IL
opéra la fécondation, et se montra plus actif que celui des testicules, mais ne conserva pas sa vertu fécondante ‘aussi long- temps (1) ; il était donc plus pur, et par cela même plus décomposable. Chez les Mammifères qui ont des vésicules séminales, ces poches se vident aussi les premières pe l'accouplement.
2° Le sperme exprimé des testicules est fécondant (2). Il doit couler de ces organes chez les Mammifères pourvus de
vésicules séminales , dont l’accouplement durelong-temps, ou 4 qui le répètent à de courts intervalles , etilne peut venir d’ailleurs chez ceux qui n'ont point de vésicules.
3° Spallanzani (3). a vu deux fois du sperme quine contenait : pas d’animalcules féconder tout aussi bien que l’autre. Une
soutte de sperme , qui avait été tellement étendue d’eau qu'on
n° y pouvait apercevoir aucun Spermatozoaire, opéra la fécondation, tout comme le sperme provenant d'animaux morts et dont les animalcules spermatiques ne vivaient également plus. Une goutte de sperme fut mise soûs le microscope , etcommes l'évaporation avait déterminé tous les Spermatozoaires à se réunir vers le centre, on prit une petite quantité de la liqueur | placée sur les bords et quine contenait aucun animalcule ; elle se montra parfaitement fécondante. Ges quatre faits prouvent que les Spermatozoaires ne sont point la cause de la faculté fécondante, qu’ils n’en sont qu’un phénomène concomitant. Prevost et Dumas (4) ont remarqué que le sperme avait perdu sa propriété fécondante au bout de trente-six heures , époque à laquelle les animalcules étaient morts, que l'électricité, qui tue ces petits êtres, la lui enlevait également, enfin qu'il la perdait après avoir traversé cinq filtres de papier joseph , à la sortie desquels il ne contenait non plus aucun Spermatozoaire ; mais ce ne sont point là des faits décisifs pour renverser l'opinion qui vient d'être émise.
ho La fécondation extérieure ne s'opère que dans l’eau
rase Eat
(1) Spallanzani, Loc. cit., p. 136, 161.
(2) Ibid, p. 150.
(3) Ibid., p.146.
(4) Loc. cùt., LIT, p. 440.
(S 241, d),et celle-ci parait en être l'indispensable condition, La semence pure des Salamandres ne féconda aucun œuf (1), tandis que, mélée avec deux parties d’eau, elle produisit une fécondation complète ; trois grains de sperme , dé- -layés dans une livre d’eau , fécondèrent les œufs, soit qu'on lestint seulement à la surface , soit qu'on les plongeât au fond dudiquide; ainsi étendu , le sperme conserva sa faculté fécondarte pendant trente-cind heures à l'air, et pendant cinee quante-sept dans une glacière , c'est-à-dire plus long-temps que la semence pure. Quand on en mélait trois grains avec. » dix-huit onces d’eau, le mélange fécondait parfaitement ; l’ef- {et était moins prononcé avec deux livres d’eau, et cependant, avec vingt-deux livres de ce liquide, on parvenait encore à féconder quelques œufs. Suivant Prevost et Dumas, la propor- . tion des œufs fécondés aux œufs non fécondés était de 1 ! 8 * dans un mélange de sperme et d'eau à parties égales ; de 1 : 5 avec: deux parties d'eau; dé 4°,2, avec trois; de 2: 25, avec quatre; dé 2 ? 4, avee cinq; de 6 : A, avec sépt; de 9: 1, avec neuf; dë 10 : 4, avec douze à quarante-huit. < + cos sert done d' Au NE re ? à la fécondation chez les Ba- 1raciens , comme l'air chez les plantes (8 236 ); le monde élé- ‘mentaire joue partout un rôle dans cette fonction , tantôt sous “une forme, et tantôt sos ‘une autre. Chez la plupart des ” plantes ; l'eau s'oppose à la fécondation; une forte pluie ba- * laie le pollen «et cependant la majeure partie des fleurs sont disposées de manière à ce qu’il soit diflicile que l’eau atmo- Sphérique s’y introduise. Presque toutes les plantes aquatiques élèvent leurs fleurs au dessus de la surface des eaux, sous - lesquelles il n’y en a qu’un petit nombre qui se fécondent, et celles-Ià ont un pollen visqueux (2).
5° Du sperme de Batraciens qui avait été abandonné une heure entière à l'air libre, et qui s'était évaporé en grande . partie, opérait encore la fécondation (3); mais celui qui sé
| (4) Spallanzani, Loc, cit., p. 156, (2) Willdenow, loc. cùt., p. 415.
(3) Spallanzani , doc, cit,, p, 300.
tait desséché dans l’intérieur ou hors de la substance destesticules ne jouissait plus de cette faculté , même après avoir été humecté de nouveau (1).
6° De violentes secousses imprimées au sperme mêlé avec
de l’eau lui faisaient perdre sa faculté fécondante, même dans.
vases hermétiquement clos (2).
1e Lorsqu' on filtrait le mélange à travers du papier tél sloÿé en six, la liqueur filtrée ne conservait plus aucune trace de faculté fécondante (3). | ,
8° Si l’on faisait évaporer le mélange , le résidu n “était plus
propre à opérer la fécondation (4).
9° Le sperme mêlé avec du sang , de la bile, de la salive, de l'urine du même animal, ou avec de la salive. Que fécondait tout aussi bien qu'avec de l'eau; mêlé même avec parties égales d'urine humaine ou de vinaigre, il fécondait le plus grand nombre des œufs ; maisil perdait toute faculté fécondante dès qu'on tportait plus loin la proportion de ces liquides étrangers (5). Le mélange de sperme et d'eau la conservait malgré l'addition de l'indigo, du petit-lait, du safran et de l'huile, mais la perdait par celle d'alcool, de sel marin ou d'encre (6). La fumée de papier ou de tabac détruisait aussi cette faculté (7).
10° L'analogie nous porte à présumer que le Jiquide sé— crété par les vésicules séminales , la prostate et les glandes : de Cowper, chez les animaux supérieurs, peut rendre le :
sperme plus actif, par le seul fait déjà de la dilution. Le même
usage appartient peut être aussi aux glandes anales, dont le liquide gélatineux augmente considérablement le volume du
sperme , chez les Urodèles, par exemple (8). La liqueur pro-
(4) Zbid., p. 302.
(2) Zhid., p. 309.
(3) Jbid., p. 310.
(4) Ibid., p. 302.
(5) Lbid., p. 453.
(6) Zbid., p. 305.
(7) 1bid., p. 309.
(8) Rathke, Beitræge sur Geschichte der Thierwelt, t. T, p. 91,
. Statique peut en outre contribuer à lubrifier l’urètre, ou même à le garantir d’une trop vive impression de la part du sperme, ou enfin servir de ‘véhicule à ce dernier, comme le. pensait déjà Graaf (4) , et lui fournir en quelque sorte son aliment.
$288. Les œufs doivent réunir certaines conditions gr ‘ être aptes à la fécondation.
4° Ils doivent être mûrs. Dans les a niences de Spallanzani, ceux qu'il retirait du cloaque des Crapauds ou des Tritons étaient fécondables, mais non ceux qui provenaient de l'ovaire ou de la partie supérieure des oviductes (2). La même obser= vation a été faite par Prevost et Dumas (3). Comme les œufs se recouvrent de ‘mucus dans les oviductes , il est vraisemblable que ce liquide est la condition de la fécondation '(S:290:, 3): Cependant les œufs des Tritons sont déjà enduits de mucus à la partie supérieure des oviductes , quoiqu encore inaptes à être fécondés ; ils doivent donc subir aussi un changement intérieur. | Ce changement parait ne point Rd du dedans au dehors et ne pas dépendre uniquement du temps, mais se rattacher à l’action vivante de la paroi animale. Quand on laisse les
. œufs à l’air pendant quelque temps, et qu’on les plonge en-
suite dans de l’eau, ils ne sont plus aptes àrecevoir la féconda-
“ion. La même chose arrive quand on les a laissés plus d’un
quart d'heure dans l’eau avant qu'ils aient été touchés par le
sperme , car ils ne l’absorbent plus alors , leur mucus étant imbibé d'autant de liquide qu'il en peut admettre (4). Aussi le mâle les féconde-t-il au moment même où ils sortent du corps de la femelle.
3° Dans l’accouplement interne PE 3 la fécondation ne porte que sur les vésicules qui ont acquis le plus de volume et de maturité. Mais le développement de ces vésicules est en rapport avec l'instinct sexuel : en effet , on. les trouve beau-
Coup plus grosses chez les femmes mortes de nymphoma-
(4) De virorum org. generat. inservient., p. 83.
(2) Spallanzani, loc, cit., p. 142-145.
(3) Loc, cit., t. IT, p. 449.
(4) SEE | 0 cit. — Prevost et Dumas, Loc. cit., p. 434.
nie (1), que chez les autres , ce qui ‘peut être tout aussi bien
cause qu'’effet de la maladie.
$ 289. En général, le mâle ne féconde qu'une femelle qui,
sexualité à part, s'accorde avec lui à l’ésard des caractères Fi
essentiels de l’organisation, c'est-à-dire qui appartient à la même espèce. Les organes des deux sexes d’une espèce se correspondent, parce qu’ils ne sont que des expressions dif férentes d’une idée commune ($ 220 ). ‘ Je
4° Il n'est pas rare que les variétés d’une espèce s’accouplent ensemble , par exemple le Putois et le Furet, le Sanglier et le Cochon domestique. De là résultent les bétards de races, qui sont le premier degré de l'hybridité.
2°. Dans certains cas il peut y avoir accouplement entre deux individus appartenant à des espèces qui, bien que différentes , ont cependant de D à une avec l’autre. Or,
on donne le nom de genres aux espèces qui se ressemblent ñ
le plus sous le rapport des traits essentiels. Il se produit done
fréquemment des bétards d'espèces. Un Térébmthe femelle, qui fleurissait tous Les ans dans le Jardin des plantes de Paris, sans donner de graines aptes à germer, devint fécond lors-
que Duhamel et Jussieu eurent rapproché de lui un Pistachier mâle. Kœælreuter a fécondé un Micotiana rustica avec un
Nicotiana paniculata, et ik a obtenu ainsi des graines qui lui
ont fourni de jeunes plantes (2). Schieck a démontré, par de nombreuses observations, qu'une multitude de végétaux pro-
duisent ainsi des hybrides dans l'état de nature. On obtient aussi des bâtards, parmi les Insectes , des Papilio jurtina et janira, des Chrysomela ænea et alni, des Phalangium cornutum et opilio (3); parmi les Poissons, des Cyprènus carpio,
carassias et gibelio (4); parmi les Oiseaux, des Fringilla car- *
duelis et canaria , des Phasianus gallus et colchicus, des Anas olor et anser (5), des Anas glaucion et querquedula (6), des
(4) Schweighæuser, sur quelques points de physiologie relatifs à la conception , p. D.
" (@) lorlæufigen Nachricht, p. 39.
(3) Treviranus, Vermischte Schriften, à I,.p. 22 (4) Bloch, Naturgeschichte derische, . 1, p. 124 (5) Annales du Muséum, t. XII, p. 449.
(6) Jbid., t. VII, p. 222.
Tetrao tetris et wrogallus (1), des Corvus corone et cornix ; parmi les Mammifères, des Felis leo et tigris (2), des Canis familiaris et lupus (3) ou vulpes (4), des Equus caballus et zebra (5), ou zebra et asinus (6), des Capra hircus et ibex (7), etc.
"3° Mais un accouplement fécond peut avoir lieu : aussi entre "des individus appartenant à deux genres différens. Ici nous devons faire remarquer d'abord que la manière dont on dé- - termine les genres dépend d'un MGEREnE qui peut être plus ou moins juste. Des animaux qu'on regardait jadis comme espèces d'un même genre, sont considérés aujourd'hui comme des genres disuncts, de sorte que si nous appelons maintenant bétards de genres les petits, par exemple, qui naissent des
* Rana et Bufo (8) ou de la Capra hircus et de V Antilope rupicapra (9), ils ne passaient autrefois que pour des bâtards … d'espèces : Ja diflérence , sous ce rapport, ne tient donc qu'aux Changemens survenus dans les classifications. En second lieu, il faut avoir égard, non seulement aux particularités essentielles de l'organisme, mais encore à certaines circonstances qui n'ont qu'un degré secondaire d'importance, notamment à l'égalité de taille des individus : car, tandis que le Cervus .elaphus ne peut point s rpnpler avec le Cervus capreolus, des exemples attestent qu'il s'est reproduit avec le Bos tau- : rus (10) , et avec l'Ovis aries. De même, les Cantharis melanura et Elater niger , les Melolontha série et Cetonia hirta (1) s’accouplent ensemble. On ne saurait déterminer d'avance jusqu’à quel point il faut que les animaux aient de
(4) Neujahrsgeschenk fuer Jagdliebhaber, 4795, p. 50. (2) Froriep , Notizen , t. XXXIIL, p. 24.
