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IT. 1O

de la femelle et l’en frappe (1). Les Tortues se frappent la tête l’une contre l’autre avant de s’accoupler.

6° Les Pigeons, au temps des amours, se lissent réciproquement les plumes de la tête et du cou. Ils se becquètent, comme le font aussi les Corbeaux et les Corneilles, et se dégorgent mutuellement de la nourriture dans le bec. Plusieurs Mammifères s'entrelèchent.

7° Les lèvres de l'homme , à qui leurs muscles et leurs vaisseaux permettent d'entrer en turgescence, et qui doivent une sensibilité exquise à leurs nerfs nombreux, à leur mince épiderme, sont un organe de toucher ennobli en quelque sorte; et de même que la vie du sang perce à travers leur tissu délicat, de même aussi elles revêtent la voix des formes de la parole, pour réaliser l'union et la sympathie d'êtres doués du sentiment et de la pensée. Dans le baiser, attouchement accompagné d’une douce inspiration, cette sympathie devient organique ; il est le symbole de l'union des âmes; analogue au contact galvanique de deux corps animés des électricités inverses, il exalte la polarité sexuelle, pénètre l'organisme entier, et, quand il est impur, inculque le péché de l'un des individus à l’autre.

d. T'urgescence, Erection.

& 278. L'instinct sexuel est caractérisé par la direction que l'activité prend vers l'extérieur, par l’exaltation de la vie à la périphérie, par l'accroissement de la chaleur et par la éurgescence.

Ce dernier phénomène s’observe déjà chez les végétaux. En examinant les utricules polliniques qui avaient pénétré dans le stigmate, Brongniart a toujourstrouvé leur extrémité antérieure renflée; la membrane interne de l'ovule entre aussi en turgescence sur les bords du micropyle à l’époque de la fécondation, de manière qu'on la voit souvent sortir à travers l'ouverture de la membrane externe, sous la forme d'un léger renflement annulaire.

Dans l’accouplement extérieur et dans l’accouplement intérieur relatif des animaux, l'orifice des organes génitaux entre

(1) Ibid., p. 29.

en tursescence, et fait une saillie très-prononcée à l’extérieur. Ainsi, par exemple, chez les Oiseaux, les canaux déférens et les oviductes deviennent plus saillans dans le cloaque (4), et l'orifice du cloaque des mâles s'élève en un bourrelet annulaire, qui peut embrasser celui de la femelle (2). La même chose arrive chez les animaux inférieurs.

Dans l’accoupiement intérieur absolu, le pénis apparaît au dehors , tantôt parrenversement sur lui-même ($ 133), comme chez les Limaçons par exemple, où le sac génital commun se retourne de dedans en dehors, de manière qu'outre l’ouverture de l’oviducte on aperçoit encore celle du canal déférent, après quoi ce dernier se renverse également sur lui-même et se développe en un pénis ; tantôt par allongement, soit qu'alors il sorte d’une cavité intérieure ($ 134), comme du cloaque dans les Chéloniens, soit qu'il se dégage d’une gaîne adhérente ($ 135, 1°), ou d’une gaîne libre, d’un prépuce', en un mot d'un rudiment de cavité, qui se renverse sur lui-même, pour laisser apparaître le gland ($ 135, 2°). Si le gland est dirigé en arrière dans l’état de repos, des muscles fixés aux os pubis le reportent en avant lorsqu'il entre en turgescence ; c’est ce qu'on voit chez la Tortue, l’Autruche, le CGabiaï, l’Asouti, le Lièvre, le Rat, le Mulot, le Loir, les Marsupiaux, le Chameau, le Chat et le Lion. S'il existe une gouttière séminale ($ 132, 2°), elle se ferme par la turgescence de ses parois latérales, comme par exemple dans les Aplysies et chez les Chéloniens.

Plusieurs moyens sont employés pour rendre le pénis saillant au dehors.

1° Le premier consiste en des muscles, qui tous sans exception paraissent être soumis à l'empire de la volonté. Ainsi, chez les Insectes, le pénis est pourvu d’un grand nombre de muscles qui servent à le faire sortir et rentrer. 11 y en a épalement chez les Ascarides et les Échinorhynques, de même que dans les Hélices et les Aplysies. Des fibres musculaires se voient au sac qui contient les canaux déférens ou le pénis,

(1) Harvey, loc. cit., p. 438, — Spangenberg, loc. cit,, p. 85, (2) Harvey, Loc, cit,, p, 47.

dans la Sangsue , aussi bien que dans les Limaces, les Planorbes, les Lymnées, etc. L'un et l’autre cas sont réunis dans les Théthys. Chez les Chéloniens, un muscle part de la septième et de la huitième vertèbre dorsale, tourne fautour des muscles fléchisseurs de la queue, s’insère à la face inférieure du pénis, et fait sortir cet organe du cloaque, d’arrière en avant, de manière que la souttière séminale, qui était située en dessus, se trouve alors en dessous, et que le gland, au lieu de se diriger en arrière, se porte en avant. Le pénis des Oiseaux, qui conserve en tout temps le même degré de solidité, est amené au dehors par des muscles. Chez les Mammifères, deux muscles descendent, un de chaque côté, des vertèbres caudales, et s’insèrent soit au pénis lui-même, auquel ils donnent plus de solidité, soit à son fourreau, qu'ils tirent en arrière; deux autres muscles vont de la partie antérieure des muscles abdominaux au fourreau, qu'ils tirent d'arrière en avant et ramènent sur le gland. Plusieurs animaux , comme le Papion, la Marmotte, le Lièvre et l’Eléphant, ont un muscle érecteur, qui part de l’arcade pubienne et s'étale sur la face supérieure du membre.

2° Chez la plupart des Quadrumänes, beaucoup de Chéiroptères, les Plantigrades, les Digitigrades , à l'exception de la Hyène, les Rongeurs , les Amphibies et les Cétacés, le pénis Contient un os, qui le tient dans un état continuel d’extension; les corps caverneux sont petits, perdent leurs cellules et disparaissent au commencement de l'os, avec le périoste duquel ils se continuent. D'après Mayer (4), cet os résulte de la cartilaginification et de l'ossification progressives d'une parte de l'enveloppe et de la cloison tendineuse des corps caverneux du pénis; les hommes robustes en offrent un rudiment, qui Consiste en un cartilage prismatique, long d'une ligne à une ligne et demie, existant dans le gland.

