CHAPITRE IL — Phénomènes généraux de la circidatian
S 80. — Dans la période moyenne de la vie de l’Homme adulte, le cœur se contracte de soixante-dix à soixante-quinze fois par minute. Mais le nombre de ses contractions est plus considérable encore pendant la jeunesse, tandis qu’il diminue chez les vieillards. Ainsi, par exemple :
Dans l’embryon, le nombre des battements est de 150 par minute.
Immédiatement après la naissance, il est de. . 140 à 130
Pendant la première année . 130 à 115
Pendant la seconde . 115 à 100
Pendant la troisième . 100 à 90
Vers la septième . 90 à 85
Vers la quatorzième . 85 à 80
Dans la période moyenne de la vie . 75 à 70
Dans la vieillesse . 65 à 50
Le cœur bat un peu plus fréquemment chez les individus à tempérament sanguin que chez ceux à tempérament phlegmatique , chez les Femmes que chez les Hommes.
§ 81. — Le nombre des pulsations varie dans les différentes espèces d’ani¬
maux.
Dans les Poissons, le nombre des battements est de 20 à 24 par minute.
Chez la Grenouille . 60 environ
Chez les Oiseaux. ... 100 à 140
Chez le Lapin . 120
Chez le Chat . 110
Chez le Chien . 95
Chez le Mouton . 75
Chez le Cheval . 40
S 82. — Les mouvements du cœur s’accélèrent après le repas, et surtout pendant qu’on se livre à de violents exercices corporels; ils diminuent de Fréquence durant le sommeil.
Suivant Parrot (2) , la fréquence du pouls augmente, à mesure qu’on s’élève
au-dessus du niveau de I a mer.
Lorsque le pouls au niveau de la mer est à 70
A 1000 mètres au - dessus, il monte à . . 75
(1) Jacobson, dans Meckels Archiv., 1817, 147; Nicolai, dans Isis, 1826, 404. — (2) Fromep’s Notizen, 212; comp. Nick, [/eher die Beding uv gen. der I/aeufigkeü des Pulses, Tübingen, 1826.
1A2 PHYSIOLOGIE SPÉCIALE
Dans les maladies inflammatoires et pendant la fièvre, le pouls est beaucoup plus fréquent qu’il ne l’est à l’état normal Lorsque les forces vitales déclinent, il devient fréquent et faible. Dans les affections nerveuses, où il existe plutôt oppression qu’épuisement des forces, le pouls bat souvent avec une lenteur remarquable.
S 83. — Lorsque Lon met à nu le cœur d’un Mammifère ou d’un Oiseau vivant, on voit les deux ventricules se contracter simultanément : les deux oreillettes, le commencement des veines pulmonaires, celui des veines caves se contractent aussi tous en même temps ; mais il n’y a pas synchronisme entre la contraction des oreillettes et celle des ventricules. Chez les animaux à sang chaud, la contraction des oreillettes précède immédiatement celle des ventricules. Les animaux à sang froid n’ont qu’un ventricule et deux oreillettes; mais les Reptiles nus, de même que la plupart des Poissons, à l’exception des Cyelostomes, possèdent une partie qui n’existe pas chez les autres animaux, à savoir, un bulbe contractile de l’aorte. Chez la Grenouille, les contractions des troncs veineux, des oreillettes, du ventricule et du bulbe de l’aorte, me paraissent suivre l’ordre dans lequel je viens d’énumérer ces parties. Les intervalles qui séparent l’une de l’autre chacune de ces quatre contractions sont à peu près égaux. Ainsi, il y a le même intervalle entre la contraction des oreillettes et celle du ventricule, qu’entre la contraction du ventricule et celle du bulbe de l’aorte. Des observations répétées m’ont convaincu que les contractions des oreillettes et du ventricule n’ont pas lieu, ainsi que le prétend OEsterreicher (1), a des intervalles égaux, comme les oscillations d’un pendule. Car le temps qui sépare la contraction des oreillettes de oelle du ventricule est moindre que celui qui s’écoule entre la contraction du ventricule et celle des oreillettes; et c’est précisément dans le plus grand de ces intervalles, c’est-à-dire, entre la contraction du ventricule et celle des oreillettes, que s’opère la contraction du bulbe de l’aorte et celle des troncs veineux. Chez les animaux à sang chaud, j’ai quelquefois vu les contractions des oreillettes manquer quelques instants, phénomène qui dépendait sans doute de l’opération exécutée sur l’animal pour observer les mouvements du cœur. Dans les circonstances ordinaires, la contraction auriculaire consiste en un mouvement très-rapide qui précède immédiatement celle du ventricule, de sorte que l’intervalle compris entre la contraction des oreillettes et celle des ventricules est toujours extraordinairement plus court que la période qui s’écoule depuis la contraction des ventricules jusqu’à celle des oreillettes.
S 84. — II n’y a que la contraction du cœur ou systole qui soit un état véritablement actif, la dilatation ou diastole est le moment de repos. Pendant ce repos, les fibres se relâchent, et les cavités du cœur attirent le sang contenu dans les troncs contigus, afin de remplir le vide qui résulte du relâchement des fibres cardiaques; les valvules du cœur sont d’ailleurs disposées de façon à permettre l’introduction du sang qui vient des grosses veines. Bichat et quelques autres physiologistes français ont prétendu que la dilatation du cœur était un mouvement actif; mais OEsterreicher (2) a réfuté leur opinionau moyen d’une expérience très-ingénieuse. Il prit le cœur d’une Grenouille et plaça dessus un poids assez lourd pour l’aplatir, mais pas assez volumineux pour empêcher d'observer cct organe. Il vit alors que le poids n’était soulevé que pendant la contraction du cœur, tandis que, pendant la dilatation , le cœur restait aplati. Il résulte de là que la dilatation du cœur qui suit sa contraction n’est pas un acte musculaire. Cependant les parois du cœur ne peuvent pas, pendant la diastole , quoiqu’alors cet
(i) Lehr* vom Kreislauf des Blutes. Niirnb., 1826. — (2) Loe. cit., p. 33.