(3) Der Naturforscher, le XV, p. 24. — Annales du Muséum , t. IV, æ: 102.
. (4) Neujahrsgeschent fuer Jagdliebhaber , 4795 , p. 108. As) Annales du Muséum, t. XI, p- En?
(6) Zbid., p. 237.
.(7) Noniahesgeschou fuer Jagdliebhaber 4803, p: 37. 4°) Blumenbach, Kleine Schrifien , p. 132. + (9) Noujelistesohe fuer Jagdliebhaber, 1803, p. 26; 1808, p. 168. (0) Neujahrsyeschenk fuer Jagdliebhaber, 4820, p. 424; 1822, p, 456. (41) Treviranus, V’ermischte Schriften, 1, I, p, 22.
l'analogie ‘entre eux pour pouvoir procréer ensemble; l’expérience seule décide à cet égard. Ainsi l'on pourrait douter, en théorie, que l’accouplement fût susceptible d’être fécond. entre le Cerf et la Vache, et cependant le fait a été mis en pleine évidence par l'observation directe : on avait vu le Cerf, après la mort de sa femelle, errer dans le voisinage de Vaches, dont une mit au monde un veau qui avait le pelage plus clair, la queue courte et les jambes fines; ce veau était en outre fort timide, il tressaillait au moindre bruit, détachait les quatre pieds de terre à la fois en sautant, ét franchissait légèrement les fossés et les haies. Quelques écrivains prétendent qu’ on trouve’ en Auvergne et dans le Piémont des Jumars,. bâtards provenant du Taureau et de l'Anesse ; d'autres. nient l'existence de ces hybrides ; assurant que ce sont seulement des Mulets mal conformés et à grosse tête. Suivant. Humphrey (1), les Brebis du Massachussets ont mis au monde | pendant quelques années, depuis 1791, des agneaux d’une
conformation A ESA ayant le torse allongé, les jambes | courtes et arquées, et les pieds tournés en dedans, qui ne pouvaient ni Courir ni sauter comme les Brebis, dont ils s’1solaient aussi pour vivre ensemble; ces animaux ont reçu le nom d’Ancons ; vers l'époque où 1: se montrèrent, On avait aperçu dans le canton des Loutres qui dinar ent ensuite, et l'on crut que les Brebis s'étaient accouplées avec elles, ou du moins avaient eu l'imagination frappée de leur aspect. Haller a raconté d’autres fables de ce genre (2). |
Mais, en général, nous voyons que la nature oppose des obstacles à la production des bâtards. | h° Les substances qui servent à la génération paraissent
n'avoir aucune analogie ensemble dans les diverses espèces et les différens genres. Le nombre des plantes par le mélange desquelles on peut obtenir des bâtards est très-limité. Dès spermes et des œufs de Poissons fort différens se trouvent dans une même eau, et ne se mêlent point. Il semble que chaque semence soit attirée d'une manière spécifique par les
(1) Philos. Trans., 4843, p. 58.
(2) Elem. physiol., t. VIII, p. 400.
œufs provenant de la même espèce qu’elle (1). Spallanzani a rapproché de toutes les manières imaginables des spermes et des œufs de Tritons et de Grenouilles, de Tritons et de Crapauds, de Crapauds et de Grenouilles, de Grenouilles et de Rainettes, sans jamais obtenir de fécondation. C'est en vain aussi qu'il essaya d'injecter le sperme d'un Chien dans le vagin d’une Chatte.
50 Les individus de la même espèce exercent aussi une attraction spécifique les uxs sur les autres. Les Poissons * mâles ne suivent que les femelles de leur espèce, quoiqu'ils n'aient pas de relations intimes avec elles, et jamais ils ne
fécondent les œufs d’autres femelles (2). Buffon éleva de gièunes Loups et Renards parmi des Chiens, de manière que ces animaux 5 ’accoutumèrent les uns avec les autres et vécurent en paix ensemble; à l’époque où ils entrèrent en chaleur, il eut soin de mettre à part des couples d'espèces “différentes; les mâles voulaient bien s’accoupler, mais les femelles témoignèrent une insurmontable répngnance , au point qu'elles finirent par se jeter avec rage sur les assaillans, et ‘que la scène se termina par un combat dans lequel le plus fort tua le plus faible. La plupart du temps il faut employer la violence pour que la Jument recçoive l'Ane, malgré la las- civété de cet animal et le soin qu'on prend de l'exciter encore; on est obligé de lui bander les veux. L’étalon ne monte une Anesse que quand il n’a point encore vu de Jumens. A l'état de liberté, des espèces différentes ne se mêlent ensemble que quand le mâle ne trouve aucune femelle de la sienne. Ainsi la production des bâtards paraît être le résultat d’une dégénération de l'instinct masculin, occasionée par des circonstances contraires au cours ordinaire des choses, et dans laquelle il faut que le mâle use de violence pour contraindre la femelle à lui céder. Il n'appartient qu’à la brutalité humaine, qui rend tout possible , de pouvoir se livrer à la sodomie non seulement avec des hommes , mais même avec des femmes.
(4) Dict. des se. méd., t. XVIII, p. 65.
(2) Haller, loc. cit., t. VIII, p. 46.
b. Mode de la fécondation. 1
6 290. Cherchons maintenant de quelle manière la substance procréatrice du mâle et celle de la femelle parviennent à se rencontrer , ou quel est, eu égard à l’espace, le ne | qui doit exister entre elles pour qu'elles puise agir l'une sur l’autre. |
* Mode de la fécondation dans l’accouplement extérieur.
Interrogeons d'abord l'accouplement extérieur , pour obte- « nir quelques lumières à ce sujet. | “ 1° On voit d’abord que la faculté fécondante du sperme ré-
side dans toute sa substance, et non pas uniquement dans ses parties constituantes volatiles. Spallanzani mit onze grains de : sperme de Crapaud dans un verre de montre, et couvrit celui-ci d'un autre verre à la partie concave ga él des œufs ? s'étaient attachés d'eux-mêmes par la viscosité de leur glu; au bout de cinq heures, le sperme était diminué d'un grain et demi, et les œufs, quoique couverts d'humidité, n'é-: taient point fécondés. L' effet fut le même en augmentant la chaleur , en lutant hermétiquement les verres , en exposant les œufs à la vapeur sans les couvrir, et en ne lé tenant qu'à une demi-lisne de distance du sperme (1). Prevost et Dumas (2): ont obtenu un résultat semblable en mettant du sperme dans une cornue et des œufs dans le récipient, de manière que ceux. ci fussent baignés de tous côtés par la vapeur. ! 2 Les parties femelles semblent attirer le sperme par une. affinité adhésive. Chez les Tritons , les anus des deux animaux restent toujours éloignés l’un de l’autre : cependant le sperme » que le mâle lance dans l'eau , et qui se mêle avec elle , pénètre » dans le cloaque de la femelle (3).
3° Le sperme ne touche pas l'œuf lui-même. Des œufs dépourvus (4) ou dépouillés (5) de leur enduit muqueux ne sont
(4) Loc, cit., p. 206.
(2) Loc. cit., t. II, p. 438,
(3) Spallanzani , Loc. cit., p. 56.
(4) Spallanzani , loc. cût. | p. 143.
(5) Prevost et Dumas, Loc. cit, t. IX, p, 436.
point fécondés par le contact immédiat de la semence. Prevost
et Dumas prétendent qu'il faut en accuser quelque lésion
que les œufs éprouvent lorsqu'on enlève leur glu; mais,
d’après ce qui précède, cette hypothèse est peu vraisemblable,
Nous ne pouvons expliquer le phénomène que de deux ma-
nières : ou le mucus est le milieu dans lequel l'œuf vit et
trouve les conditions nécessaires à son développement ; ou il
sert de conducteur à la semence , dontil s'empare ; alors l'œuf ne serait point fécondé par le sperme , mais par le mucus pé-
nétré de liqueur spermatique , et celle-ciaurait besoin d’être
assimilée préalablement par l'enveloppe glaireuse des œufs.
Cette faculté conductrice n’était pas demeurée inconnue à Spallanzani : lorsque deux ou trois œufs se trouvaient à côté les uns des autres dans l’eau, de manière à tenir ensemble par leur mucus, il suflisait d'en toucher un avec la pointe d’une épingle trempée dans là semence pour les féconder tous ;
après avoir tiré le mucus d’un œuf en un fil ayant un pouce de long, il parvenait souvent à féconder l'œuf en touchant l’autre extrémité de ce fil; en mettant cinquante œufs dans un tube de verre , et les couvrant d’une couche de mucus épaisse d’un pouce, il suffisait de répandre une goutte de sperme à Ja surface du tout , pour que la plupart des œufs fussent fécondés. Or ce qui prouve que le phénomène ne dépendait pas d’une pénétration mécanique, c’est que le blanc d'œuf d'Oiseau ne pouvait servir de conducteur à la fécondation. Le mucus des œufs de Grenouille à une affinité adhésive pour Veau et pour le sperme, qu’il absorbe tous deux ; mais lorsqu'il s’est saturé d’eau pure, il n’attire plus la liqueur séminale.
* Mode de la fécondation dans l’accouplement intérieur.
$ 291. La fécondation intérieure exige que le vagin ou l'ovicanal qui reçoit le pénis soit continu avec l'ovaire. L’intégrité de l’oviducte et de la matrice en est done la condition. Nous examinerons plus loin ($ 293) si cette condition est remplie d'une manière matérielle, si les organes intermédiaires ne sont nécessaires qu'en ce qu'ils fournissent au sperme et à la substance reproductive de la femelle les moyens de se ren-
contrer. Mais, avant tout, nous reconnaissons comme fait avéré, que les organes génitaux forment un tout dont les parties sont unies ensemble d'une manière RNA et par les liens de Ia sympathie.
I. L'intégrité de l'ovaire est indispensable pour que la matrice puisse déployer son activité normale, c'est-à-dire pour que l'œuf et le fruit se développent. Si l’on enlève les ovaires à une Truie pleine , elle avorte, suivant Hausmann.
IT. L'état des oviductes détermine l’activité des ovaires.
1° Haighton (1) enleva une ligne et demie des deux oviductes d’une Lapine en chaleur qui n'avait jamais reçu les approches du mâle. Les plaies guérirent, mais l'animal ne s'accoupla plus. Après la mort, on trouva les oviductes oblitérés, les ovaires petits , retirés sur eux-mêmes et dégénérés. Le ? résultat fut le même avec des Lapines qui avaient déjà mis bas. La section d'un oviducte ou des deux n’apporta aucun changement. | :
2° Deux autres Lapines s’accouplèrent après avoir subi cette opération , mais rarement et sans que la fécondation s'ensuivit. Grasmeyer (2) a bien vu les Lapines s'accoupler après la ligature des oviductes ou de la matrice, et huit à quinze jours en- ”
‘suite, il a trouvé dans la cavité abdominale des vésicules transparentes, grosses comme des pois, et composées de deux membranes , avec une tache blanche de forme ronde ; mais la fécondation n’avait pas eu lieu non plus, car l'ovaire n'en présentait aucune trace, et dans un cas on compta vingt vésicules , # de manière que leur nombre seul suflisait déjà pour ne pas. permettre de les resarder comme des œufs.
3° Lorsque l accouplement avait eu lieu après la section et l'oblitération d'un oviducte, Haighton (3) trouvait du même ” côté une vésicule crevée dans l'ovaire ; mais il ne s'était point formé d'œuf. L'état de gestation était complet, au contraire , du côté opposé à l'opération. Ainsi, malgré l’oblitération d’un oviducte, l’accouplement peut déterminer la rupture d’une vésicule.
(1) Philos. Trans., 1797, p. 173-176.