3° Les corps caverneux appartiennent au tissu érectile, c’est-à-dire qu'ils consistent en lacis de vaisseaux dilatés, qui sont susceptibles d'admettre plus de sang qu'à lordi-

(4) Eroriep, Notisen, t, XLI, p, 36.

de

naire, et d'augmenter ainsi beaucoup de calibre. Dans les Chéloniens, ce sont encore de simples plexus vasculaires, qui entourent l’urètre et forment le gland (4). Chez les Oiseaux même, où Barkow (2) les a étudiés avec plus de soin qu'on n'avait fait avant lui, ils sont encore peu développés, et forment de petits tubercules saillans dans le cloaque ($ 131, 2°); quand il y a un pénis ($ 132, 2°), tantôt ils ne s'étendent que jusqu’à sa base, comme dans l'Oie et le Canard , tantôt ils se prolongent dans son intérieur, comme chez l’Autruche et le Casoar. Dans les Mammifères, ils consistent en un paquet de veines dilatées, qui sont entrelacées les unes avec les autres, de manière à figurer des cellules, et qui reçoivent le sang d’artères proportionnellement bien plus petites; une membrane tendineuse enveloppe chaque corps caverneux, et envoie en dedans des prolongemens, qui unissent les veines ensemble et les recouvrent. Au moyen de cette organisation, le pénis devient apte à recevoir une plus grande quantité de sang dans les momens où il doit agir comme membre génital; ilse gonfle , de manière à doubler à peu près de volume et de longueur, et devient en même temps plus ferme et plus dur qu'à l’ordmaire; le gland sort du prépuce, la verge se redresse et forme un angle aigu avec le pubis; elle devient plus rouge et plus - chaude, ses artères battent, et ses veines superficielles se gonflent visiblement ; si l'on vient à la lier, sur un animal, quand elle est ainsi entrée en turgescence , on trouve les cellules gorgées de sang, après l'écoulement duquel le pénis revient à son état habituel (3). On est parvenu aussi à faire cesser le priapisme chez l’homme par des incisions qui, procurant une issue plus libre au sang , ramenaient sur-le-champ le membre à l’état de flaccidité (4). On peut également, en injectant les vaisseaux sur un cadavre, produire artificiellement un état analogue à l’érection. Mais Cuvier (5) ,' Tiede-

(4) Bojanus, Anatome testudinis europææ , p. 168.

(2) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 4830 , p. 37.

(3) Haller, Elem. physiol., t. VII, p. 561.

(4) Magazin:der auslændischen Literatur, &. VIT, p. 485. (») Anatomie comparée, t. V, p. 70.

mann (1) et autres ont démontré que, quand ce dernier phénomène a lieu, le sang ne sort point de ses conduits ordinaires, qu'il s’accumule seulement dans les dilatations des veines. |

h° Toutes les parties molles sont dans un état d'éréthisme vital ; le sang qui les pénètre les rend turgescentes, rénitentes, chaudes et rouges , phénomènes qui deviennent plus sensibles encore lorsque l’activité vitale se trouve portée au-delà de ses bornes ordinaires (8 762). Mais cet effet a lieu surtout dans les organes qui sont principalement formés de plexus vasculaires , ou qui possèdent ce qu’on appelle un tissu érectile (S 783, 9°-1%°). Tels sont, entre autres, les organes génitaux, qui n' acquièrent que par momens le surcroît de vitalité nécessaire pour remplir leurs fonctions spéciales. De là vient aussi que, chez la femme qui éprouve des désirs, Les seinsacquièrent plus detension etde rougeur, les mamelons s’érigent, et les organes génitaux eux-mêmes entrent en turgescence (2). Mais le pénis est de tous les organes celui dans la destination duquel il entre le plus de ne déployer qu'une activité momentanée ; aussi le tissu érectile y est-il plus développé que partout ailleurs, et n’y a-t-il aucune autre partie du corps dans laquelle le phénomène de la turgescence se prononce à un plus haut degré. L'érection dépend donc essentiellement de ce que le sang est attiré avec plus de: force dans le pénis, dont la vitalité a recu une exaltation passagère, de ce qu'il y séjourne davantage, et de ce qu'il en sort avec moins de facilité. Ajoutons encore que les plexus veineux dont les corps cayerneux sont formés, reçoivent des nerfs bien supérieurs, sous le rapport du nombre et du volume , à ceux qui se rendent aux autres veines. Cette dernière circonstance fait que l'érection peut facilement être déterminée par des excitations Jocules , telles que la chaleur, les lavemens , la fustigation, les calcuis vésicaux , l’état inflammatoire de l'urètre, etc., et par toutes les influences qui exaltent l'activité vasculaire dans les organes pelviens, comme les huiles essentielles , les rési-

(1 Meckel, Deutsches Archiv, t. IT, p. 95.

(2) Mende, Ausfuehrliches Handbuch der gerichtlichen Medicin , t, Tip. ST.

nes, les purgalifs drastiques , etc. En général, elle est provoquée sympathiquement par la plénitude des organes séminaux, et en conséquence par tout ce qui accroît la sécrétion du sperme en fournissant des matériaux abondans à la nutrition. Mais c’est surtout avec l'imagination qu'elle sympathise, tellement même que, chez l'homme, elle peut difficilement , dans l'état normal, s’accomplir sans sa participation. Il n'existe aucune autre fonction qui se rattache à la pensée par des liens aussi intimes, et qui par conséquent soit aussi involontaire. L'homme le plus robuste, celui qui est doué de l'imagination la plus vive, de la sensibilité la plus exquise, perd tout pouvoir de se livrer à l’acte vénérien lorsqu'il éprouve de l'indifférence ou de l’aversion , de la honte ou de l'inquiétude , lors même seulement qu'il s'imagine manquer de force. Aussi n’est-il pas rare que la première nuit des noces n'ait aucun résultat, et quand le jeune homme a perdu ainsi toute confiance en lui-même, ses efforts échouent ensuite jusqu'au moment où, Le penchant animal et matériel prenant enfin le dessus, il recouvre, avec la conviction de ses facultés , le pouvoir d'en faire usage. C’est là-dessus que repose la croyance désignée dans le langage populaire par les mots de nouer l’aiguillette; ce prétendu charme consistait à faire sur un ruban, tandis que le prêtre prononçait la bénédiction nuptiale , trois nœuds qu'on serrait en formulant des paroles magiques , et qui, tant qu’ils demeuraient serrés, rendaient les nouveaux époux incapables de consommer le mariage. C'est aussi l'influence de l'imagination qui, par la force de l'habitude, entretient l'érection chez les hommes même épuisés par le libertinage , quoique partout ailleurs elle témoigne de l'énergie vitale et puisse être considérée jusqu’à un certain point comme biomètre.

