MODALITÉ DÉ LA MONOGÉNIE. EL
on voit apparaître les yeux et la trompe du nouvel individu (4). ;
Certains animaux se retirent en eux-mêmes avant la scission. Ainsi on assure que les Kolpodes sagnent le fond de l'eau, qu'ils s'y rétractent en boule, mais qu'ensuite ils tournent avec rapidité sur leur axe , mouvement pendant lequel apparaît l’échancrure qui est le commencement de la scission (2). Les Brachions ferment leur ouverture alimentaire, se mettent en boule , et se partagent en deux sphères, qui peu à peu s'ouvrent et prennent la forme ordinaire de cloche.
2° La formation des gemmes et des nœuds a également les caractères d’une hypertrophie , d'un développement qui dépasse les bornes de l’individualité. Dans la gemme , l'accroissement est immédiat ; dans le nœud , il est médiat , puisqu'il se développe d’abord une partie dans laquelle une certaine quantité de substance organique s’accumule et se concentre, pour ensuite se développer. Dans l’un et l’autre cas , lé germe a d’abord la même forme ; c’est un petit tubercule qui se manifeste à la surface du corps de la mère, sous sa peau ou son écorce.
La formation de semmes et de nœuds est un accroissement latéral. Le jeune Polype est situé sur la face latérale du corps de la mère , et forme ordinairement un angle droit avec elle. Ce n’est que quand il commence à se détacher qu'il change de position par l'effet d’un mouvement volontaire. Les caïeux naissent horizontalement et latéralement de l'onchidion de la bulbe maternelle, excepté dans quelques bulbes solides , telles que celles du Colchique , où ils poussent sur la bulbe maternelle (3). Le bourgeon sort latéralement du tronc, avec lequel ses vaisseaux forment un angle. Lorsqu'on mutile un arbre et qu'on limite son accroissement en longueur , en coupant les branches et les fixant à un espalier , il se produit un plus grand nombre de bourgeons, notamment de bourgeons à fleurs.
(1) Muller, Naturgeschichte einiger Wurmarten, p. 34.
(2) Smellie, Philosophie der Naturgeschichte, &. T, p. 44. (3) Sprengel, Von dem Baue der Gewæchse, 1. 1, p. 255,
Au reste, la gemme et le nœud se détachent du tronc maternel par l'effet du développement, et se posent à euxmêmes leurs limites, comme il arrive à l'individu produit par scission.
° La génération par spores commence par la formation d’un liquide qui n’est point employé à la nutrition de l’individu. Ainsi, dans les Gastromycètes, on voit d’abord paraître un liquide lactescent ou aqueux, qui prend peu à peu une couleur plus foncée , et dans lequel se manifeste l’antagonisme de contenu (spores) et d’enveloppe (péridion ); le contenu est d'abord une masse liquide ou humide, qui se développe en petites granulations. Dans les Fucus, il se forme également, au milieu du liquide que contiennent les cellules, des vési cules qui peu à peu deviennent plus denses et srenues.
IT. Modalité de la digénie.
$ 271. La génération sexuelle est en antagonisme avec la monogénie.
Les plantes bulbeuses, en général, ont proportionnellement moins de fleurs, et beaucoup d’entre elles fleurissent sans donner de graines qui soient susceptibles de germer; si l'on vient à détruire les caïeux qui paraissent autour de la bulbe, les graines se développent complétement. Mais, dans cet antagonisme , il est clair que la monogénie est la forme qui marche la première , qui offre le moins de perfection ; iln’y a que les plantes à bulbes anciennes, très-vigoureuses , pleines et serrées, qui donnent de bonnes graines; dès que les fleurs se fanent, on voit se former des caïeux : détruit-on les fleurs avant la fécondation, les caïeux se développent en plus 2rande quantité. Leur formation est favorisée par l'exposition à l’ombre, et celle des fleurs par l’action de la lumière (1).
On ne peut douter, à l'égard des ovaires tubuleux ($ 52-54), que les œufs ne se forment dans les culs-de-sac par lesquels commencent ces organes ; Car on y trouve, soit une masse encore informe, soit des œufs incomplets et très-petits, qui
(4) Treviranus, Biologie, &, III, p. 364.
deviennent d'autant plus volumineux et développés, qu'ils se rapprochent davantage de l'extrémité ouverte de l'oviducte. Mais ce point où a lieu la formation des œufs ne diffère des autres parties du canal que par l'addition d’une paroi de clôture représentant un segment de sphère creuse, c'est-à-dire par un accroissement de la surface délimitante.
Dans l'ovaire celluleux ( $ 55-61 }, l'atelier de la formation n'est plus une demi-sphère creuse , mais bien une sphère tout entière.
D'après toutes ces considérations réunies, la condition nécessaire pour qu'il se produise des œufs paraît être que la matière organique sécrétée entre en contact multiplié autant que possible avec la surface vivante, et qu’elle subisse de tous côtés l'influence de cette dernière , que par conséquent l'ovaire revienne sur lui-même, que ses parois soient appliquées l’une contre l’autre , et que les espaces qu'il renferme soient plus ou moins clos. Lorsque les œufs sont disposés couche par couche dans des cellules de l'ovaire, comme chez les Araignées par exemple, les couches extérieures, qui sont en contact immédiat avec les parois, se développent avant les autres, à peu près comme la couche d'alimens qui touche aux parois de l'estomac est convertie en chyme avant celles qu’elle circonserit,
À. Considérations générales sur la modalité de l& digénie, 4. CIRCONSTANCES RELATIVES AUX INDIVIDUS,
a. Fécondation solitaire,
$ 272. Quant à ce qui concerne les rapports des individus, l’antagonisme sexuel sur lequel repose la génération peut être, ou réuni dans un même individu , ou réparti chez deux individus différens ( 8 273 ).
Le premier cas est celui des êtres vivans qui se fécondent eux-mêmes. Comme la génération se trouve accomplie ici par un seul individu, la fécondation par soi-même se rapproche beaucoup de la monogénie ; mais elle en diffère parce qu’elle S'accomplit au moyen de deux produits, dont l'un appartient au mâle et l'autre à la femelle. On peut donc la considérer