(2) De conceptione , p. 49.
(3) Loc. cit., p. 179.
ho Lasection d’un oviducte une heure et demie à quatre heures après l’accouplement empêchait la rupture des vésiculés des deux côtés. |
5° Quand on pratiquait l'opération six à quarante-huit heures
après l’accouplement , il ne s’ouvrait que peu de vésicules et ne se formait pas d'œufs du côté opéré, tandis que les phénomènes de la gestation se déployaient comme à l'ordinaire de l’autre côté (1).
6° La section faite soixante heures après l'accouplement n’empéchait la formation des embryons ni dt côté ni de autre (2).
7° La ligature des dette oviductes sur une Lapine déjà pleine déterminait l'avortement (3).
Le pavillon des trompes exerce déjà une grande influence. Des Truies ‘auxquelles Hausmann n'avait enlevé que ces parties n'entrèrent plus en chaleur, tandis que d’autres aux- “quelles il avait extirpé les ovaires, sans toucher aux pavillons,
ressentirent de nouveau les ardeurs de l'amour.
IIT. La matrice a une influence limitée sur la fécondation.
L'une des cornes de celle d'une Lapine s'oblitéra après la
. section ; cependant l’accouplement fut suivi de la rupture d'un nombre de vésicules égal à celui des vésicules qui crevèrent de l'autre côté , et la corne oblitérée présentait les apparences de la gestation , quoiqu’elle ne contint point d'œufs (4).
- IV. Blundell (5) a observé les mêmes phénomènes après la
“section et l'oblitération du vagin immédiatement auprès de la “matrice, qui étaient accompagnées en outre d’une insatiable salacité. Les expériences que Mitchill a faites sur les oviductes , la matrice et le vagin , ont donné des résultats identiques (6).
(4) Loc. cit., p. 185.
(2) Loc. cit., p. 188.
(3) Grasmeyer, Loc. cit., p. 48.
(4) Blundell, Researches physiological and pathological, p. 36, (5) Lbid., p. 39,
(6) Archives générales , t, XIX, p. 261.
t Lieu où s'opère la fécondation.
& 292. Il paraît que la substance fécondante du mâle parvient réellement à l'ovaire et à l'œuf qui s’y trouve contenu ; mais ce passage n’est démontré nulle part d’une manière ri-”! soureuse, et quelques faits même semblent autoriser à le révoquer en doute. | )|
I. (Le stigmate, organe sénital extérieur de la plante, tantôt repose immédiatement sur l'ovaire , et tantôt est uni à cet organe par un corps intermédiaire, qu'on nomme style. EL n'existe point de canal qui Conduiseiduü stigmate dans l'ovaire. Ce n’est que dans le cas de plusieurs pistils soudés en rond les uns avec les autres, de manière à sembler n’en former qu’un seul ayant un stigmate commun, qu'on aperçoit assez souvent, * entre les stigmates soudés, un cul-de-sac dont le fond descend jusqu’entre les ovaires. Pendant long-temps ce cul-de-sac fut. regardé comme servant à conduire le principe fécondant, sinon même les grains polliniques , quoiqu'il ne pénètre jamais à dans les ovaires eux-mêmes , qu’il manque fréquemment , et, qu'on n’en voie aucune trace dans les fleurs dont le pis est. unique. 4
lo Dès que des prains polliniques parviennent en temps utile sur le stigmate, ils trouvent généralement celui-ci couvert d'une sécrétion mucilagmeuse, qui paraît favoriser la sortie” des utricules dont nous avons parlé ailleurs en décrivant le * pollen. Pendant que le grain pollinique adhère au stigmate, è en vertu de sa viscosité, son utricule , quis’alionge peu à peu, pénètre entre les parois des cellules, jusqu'alors fortement appliquées les unes contre Îles autres; cette pénétration ne s'effectue pas sans quelque violence , comme on peut en juger d’après la forme flexueuse ou en zig-zag qu'affecte souvent l'utricule. On sait que, dans d’autres parties de la plante, existent, sur les bords des cellules , les canaux appelés inter. cellulaires , qui parcourent le tissu cellulaire dans toutes les. directions , et qui ne sont autre chose que les interstices de cellules imparfaitement adossées les unes aux autres. Ici donc également les utricules du pollen pénètrent dans les canaux intercellulaires du stigmate ; mais ce qu'il y a de remarquable,
c'est que ces canaux paraissent ne se former qu’au moment où les utricules s’insinuent ; car , lorsqu'on coupe le stigmate en travers , on n’aperçoit que des cellules fortement serrées les unes contre les autres dans les points où aucun utricule n’a pénétré.
2° Les cellules entre lesquelles pénètrent les utricules pol: diniques forment un cordon particulier qu’il faut bien disunguer du tissu cellulaire entourant; ce cordon descend vers l'ovaire, et se partage, chemin faisant, en plusieurs “branches, dont chacune se termine à la paroi interne de l'o- -vaire , dans l'endroit précisément où le micropyle des œufs la Enibke à cette épôque. Il n’est donc pas douteux que la liqueur du pollen soit conduite aux œufs par les cordons de tissu cellulaire conducteur et par les utricules poiliniques qui pénètrent dans leur intérieur. Mais, quant à la manière dont ce passage s'effectue , nous ne possédols sur son compte que des observations peu nombreuses et qui ne s'accordent point ensemble.
- 3° Brongniart, qui a observé la Bnéracos des utricules .poliniques dans le stigmate, sur un très-grand nombre de plantes diverses , après qu’elle eut été découverte par Amici, présume qu’au bout de quelque temps les utricules s'ouvrent à leurs extrémités, et versent la fovilla dans le tissu cellulaire conducteur luimême. En effet, peu après la pénétration , il voyait encore dans ces Térfbules les grains que la fovilla a cou- .tume de contenir, et plus tard il les trouvait vides. De plus ila remarqué , entre les cellules du tissu conducteur, des masses oblongues de granules semblables à ceux que renferme la fovilla ; Va courge lui a même offert quelques gra- -nulations de nature analogue , au voisinage des œufs. Il considère ces grains eux-mêmes comme des Infusoires, qui se glissent dans les œufs et y deviennent la base de l'embryon. 4° Robert Brown a surtout étudié le phénomène dans les Orchidées et les Asclépiadées, dont les organes sexuels , fort différens de ceux des autres plantes pour la conformation , présentaient bien des obstacles particuliers à l'observateur , mais lui faisaient espérer, en revanche, d'arriver à des notions plus positives , qu’en effet ils ont procurées, Après avoir
observé avec soin la pénétration des utricules polliniques dans
le tissu cellulaire conducteur, Brown trouva des utricules semblables , sans connexion avec aucun grain de pollen, d'abord au voisinage du stigmate, puis à une profondeur de plus en plus considérable dans le tissu cellulaire conducteur ; » il put même les suivre jusqu'aux œufs, et plusieurs fois, sur + des plantes diverses, il les vit distinctement communiquer avec le micropyle. Il n'aperçut plus de grains dans ces utricules isolés , ou n’en vit qu'un petit nombre, dont le volume était, en outre, moins grand. D'après cela, il présuma que les + utricules se séparent peu à peu des grains polliniques, dont » ils sont la continuation immédiate, et que, pendant le trajet À qu'ils exécutent à travers Le tissu cellulaisé conducteur, pour aller gagner les œufs, ils sont, comme d’autres parties végéta-» les, nourris par les granulations contenues dans leur intérieur. Des recherches ultérieures firent cependant naître des doutes # dans son esprit. Lorsqu'il avait mis un petit nombre de grains polliniques en contact avec le stigmate d'une Orchidée , peu de. temps après la pénétration de leurs utricules , il trouvait, à + une plus grande profondeur, plus deu détachés # ‘14 n'aurait pu en provenir des grains de pollen , parce que, dans ces vépétaux , chaque grain ne produit qu'un seul utricule, constamment simple. Il lui sembla même que le nombre des . utricules allait en augmentant à mesure qu'ils se rapprochaient davantage des œufs. Ge fut alors qu'il remarqua aussi, entre les utricules libres et ceux qui étaient en connexion avec les. grains polliniques , des différences qui ne pouvaient d’ailleurs se révéler qu'à l'œil d'un observateur aussi exercé. Il acquit la conviction que ces utricules libres, appelés par lui tubes muqueux , n'existent point avant la pénétration de ceux du pollen , qu'ils apparaissent d'abord au voisinage immédiat des grains polliniques , et que peu à peu ils s’avancent jusqu'aux œufs, avec lesquels ils finissent par entrer en contact. «Il est donc possible, ajoute-t:il, que l’origine des tubes muqueux
» se rattache entièrement au pollen, mais qu'ils proviennent » moins d’une simple prolongation des tubes polliniques pri-! » mitifs, que d'un accroissement de leur nombre, dont je ne
» me hasarderai point à expliquer le mécanisme. »
Ca
du
5° Ainsi, On a trouvé , dans les canaux intercellulaires du tissu cellulaire conducteur, une voie allant du stigmate aux ovaires, non pas pour le pollen lui-même, mais seulement pour la fovilla. Ce qui laisse beaucoup de prise au doute | c'est de savoir jusqu'où et de quelle manière la fovilla suit celte voie. Nous sommes certains que les utricules polliniques qui pénètrent dans le stigmate sont beaucoup trop courts pour atteindre jusque dans l'ovaire sans se séparer des 9Trains du pollen. L'opinion de Brongniart, qu'ils s'ouvrent à leur extrémité , et laissent échapper la fovilla, n’est qu'une pure hypothèse, et si ce botaniste croit avoir retrouvé les granulations de la fovilla épanchées dans les canaux intercellulaires ; c'est seulement une preuve de l'empire que l'hypothèse première exerçait sur son imagination , puisqu'on aperçoit des grains semblables dans les parties végétales les plus diversifiées. Les tubes muqueux que Robert Brown a vuss’avancer du stigmate vers les œufs et entrer en contact avec ces derniers, paraissent aussi , d'après ses observations ultérieures, diftérer des utricules polliniques. Mais s’ils sont , comme les apparences portent à Le croire, les conducteurs de la fovilla, cette circonstance ne s’opposerait en rien à la pénétration matérielle de celle-ci dans les œufs eux-mêmes. puisque, partout où des parois de cellules végétales se touchent, le liquide intérieur transsude sans obstacle à travers les membranes; or, des observations certaines démontrent que ces utricules tou- Chent aux œufs.) (4)
Il. Des doutes s'élèvent contre l'hypothèse suivant laquelle le sperme de l'homme et des animaux pénétrerait en substance jusqu'à l'œuf, à travers la matrice, l'oviducte et l'ovaire. Pat
4° L’oviducte devrait alors se mouvoir suivant deux directions opposées, puisqu'il est constant qu'il conduit la sub- Stance procréatrice de l'ovaire à la matrice. Cette double direction n'est pas vraisemblable. Cependant elle n’est pas non plus inadmissible , puisque l'œsophage des Ruminans pousse le bol alimentaire tantôt de haut en bas, et tantôt de bas en haut. |
(4) Addition d’'E, Meye.
2° Mais la structure rend un tel mouvement fort peu probable. Si les Moules avaient réellement une fécondation réciproque, ce serait à la seule condition que le sperme touchât l'ouverture génitale externe de l’autre individu ; car on n’apercçoit pas comment il pourrait pénétrer jusqu’à l'ovaire ($ 68, 2°). On ne peut point admettre que les quelques gouttes de semence des Oiseaux arrivent jusqu’à l'ovaire en parcourant un oviducte long et replié sur lui-même (1). Le sperme éjaculé ne peut pas non plus franchir les longs oviductes arqués et contournés d’un grand nombre de Mammifères , par exemple des Cochons d'Inde. L'orifice de l’oviducte est extrêmement petit, en partie fermé par des cotylédons, ou même, comme d’autres canaux excréteurs, par des valvules, de sorte que rien ne peut passer, de la matrice dans la trompe , par exemple chez les Lapines , les Lièvres, les Truies (2) : Hausmann n’a même pas pu faire pénétrer l’air de la matrice dans la trompe, chez la Truie. D'ailleurs, la trompe n’est pas en ligne droite avec; l’orifice vaginal de la matrice, mais forme un angle avec elle ; le sperme doit se perdre dans la matrice, où redescendre vers son ouverture. La partie de l'oviducte qui se rapproche le plus de la matrice est moins large que celle qui regarde l'ovaire : c'est donc, suivant toutes les probabilités, de ce dernier seul que part le mouvement. = 8e Ni Hausmann, ni aucun autre observateur n’a trouvé de sperme dans les oviductes. Prevost et Dumas n’en ont pas rencontré, chez des Chiennes, pendant les premières 'vingtquatre heures qui succédaient à l’accouplement ; trois ou quatre jours après, ils ont observé parfois quelques animalcules, .Spermatiques, mais en petit nombre , et jamais aucun dans: le voisinage de l'ovaire (3).
l° Comme il résulte des observations de Haïghton ($ 291, 4°) que la section des oviductes, faite quatre heures après l'ac£. couplement, empêche la fécodation , il faudrait que le! sperme pénétrât plus tard. Cruikshank (4) a aussi trouvé les!