La coutume d'envisager les phénomènes de la vie isolément les uns des autres, et de leur assigner à chacun une cause spéciale , a porté aussi quelques physiologistes à considérer comme jouant un rôle essentiel dans le phénomène de l’érection des circonstances qui n’y occupent cependant qu'un rang subalterne.

9° D'abord si les veines ramènent moins de sang, pendant

la turgescence de la verge, parce que le liquide séjourne davantage dans les organes dont la vitalité est accrue , une pression exercée sur leurs troncs, ou toute autre circonstance qui oppose un obstacle mécanique à la marche du sang veineux, peut produire un état analogue à l'érection, comme on le voit quelquefois, en effet, chez les hommes qui font de grands eflorts pour vider leur rectum, comme il arrive aussi pendant le sommeil, par la pression qu'exerce la vessie pleine d'urine , surtout lorsqu'on est couché sur Le dos, comme on l’observe enfin dans les cas de flatuosités intestinales, d'hémorrhoïdes , d'épilepsie et de suflocation, dans le paraphimosis, ou lorsqu'on serre une ligature autour de la verge d'un animal. D’après cela on a cru que les muscles ischio-ca verneux pouvaient produire l'érection, dans l’état normal , en exerçant une compression sur les veines; mais quoiqu'ils soient réellement tendus alors, état qu'ils partagent d’ailleurs avec les testicules, également relevés par leurs muscles, cependant, comme ils écartent les deux corps caverneux l’un de l’autre , en les tirant à eux , ils ne peuvent comprimer le tronc principal des veines, qui est situé à une plusgrande profondeur, et favorisent l'écoulement du sang plutôt qu'ils ne le retardent. Leur action ne contribue à redresser la verge que quand celle-ci est déjà gonflée , et c’est aussi dans cette circonstance: seulement qu’ils parviennent à lui imprimer un mouvement sensible , sous l'influence de la volonté. Ils ne font donc qu’accroître la tension de l'enveloppe tendineuse et de ses prolongemens , et par suite aussi la distension des cellules.

6° Muller (1) a décrit des faisceaux entrecroisés qui ressemblent à un tissu musculaire, mais qui ne se contractent point sous l'influence du galvanisme. (Ces fibres ressemblent parfaitement aux autres muscles qui ne reconnaissent point l'empire de la volonté. Leur tissu est granulé et transparent, comme celui de ces derniers. Elles n’ont point de rides transversales, et des faisceaux parallèles s'unissent de tous côtés ensemble pour former des réseaux , dans l'intérieur desquels

(À) Archiv fuer Anatomie, 1, I, p. 50.

sont situés les vaisseaux. Purkinje est disposé à les considérer comme un développement de la tunique artérielle qui, d’après sa découverte , renferme aussi une couche de fibres longitudinales microscopiques, en outre des couches de fibres transversales connues de tous les anatomistes. Cette couche de fibres longitudinales n'existe pas seulement dans les artères ; on la retrouve aussi dans les canaux qui ont une contractilité moins vive ou périodique , par exemple dans les canaux déférens , les conduits excréteurs des glandes, etc. Elle acquiert quelquefois un assez grand degré de développement dans les parois artérielles. C’est ce qu'il est facile de démontrer sur la rate; les filamens qui parcourent cet orsane appartiennent autant aux artères qu’à la capsule séreuse extérieure , et se continuent sans interruption avec toutes deux. N°y aurait-il pas aussi quelque chose d’analogue dans les fibres du pénis? } (4)

7° Enfin Muller (2) a découvert des branches artérielles latérales qui, revêtues d’une pellicule, font saillie dans les cellules du corps caverneux , et y envoient des prolongemens en tire-bourre, dont la longueur est d'une ligne environ. Ces artères, qu il appelle hélicines (helicinæ arteriæ), se terminent, suivant lui, en cul-de-sac, sans se continuer avec aucune veine, et 1l les regarde comme des espèces d’excroissances des artères, faites pour retenir le sans. L'hypothèse d’un épanchement de sang de ces artérioles dans les cellules ne contribue en rien à expliquer le phénomène de l'érection , puisque les troncs d’où elles partent laissent déjà passer eux-mêmes leur sang dans ces cellules par des ouvertures béantes. Elle est d’ailleurs imvraisemblable; car Muller n’a pu ni découvrir d’artères hélicines dans le gland, où la turgescence est cependant si prononcée , ni apercevoir , dans leurs parois , aucune ouverture capable de livrer passage au sang (*).

(4) Addition de Valentin.

(2) Loc, cit., 1, IX, p. 208, pl. III, fig. 4 et 8.

(*) Consultez sur ces remarquables artérioles un travail postérieur de Krause (Muller, loc. cit., t, IV, p. 31).

é. Position des animaux dans l’accouplement.

$ 279. La position des animaux dans l'accouplement varie beaucoup.

1° Les deux corps sont parallèles l’un à l’autre, ou placés sur la même ligne. |

Dans le premier cas, tantôt les parties homonymes se trouvent en face les unes des autres , ce qui est le plus ordinaire ; tantôt, au contraire, ce sont les extrémités opposées des corps, comme , par exemple, chez le Ver de terre , où la tête de chaque individu correspond à l'abdomen de l’autre.

