‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 17 sur 92 · IB · texte numérisé non relu

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[ Quant aux faisceaux latéraux, i!s nous ont paru réagir avec les courants Hrect et inverse h la manière des antérieurs, en occasionnant toutefois des iecousses convulsives moins persistantes et moins éiiergiqoes. ;

Nos expériences sur les faisceaux antérieurs de la moelle ont été souvent ^produites non-seulement sur des chiens, mais encore sur des lapins, des grenouilles, et enfin sur une couleuvre à collier (Coluber natrij). Mais c'est évidemment au chien qu'il faut donner la préférence pour ces sortes de recherches.

Ajoutons enfin que, toute ordon réfl^Kve ayant disparu dans le hout caudal de la moelle divisée (chez le chien), la stimuiation des faisceaux postérieurs n'a jamais donné lieu à la moindre contraction muiicuîaire, quel qut fût d'ailleurs k sens du courant électrique. Il en est de môme des racines poslérieures une fois séparées de la moelle épiiiière* Au contraire» si elles adhèrent encore à cet organe, que le courant soit inverse ou direct, c'est toujours quand o« ferme le circuii qu'elles provoquent des secousses conlulsîves^ qui ne sont dues évidemment qu'à une excitation rélîéchie sur les racines antérieures, puisque la-seclion de ces dernières fait cesser à Tinstant même toute contraction.

Si les phénontènes que nous venons de faire connaître sont de nature à éveiller Vattention du physicien, ils peuvent aussi, comme on Ta vu, receifoirdu physiologiste des applications utiles, et lui servira appuyer d'arguments nouveaux la distinction, dans te système nerveux, des agents de la sensibilité et de ceux du mouvement. Dès lors, en effet, la physiologie jSe trouve en possession d'un moyen emprunté h la physique, pour pouvoir distinguer les nerfs qui ne conduisent que le principe de la contraction musculaire, de ceux qui conduisent à la fois ce principe et les impressions périphériques, et qu'on a coutume d'appeler rmfs mixtes,

tfXette action différente et remarquable des courants électriques sur les p5erfs seulement moteurs, ou moteurs et sensitîfs à la fois, a été constatée, idepuis nos expériences, parSchifl'et G* Valentiu (i). Autant de fois que jCes deux savants, si exercés aux expériences électro-physiologiques, se Ronl placés dans les mômes conditions que nous, ils ont obtenu les mêmes résultats.

Après avoir porté Texcitation galvanique sur des racines spinaies antérieures, préalablement isolées, CL Bernard (2) dit aussi quil a obtenu des .résultats analogues aux nôtreî?. Seulement ce phy^siologiste ajoute que les Igreuoutlles, sur lesquelles il expéi inientait, étaient déjà fatiguées par Topé- Tation, et que, d'après lui, il y avait là un phénomène qui n'était plus physiologique.

Quant h E. Rousseau et Marti n-Magron (3) tout en reconnaissant nos faits

t!) 1. M, Scmrr, Uhrbttch dfjr PhtjuoL des Mesc/tf7i ; îahr, ï 858-59.

(2) Cl, EcutiAltD, Lirons sur la phjstoi, cl ta paUmt, du stjtL n^rv. Pari», 1858, t» I. p. 189.

p) Tftéie itinn^j, de Lespke. Paris, 17 nm. 1857, n" 172.

i90 PROPRIÉTÉS ET PONCTIONS DD SYSTÈME NERflîUX EN ClÉNâHAL.

comme exacts, ils aûlmient avoir pu détpiinint*r avec les nerfs mixtei m^mcs réactions que nous assignons aux racines spinales puri'fnetil miv trit'cs. D'après ces observateurs, il suffit que le nerf mixte commontmii avec le muscle» soit dii'ectenienl, M>it inimédlaternent à l'aide d*un ei*r|» f!#»nducLeur ; un rtmrant dérivé, de sens opposé à celui du courant pnnetpalr s i^lablil alors, et c*est par Taclion de ce courant dérivé que àorvieni les contrartioiis* Si, en agissant sur les racines antérieures, on délemjîi coiimie nous l'avons^ fait, des ri^autïonîi dilléreules de celles qui n opérant sur les nerfs mixtes isolés, cela dépend uniquement, ih. ... expêrimentaleurs, dn défaut d'isolement de ces rarines ipaî adhérenl G€fe M la moelle, et de ce qu'en pareil cas la contraction est tUie, non c^Hiraut principal, mais au coumnt dérivé, — Nous ne saurions admeli que la dilTérence des effets obtenus s*explique BUfTisamment par la di rence des conditions phy*ïiques de Texpérience elle-nit^me ; dans le grand nombre des cas, le dél'aut d'isolemenl dos racines qu'un invoque n'existait pas; ce» racines, nous avons pris soin de le dire, avaient élé pf4i< lablement séparées de la moelle et soulevées à l'aide û*nn fli de soie te élreignaot légèrement, etc.