(A) Graaf, De mulier. org. generat. inservient., p. 347. (2) Tbid., p. 346. — Oken, Die Zeugung, p. 73.
(3) Froriep , Motisen , t. XX, p. 480.
(4) Philos. Trans, 1797, p. 183.
| MODE DE LA FÉCONDATION. 199 oviductes dans leur situation ordinaire , €t Sans mouvement , immédiatement après la copulation.
5° En supposant que le sperme traversât les oviductes, il faudrait, pour arriver jusqu'à l'œuf, qu'il transsudât encore à travers le péritoine, la membrane de l'ovaire, et celle de sa vésicule , puisqu'il n'y a point Rà de voie qui lui soit ouverte.
Home (1) admet bien une voie, en prétendant que le COrps jaune est une substance glanduleuse qui forme l'œuf , s'ouvre
à la maturité, et laisse cet œuf à découvert, de manière que le sperme peut arriver jusqu’à lui. Mais c’est là une hypothèse insoutenable , comme nous le verrons ailleurs en étudiant le Corps jaune.
Apercevant bien les obstacles qui empéchent le sperme d'arriver jusqu'à l'ovaire , mais persuadé néanmoins que la fécondation ne peut pas s’opérer ailleurs que dans cet organe, on eut recours, pour l'expliquer, à deuxshypothèses , celle d’une aura et celle de l'absorption.
IIT. Suivant Schneesass (2), il se dégage du mélange de sperme et de mucus utérin une aura seminalis, qui monte le long des oviductes, et qui , d’après Kuhlemann (3), pénètre à travers les membranes de l'ovaire. Parsons (4) pense aussi que le sperme s'écoule par le vagin , et que son aura seule arrive aux ovaires , comme chez les plantes à travers le pistil, qui ne peut non plus conduire aucune matière à l'ovaire Végétal. Mais les observations rapportées précédemment CS 290 , 1) combattent cette hypothèse. Cependant ce n’est Pas une véritable vapeur, c’est le véhicule mappréciable à nos sens d’une force agissante, qu’on se figure quand on prononce le mot d'aura. On reconnait un principe idéal , qui agit dans le monde phénoménal, et l'on croit pouvoir expliquer cette activité par le moyen d'une chose intermédiaire dont l'admission répugne à la raison , Puisqu'’elle doit être A Corps non appréciable aux sens et un esprit matériel $ puisque son existence ne peut point être démontrée par l'ob-
(4) Lectures on Comparative anatomy , t. III, p. 294,
(2) Ueber die Erzseuguny, p. 417.
(3) Obs. quædam circa generationis negotium, p. 32,
(4) Philosophical observations, p. 66.
servation. Avec de pareilles hypothèses hyperp hysiques , l'imaoination à un champ libre, et il est permis à Millot, par exemple, de nous dire que l'aura seminalis est une émanation spiritueuse et éthérée du fluide nerveux (1). Quant à l'expérience, on dit que Mondat à reçu le sperme de Chiens dans l’orifice d’un entonnoir recourbé, dont le tube, long de dix pouces , s’enfonçait de trois à quatre pouces dans le vagin de Chiennes en chaleur, et que, dix-huit fois sur trente, la fécondation a eu lieu (2) ; un tel fait est trop peu digne de foi pour qu'on s’y arrête.
IV. Gaspard Bartholin , Perrault et Sturm avaient déjà prétendu que le sperme passe dans le sang. Cette hypothèse a été développée, dans les temps modernes, par Grasmeyer surtout ; suivant lui, la partie volatile et essentielle de la semence est absorbée par les vaisseaux lymphatiques du vagin , qui n’a. pas d’autre destination que Îde remplir cet office (3) ; mêlée ensuite à la masse des humeurs, elle y déploie son activité , à la manière d’un principe contagieux qui rencontre un organisme prédisposé (4), et non seulement elle détermine un état fébrile, mais encore, en vertu des lois de l’affinité spécifique, elle se rend à l'ovaire par l'artère spermatique , à peu près comme le virus rubéolique se jette sur les poumons , ou celui de la scarlatine sur la gorge (5); enfin, en, se mêlant avec la liqueur d’une vésicule , elle produit le germe du fruit (6). La même opinion a été émise par deux anonymes (7) et par Hoœsch (8); ces écrivains alléguaient que le sperme s'annonce , chez l'homme lui-même, comme une substance trèspénétrante, que le vagin fait preuve , dans l'infection syphilitique, d’une grande force absorbante, favorisée encore par ses nombreux plis, et que la fécondation détermine
(4) Millot, l'Art de procréer les sexes à volonté, p. 69.
(2) Gerson , Magazin des auslændischen Literature , t. I, p. 303.
(3) De conceptione et fœcundatione humiana, p. 22:
(4) Ibid., p. 31.
(5) Zbid., p. 39.
(6) Jbid., p. 22:
(2) Betrachtungen ueber die Schwængerung. Zittau, 4791, iu-8°. — Einzsiy mœægliche Zeugurystheorie. Berlin . 4792, in 8°.
(8) Versuch einer neuen Zeugunystheorie. Lemgo, 1801, in-8°.
des changemens dans l'organisme entier. Mais il est contraire à toute analogie qu'une substance qui exerce une action générale ne soit admise que par les vaisseaux lymphatiques d'un seul organe; la section des oviductes ($ 291, 1°-3°) ou de la matrice ($ 291, IIT ) ne devrait point alors mettre obstacle à Ja fécondation ; enfin il n’y a pas une seule preuve directe en faveur de l'absorption. Henschel à bien vu des fruits se former sur une grappe de Ricinus communis dont il avait enlevé les fleurs mâles, et à la tige de laquelle il avait inoculé Le pollen ; mais des fruits se développèrent également dans d’autres cas sans que cette espèce d'inoculation eût été pratiquée.
$ 293. Si, d’après tous ces faits, nous sommes obligés de renoncer à l'hypothèse que le sperme parvient à l'ovaire, l'analogie nous autorise à conjecturer que , dans la fécondation intérieure absolue, comme dans la fécondation extérieure ($274, 1°), le produit de l'ovaire va au devant du sperme. La question alors est de savoir où ces deux substances se rencontrent dans l’intérieur du corps de la femelle.
I. On présume que la rencontre a lieu dans les réservoirs en forme de vésicules qui, chez beaucoup d’animaux peu avancés en organisation, s'ouvrent à la partie inférieure des organes génitaux. Ainsi, chez les Mollusques, cette vésicule pourrait être un réservoir pour la semence de l’autre individu, qui rencontrerait ensuite les œufs à leur sortie. Dumas a trouvé, en effet, des animalcules spermatiques dans la vésicule à long col des individus qui jouaient le rôle de femelle. Cependant la présence de ces Entozoaires dans un organe de Mollusques ne prouve rien ( 8 68, 4°), et le réservoir dont il s’agit est la vessie urinaire, comme l'a démontré Treviranus (1). Swammerdam , Bonnet, Hérold (2) et autres ont soutenu que l’une des vésicules précédemment indiquées (S 103 ), qu’on rencontre chez les femelles des Insectes, est un réservoir de sperme. Hunter, ayant pris les œufs de femelles qui ne s'étaient point encore accouplées, les toucha avec un pinceau trempé dans le liquide de la vésicule d’une
(4) Zeitschrift fuer Physiologie , t. 1, p. 52. (2) Entwichelungsyeschichte der Schmetterlingen , p. 7.
femelle qui avait reçu les approches du mâle, et quelques uns d’entre eux se développèrent, quoique d’autres demeu- rassent infécondés (1). Meinecke allègue , en faveur de cette opinion (2), qu'après l’accouplement la vésicule contient toujours un liquide blanc et visqueux , qu’on ne rencontre pas auparavant, non plus qu'après la ponte : cependant il ne put réussir à féconder avec son secours des œufs déjà parvenus dans l’ovicanal. Huber a trouvé, chez les Abeilles, que la portion rompue du pénis était logée dans la vésicule. Audouin prétend (3) que cette vésicule reçoit, chez les Insectes en général, le pénis, dont la partie cornée y reste, et que les œufs sont fécondés à mesure qu'ils passent devant son orifice. Il signale le développement considérable de cétte vésicule, qui, dans le Drilus flavus, par exemple, est plus volumineuse que le mâle , et vingt fois plus grosse que le pénis (4). Quoi qu'il en soit, l'hypothèse elle-même est peu admissible ; car
a. Les vésicules font presque toujours un angle avec l’ovicanal. Il paraît donc que le pénis n’y pourrait arriver qu'à la faveur du hasard, comme dans le cas dont parle Mursinna (5) d'un homme qui, ne pouvant pénétrer dans le vagin, se fraya peu à peu une route dans la vessie. Mais, une fois que le pénis d'un insecte se serait fourvoyé dans la vésicule, il devrait , à cause du coude décrit par cette dernière, se briser dans les efforts de l'animal pour quitter la femelle. Il resterait donc encore à savoir si la vésicule de tous les Insectes femelles contient le pénis après l'accouplement, ou si ce n’est pas seulement dans quelques cas particuliers qu'on l'y rencontre. Enfin il faudrait être certain que ce qu'on trouve dans cet organe est bien réellement toujours une partie du mâle. Meckel y a rencontré quelquefois un corps solide qui pouvait n'être qu'un grumeau. Suivant Nitzsch (6), la vésicule de Ia fe-
(1) Home, Loc, cût., €. IIT, p. 370.
(2) Der Naturforscher, t. IV, p. 415. *
(3) Annales des sc, nat., t. IT, p. 281.
(4) Ibid, p. 454.
(5) Stark, Archiv fuer die Geburtshuelfe, t, V, p. 153. (6) Germar, Magasin der Entomologie, t. IV, p. 281.
melle du Psocus pulsatorius contient des cryptes globuleuses, qui sécrètent un liquide blanchâtre , et versent cette humeur par d'étroits canaux excréteurs contournés sur euxmêmes, au moyen desquels elles tiennent au conduit de l’organe comme par autant de pédoncules. Cette intéressante découverte met dans le plus grand ieut, la’ destination qu'ont à remplir les vésicules.
b. Chez plusieurs Insectes , les Abeilles et les Guêpes, par exemple , la vésicule naît d’un vaisseau terminé en cul-desac, et, à en juger d'après les règles de l’analogie, elle a tous les caractères du réservoir de l'humeur sécrétée dans ce vaisseau.
€. Voilà pourquoi on trouve quelquefois des vésicules analogues chez les mâles, par exemple dans le Carabus monilis (1).
d. Il s’en rencontre aussi chez des animaux qui n’ont qu’un accouplement extérieur, ou qui mêmene s’accouplent pas, chez les Holothuries, les Lombrics, etc.
e. Dans certains Insectes, la vésicule est implantée à une grande hauteur des oviductes, de manière que le pénis ne peut point y parvenir.
f, Chez d’autres, elle a un canal excréteur long et flexueux, à travers lequel il serait difficile au pénis de pénétrer.
#. Chez d’autres encore, par exemple le Syrphus tenax , elle manque entièrement, ou bien, comme dans les Phalènes, elle aboutit:à l'extérieur (2).
h. Quand bien même elle contiendrait de la semence , on ne s’expliquerait pas comment chaque œuf pourrait être fé : condé par cette dernière à son passage dans l'oviducte. Comment le sperme pourrait-il se diviser à tel point, que, sur quatre cents œufs, trois cents au moins entrassent , chemin faisant , en contact avec lui ?
i. Les observations d'Hegetschweiler nous apprennent que les œufs des Insectes ont déjà dans l'ovaire une coquille so-
(4) Ramdohr, dans Magazin fuer die neuesten Entdechungen, € I, p. 224.