Dans la position sur la même ligne , les parties postérieures des corps tiennent ensemble, et les deux têtes sont opposées l'une à l’autre. On observe cette particularité dans les Planaires. Elle se voit aussi, mais par l'effet seulement d'une inversion secondaire, pendant la seconde période des accouplemens qui se prolongent , comme chez la plupart des Coléoptères , quelques Lépidoptères et les Chiens.

2° Les parties se correspondent déjà en vertu de leur situation naturelle, ou bien un mouvement volontaire, surtout de la part de la femelle, est indispensable pour les mettre dans la situation convenable. La femelle de certains Oiseaux et celle du Chameau s’accroupissent , la Biche en fait autant, mais parfois aussi se place sur une pente ou met les pattes de derrière dans un fossé (1).

3° Les corps sont ordinairement appliqués l’un contre l’au : tre. La ceinture des Lombrics , dont il ne reste qu’un vestige après l’époque de l’accouplement , mais qui se gonfle pendant la copulation elle-même et s'applique à la région des orifices des organes génitaux de l’autre individu , paraît ne servir qu’à établir ce rapprochement, en agissant comme une ventouse (2). Les points de contact sont multipliés par l'enlacement des corps chez les animaux privés de membres, tels que les Limaces, les Sangsues , les Serpens, ou par le saisissement avec les pattes de devant , chez les Batraciens et

(1) Harvey, Loc. cit., p. 306.

(2) Morren, De lumbrici terrestris historia, pAS7.

les Mammifères qui devient embrassement chez les Quadrumanes, parce qualors ilne sert plus à soutenir le corps.

ho Le mâle a toujours la femelle devant lui; l'inverse n’a lieu que chez les Ephémères et les Puces, où la partie postérieure de la femelle est repliée vers le côté ventral et le pénis du mâle tourné de bas en haut vers le côté dorsal.

5° La surface ventrale du mâle est ordinairement tournée vers la surface dorsale de la femelle, attendu que l'ouverture des organes génitaux de cette dernière se trouve plus rapprochée de la partie postérieure du corps. Les deux individus s’appliquent ventre contre ventre lorsque la vulve est située plus en devant, par exemple chez la Chauve-souris et l’Ecrevisse; ou quand l’accouplement se fait dans une situation voisme de la verticale, comme chez les Pingouins, dont la femelle ne peut pas porter le mâle parce que ses pattes sont trop rejetées en arrière ; ou lorsque la surface dorsale est armée de piquans, comme chez le Hérisson et le Porc-Epic ; ou enfin lors que la queue de la femelle est fort longue et peu mobile, comme dans les Sauriens , les Amphibies, les Cétacés et le Castor.

6° Les Cousins, les Abeilles, les Ephémères s'accouplent en volant. Les Lombrics se fixent en terre par la partie postérieure de leur corps. L’accouplement du Cebrio gigas à lieu, suivant Audouin, sans que les individus se voient , la femelle étant cachée en terre , et ne laissant sortir que son ovicanal prolongé en un pondoir. Quelque chose d’analogue se voit chez certains Crustacés parasites, dont la femelle passe sa vie entièreayantlapartie antérieure du corps enfoncée dans la chair des Poissons. (Les mâles des Lernées pendent continuellement aux ouvertures sexuelles des femelles; ceux du Bopyrus squillarum demeurent probablement pendant la plus grande partie de leur existence immobiles entre les deux séries de branchies des femelles , et vivent ou d’une sécrétion des pares génitales de ces dernières , ou de leurs excrémens) (4). Les Echinorhynques ont la tête plongée dans la substance de l'intestin, et la partie postérieure du corps libre. Les Sangsues

(4) Addition de Rathke,

156 MODALITÉ DE L'ACCOUPLÉMENT

s’attachent ensemble par les ventouses qui terminent leur corps enarrière , et laissent pendre leurs têtes librement. Les Chéiroptères et les Lorissesuspendent également par lespattes de derrière , la tête pendante (4). Chez d’autres animaux, par exemple les Pingouins et les Cétacés, les deux individus se tiennent droit. Le mâle grimpe sur le dos de la femelle dans les Coléoptères et autres Insectes , les Anoures, beaucoup d'Oiseaux et les Chats. La femelle est étendue sur Le dos chez les Ecrevisses, les Sauriens, les Phoques, peut-être aussi les Hérissons et quelquefois les Chats sauvages. Cette situation est celle qu’assignent à la femme l'étendue de son arcade pubienne , la distance entre ses hanches , la direction du vagin et la position du membre viril. La volupté, après s'être rassasiée des formes normales , redescend aux formes animales, dont l’une entraîne l’affaiblissement des membres inférieurs chez l’homme, l’autre des inflammations et des ulcérations ou des callosités au périnée chez la femme.

f. Particularités organiques qui concourent à l’accouplement.

$ 280. Chez beaucoup d'animaux , le mâle a des organes particuliers pour retenir lafemelle. Telle paraît être la dilatation vésiculeuse de l'extrémité de la queue dans les Sirongvyles, les Physaloptères et les Spiroptères. Le mâle des Ascarides retient la femelle avec la partie postérieure de :son corps, qu'il recourbe, et en partie aussi avec une série de petits tubercules (2). Suivant Home (3), le Lombric terrestre a , en devant , près de la tête , une paire de ventouses, et en arrière une paire de crochets; les premières se gonflent, forment des cavités remplies de mucus, et reçoivent les crochets de l’autre individu. Mais une pareille disposition paraît étre fort peu conciliable avec la position que prennent les Vers de terre. Beaucoup de mâles, parmi les Insectes , ont des crochets qui leur servent à saisir la femelle ; tels sont les Libellules, les Panorpes.etc. L'Ecrevisse tient sa femelle à l’aide de deux cram-

(1) Magazin fuer die neuesten Entdechungen, t. IX, p. 69. (2) Algemeine Encyclopædie , t. VI, p. 44.

