‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observationChapitre 26 sur 64 · CIRCONSTANCES RELATIVES A LA FONCTION · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES RELATIVES A LA FONCTION

$ 274. La fécondation affecte différentes formes , surtout sous le rapport du temps qui la sépare de la parturition, selon qu'elle a lieu avant ou après cette dernière ($ 233 ). Eu égard au lieu où le sperme est conduit , l’accouplement est extérieur (1°, 2°) ou intérieur. L'accouplement extérieur a lieu quand le canal déférent ne s'étend que jusqu'à la surface du corps masculin, sans se prolonger jamais au-delà; il ne s'opère que dans l’eau, en sorte que le sperme se mêle avec celle-ci, et qu'il s’en,jperd une grande quantité, en compensation de laquelle ce liquide est fort abondant. Mais l’'accouplement et la fécondation sont tous deux extérieurs (1°), ou l’accouplement l'est seul (2).

a. l'écondation externe,

1° Dans l'accouplement absolument extérieur, la ponte des œufs précède la fécondation. Le corps femelle conduit les œufs au devant de cette dernière, qui s'opère hors de lui, le sperme se répandant sur les œufs disséminés dans l’eau. Cette forme a lieu , chez les Entozoaires , parmi les Acanthocéphales, chez les Mollusques, parmi les Céphalopodes, chez la plupart des Poissons et chez les Batraciens anoures. C’est évidemdemment la dernière de toutes. Elle confine à la monogénie, puisque la femelle forme et pond des sporanges sans le concours du mâle , et que c'est à elle par conséquent.que revient la plus grande part dans la génération. Il n’y a qu'ici non plus que la femelle se montre elle-même active, puisqu'elle émet ses œufs pour suppléer au défaut de pénis. Cette forme

est celle dans laquelle l’œuvre de la génération exige le moins de temps, puisque la femelle n’a plus rien de commun avec les œufs, dès qu'ils sont pondus. Enfin, elle est celle aussi dans laquelle les individus se rapprochent le moins ; ils ne font que s'associer pour se décharger l’un l’autre de leur fardeau de substance procréatrice. Cependant il y a différens degrés à cet égard. Chez certains Poissons, par exemple le Gadus œglefinus , les femelles sont réunies en troupes et pondent leurs œufs, après quoi seulement les mâles viennent un à un féconder ceux-ci (1), de sorte qu’en réalité les sexes ne se rapprochent point, et qu'à proprement parler, il n'y a aucune trace d’accouplement. Chez la plupart des Poissons osseux , Le mâle suit la femelle , et féconde les œufs à mesure qu'ils sortent de l’ovicanal. Chez les Anoures, l'instinct du mâle ne se porte pas tant sur les œufs que sur la femelle , les individus se rapprochent davantage, et le mâle contribue à l'évacuation des œufs par un mouvement volontaire. Enfin, le rapport moral se dessine déjà davantage chez les Céphalopodes ; car, après la fécondation, le mâle reste auprès de la femelle , et celle-ci auprès de ses œufs.

2° Dans l’accouplement extérieur relatif, la parturition a lieu après la fécondation, mais presque toujours immédiatement après elle. Le sperme versé au dehors est pris par l’eau , comme le pollen par l'air ($ 236), et cette eau le conduit au corps femelle, qui l’absorbe. Ici donc l’accouplement est extérieur, mais la fécondation est intérieure. Tel est le cas des Poissons osseux ovipares, des Urodèles (2) et d’une partie même des Anoures (3). Ainsi , Spallanzani a quelquefois trouvé des œufs fécondés dans le cloaque de la Rainette (4), de sorte que le sperme avait dû pénétrer dans cette cavité, à moins d'admettre que les œufs n’y fussent rentrés après avoir été fécondés. Si les Acéphales se fécondaient récipro-

(4) Bloch, Zoc. cit., p. 194.

(2) Spallanzani , Expér. sur la génération, p, 62, (3) Haller, Elem, physiot,, t. VIIT, p. 47,

(4) Spallanzani, Loc. oùt., p, 22,

MODALITÉ DE LA FÉCONDATION. 139 quement ($ 68, 1°), il faudrait que ce fût de cette manière (1).

| b. Fécondation interne.

L'accouplement intérieur se partage également en relatif (3°) et absolu (4°).

3° L’accouplement intérieur relatif consiste en ce que, comme il n'existe point encore de pénis, l'ouverture du mâle s'applique contre celle de la femelle. C'est en quelque sorte un accouplement extérieur, avec fécondation intérieure ; mais il diffère de l’accouplement extérieur relatif, en ce que les surfaces cutanées périphériques des deux individus entrent en contact intime , et que le sperme, au lieu d'être conduit dans le corps de la femelle par un milieu étranger, y passe immédiatement à sa sortie du corps du mâle. Cette forme se rencontre, parmi les hermaphrodites, chez les Cestoïdes, où les bords en bourrelet des ouvertures sont garnis de parties verruqueuses et floconneuses , dont les individus se servent, suivant Rudolphi, pour s’accrocher l’un à l’autre; . parmi les animaux à sexes individualisés , chez les Acanthocéphales, où le canal déférent, qui a la forme d’une vésicule , se renverse sur lui-même et embrasse l’orifice de l'ovicanal , chez les Arachnides, enfin chez les Myriapodes, où les plaques cornées s'appliquent l’une contre l’autre, et chez la plupart des Oiseaux.

4° L'accouplement intérieur absolu est l'union intime des individus par l’intromission du pénis. Il a lieu chez la plupart des Entozoaires, des Annélides et des Mollusques hermaphrodites, et, parmi les animaux à sexes individuels, chez les Nématoïdes , la plupart des Insectes, les Crustacés, les Chéloniens , les Sauriens, les Ophidiens, quelques Oiseaux, tels que l'Oie, le Canard et l’'Autruche, et tous les Mami fères.

Au reste, nous remarquons que, de toutes les phases de la génération, l’accouplement est celle à laquelle la conscience et la volonté prennent le plus de part.

(2) Zeitschrift fuer Physiologie , 4, X , p. 43. :

B. Considérations spéciales sur la modalité de la digénie.

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