est seulement par exception qu'il arrive à tel ou tel de produire davantage, lorsque les circonstances sont favorables. Beaucoup de vésicules se flétrissent dans l'ovaire avant de pouvoir être fécondées , et on Les trouve desséchées , noires ou brunes, par exemple chez les Urodèles (2) ou les Oiseaux , même très-jeunes (3). Un grand nombre des œufs qui se développent dans l'ovaire ne sont point fécondés; ainsi les œufs que renferme l'ovaire des plantes sont la plupart du temps plus nombreux que les graines, parce que la fécondation ne s'étend point à tous; ainsi une multitude d'œufs reste infécondés dans l'ovaire des Insectes. En

(4) Ramdobr, Beitræge zur Geschichte einiger Monoculusarten , p. 31.

(2) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt , 1. TX, p. 31.

(3) Jærg , Grundlinien zu einer allgemeinen Physiologie des Menschen, p. 414.

outre beaucoup d'œufs fécondés n’éclosent point; sur trois cents œufs de Sphinx ocellata, dix environ ne prennent aucun développement, selon Memecke, et il y a de même une innombrable quantité de graines qui n'arrivent pas à germer. Le Vautour des agneaux pond quelquefois six œufs, mais il n’en éclot que trois au plus; l’Aigle , la Chouette et le grand Duc pondent trois ou quatre œufs, dont deux seulement éclosent ; des deux ou trois œufs de l'Orfraie, un seul se développe. De même, chez la femme, quand il se forme deux fœtus à la fois, très-souvent l’un d'eux périt dans l’intérieur même de la matrice , et lorsque trois se produisent ensemble, ils naissent presque toujours avant terme et si peu développés que leur poids total ne dépasse guère celui d’un enfant bien constitué. Parmi les individus qui résultent d'une grande fécondité, beaucoup périssent de très-bonne heure ; des cinquante-irois enfans mis au monde par la femme dont nous avons parlé plus haut ($ 267), aucun ne dépassa l’âge de neuf ans (1). Mende assure (2) qu'on ne voit jamais plus d’un individu survivre dans le cas de grossesse quadruple , et que les produits d’une grossesse quintuple périssent peu après la naissance. Lorsque la Truie met bas un grand nombre de petits, elle en dévore plusieurs, notamment les plus faibles, ceux qui ne peuvent pas survivre, et si, au rapport de Jurine , un Monocle produit quatre mille quatre cent quarante-deux millions de descendans pendant le cours d’une année, il en mange également une grande partie.

2° Les différens êtres organisés se limitent réciproquement. Si une espèce devenait prédominante, elle détruirait les autres, mais finirait aussi par se détruire elle-même , faute de nourriture et d'espace. Nous trouvons des dispositions qui empêchent cet effet d’avoir lieu et établissent l'harmonie, ce qui nous fait reconnaître non seulement que l’idée de la vie de l'espèce est supérieure à celle de la vie individuelle , mais encore qu'elle à bien au dessus d'elle celle de la vie en général. Chaque espèce a des bornes dans lesquelles elle doit

(4) Osiander, loc. cit., t. I, p. 320.

(2) Ausfuehrliches Handbuch der gerichtlichen Medicin, t, AIT, p.191.

122 MODALITÉ DE L'HÉTÉROGÉNIE.

se contenir, et pour lesquelles elle est organisée, car plus elle est féconde et plus aussi les dangers qui la menacent sont nombreux. Le corps humain se maintient dans son intégrité en expulsant avec les résidus de la digestion la plupart des œufs pondus par des Vers intestinaux; mais ceux-ci, à leur tour, maintiennent l'espèce par le grand nombre de leurs œufs (4). Le Hareng est tellement fécond qu'il peut servir de nourriture à une multitude d'hommes sans que l'espèce en souffre ; les Hollandais seuls en pêchent annuellement six cent vingt-quatre millions (2). Le Salmo lavaretus suit les bancs de Harengs pour se nourrir de leurs œufs, tandis que les siens propres sont dévorés par le Cyprinus tinca (3). Ce qui contribue à borner le nombre des grands Poissons voraces, c’est que leurs œufs servent de nourriture aux petites espèces, une innombrable quantité d'œufs d'Esturgeon sont employés chaque année à la préparation du Caviar, et Harrebow a trouvé dans l'estomac d’une Baleme six cents Cabliaux vivans (4).

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