(3) Lectures on comparative anatomy, t. AIT, p. 405.

pons flexibles et pointus , situés près de l'ouverture génitale. Les mâles des Raies et des Squales ont, à la partie postérieure du corps, des rudimens de pénis , qui, coudés en genou , sont lobés à leur extrémité ; ces organes entrent en tursescence à l’époque du frai, leurs muscles se développent davantage, et ils servent à saisir la femelle. Dans a Raïe bouclée, chacun de ces organes renferme une glande, fournissant une humeur très-visqueuse , qui transsude par l’extrémité. Quelques mâles, parmi les Oiseaux , tels que les Coqs, les Faisans , les Paons , etc., portent au tarse un éperon, c'est-à-dire un os dirigé en dedans et en arrière , et revêtu de corne, qui leur sert à retenir la femelle. Les mâles des Monotrèmes ont également, au côté interne de la patte de derrière , un éperon composé de deux articles, dont le supérieur s'articule au côté interne et inférieur de l’astragale , tandis que l'inférieur, allongé, pointu, et couvert de corne, a sa pointe dirigée en dedans : il contient le conduit excréteur d'une glande, dont la liqueur vénéneuse {1) est reçue par une gouttière placée au côté correspondant chez la femelle, de manière que les deux individus se tiennent solidement l’un à l’autre (2).

Chez d’autres animaux, les membres des mâles ont seulement une conformation particulière. Ainsi les derniers articles des pattes de devant des Hydrophiles , des Dytisques, etc., sont larges, et servent à saisir et retenir la femelle. Dans l’'Hydrophilus piceus, ils s’'accrochent au corps de cette dernière. Dansle Dytiscus semistriatus , ce sont des coussins qui se fixent sur le dos lisse de la femelle, en aspirant l'air à la manière des ventouses. La Lytta vesicatoria saisit les antennes de la femelle avec ses pattes de devant, et les retient au moyen des crochets dont celles-ci sont garnies à leur avantdernier article. Le mâle des Rana esculenta , Rana temporaria et Bufo cruciatus porte aux pouces de devant une verrue dure qui n’existe que pendant le temps des amours ; il passe ses bras sous les aisselles de la femelle , sur la poitrine de la-

(1) Blainville, dans Nouv. Bullet, de la Soc. philom.,, 4847, p. 82. (2) Home, Loc, cüt., t, III, p. 358.

quelle il entrecroise ses doigts , et il la tient avec tant de force, en lui enfonçant profondément ses deux verrues dans la peau, non seulement que celle-ci ne peut se dégager, mais encore qu’elle éprouve quelquefois des contusions ou des fractures, qui la font périr. Bosc croyait que ces verrues servaient à conduire le sperme dans le corps de la femelle. Le Bufo cinereus n'en à point; mais ses pattes de devant se gonflent pendant les amours, comme il arrive aussi aux doigts des Gecko. Les mâles des Mammifères retiennent également la femelle avec les pattes de devant, et quand ils la mordent à la nuque , ou quand l’Oiseau s'accroche aux plumes de son cou, c'est en partie pour arriver au même résultat.

g. Union des sexes.

$ 281. À l'égard de l'union elle-même, il y a déjà une sorte de rapprochement des parties génitales dans l'accouplement extérieur relatif. Avant la’sortie des œufs et au moment de leur expulsion, le mâle de la Grenouille se remue violemment et s'étend, de manière qu'alternativément les deux anus s’avoisinent et s'éloignent (1).

Dans l'accouplement extérieur relatif, les deux orifices se rapprochent et se frottent l’un contre l’autre. C’est ainsi que le cloaque de l’Oiseau se renverse en dehors, comme par l'effet d'un prolapsus (2).

L’intromission du pénis est favorisée, chez plusieurs Insectes, par des dispositions particulières ; par exemple, chez le Scarabée nasicorne et l'Écrevisse, par une gaine cornée, qui entoure le membre génital et s'ouvre en manière de pince. Les Carabiques ont des crochets, espèces d'appendices palpiformes et mobiles, qui, selon Dufour, paraissent faciliter l'introduction. Le même effet est produit, dans l’'Oniscus aquaticus, Suivant Treviranus, par deux corps articulés, charnus , couverts de minces plaques cartilagineuses , qui sont situées au dessous des pénis.

Dans l’accouplement hermaphrodite réciproque, les pénis

(4) Spallanzani, oc. cit., p. 22.

(2) Harvey, loc. cit., p. 14,

des deux individus s'entrelacent quelquefois à leur base , après quoi leur sommet s’introduit dans les oviductes. C’est ce qu'on observe chez quelques Mollusques à coquille univalve, et aussi, d’après Kuntzmann, dans la Sangsue. Werlich a vu (D), dans le Limaz ater, que, quand ils venaient à se toucher, ils se roulaient en spirale l’un sur l’autre , et d’une manière toujours de plus en plus serrée, de sorte qu'on ne pouvait plus les séparer à leur extrémité.

La femelle, au moment de l'accouplement ; découvre sa vulve autant que possible. La Chauve-souris, par exemple, rejette sa queue et sa membrane aliforme fortement en arrière. Chez les Araignées , au dire de Treviranus, les verrues cartilagineuses situées à l’orifice des oviductes s’insinuent dans les conduits déférers du mâle. Ce phénomène a lieu d’une manière plus prononcée encore chez d’autres animaux inférieurs. Chez l'Echinorhynchus gigas, l'extrémité du conduit déférent a la forme d’une cloche, dans laquelle s'adapte exactement l'extrémité postérieure du corps de la femelle (2). Dans les sxpogyles ; les FRS aRer es et les Spiroptères , la femelle n’est reçue par le mâle qu'extérieurement ; À car une vésicule de ce dernier embrasse bien l’orifice de ses parties génitales , mais cet orifice reçoit le pénis implanté dans le milieu de la vésicule (3). Au contraire, chez plusieurs Insectes, la Mouche domestique, par exemple, l'oviducte se prolonge en un pondoir, qui pénètre dans le canal déférent.

Le pénis sert tant à exciter la femelle qu’à diriger le sperme. Il remplit même ce dernier office quand il ne contient pas de conduit déférent ($ 432), puisqu'il ouvre les parties génitales de l’autre sexe et les prépare à recevoir la liqueur fécondante.

La valvule située à l'extrémité du vestibule et l’étroitesse du vagin font que le premier accouplement présente des difficultés qui stimulent l’ardeur du mâle et accroissent l'excitation de la femelle. L’hymen se déchire avec perte de sang chez les

(4) fsis, Â819, p. 4445. (2) J. Cloquet, Anat, des vers intestinaux , p. 98. (2) Rudolphi, Æntosoorum synopsis, p. 585.