(2) Nov. Act. Nat. Cur,, t, XII, pe 621.
lide et coriace, de sorte qu'on entrevoit moins encore, d'après cela, comment le sperme pourrait arriver dans leur intérieur.
Fabricius attribuait la même fonction, chez les Oiseaux, à la bourse qui porte son nom, opinion que Harvey a déjà combattue. En effet, cette bourse s'abouche dans le cloaque, et l'œuf, quand il arrive dans celui-ci , est déjà rendu impénétrable à la fécondation par la membrane testacée et par la coquille calcaire. La bourse , en outre, est plus volumineuse chez les Oiseaux très-jeunes que chez ceux qui sont déjà propres à procréer, et plus aussi chezles mâles que chez les femelles (1). Elle ne fait donc point partie des organes génitaux (2), et l'on doit plutôt la considérer , avec Baër, comme le sommet de la vessie, d'autant mieux que Berthold (3) y a rencontré de l'urine. |
IT. On admet la plupart du temps que le sperme arrive, chez les Oiseaux , dans la partie inférieure de l’oviducte, qu’on appelle utérus, chez les Mammifères et chez la femme, dans la matrice, et que là il rencontre l'œuf ou la substance procréatrice de la femelle. Nous allons examiner d’abord sil est bien démontré que ce phénomène ait lieu ( 1°), ensuite s’il est possible qu'il arrive dans tous les cas où s'effectue la fécondation ( 2°-6° ).
1° Ruysch a eu l’occasion de disséquer les cadavres de deux femmes qui avaient été assassinées peu de temps après l'acte vénérien. Chez l’une d'elles, il trouva la matrice fermée , et dans l’intérieur de cet organe, ainsi que dans les trompes, un liquide blanc, qu'il prit pour du sperme (4). Chez l'autre, la matrice et les trompes étaient en turgescence , et contenaient une liqueur avant la couleur et l'apparence du sperme (5). Bond trouva (6), chez une jeune femme qui s’était empoisonnée presqu’au sortir des bras d'un homme, une
(4) Spangenberg , Loc. cit., p. 33.
(2) Meckel, Archiv fuer Anatomie , A829 , p. 43. (3) Nov. Act. Nat. Cur., t. XIV, p. 911.
(4) Adversaria, t. VI, $ 4.
() Thesaurus anatom, , t. VX, $ 21.
(6) Froriep, Notisen ,t, XL, p. 327.
couche épaisse de semence à la paroi du col et du corps de la matrice. Verheyen observa, dans la matrice d’une Vache, un liquide qui ressemblait à du sperme. Ces observations sont en partie équivoques. Il était naturel d'admettre que le sperme pénètre dans la matrice; c’est avec l'esprit plein de cette Supposition que tous les anatomistes ont procédé à leurs recherches, et elle les portait à considérer comme du sperme tout liquide blanc ou visqueux qu'ils trouvaient dans la matrice et les trompes ‘quoiqu'il eût fort bien pu y avoir été sécrété. Mais ce qui rend ces observations plus douteuses encore, comme le fait remarquer Treviranus (1), c’est que Bartholin et Santorini disent avoir rencontré un liquide analogue à du sperme dans les trompes de femmes en couches.
De même que Leeuwenhoek, Prevost et Dumas (2) ont vu, dans la matrice de Lapines et de Chiennes, vingt-quatre heures après l’accouplement, des animalcules spermatiques, qui, du troisième au cinquième jour, existaient parfois aussi dans les trompes, quoiqu'en moins #rand nombre ” et diminuaient ensuite le sixième et le septième jours.
a. Treviranus rappelle que Buffon, Daubenton et Needham ont trouvé aussi des animalcules spermatiques dans la liqueur de femelles qui ne s'étaient point accouplées.
b. Le contraire est soutenu par d’autres observateurs. Harvey (3) fit accoupler plusieurs Gerfs, Chiens, Lapins et autres animaux, et, après avoir mis à mort quelques unes des femelles , ne trouva pas de sperme dans leur matrice, quoique les autres missent bas à l'époque ordinaire. Graaf (4) a vu la semence ressortir sur-le-champ du vagin des Lapines, quoiqu'elles fussent fécondées , et s'il en restait un peu, c'était en trop petite quantité pour qu'il fût possible de la recueillir. Haller (5), dans ses nombreuses expériences, n’a pu qu'une seule fois voir du sperme dans la matrice, quarante-Cinq minutes après l’accouplement. Kuhlemann en a trouvé, au bout de
(4) Biologie, t. III, p. 395.
(2) Froriep, Notisen , t. IX, p. 480.
(3) Exercit. de generat., p. 342.
(4) De mulier. org. generat. inservient., p. 407, 411, (d) Element. Physiolog., t. VIII, p. 49.
trois quarts d'heure à une heure et demie, dans le vagin’et l'orifice de la matrice, mais non dans l’intérieur de ce viscère (1); plus tard même, il n’y en avait plus nulle part (2). Hausmann n'en à point rencontré dans la matrice de Truies qui avaient reçu le mâle après un laps de temps qui a varié, suivant les expériences, de douze, vingt et trente-cinq minutes à dix-sept heures.
c. Comme les Lapines, les Truies, etc., en chaleur, ont coutume d'être fécondées par chaque accouplement, nous devons admettre, d'après ces faits , que le sperme peut arriver dans la matrice, que probablement même il y pénètre d'ordinaire, mais que ce n’est point là une condition nécessaire de la fécondation.
Forts de ces résultats, passons à l'examen de la possibilité de l'hypothèse, et pesons d’abord les difficultés qui s'élèvent contre elle (2°-5°), puis relatons les cas où elle est absolument inadmissible (6°).
Le sperme peut être poussé immédiatement par l'acte de la copulation (2°-4°), ou pénétrer après cet acte dans les organes intérieurs (5°).
Le premier cas suppose, d’un côté, que le pénis atteint jusqu’à l’orifice de la matrice , et que l’éjaculation se fait avec assez de force pour darder le sperme au-delà du cloaque ou du vagin (2°), d'un autre côté, que les oviductes ou la matrice ont une direction telle (3°), ou une ouverture placée de manière (4°) que cette liqueur puisse s’y introduire.
2° Le pénis manque chez la plupart des Oiseaux : le sperme passe du cloaque du mâle dans celui de la femelle, c’est-à-dire qu'il arrive, non pas immédiatement dans un canal étroit , mais dans une cavité ample, et l'orifice de l’oviducte est tellement petit, qu'on a de la peine à y introduire une sonde. L’éjaculation paraît donc insuflisante pour darder le sperme jusque dans son intérieur (3). A da vérité, il peut arriver dans la partie inférieure de l’oviducte, lorsque celui-ci se renverse
(1) Obs. circa negotium generat. in ovibus, p. 47. (2) Jbid., p. 19.
(3) Harvey, loc. cit, p. 22, 437,
sur lui-même dans le cloaque pendant {l’accouplement ; mais la route qu'il suit pour gagner les œufs à féconder n’en demeure pas moins obscure.
Chez les Mammifères , le diamètre du vagin est en général plus proportionné au volume du fruit qu’à celui du pénis (4). Dans les Lièvres, les Lapines, etc., sa longueur n'a pas le moindre rapport avec celle de la verge, en sorte qu'il serait difficile au sperme d'arriver jusque dans la matrice par l'éja- Culation. La même chose doit avoir lieu chez les animaux dépourvus de vésicules séminales, qui par cela même éjaculent avec moins de force.
Chez la femme, cette pénétration peut s’opérer. Comme le vagin et le pénis se correspondent sous le rapport de la longueur, et que l'éjaculation s'étend à quelques pouces, le sperme doit frapper l'orifice de la matrice avec une certaine force et y pénétrer, quand il est ouvert. Lorsque le membre viril est trop court et l’éjaculation trop faible, il n’y a ordinairement point de fécondation. Mais la brièveté du pénis parait ne nuire à cette derniére que quand elle exprime peu d'aptitude à la génération, et pouvoir être compensée par la vigueur de l'éjaculation : car on a une foule d'exemples de . femmes qui ont Conçu quoique, par crainte de la DRE ou . en raison d’un obstacle quelconque, le membre viril n’eût pas
été poussé au-delà du vestibule. Schuter, par exemple (2), à observé un cas de ce genre chez une jeune fille de quatorze ans, qui, bien qu’enceinte , avait conservé l’hymen, dans l’ouverture duquel on aurait eu de la peine à introduire un tuyau de plume. Dans une autre circonstance, l’accoucheur trouva le vagin tellement étroit, qu'il ne put y faire passer le doigt qu'en causant de grandes douleurs à la femme (3). Une jeune femme avait l’orifice du vagin bouché par une membrane tellement épaisse et si solide, que le mari contracta un paraphimosis dans ses vains efforts pour la détruire, et cependant cette femme devint enceinte, mais elle ne put accoucher qu'après
(2) Cuvier, Anat. comp. t. V, p. 433.
(2) Rust, Magazin fuer die gesammte Heilkunde , t. XIX , p. 482, (3) Dict, des sc. méd., t, IV, p. 460.
qu’on eut incisé la membrane (1). Walter a trouvé , chez une femme enceinte , des adhérences telles que le vagin n'admettait même pas le bout du petit doigt (2); chez une autre, l'entrée de ce canal était bouchée, au devant de l'hymen, par une membrane contre nature, qui ne permettait qu'avec peme d'introduire le bout du petit doist , en le tournant de haut en bas et d'avant en arrière (3). Une femme à bassin mal conformé avait été si maliraitée dans un précédent accouchement, que son vagin était réduit à un canal admettant seulement une sonde de petit calibre ; cependant elle redevint enceinte, son mari ayant fini par se frayer une voie dans l’urètre (4). Dans un autre cas, l'accouchement ne fut praticable qu'après qu’on eut détruit les adhérences {5). Il fallut, au moment où une femme éprouvait les douleurs de l'enfantement , inciser l’hymen qui laissait à peine passer le doigt (6). Plusieurs cas semblables ont été rassemblés par Voigtel (7). 3° Il serait nécessaire , pour que l'injection pût avoir lieu, que l'orifice de la matrice fût en ligne droite avec celle du pénis. Mais, chez la femme, la matrice forme un angle avec le vagin , de sorte que le sperme est plutôt dardé sur les lèvres que sur l'ouverture. Ce cas arrive à bien plus forte raison encore lorsque la matrice est oblique ou inclinée en avant, lorsqu'elle fait prolapsus, lorsque des tumeurs qui en naissent pendent dans le vagin, ete., et cependant la grossesse n’est pas rare en pareilles circonstances (8). Chez une femme qui manquait de vulve, et dont le vagin s'ouvrait dans l'anus, c’est par celte ouverture qu’avaient lieu les règles, l’accouplement et la parturition (9). Des cas analogues ont été ob-
(4) Betrachtungen ueber die Geburtstheile des weiblichen Geschlechts, $ 43.
(2) Abhandlungen der Schwedischen Akademie , t. XX, p. 480.
(3) Ibid, $ A4.
(4) Mursinna, dans Stark , Archiv fuer die Geburtshuelfe , t. V, p. 449.
(5) Ibid, t. IL, p. 71.
(6) Medicinisch-chirurgische Zeitung, 1825 , t. TIT, p. 463.
(7) Handbuch der pathologischen Anatomie , t. IT, p. 433-437.
(8) Osiander, Handbuch der Entbindungshunst , t. T, p. 280.
(9) Louis, De partium externarum generation inservientium. Paris, 4754, in-40.
servés par Huxham (1) et Rossi (2). Dans l'hypospadias et l'épispadias, comme le sperme ne fait que couler à la surface du pénis, il ne peut ni atteindre le fond du vagin avec la force nécessaire, ni rencontrer l'ouverture de la matrice dans la direction convenable pour y pénétrer ; on connaît pourtant plusieurs exemples d'hommes atteints de ces infirmités qui sont devenus pères, et tous les doutes à cet égard cessent dans les cas au moins où le vice de conformation a été héréditaire (3). | =
Dans les Lapines , les Lièvres, etc., la matrice a deux ouvertures , et comme le pénis n’est point fendu , le sperme doit être lancé contre la paroi qui sépare ces deux orifices.