Il est néanmoins incontestable qu'il faut tenir compte des coi dérivés qui se forment presque constamment lorsqu'on éîectrise une pô^ lion de nerf. Les observations de Mai tia-Magron et Rousseau sont d^ exactes sous un certain rapport : dans les recherches de ce genre, il il porte d*avorr égard h la précaution qui consiste à isoler des muscli sous^jaeenfs la racine du neif au moyen d'un fil de soie et d*uo croche de verre. Nous reconnaîssfins que les effets obtenus par nous peuvent, partie, être le résultat non du courant qui cîrcuîe dans le nerf d*im él trode à l'anfre, mais bien du courant qui traverse ce nerf, en deh< des électrodes et dans m partie la plus rapprochée des rausdcs; comme Texcitubilité de ce dernier est d'autant plus grande qu'il se ra| proche davantage dn muscle, on conçoit que cette iurtucuce tlu courant dériré puisse parfois devenir prédominante.

Ihi rcstr^ l'expérimentation prouve que Tordre de succession des e traclTons, produites par l'ouverture et la fermeture des courants, peut él [interverti par des inRuences complètement indépendantes des conrai [dérivés. CL Bernard a constaté que la loi des contractions n'est pas la mêi lorsqu'on agit sur des nerfs mixtes séparés du centre ner/eux ou sur [•mêmes nerfe intacts et communiquant avee lui. C'est ainsi que, dans idernier cas, au Heu d\iv<iir les contractions à Touverturc du courant

Tse, on les obtient à sa fermeture» Ce phénomène n'est nullement dû Ifeffet de eom-anls dérivés; car Matteueci, ayant répété ceîic expérience, 'obtenu les mêmes rc^'sullals en ayant la précaution de tenir le nerf Mi isolé et sofficvé aif-desstis des mnsctes sotis-jacents, D'aîltears, il suffit de couper ce même nrrf et d'agir ensuite avec le môme courant in ir

son liout périphérique pour voir aussitôt se produire le piienon i^

naire* c'est-^-dire ta contraction à l'ouverture. — En paraty^iasit le* moteurs, che^ des grenouitles^ an moyen du curare, et ru empéebaot^

ilité, le courent principal a une action prédominante et que, -quand >rtion vient à perdre son excitabilité, soit par les altérations chimile détermine le passage prolongé des courants électriques, soit par te compression, les courants dérivés agissent seuls : ce qui le prouve, le» dans quelque condition qu'on se mette alors, on n'obtient plus, oesoberratears, aucune contraction au moyen du courant principal.

ails tendent bien à établir qu'en dehors des courants dérivés, dont î nions point rinflucnce dans certains cas, il y a, dans ces alternatives ;raclions, des différences essentielles qui tiennent non à des causes les ou à des erreurs d'expériences, mais à des conditions physiolodîfférenles. Personne ne niera, en effet, que les conditions ne soient 1res, lorsqu'on agit sur un nerf frais ou sur un autre qui a en partie on excitabilité, ou encore sur un nerf tenant aux centres nerveux et autre qui en est séparé. Ces différentes conditions peuvent sans ervîr à expliquer comment les expérietices ont donné des résultais i et en apparence contradictoires.

lus, selon Tîntensîté des courants employés, on voit également r la loi des contr.ictions : suivant Pflûger (2), un conrant inverse •ait, lorsqu'il est fort, une contraction à l'ouverture et rien à la fer- ; lorsqu'il est de force moyenne, la contraction aurait lieu à la fois •meture et à l'ouverture ; enfin, lorsqu'il est faible, la contraction luirait à la fermeture et non à l'ouverture. Ce physiologiste exces aîlernalives par des changements dans l'état électrotonîque : I dirons ici seulement quelques mots, devant revenir sur ce sujet sien des phénomènes électriques qui se passent dans les nerfs, es Pflûger, l'excitation du nerf dépend de la production ou de la an d*iin rertaîn état dési^rné nar du Roîs-Revmond sous le nom

192 PaO^fUÉ-TÉS ET PONCTIONS Dtl SYSTÈME NEHVëUX EN GÉNÉRAL.

bien plus excitable dans sa portion catékctrotonique, c'est-à-dire au voisinage du pôle négatif* L*cxcitabilité des nerfs, et, par con&équeoi, li contraction ties musrles, dt^' pend fait alors de la prédominance de l'im on de l'autre de ces deux élats; el c'est ainsi que s'expliquerait la ditférenoe d'action d'un courant électrique suivant sa direction, — La loi de CêUi dépendance se formulerait ainsi : une portion de nerf est excitée quand U*état catélectrotonique se produit en elle, ou bien quand Tétai anélectro* tonique cesse.