160 MODALITÉ DE L'ACEOUPLEMENT.

Anesses et les Jumens (1). Chez tous les animaux qui en ont un, la copulation et la parturition répétées le font disparaître (2). Ia plus de développement chez la femme , et sa présence est regardée, en général, comme un signe de virginité , quoiqu'il lui arrive quelquefois d'être peu prononcé, ou d'avoir été détruit par d’autres causes que par l'acte vénérien. On rencontre aussi des cas où sa laxité et sa flexibilité sont telles qu'il persiste même après l'accouchement. Ses débris donnent naissance aux crêtes ou lobules appelés caroncules myrtiformes.

h. Ejaculation.

$ 282. L’éjaculation de la substance fécondante s'opère de diverses manières :

io Dans les plantes, elle dépend de ce que le tissu contractile des anthères se resserre par l’action desséchante de la chaleur, crève et lance le pollen au dehors. Comme la substance fécondante n’entre pas toujours en contact avec le stigmate immédiatement après sa sortie de l’anthère, et qu’il lui arrive souvent de rester, pendant un laps de temps indéterminé, suspendue dans l'air sans le rencontrer, elle est renfermée dans des utricules qui représentent précisément le pollen, et qu’on peut comparer jusqu'à un certain point au pénis dirigeant et conduisant le sperme. En effet, le pollen reste attaché à l'humeur visqueuse qui enduit le stismate, émet son liquide, contenu dans des utricules ($ 69), et demeure ensuite réduit à l’état d'une poche vide.

2° Chez les Céphalopodes , 'à l’époque des amours, on trouve, dans un sac adhérent au canal déférent , un liquide visqueux et des corpuscules filiformes, contournés en spirale, qui, lorsqu'ils entrent en contact avec l’eau, se recourbent, . se renflent, crèvent et laissent échapper leur contenu. On ignore encore si ces sacs, analogues aux grains polliniques, sont des capsules pleines de liqueur spermatique ou des utricules remplies de Spermatozoaires. Suivant Dutrochet (3), le

(4) Greve , dans Meckel, Deutsches Archio, t. VI, p. 53.

(2) Cuvier, Anat. comp., t. V, p. 135.

(3) Mémoires pour servir à l’histoire anat, et phys. des végétaux et des animaux’, Paris 4837 , t. 1, p, 442.

sperme des Limaces s’accumule , lorsque ces animaux s’accouplent , dans une gaîne épidermoide du pénis, et la distend au point de lui faire prendre la forme d’une bourse , qui se détache , reste dans l'ovaire, absorbe l’eau dès qu’elle vient à pénétrer, et chasse le sperme à mesure que ce liquide s’y introduit.

3° Une autre analogie du pénis des animaux avec le pollen a lieu chez quelques Insectes, dont le membre se détache pendant l’accouplement , et reste dans les parties génitales de la femelle, comme le pollen sur le stigmate , pour accomplir la fécondation. Huber a remarqué que la reine Abeille , après s'être accouplée dans l’air, rapportait avec elle à la ruche la partie de l'organe génital mâle que Réaumur appelle le corps lenticulaire, et qu’elle s’en débarrassait ensuite à l’aide de ses pattes. Suivant Audouin (1) , le pénis, chez les Insectes en général , pénètre dans la vésicule qui s'ouvre à l'extrémité de l’ovicanal ; sa portion charnue se détache et reste dans le corps de la femelle , et le mâle ne retire que la portion cornée. De plus amples observations sont nécessaires pour ériger ce fait en loi générale.

A: En observant l’accouplement extérieur, on reconnaît que le sperme est dardé. Dès que la Grenouille femelle s’est dé— barrassée de ses œufs, le mâle fléchit les cuisses, exécute différens mouvemens, renverse son cloaque, s'approche et s'éloigne alternativement des œufs, jusqu'à ce qu’enfin on voie jaillir un petit filet d’une liqueur limpide qui se répand sur eux (2). Quoique l’éjaculation soit en général déterminée par les mouvemens du mâle, cependant Stiebel assure que, dans les Lymnées, l'individu qui remplit les fonctions du sexe masculin reste tranquille , et que c’est la femelle qui se meut. On dit aussi que la frayeur peut donner lieu à cette émission; quand la femelle du Cyprinus brama vient à frap per soudainement l’eau de sa queue, les mâles qui la suivent se retirent effrayés, et éjaculent pendant cette retraite (3).

(4) Annales des sc. natur., t. IT, p. 283.

(2) Spallanzani, Loc. cit., p. 41.

(3) Bloch, Nuturgeschichte der Fische, LI, p, 96.

Quant aux forces qui accomplissent l’éjaculation du sperme (5°-7°), on peut les rapporter aux suivantes :

5° La contraction des testicules, à laquelle la structure vasculaire de ces organes permet de s'effectuer sans assistance extérieure. Le testicule, parvenu à un plus haut degré de développement , n’a d'autre muscle propre à le resserrer que celui qu’on appelle crémaster. L'action de ce muscle est surtout très-sensible chez les animaux privés de vésicules séminales, et dont la plupart l’ont très-développé. De Graaf lia les conduits déférens d'un Chien avant l’accouplement ; celuici terminé , les conduits séminaux resorgeaient tellement de sperme, que le testicule s'était gonflé en une masse énorme (1).

6° Étant des conduits excréteurs produits par une membrane muqueuse , les canaux déférens et les vésicules séminales sont doués d’une force musculaire qui leur permet de darder le liquide contenu dans leur intérieur. Les vésicules séminales agissent surtout chez les Mammifères dont les testicules sont situés dans la cavité abdominale pendant le rut, et par conséquent éprouvent moins de pression de la part des objets extérieurs : presque tous ces animaux , à l'exception des Monotrèmes , des Cétacés et des Phoques , ont des vésicules séminales, qui souvent sont fort développées. L'urètre peut également exécuter de vives contractions , puisque, Comme Home l’a démontré , il possède des fibres musculaires nombreuses dans la couche extérieure de ses parois.