4° L’orifice de la matrice de l’Ours est entouré d’un cercle de plis du vagin qui ressemblent à des crêtes, et l'emboîtent presque , de manière que les plus grands obstacles s'opposent à la pénétration du sperme (4). Dans le Kanguroo, les orifices de la matrice proprement dite sont complétement fermés et imperceptibles avant la parturition , de manière que le sperme ne pourrait pénétrer que par les conduits latéraux (5); mais les ouvertures de ceux-ci traversent obliquement la paroï du vagin, comme les uretères celle de la vessie, de sorte qu'ils ne peuvent qu'expulser et non recevoir du dehors (6). En général, chez les Mammifères, par exemple les Brebis (7) et les Biches (8), le col de la matrice est cartilagineux et l'ouverture tellement close qu’on ne peut y soufller de l'air. Il faudrait donc admettre que cet orifice s'ouvre par une activité propre. Ge qui semblerait l'annoncer, c'est l'écoulement muqueux qu’on observe quelquefois chez les femmes pendant une copulation féconde , et qui parait venir de la matrice. Il
(4) Philos. Trans., n° 379, p. 408.
(2) Gerson, Magazin des auslændischen Literatur, t. XV, p. 703.
(3) Osiander, Loc. cit. t. I, p. 254. — Dict. des sc. méd., t. IV, p. 462 ; t. XXI, p. 412. — Hufeland, Journal der praktischen Heilkunde , t. XVII, p. 9.
(4) Cuvier, Anat. comp. t. V, p.131.
(5) Home, Lectures on comparative anatomy , t. IT , p. 347.
(6) Blainville, dans Bullet. de la Soc. philom., 4818, p. 25.
(7) Kuhlemann , loc, cit., p. 7.
(8) Harvey, loc, cût., p. 299.
ne nous est pas possible d'acquérir des notions précises à cet égard; comme on a observé une sensation particulière au moment de l’éjaculation, peut-être la fécondation tient-elle, ainsi que le pense Grasmeyer (1), à la simultanéité de l'épanchement dans les deux sexes ; mais cette condition supposerait une harmonie dans le caractère intime de la vie des individus , qui peut-être expliquerait pourquoi l'on voit des personnes se montrer stériles dans certaines unions conjugales et dans certains temps, tandis qu’elles se propagent en d’autres momens et dans d’autres liens. Cependant il n’est point prouvé encore que toute fécondation doive s'accompagner d'un épanchement chez la femme.
Certaines femmes n’éprouvent rien de semblable, et l'on ne peut pas démontrer qu'il ait lieu sans se manifester par une sensation quelconque. On ne saurait supposer une ouverture permanente : Car, comme le dit Hœsch, toutes les fois qu'on à disséqué la matrice avant et après la copulation, on l'a trouvée fermée , sans le moindre mouvement, sans le plus petit changement (2). L'épanchement en question ne peut donc tenir qu’à l’ouverture momentanée de l’orifice extérieur; mais , pendant que le mucus s'écoule de cette manière, le sperme ne peut point pénétrer , les deux liqueurs doivent se mêler ensemble dans le vagin ; une fois le moment passé, il n'y a plus de force qui pousse le sperme, et de plus l'orifice s’est incontestablement refermé.
5° Il y a fort long-temps déjà qu'on a pensé qu'après l’accouplement la matrice s'emparait peu à peu du sperme, par une activité vitale qui lui est propre. Blundell (3) croit l'avoir démontré par l'observation; il a reconnu que, chez les Lapines , la matrice et surtout le vagin sont agités d'un vif mouvement péristaltique, et que le vagin ne reste jamais en repos pendant le rut; que sans cesse il se raccourcit et s’allonge, se dilate et se rétrécit; qu'il s'applique quelquefois d'une manière intime à l’orifice de la matrice, et que quand
(4) Loc. cüt., p. 9.
(2) Versuch einer neuen Zeugungstheorie , p. 87, 96. (3) Lesearches physiological and pathological , p. 54.
une excitation extérieure agit sur lui, il éprouve une contraction assez forte pour se réduire aux deux tiers de son diamètre ordinaire. Mais un pareil mouvement ne peut être admis que chez des animaux dont les organes auxquels il se rapporte ont la forme d’intestin et sont manifestement pourvus de fibres musculaires; on ne saurait l'admettre chez la femme , dont la matrice ne déploie pas une activité vitale si prononcée avant là grossesse.
Il n’est pas vraisemblable non plus qu'une partie aussi yolumineuse que le col utérin puisse absorber et faire cheminer quelques souttes de sperme, tandis que partout ailleurs non seulement on voit régner une proportion entre la masse à mouvoir et le diamètre des canaux conducteurs, mais encore l'absorption ne s'exerce généralement que sur des quantités notables de liquide. En outre, la fécondation s'opère dans des circonstances où cette activité vitale n'a point lieu à la partie inférieure de la matrice, par exemple dans le cas de fissures au museau de tanche ou au col, produites par un accouchement antérieur, et encore à vif, oucicatrisées, de même que dans ceux d’induration et de squirrhosité de ces parties (1).
Enfin si le sperme était absorbé par l’orifice de la matrice et conduit dans l’intérieur du viscère, celui-ci éprouverait directement aussi les effets de l'infection syphilitique, et deviendrait le siége d’affections vénériennes primitives, ce qui n'a jamais lieu.
6° Mais il y a des cas aussi où la réception du sperme, soit dans la matrice, soit, chez les Oiseaux, dans la partie inférieure de l’oviducte, était absolument impossibie , et où cependant la fécondation s’est opérée. Hausmann fit accoupler une Dinde qui avait déjà un œuf non fécondé dans ce qu’on appelle l’utérus ; cet œuf, qui se montra non fécondé, fut pondu au bout de vingt-quatre heures ; il avait dû s'opposer à l’entrée du sperme versé dans le cloaque, puisque tout œuf parvenu à maturité remplit complétement la portion de l'oviducte à laquelle on donne le nom d'utérus ; cependant la Dinde pondit,
(1) Osiander, Zoc, cit, 4, T, p. 281.
quarante-huit heures après, un œuf fécondé, et, pendant l'espace de douze jours, elle en donna sept encore, également féconds. Une femme, qui souhaitait avec ardeur d'avoir un enfant, devint enceinte , quoique son vagin fût oblitéré par des adhérences au dessus de l'orifice de l’urètre ; après trois jours de douleurs pour accoucher, l'adhérence se rompit, et l’accoucheur dilata la déchirure , ce qui produisit une forte hémorrhagie ; la parturition eut lieu, mais la femme succomba six heures après (1). Une autre, qui, pendant ses couches , avait été atteinte d'une inflammation de matrice , éprouvait depuis lors des douleurs à chaque époque des règles, qui ne consistaient plus qu’en quelques gouttes de sang; au bout de sept années, elle redevint enceinte; au moment d’accoucher, elle ressentait depuis trois jours des douleurs sans résultat, lorsqu'on découvrit que l'ouverture de la matrice était obstruée par des adhérences, qu'il fallut détruire avec l'instrument tranchant pour frayer:un passage à l'enfant (2). Une femme , qui cependant était robuste et bien portante, n'avait eu ses règles que fort tard, et l'écoulement était fort peu abondant, car il consistait tout au plus en une dizaine de gouttes de sang; après onze années de stérilité , dans les liens d’un premier mariage , cette femme devint enceinte la seconde année d’une seconde union ; au moment de la parturition, deux sages-femmes et deux accoucheurs, Dietrich et Bœnisch, trouvèrent le segment inférieur de la matrice saillant dans le vagin, sous la forme d’un corps globuleux et sans ouverture; après quatre jours d'inutiles douleurs, s'étant bien convaincus par des explorations répétées, qu'il ne s'agissait pas seulement d’une obliquité de la matrice , les hommes de l’art pratiquèrent une incision à cet organe : il ne sortit d'abord que du sang pur, mais bientôt on vit saillir la poche des eaux, qu'il fallut ouvrir aussi; l'ouverture pratiquée par l'instrument persista après la parturition , et les règles reprirent leur,caractère normal (3). Dans un autre cas,
A) Philos. Trans.,t. XX, p. 56.
(2) Meissner, dans Siebold , Journal fuer Geburtshuelfe , &. IV, p. 385. (3) Berger, Analecta ad theorium de fœtus generatione , p. 8.4
la forme totale de ia matrice ne permettait pas de douter qu'elle ne fût originairement adhérente ; cependant la fécondation eut lieu , et l'enfant se développa dans la cavité abdominale, où on le trouva pétrifié après la mort, qui n'eut lieu que dans un âge avancé (1).
Breschet (2) et Carus (3) ont également observé des cas où les orifices utérins des trompes étaient oblitérés, quoique la grossesse eût eu lieu.
7° D'après tous ces faits réunis , il paraît donc être certain que le sperme peut arriver dans la matrice, mais que la condition indispensable de la fécondation est la simple ren contre du liquide avec la partie inférieure de l'organe qui fait saillie dans le vagin, et non sa pénétration dans la cavité même. On peut croire que, comme l'eau élémentaire ($ 287, 4°) et le mucus organique ($ 290, 3°) sont les conducteurs de la fécondation dans l’accouplement extérieur , de même aussi ce rôle est rempli par le mucus sécrété dans la matrice. A l’aide de cette hypothèse, on s'explique la fécondation de certains animaux inférieurs, par exemple des Lombrics À pendant l’accouplement desquels l'ouverture mâle d'un individu, celle par laquelle sort le sperme, se trouve à une grande distance de l’orifice des oviductes de l'autre individu . mais où l'on voit aussi se répandre sur la peau turgescente une mucosité blanche et écumeuse, qui peut servir de conducteur au sperme (4).
it Epoque à laquelle s'opère la fécondation.
$ 294. Quant aux circonstances qui se rapportent au temps, deux cas sont possibles; la fécondation a lieu au moment de l’accouplement, et surtout de l'éjaculation du sperme, par suite de laquelle une des vésicules de l'ovaire crève ; ou bien elle s'opère plus tard, et d'une manière insensible , la sub-
Stance procréatrice de la femelle venant au devant de la fé condation.
(4) Carus, Lehrbuch der Gynæhkologie , t, 1, p. 405.
(2) Harles , Jahrbuecher der teutschen Modicin » t. VIIL, cab. 3, p. 64. (3) Zur Lehre von Schwangerschaft und Geburt, t. I, p. 53.
(4) Leo , Diss, de structuya lumbrici terrestris , p. 22,
Il, 14
I. La première opinion paraît être la plus conforme à la nature. |
1e Elle a pour elle l'analogie de l’accouplement extérieur, puisqu'ici la fécondation est l'œuvre de l'instant dans lequel le sperme vient à étre.éjaculé et à entrer en contact avec lés œufs, de manière qu'on ne peut plus en détruire les effets par le lavage de ces derniers. La fécondation n'a lieu non plus que dans l'ovaire chez les plantes.
2 Cette hypothèse se concilie fort bien aussi avec nos idées généralés sur la génération. La fécondation est une exaltation de l’activité dans la substance procréatrice , qui éveille en elle une vie indépendante ; c'est donc une métamorphose intérieure, un changement des rapports dynamiques, que le pro duit du mâle détérmine dans celui de la femelle. Ces produits n’agissent que comme parties des organismes auxquels ils appartiennent , et en vertu de leur vitalité. Voilà pourquoi, à ce qu'il nous semble, l’exaltation de l’état intérieur de la substance procréatrice femelle par l'impression de celle du mâle, ne peut avoir lieu qu'au moment de la plus intime réunion ét de l’exaltation la plus vive de la vie des deux individus procréateurs. Les sensations qui accompagnent l'union des sexes et l'émission de la semence paraissent avoir pour but d'exalter la vie au plus haut point; elles seraient tout-àfait inutiles, et sans rapport. aucun avec l’organisation , si Ja fécondation avait lieu plus tard seulement et d'une manière insensible.
3° L'observation vient aussi à l'appui de cette hypothèse. Nous n'avons que les sensations de la femme pour nous éclairer sur les phénomènes intérieurs et immédiats de la fécondation; mais cette sensation particulière, qui ébranle l'organisme tout entier, et qui donne à certaines femmes l'intime conviction qu ‘elles sont fécondées , n'a lieu qu au moment de l'union des sexes. C’est le sentiment d'une vie qui jusqu'alors avait fait partie de l'organisme , et qui s’embrase tout à coup, comme un éclair; c’est celui d'une résolution de sa propre
vie en deux vies différentes l’une de l’autre.
