À. INSTINCT
a. Instinct de la copulation.
$ 240. Chez les animaux, ce ne sont pas les organes génitaux seulement, mais les individus eux-mêmes, qui se rapprochent pour opérer la fécondation. L'instinct qui détermine ces mouvemens, et qu'on nomme fnstinct sexuel, se rattache immédiatement à une cause matérielle, c’est-à-dire à une exaltation de la vitalité des organes génitaux, qui a besoin d’un objet sur lequel elle puisse s'exercer. IL dépend d’une exubérance de force qui, tant qu’elle n’est point employée à sa destination spéciale , tant qu'elle ne se manifeste pas par ses effets particuliers , obsède le sentiment intérieur et tient en éveil le besoin de se débarrasser d’elle.
1° Chez le mâle, cette cause matérielle est donc surtout la turgescence du testicule et la surabondance du sperme, phénomène qu'on observe dans toutes les classes d'animaux, à l’époque de l’accouplement. Ainsi, par exemple, les canaux déférens de l’Écrevisse, qui sont imperceptibles en tout autre temps , deviennent alors blancs et tuméfiés (1). Chez les Poissons, les testicules s’accroissent au point d'obliger l'estomac et le canal intestinal à quitter leur position ordinaire, et de gonfler le corps (2). Chez les Oiseaux, le testicule se tuméfie tellement, à l'époque de la pariade, que, dans le Canard, par exemple , où il n’a ordinairement que six lignes de long , sur deux de large, sa longueur devient de dix-huit lignes et sa largeur de neuf (3), etque , dans le Moineau, où son diamètre habituel ne dépasse pas une demi-ligne, il acquiert six lignes
(1) Rœsel, Znsectenbelustigungen, t. IL, p. 330. (2) Rathke, Beitræge sur Geschichte der T'hierwelt, t. IT, p. 435. (3) Tannenberg , De partibus genitalibus masculis avium , p.40.