7° Enfin, diflérens muscles soumis à la volonté viennent au secours de l’éjaculation. Les muscles abdominaux agissent principalement chez les animaux dont les testicules sont logés dans la cavité abdominale. Les élévateurs de l'anus et les transverses du périnée pressent les vésicules séminales et Ia prostate contre la vessie urinaire ; les bulbo-caverneux aident à l’action musculaire de l’urètre, et sont par cela même, lorsque le passage du sperme à travers ce canal présente des difficultés , ou plus développés, comme dans le Verrat, dont le bulbe urétral forme un sac profond , ou plus étendus

(4) De virorum org. generat. inservient., p. b3.

MODATATÉ DE L'ACCOUPLEMENT. 163 d'avant en arrière, comme dans la Taupe et le Lapin (1). Les ischio-caverneux exercent également une action expulsive sur l'urètre , dont ils augmentent en même temps la tension. Pendant que tous ces muscles agissent, ceux qui se rendent du bassin aux lombes , à la poitrine et aux cuisses, exécutent des mouvemens en sens inverse de leur direction ordinaire, puisque le bassin devient alors la partie mobile, et qu’il se porte par saccades en avant pour effectuer l’éjaculation, à laquelle les psoas peuvent contribuer jusqu'à un certain point en comprimant les canaux déférens.

8° Chez l’homme , le sperme est lancé à quelques pouces, et à une distance d'autant plus grande que l'érection est plus forte , la distension des voies séminales par le liquide plus considérable, et l'activité musculaire plus énergique. La prostate et les glandes de Cowper versent également leur liquide, parce qu’elles sont comprimées par les muscles qui viennent d’être nommés : cependant Villeneuve prétend (2) que la liqueur prostatique coule seulement goutte à goutte, lorsqu'elle sort seule. La quantité de liquide évacuée s'élève à environ quelques gros (3).

9° Le vagin embrasse plus étroitement le pénis, en raison de sa turgescence, et par l’action de son sphincter ; les plis turgescens augmentent les points de contact, et la sécrétion muqueuse s'accroît en outre par l'effet du frottement, à tel point qu’elle s'échappe même quelquefois par un jet Soudain, ce qu'on prétend avoir lieu aussi dans la masturbation. Du reste, tous les organes génitaux de la femme entrent dans un état d'éréthisme et de turgescence. Bond (4), enouvrant le corps d’une jeune femme qui avait passé la plus grande partie de la nuit avec un homme, et qui s'était empoisonnée le matin en prenant de l’opium, trouva les points du vagin auxquels adhérait encore du sperme d’un rouge vif et plus vasculeux qu'à l'ordinaire ; les oviductes contenaient davantage de sang, ils avaient une apparence charnue , et étaïent con-

(4) Cuvier, Anat. comp., t. V, p. 98.

(2) Dict. des sc. méd., t. XI.

(3) Haller, loc. cit., t. VIT, p. 570.

(&) Froriep, Notisen, t, XL, p. 327.

tournés sur eux-mêmes ; les ovaires présentaient des traces de la même turgescence, et étaient plus rapprochés de la matrice : on y apercevait quelques grosses vésicules contenant un liquide légèrement trouble, et d’autres plus petites, qui tenaient à des pédicules.

i. État de la vie pendant l’accouplement.

$ 283. Etudions maintenant l’état de la vie pendant l’accouplement.‘ |

1e Le sentiment intérieur est singulièrement mis en jeu par la plus forte de toutes les excitations que puissent ressentir les organes les plus sensibles du corps. L'animal femelle éprouve souvent des douleurs causées par les stimulations préliminaires ($ 277 ), par la position ( $ 279 }, par les moyens qui servent à le retenir ( $ 280 }, par la déchirure de l’hymen (8281), et fréquemment aussi par la forme du pénis. Le gland des Planorbes est cartilagineux et en forme d’agaric , de sorte qu'il a de la peine à sortir. Il ressemble également à un champignon chez le Rhinocéros, le Sapajou et autres Singes. Dans l’Agouti , il porte des papilles dures et pointues, ainsi que deux petites plaques osseuses, au bord aigu et dentelé desquelles se trouvent des dents dirigées en avant. Il est garni de soies dures dans quelques Chéiroptères, de saillies et de renflemens dans le Cheval. Celui du Chameau, de l'Ichneumon et des Tortues est courbé en crochet. Des épines et des espèces de hamecçons le hérissent dans le Chat, le Lion, le Tigre , la Hyène, la Martre, le Castor , le Cochon d'Inde, la Gerboise, le Macaque, et les Serpens, de même que chez quelques Phalènes. Chez la femme, la paroi antérieure du vagin est la plus sensible, et c’est avec elle aussi que le gland entre surtout en contact.

C’est précisément cette alliance toute particulière de plaisir et de douleur qui constitue la volupté. Plusieurs animaux, tels que les Chattes , les Lionnes, les femelles des Loris, etc., expriment ces sensations par un cri plaintif. La Grenouille femelle pousse, lorsque les œufs sortent, un petit cri, que le mâle accompagne d'une espèce de cri interrompu (1).

(4) Spallanzani , oc, cit, p. 40..

Le mâle du Crapaud fait entendre un grognement particulier, qu'il n’a point dans d'autres momens, et qui devient plus fort à l'approche d’un autre Crapaud, ou quand on cherche à lui ravir sa femelle.

2° L'acte est accompagné d’un accroissement de dde Le cœur peut à peme maîtriser le flot du sang, et bat à coups redoublés. La respiration est accélérée , et le sang se porte à la tête. Suivant Gaspard, la tête et le cou du Limaçon même deviennent le siége d’un gonflement bleuâire. Aussi la mort arrive-t-elle souvent dans l'acte vénérien ou à sa suite, surtout chez l’homme, qui en éprouve de plus fortes secousses, et principalement chez les sujets attaqués d’affections du cœur et des organes respiratoires, ou prédisposés à l’apoplexie, ou enfin accablés d’une débilité générale , dont ils cherchent à triompher par des excitations contre nature.