Lo Comme , d'après cette hypothèse , l'ovaire est le lieu où
s'effectue la fécondation, c'est aussi dans cet organe qu'on en
MODE DE LA FÉCONDATION. 511 aperçoit les premiers phénomènes sensibles, savoir, le ponflement et la rupture des vésicules. |
5° Nuck lia l'un des oviductes d'une Lapine après l’accouplement, et y trouva ensuite un embryon au dessus de Ia ligature. À la vérité, on a prétendu que cette expérience avait été inventée à plaisir, sans alléguer Cependant d’autre motif qu'une opinion arrêtée d'avance: mais les grossesses extraüutérines sont des faits incontestables. La grossesse abdominale peut bien tenir à ce que l'œuf passe, avec le fruit, de la matrice dans la cavité péritonéale , par une déchirure du réservoir qui aurait dû le conserver ; mais, dans la plupart des cas, il n°; à eu ni aucune cause capable de déterminer une semblable déchirure , ni pendant la vie aucun des accidens qui ont coutume de l'accompagner, ni enfin après la mort aucune des traces qu'elle laisse à sa suite: cet état anormal doit donc dépendre de ce que l'œuf fécondé n’a point été reçu par l'oviducte. Il n’est pas rare non plus de trouver des fœtus dans Vovaire , dans les trompes, dans les parois de la matrice , cé qui constitue les grossesses ovarienne , tubaire et interstitielle. Ceux qui croient que la fécondation n’a lieu que dans la matrice, prétendent que, dans tous ces cas, l'anomalie provient de ce que, le sperme s'étant éparé dans les oviductes , la fécondation s’est opérée ailleurs qu'élle n’a coutume de le faire (4). Mais les causes et les phénomènes annoncent bien plutôt que c'est seulement un obstacle à l'entraînement de l'œuf qui a forcé l'embryon de se développer dans un lieu autre que celui qui lui est assigné par le couré naturel des choses. Bans plusieurs de ces Cas, en effet, la cause se rattache évidemment à une disposition organique anormale ; tantôt , les oviductes sont incomplétement développés , courts et sans franges, de manière qu'ils ne peuvent s'emparer de l'œuf, qui reste dans l'ovaire et s’y développe (2); tantôt là frayeur à pu occasioner une paralysie des oviductes , où une inflammation de l'ovaire , et faire naître ainsi un empêchement à l'admission de l'œuf dans l'oviducte.
(4) Oken, Die Zeugung, p: 77° (2) Gæssmann, De conceptione duplici, p: 46,
Une femme , par exemple, qui était très-ardente, fut surprise , immédiatement après avoir recu les embrassemens de son époux , par l’arrivée soudaine d’un étranger ; la révolution qu'elle éprouva fut long-temps à s'apaiser ; elle eut du malaise pendant la nuit, et, le lendemain, des coliques accompagnées d’une douleur fixe dans laine gauche, avec émis-. sion de caillots de sang et écoulement d’une sérosité sanguinolente ; elle tomba dans le marasme, au milieu de douleurs continuelles, et mourut à la fin du sixième mois; à l’ouverture du corps, on trouva dans l'ovaire gauche une tumeur, qui contenait un œuf , avec un embryon (1). Une autre, chez laquelle on observa une grossesse extra-utérine, avait été effrayée , au moment où elle commettait un adultére, par le bruit d'une clef que quelqu'un tournait dans la serrure de la porte (2). La même chose paraît pouvoir s'opérer chez les animaux : en ouvrant une Vache morte douze jours après avoir recu un coup de corne dans le foie au moment où le mâle venait de la quitter, Grasmeyer (3) trouva dans l'ovaire gauche une tumeur contenant une vésicule implantée dans le parenchyme, et dont la membrane, ferme et opaque, enveloppait un liquide trouble et puriforme. |
Il. L'hypothèse d’une fécondation opérée dans Ja matrice après l’accouplement, repose sur plusieurs argumens.
1° On s’est fondé sur ce que le sperme ne peut point pénétrer dans les vésicules de l'ovaire; mais nous avons vu précédemment ($ 293 ) que cette circonstance ne saurait être | considérée comme une preuve.
2° On à invoqué l'analogie avec la fécondation extérieure, | dans laquelle les œufs vont au devant du sperme. Mais la ! succession des phénomènes n’est pas ce qu'il y à d’essentiel dans la génération, et elle varie chez les diflérens êtres orr) ganisés. |
3e On s'est appuyé sur ce que des vésicules oyvariennes! crèvent, même sans accouplement, chez les femelles en cha-!
eur.
(4) Lallemand , Observations pathologiques , Paris 4825 , in-8°, p.41. (2) Dict. des sc. méd., t. XIX, p. 399.
(3) De conceptione , p. 44..
MODE DE LA FÉCONDATION. NS Mais, d'abord , les animaux à rut périodique sont les seuls chez lesquels nous trouvions des vésicules qui mürissent ainsi à une époque déterminée , parce que cette époque est celle aussi que la nature a fixée pour qu'elles reçussent la fécondation : c'est un degré intermédiaire entre l’accouplement extérieur et celui de l'homme, qui n’est point assujetti à la condition du temps. La femme n’a que trente vésicules ; elle deviendrait bientôt stérile, si ces vésicules crevaient ordinairement par le seul fait de l'appétit vénérien et sans fécon- “dation. Loin de là même , le détachement du liquide de la vésicule, dans l'état normal, paraît tenir à ce que la fécondation lui imprime un nouveau mode d'existence qui le met en possession d’une vie propre et indépendante (1). De même que dans toutes les autres fonctions, il y a également ici harmonie entre les divers momens entre lesquels la génération se partage; chez les Oiseaux et les Mammifères, la vé- ‘icule doit être fécondée à une époque déterminée, puis ‘crever ; si la fécondation vient à manquer, la rupture n’en peut pas moins s’eflectuer, parce que le cours normal de la vie y a déjà prédisposé la vésicule. De cette manière , la ponte d'œufs stériles ou la rupture de vésicules non fécondées paraît être une rétrogradation anormale vers la forme de vie propre aux Poissons et aux Reptiles.
En second lieu, il est de fait que fl’accouplement suivi de fécondation favorise la rupture des vésicules ($ 299 , 6°). Le changement nécessaire pour que Ce phénomène ait lieu , ne se passerait-il donc pas dans l'ovaire lui-même ? D’après Oken (2), la rupture dépend de la sympathie qui unit l'ovaire à la matrice excitée par le sperme; mais l'orgasme se manifeste d'abord dans l'ovaire et non dans la matrice. D'ailleurs, comment l'excitation secondaire, provenant de la sympathie, pourrait-elle être aussi forte ?
h° Prevost et Dumas (3) n'ont trouvé aucun changement encore dans l'ovaire des Lapines et des Chiennes , vingt-quatre
(4) Harvey, loc. cit., p. 410.
(2) Die Zeuguny, p. 211,244.
(3) Froriep, Notizen, t, IX, p. 180.
beures après l’accouplement, et ils concluent de là que la fécondation n'avait point encore eu lieu à cette époque. Mais on n'aperçoit non plus aucun changement dans l'œuf de la Grenouille , pendant la première heure qui succède à la fécondation, quoiqu'il soit déjà bien plus avancé dans son développement que ne l’est la substance procréatrice des Mammifères. |
5° Haighton empêchait la génération en coupant les oviductes quarante-huit heures après l’accouplement. Mais, si la fécondation consiste essentiellement en un changement intérieur, comme nous en avons la preuve directe dans l’œnf des Grenouilles, on conçoit sans peine que tout désordre survenu à éette époque dans l’activité vitale empêche la nouvelle vie de sortir de sa léthargie, et ne lui permette pas de se manifester par le produit qui annonce ordinairement son réveil.
6° Les ovaires sont très-lonss et contournés chez certains animaux , sans doute afin que l'œuf fécondé séjourne dans leur intérieur et s y perfecuonne. Si la fécondation n'avait lieu que dans la matrice , une pareille disposition ne ferait que la retarder, sans qu'on pût comprendre pourquoi.
7° Chez les Mammifères, l'œuf ne parvient dans la matrice qu'au bout de quatre à quatorze jours. Peut-on supposer qu'il soit demeuré complétement passif jusque-là , et qu’alors seulement une nouvelle vie s'éveille en lui? La Poule pond pendant quinze jours, après s'être accouplée ; est-il vraisemblable que le sperme reste si long-temps dans l'oviducte sans s’affaiblir, sans éprouver quelque transformation? peut-on acmettre qu'aujourd'hui il féconde un œuf, puis un autre au bout de quelques jours, etc.?
8° La Chienne s'accouple avec une vingtaine de Chiens dans l’espace de sept jours. Si la fécondation était le résultat d’une rencontre qui aurait lieu plus tard entre la substance procréatrice et le sperme, dans la matrice, les spermes des divers mâles devraient se mêler ensemble ; cependant les petits qui naissent ne sont pas d’un sang mêlé , et la race à laquelle ils appartiennent est surtout déterminée par le premier mâle dont la mère a reçu les approches ($ 301, 6°),
QUANTITÉ DE LA FÉCONDATION. 215 e Fécondation sous le rapport de la quantité.
$ 295. Passons maintenant à l'examen des circonstances qui se rattachent à la quantité.
1° Deux grains de sperme de Crapaud fécondérent cent treize œufs (1). La masse du sperme nécessaire est par conséquent fort inférieure à celle des œufs. Mais il suflisait aussi
| il à 12 de oo esrs00 Un 8rain, Ou de TS 156 720 cube de cette liqueur pour féconder un œuf (2). D'après cela, dit Spallanzani (3), le sperme ne saurait opérer la fécondation par nutrition, c'est-à-dire par communication matérielle , et il ne peut le faire que par stimulation, c’est-àdire par changement du rapport dynamique. Une grande partie de cette liqueur est donc superflue, et comme la fécondation s'effectue dans l’eau, il y a beaucoup de sperme perdu, qui n’est point mis en contact avec des œufs.
2° L'excédant du sperme ne rendait le développement ni plus complet ni plus rapide (4). Les œufs de Grenouille se développaient tout aussi bien, soit qu ’ils eussent été plongés en entier dans le sperme, A qu'ils n’eussent été mis en contact avec lui que par une partie de leur surface (5). Spallanzani mêla trois grains de sperme avec dix-huit onces d’eau, plongea la pointe d'une aiguille dans ce mélange, et en toucha un œuf sur un seul point ; la gouitelette adhérente à l'aiguille avait un cinquantième de ligne de diamètre , et celui de l'œuf était de deux tiers de ligne ; donc la proportion du volume du sperme fécondant et de l'œuf fécondé était environ comme 4 : 1,064,777,777 ; cependant les œufs furent tout aussi bien fécondés de cette manière, ils se développèrent aussi complétement , et avec tout autant de promptitude, que s'ils eussent été touchés avec du sperme pur (6).
de ligne
(4) Spallanzani , Exp. sur la générat., p. 429. (2) Tbid., p. 491.
(3) Ibid, p. 200.
(4) lbid., p. 495.
(5) Lbid., p. 174.
(6) Jbid., p. 490, 200.
Kœælreuter a faitdes expériences analogues sur les plantes (1); une certaine quantité de pollen était nécessaire pour féconder l'ovaire entier ; s’il en prenait moins, les graines se développaient aussi en moindre nombre , mais non d’une manière moins complète; s'il prenait dix fois plus de pollen que le besoin ne l’exigeait, cette circonstance n'influait ni sur le nombre ni sur le degré de perfection des graines.
3° Il n’y a non plus qu'un moment qui soit nécessaire à la fécondation, et tout le reste du temps est indifférent. Des œufs que Spallanzani plongeait pendant une seconde dans le sperme, pour les mettre aussitôt après dans l'eau pure, se développaient d’une manière aussi complète et aussi rapide que ceux qui étaient restés long-temps dans la liqueur séminale.
Le La quantité du liquide fécondant nécessaire paraît varier suivant les organismes. Dans le jalap , deux à trois grains de pollen suflisaient pour opérer la fécondation, et dans la vanille une seule anthère féconde jusqu'à huit mille vésicules, tandis que , dans une rose trémière, six à huit mille grains de pollen sont à peine suflisans pour amener un petit nombre de vésicules à se développer (2). Cependant il ne faut pas perdre de vue ici qu'une grande quantité de pollen se perd dans l’atmosphère, sans arriver au stigmate.