Cette loi peut encore se formuler autrement, si l'on considère, comoie cela a été fait par plusieurs auteurs, le nerf comme formé par une réunioa de molécules qui se polarisent sous rioflucnce d'un courant électriqof* « On peut dire, dans ce cas, qu'une excitation est produite dans un nerf, toutes les fois que la molécule passe de Tétat ordinaire à l'étal catélectrotonique. ou de Tétat anélectrotonique k l'èlat ordinaire; au coB traire, il n*y a pas d'excitation, quand le passade s'eUectue de l'étal or naire h Tétat ariéleciro tonique ou de Tétat catélectrotonique à Tétat or naire. »

Nous n'insisterons pas plus longtemps sur ces diverses théories qui sont très-hypoltiétiques. — Matteucci (1) explique ces diflerenls états par les produits tle décomposilion chimique qui se forment aux deux p6lci: au contact du pôle positif, le nerf se charge d*oxygène et diacide, et au contact du pèle négatif d'hydrogène et d'alcali. Or, on sait que les solutions acides diminuent Texcitahilité du nerf^ tandis que les solutions alcalin Taugmeotent; cela ferait ûmic cumpreadre pourquoi le nerf est plus citable près du pôle négatif et Test moins au voisinage du pôle positif.

Abordons maintenant Tétude des circonstaneeâ dwerse» qui modifienl tat* (ion du rourant élertriqus sur les nerfs mixtes des animaux vivants ou récemment lués(*).

L — Depuis Yalli(2), on admet que le courant électrique, quel que d'ailleurs le sens dans lequel il circule, ne donne plus lieu à aucune secous convulsive, dès que les extrémités des rhéophorcs sont laissées en plac c'est-à-dire aussitôt que le circuit est fermé et que le passage du cour dans le nerf musculaire devient continu.

(1) MATTEUca» dans Reime dex caurt xdentffiquei, 1868» (*) Iï*aftré« Cl. BcnSARii (t^on^ mr tti phyxioi, '7 la pulhoi» fin *yjf/. nrrufwf , 1

t* I3 p. 1H5], qunnd on agit sur un nerfmtxle filacé dans les coodilions orgamques 1 et encore apte à transmettre les excitations volontaires^ les c on ti action?^ ont lieu, pour te« rant direct et pour Tinverse, à la frrtnetutT du drcutf^ e'est'^-diie au eommeacemeiit 1 ctiaffue courant. — J, RECNAt!ï.u {Hi^ch. éîecfro-phystiol,^ p. 10; a constaté que, pour obtenir If Mcond effet, c'est-à-dire la contnictiun i Touverture du courant inverre, la tension d*ua |iloi gmod nombre de coupte« est nécessaire : la moyenne de ptusiçurs expériences lui a fourBÎ li rapport de 5 à 11, rourcc phjfsicicti» i& phénomène itniquj; et pnmitàf^ observé sous rinflueiiM de la plus t.iible tension dans un nert mixte doué de toute son excitabilité, est la ronlncticn à la /'erfneture du courtuit duect.

(2) If ALLI, Lettres sur télectneité ummale^ adressée» U bt LAniTHEitiE et à De 17d2.

ACTION DE L ÉLKCTMCITÉ SIJH LE SYSTÈME NERVEUX. lÔli

Mais celte propositioo n'est vraie que si le courant est constant et assez ibie; car, dans le cas contraire, on ne manque jamais d'observer d'abord Bs contractions violentes et même tétaniques qui durent plus on moins Ofigtemps, suivant I excilabilîté des parties et Fintensité du courant coniou.

Des variations très-légçères dans cette intensité peuvent réveiller les selatisscs convulsivcs : celles-ci ont Heu, par exemple, si l*on replie le nerf tur loi-mémc de manière à changer les points de contact, c'est-à-dire à diminuer on h augmenter la longueur du circuit, ou bien encore si l'on ftxerce une dérivation quelconque sur le courant continu.

Si donc, aprc quelques instants de passaj^e, le courant électrique ne suscite plus de secousses eonvulsives, ce n'est qu'à la condilion de circuler d'une manière régulièrement continue dans le nerf du mouvemeni : le IDoindre change ment, survenu dans les circonstances de transmission, lui ti^Milue son pouvoir d'exciter la force nerveuse à se nianil'ester par des contractions. La pile thermo-électrique de J* Begnauld{l), qui donne un C4>urant tout à fait constant et facile à graduer, est très-propre à vérifier ^observation de Valli.

n, — Quand on dirige, daus l'épaisseur d'un tronc nerveux mixte, uo courant ejtactement transversal, il ne survient aucune contraction musculaire.