3° L'animal femelle se comporte , en général, d’une manière purement passive, de manière que la copulation paraît être une fonction à proprement parler masculine. Les Pucerons femelles demeurent dans une immobilité absolue pendant que les mâles se livrent aux plus violens mouvemens. Les Papillons femelles se traînent de tous côtés, et la Grenouille se plonge dans l’eau, puis revient à la surface, pour y humer de l'air. À peine remarque-t-on la moindre expression de volupté chez les femelles des Mammifères, si ce n’est néanmoins dans l'attitude qu’elles prennent.

&° Au moment de l’éjaculation, l'homme reçoit une secousse générale et pénétrante; il éprouve un anéantissement total, et la femme elle-même est saisie d’un frisson. Tous les autres sens sont frappés d’une paralysie momentanée. La vie entière est absorbée dans la nouvelle direction qu’elle à prise , et qui est aussi celle par laquelle elle arrive à son plus haut degré d’exaltation. Chez les animaux, cet état s'exprime quelquefois par des phénomènes surprenans, les Limaçons laissent pendre leurs tentacules, et sont presque absolument insensibles (1). Rien ne saurait déranger les Hémiptères et les Coléoptères accouplés; les Tortues se laissent prendre aisé-

(4) Haller, toc, cût,, t. VIIT, p. 263. .

ment (1); on peut saisir les Tritons, et les poser sur sa main, sans qu'ils s’en aperçoivent; le Scarabée nasicorne se laisserait plutôt hacher en morceaux que de quitter sa femelle (2), et les Phalènes ne se séparent pas même lorsqu'on les transperce ensemble d’une épingle. Rœsel arracha les pattes de derrière à une Grenouille, qui ne lâcha cependant pas sa femelle (3); Spallanzani suspendit un Crapaud par une patte qu'il avait attachée à un fil, il le piqua en différens endroits, lui enleva plusieurs lambeaux de chair et lui coupa une cuisse ; mais Cet animal n’abandonna sa femelle qu’au bout de treize heures, avec la vie. Un autre féconda les œufs pendant trois heures encore, quoique ses deux cuisses eussent été coupées (4). Une Grenouille mâle, à laquelle il avait coupé la tête, ne détacha pas ses bras de la femelle, et ne cessa de féconder les œufs que quand celle-ci eut cessé d’en pondre ; la ponte et la fécondation ne furent point imterrompues par la décapitation des deux individus (5); d’autressupportèrent qu’il leur brülât les jambes, et ne se détachèrent que quand le feu gagna la cuisse , mais s’accouplèrent de nouveau après avoir été remis dans l’eau (6). Le sentiment intérieur est complétement détourné de l'individualité, et dirigé tout entier vers l'espèce ; car on observe alors une insensibilité absolue. Après que le mâle de la Salamandre platycauda a battu sa femelle, il s'éloigne un peu d'elle , et tombe dans une sorte de stupeur pendant laquelle il s'étend sans faire aucun mouvement, et éjacule son sperme au milieu de légères convulsions du tronc et de la queue (7). Les Chauve-souris se laissent aussi tomber à terre pendant l’accouplement.

Mais , comme la vie animale revêt toutes les formes imaginables , il y à aussi des animaux qui demeurent parfaitement tranquilles pendant la copulation, et que la moindre cause suffit pour déranger ; tels sont certains Lépidoptères.

(4) Spallanzant, Loc. cit., p. 83.

(2) Swammerdam, Pibel der Natur, p.126.

(3) Naturgeschichte der Fræsche , p. 5.

(4) Loc. cit., p. 86.

(5) Loc. cit., p. 289.

(6) Loc. cit., p. 288.

(7) Rusconi , Amours des Salamandres. p. 33.

k. Durée et fréquence de l’accouplement.

$ 284. L’accouplement ne dure qu’un instant chez les Ephémères , les Cousins, les Monoculus pulex, etc. Il a aussi une durée fort courte chez les Lézards (1), et chez certains Mammifères, l'Élan, par exemple. Chez la plupart des Oiseaux, il est court et fréquent ; cependant celui des Gygneset des Autruches dure plus long-temps et se répète moins souvent. Il ne dure que cinq à six minutes chez les Limaçons des vignes, après que les deux animaux se sont tenus quelques jours enlacés. Dans les Chiens, les Loups et les Renards, sa durée est de plus d’un quart d heure, ces animaux restant attachés l’un à l’autre à cause du renflement du gland et de l’étroitesse du vagin, ce qui tient peut-être à ce que l'absence des vésicules séminales ralentit l'émission du sperme. Certains Insectes, par exemple le Meloe vesicatorius, restent également accouplés pendant plusieurs jours , les têtes à l'opposé l'une de l’autre. L’accouplement dure très-long-temps chez les Grenouilles et les Crapauds,, quoique la fécondation proprement dite soit l'affaire d’un änstant; sa durée est de dix, douze, quatorze et même vingt jours dans le Crapaud com-

mun @). La chaleur exerce à cet égard une influence incontestable : ainsi l’accouplement de la Grenouille verte dure quatre à cinq jours quand le temps est chaud, et huit à dix lorsqu'il est froid ; quelques heures suflisent à celui de la Raïnette en Lombardie. tandis qu'il exige un, à trois jours en Allemagne. ",

La fréquence est presque toujours : ên raison inverse de la durée. Les Papillons diurnes, par exemple, restent unis fort peu de temps, mais répètent souvent l'acte , tandis que l’accouplement est long chez les Coléoptères, qui ne l'accomplissent qu'une seule fois. Certains mâles, comme l’Ours noir, s’accouplent plusieurs fois l’une après l’autre, sans changer de situation. La femelle de VElan s’accouple deux à trois fois dans l’espace d’une heure, et la Vache quatre à six ; après

(4) Spallanzani , Loc, cit, p. 57.3 (2) Spallanzani , loc. cit., p. 31.

quoi elle est fécondée. Le Coq répète l’acte jusqu'à cinquante fois par jour; le Moineau, la Bergeronnette, etc., douze à vingt fois par heure.

Dans l’espèce humaine, l'accouplement normal se réitère en général deux fois par semaine (1). Un intervalle de huit

jours avait été prescrit par Mahomet, de neuf par Zoroastre, et de dix par Solon.'

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