5° Il n’y a point de proportion fixe entre la quantité de la liqueur fécondante et le nombre des fruits qui sont produits. Dans l’AHibiscus syriacus(3), dix grains de pollen en fécondèrent trente. Les Boucs , les Chevaux, les Cerfs, les Beliers, ont beaucoup de sperme , et cependant ils n’engendrent qu'un seul petit. Les Chats ont, proportionnellement , très-peu de cette liqueur, et leurs petits sont toujours nombreux.
6 Le volume d’une vésicule de l'ovaire n’est pas toujours proportionné non plus à celui que l'œuf acquiert peu à peu. Ainsi , par exemple, les vésicules de la Lapme sont presque doubles de celles de la Vache.
(1) Perlœufige Nachrichi , p. 9.
(2) Link, Fon dem Baue der Gewæchse, t, 1, p. 378. (3: Kelreuter, loc, cif,, p. 9.
Je La Biche ne souffre les approches du mâle que trois fois pendant tout le temps qu’elle est en chaleur (1); la Truie l’admet trois ou quatre fois dans une journée, et se prête même encore à ses désirs le lendemain ; la Chienne se laisse couvrir jusqu’à trente fois. Un seul accouplement suflit rarement pour féconder la Vache ; l'acte a besoin d’être répété quatre à six fois dans l’espace d’une heure (2). Comme, en général, la femelle fécondée refuse le mâle ($S 241, 5° ), on se demande si le premier accouplement ne serait pas destiné uniquement à préparer les voies à la fécondation, en stimulant et exaltant l’activité vitale. Cependant il arrive fréquemment aussi qu’un seul acte suffit : le fait n’est pas rare chez la femme , et Hausmann l’a observé aussi tant sur des Truies que sur des Chiennes. Il paraîtrau donc que l’instinct qui pousse les femelles des animaux à s’accoupler plusieurs fois tient à ce que la congestion survenue dans les parties génitales n’est point dissipée par le premier acte, suivi ou non de fécondation, et qu'il a pour but d’assurer davantage cette dernière.
8° La durée de l’accouplement n'est point en rapport avec le nombre des petits. L'Oiseau ne s’accouple qu’un instant, et cependant il féconde un grand nombre d'œufs. Chez les Chiens et autres animaux, la longue durée de l'union des sexes parait tenir à ce qu'il n'existe pas de vésicules séminales, et à ce que, comme l'ont vu Prevost et Dumas (3) sur des
Chiens tués pendant l'acte , le sperme ne s'écoule qu'avec lenteur et goutte à goutte. Cependant Hausmann à séparé des Chiens accouplés, et remarqué que la femelle n’en mettait pas moins bas un petit ayant une ressemblance frappante avec le mâle qui l'avait couverte. Ainsi la longue durée de l’accouplement n’est au moins pas de nécessité absolue.
9 La fréquence des actes de copulation n’est nullement proportionnée au nombre des petits. D’un côté, des animaux qui ne mettent bas qu’un seul petit, comme la Biche, la Vache, s’accouplent plusieurs fois ; d’un autre côté, un seul accouple-
(4) Harvey, £xercit. de generat., p. 307.
(2) Meckel, Deutsches Archiv, t. VIIL, p. 433, (3) Annales des se. nat., t, I, p. 24.
ment peut engendrer plusieurs petits, comme on le. voit. chez les Poules, et comme Hausmann l'a observé sur des Truies et des Chiennes. Une Chienne qui n’avait reçu le mâle qu’une seule fois mit bas six petits (1).
1° Après une première fécondation une seconde est possible encore chez les animaux à matrice double , comme les Lièvres par exemple, dans l’une des cornes utérines desquels on trouve souvent un fœtus assez développé déjà, tandis qu'il | n y a encore dans l’autre qu'une ébauche d’embryon. Nous voyons fréquemment aussi les Chiennes mettre bas des petits de différentes races, ressemblant aux mâles qui se sont accouplés avec elles. | | Mais ici se présente la question de savoir si, chez la femme, dont la matrice est simple, les jumeaux se produisent simultanément ou à des époques différentes, et par conséquent si alors il y a ou non superfétation. L'inégalité de développement des jumeaux n’est pas une preuve qu'ils aient été engendrés en des temps différens, puisque souvent il saute aux veux que l’un a profité aux dépens de l’autre. Cette inégalité prouve surtout fort peu dans les cas où le plus petit embrvon arrive mort au monde, puisqu'il peut avoir péri avant l'accouchement. Il serait possible aussi que l'union des sexes eût fécondé plusieurs vésicules à la fois, maisà un degré inégal , de sorte qu'elles ne fussent point en état de se développer toutes avec la même rapidité (2); mais c'est une conjec-. ture que nous ne saurions admettre , d’après les faits qui ont été exposés plus haut ( 2°-3°). On a nié la superfétation parce que la matrice est close après la fécondation; mais cette clôture n’a pas toujours lieu (3), car l’accoucheur trouve souvent le museau de tanche ouvert pendant la grossesse, et les règles continuent quelquefois de couler chez les femmes enceintes (4). Un bouchon muqueux ne se forme dans le col utérin que par les progrès de la gestation (5), et en dernière analyse ce bou-
(4) Osiander, loc. cût., t. I, p. 323.
(2) Meckel , Manuel d'anatomie , t. III, p. 803.
(3) Roose , De superfætatione , p. 6.
(4) Mende, Handbuch der gerichtlichen Medicin , t, IV, p. 929. (5) Varrentrapp , Diss. de superfætatione , p. 9.
chon pourrait fort bien servir lui-même de conducteur à la fécondation ($ 293). On a cru que la superfétation n’était possible que dans le cas de matrice double (1); mais précisément on ne l’a jamais observée chez les femmes qui présentaient ce vice de conformation (2). Suivant Roose (3), une seconde fécondation serait impossible à la suite d’une première, parce que la sensibilité a changé de ton, et que la femme n'a plus de réceptivité pour le stimulus du sperme. Cependant nous savons que l'aptitude à être infecté n’est pastoujours détruite par le fait de l'infection; le typhus, lasyphilis, la gale, etc., récidivent à chaque instant, la variole , la scarlatine, etc., quelquefois. Ilest facile d’ expliquer une seconde fécondation qui arrive quelques ] jours ou peu de semaines après une autre , lorsque l'œuf n’est point encore parvenu dans la matrice, ni celle-ci revêtue d'une membrane caduque bouchant les PAR Du reste, la réalité de la superfétation n’est pas sujette à doute lorsqu’ après avoir eu des relations avec deux mâles appartenant à des races différentes, la femelle met au monde des Jumeaux qui présentent entre eux la même différence. Ainsi On à vu une Jument, qui avait été Couverte par un étalon, puis par un Ane, mettre au monde à la fois un Cheval et un Mulet (4). On connaît de même plusieurs exemples de Négresses et de femmes blanches qui , s'étant abandonnées dans un très-court espace de temps à un noir et à un blanc, sont accouchées de jumeaux portant le cachet des deux races (5).
Mais il y a aussi des cas dans lesquels les deux fécondations ont dû être séparées l’une de l’autre par plusieurs mois d'’intervalle (6). Une femme accouche d'un garçon vivant; ni les lochies, ni le lait ne se manifestent; cent trente-neuf jours après vient au monde une fille vivante, dont la naissance est suivie de l’apparition des lochies et du lait. Eisenmann, qui
(1) Gravel, De superfæœtatione conjecturæ. Strasbourg, 4738 , in-4°,
(2) Osiander, loc. cit., t. I, p. 327.
(3) Loc. cit., p. 8.
(4) Froriep, Notisen, t. XVI, p. 40.
(5) Home, Lectures on comparative anatomy, t. IX, p. 302. — Mende, loc. cit., t. IV, p. 526.
(6) Mende, loc, cit., t, IV, p. 522.
320 CIRCONSTANCÉS FAYORABLES
rapporte ce fait, crut devoir admettre l'existence d’une double matrice pour s’en rendre raison; mais l'ouverture du corps démontra plus tard qu’il s'était trompé. Desgranges a observé un autre Cas dans lequel une femme , après avoir mis au monde une fille à terme et bien portante, n'eut ni écoulement lochial, ni fièvre de lait, et accoucha, cent soixante-huit jours après, d’une seconde fille, non moins robuste (1). Une troisième femme accoucha d’une fille à terme ; les lochies parurent, mais cessèrent au bout de quatre jours, et la sécrétion du lait ne s'établit point ; cinq mois après, cette femme mit'au monde une seconde fille, également à terme (2). Chez une autre encore , le second accouchement eut lieu au bout de cent neuf jours (3), et chez une dernière , au bout de sept semaines (4). Dans de pareils cas il est difficile d'attribuer la fécondation à la pénétration du sperme au travers de la matrice remplie du produit de la gestation ; car ce serait forcer l’analogie que de supposer la formation accidentelle , entre les membranes de l'œuf et l'utérus, d’un vide par lequel la liqueur fécondante aurait trouvé à s’introduire (5).
d. Circonstances favorables à la fécondation.
$ 296. A l'égard des autres circonstances :
lo La fécondation exige un certain degré de chaleur, en harmonie avec la nature de l'organisme.! Kælreuter assure que, sur la fin de l’année et par un temps froid , il avait besoin d’un plus grand nombre de grains polliniques pour féconder artificiellement les plantes. Un mélange de sperme de Batracien et d’eau perdait sa faculté fécondante en peu d'heures tant dans une glacière qu'à une grande chaleur (6). Le sperme des Crapauds perdait cette vertu au bout de six heures et demie à la chaleur, de onze heures par un temps froid, et de vingt-quatre heures par l'exposition à la tempé-
(4) Dict. des sc. médic., t. LIT, p. 418.
(2) Lbid., t. IV, p. 481.
(3) Stark, Archio fuer die Geburtshuelfe , t, IV, p. 589. (4) Ibid., p. 771.
(5) Meckel , Loc. cit., t. IT, p. 803.
(6) Spallanzani , loc. cit., p. 304.
rature d'une glacière (1) ; celui des Grenouilles ressentait plus promptement encore l'impression de la chaleur, et se décomposait (2). L'action de lachaleur sur la fécondation humaine varie aussi en raison des races et des tempéramens. Dans les pays chauds, les femmes indigènes sont très-fécondes, tandis que les Européennes y deviennent souvent sujettes aux pertes de sang et aux avortemens. On assure que les femmes froides conçoivent plus aisément en été, et les femmes voluptueuses en hiver (3).
2° L'air ($ 263) est évidemment une des conditions de la fécondation chez les êtres organisés inférieurs. Spallanzani est bien parvenu à féconder des œufs de Batraciens dans de l'air raréfié ; mais quandle sperme mêlé avec l’eau était resté une demi-heure seulement dans le vide, sa faculté fécondante se trouvait fort affaiblie (4). Avant d'accomplir la copulation, la Conferve est obligée de quitter le solet de monter à la surface, au moyen de bulles d’air que la lumière solaire dégage de l’eau et qui restent adhérentes à ses filamens (5). La plupart des plantes aquatiques se fécondent au dessus des eaux. La fleur du Ranunculus aguaticus reste bien sous l’eau, mais Batard a reconnu qu'elle renferme une certaine quantité d'air entre ses pétales. Il n’y a que les fleurs incomplètes, sans calice ni corolle , comme par exemple celles du Ruppia et du Zostera, qui paraissent se féconder dans l’eau même.
3° À peine remarque-t-on, dans la fécondation extérieure, que l’état de la vie, chez les individus procréateurs, exerce une influence immédiate. Spallanzani a trouvé que les œufs d’une femelle de Crapaud tuée depuis huit heures étaient encore aptes à être fécondés (6), et que le sperme d'un mâle mis à mort depuis trois heures, n'avait pas encore perdu sa vertu prolifique (7). Jacobi assure avoir opéré des fécondations
(4) Zbid., p. 448, 449.
(2) Ibid., p. 472.
(3) Virey, Hist. nat. du genre humain , t. I, p. 279. (4) Spallanzani, oc. cit., p. 300.
(5) Treviranus , Vermischte Schriften', t. XL, p. 90, (6) Spallanzani, Loc. cit., p, 455.
(7) big, p. 448,