Ce lait, que noXis pensions, Guérard et moi (2), avoir signalé les premiers, avait déjà été vu par Galvani, au rapport de Mattcucci{3) qui l'a €oafirmé depuis par ses propres expériences. Comme on le verra plus loin, il concorde avec les recherches et les déductions récentes de du Bois- Hevmond^

Aussitôt que les extrémités des deux rhéophores cessent d'être en regard^ c'est-à-dire que lecoiu'ant ne suit plus une direction perpendiculaire à celle du nerf soumis à Texpérience, les contractions apparaissent, quand bien même la longueur de ce nerf» interceptée entre tes deux pôles, équivaut à sa largeur d'abord traversée par le courant : le sciatique du chien, 1 cause de son volume considérable, se prête facilement à ces expériences comparatives.

Ajoutons que d^ailleurs les contractions musculaires deviennent de plus fft plus énergiques, à mesure que Ton comprend, entre deux pôles, une pnrlion de plus en plus longue du tronc nerveux; que, par conséquent, le itmjrimum d'elfet s'observe quand F extrémité de l'un des rhéophores ét^nt appliquée au nerf ï ut- même > celle de Tautre est mise en rapport avec les muscles auxquels ce nerf va se distribuer.

m. — Dans le cas où deux nerfs mixtes (comme les sciatiques), qu'on vient

{i) J. KK4ï?fAi;LD, Hihlioth. univers ^ (le Genève ^ i85&. — Recherches éiectrO'phtfsîol. hm^ t85H, broch. de 11 pages, (î; Cot^A^D Cl LoMGET, Hulietin d** ttt S*fH\ phihmnL^ novembre 18A2. (3) MATTetrCa, intitê tiei phénuntétunt ékctro-p^tmiolfjgtaue^ des ammauj:. l*am^ 1844,

tn,

LOUGLT. — flllMOL. 111, •- tU

196 PB0PBl£Tt5 ST fOHCTlONS W SYSTÈME MEiVEOX EN «ÉSÊRAL.

de séparer de l'axe cérébro-spinal, sont soumis comparativement. Ton à Taction du courant direct, et l'autre à celle du courant inverse, les expériences sur les animaux démontrent ({ue les contractions locales sont d'abord constamment plus violentais avec le courant direct qu'avec rinverWi Si l'on vient soi-même à fermer le circuit dune pile composée d'un asso grand nombre d'éléments, en louchant l'un des pôles avec une cnaîn« et l'autre pôle avec l'autre main, la secousse la plus forte est toujours ressentie au bras dans lequel circule le courant direct.

En employant les courants les plus faibles possibles, on voit codstammcnt la contraction survenir à la fermeture du courant direct ou descendant; et ce n'est qu'à la condition d'augmenter leur énergie que la contraction se produit à l'ouverture du courant inverse ou ascendant.

Ce fait, démontré d'abord par J. Regnault (1), puis par Matteucci (5), explique l'expérience de Marianini qui, en immergeant les mains dans de l'eau en communication avec les pôles d'une assez forte pile, resscntil une commotion plus violente dans le bras en contact avec le pôle négatif. Dans ce bras, en effet, les nerfs étaient parcourus par un courant direct ou descendant. — Cbauvcau a fait différentes expériences dont il conclut que l'électricité n'agit pour ainjji dire qu'à son point de sortie, c'est-à-dire au pôle négatif. Ayant appliqué les deux électrodes de la pile sur dtf points plus ou moins éloignés de masses musculaires de grands anioumi vivants, il a vu que les plus fortes et quelquefois les seules contractioii ont lieu au pôle négatif : dans ce cas, il y a des contractions musculaire! excitées directement par l'électricité, et il y en a d'autres dues à la sfr mutation des filaments nerveux qui sont parcourus par un courant dired ou descendant.

IV. — Quoique tout courant continu, dirigé dans un nerf doué de motricité, ne suscite plus, quelques instants après l'établissement de son passage, aucune secousse convulsive, il n'en agit pas moins en modifiant profondément l'excitabilité nerveuse, à laquelle il imprime des caractères qui varient avec le sens dans lequel il circule.

Ainsi, tandis que le courant direct continu affaiblit et détruit assez rapidement l'excitabilité des nerfs moteurs, le courant inverse continu l'exalle, dit-on, dans certaines limites. Cette dernière observation, qui appartient! Pfair(8), a été reprise et vérifiée par Matreucci (Ix).

Une grenouille préparée à la manière de Galvani (c'est-à-dire écorcbéer coupée par le milieu du tronc et dépourvue des Oî> du bassin, de sorte qne ses deux membres abdominaux ne tiennent plus à un segnjent de la colonne vertébrale qu'à l'aide des nerfs lombaires), est mise à califourcboo lor

(1) J. Regnadlt, iof:. vit.

(2y Matteucci, dan» la Rn-u/' fies cours srit>niifiqur^, juin 1868. (;t) Pkakf, cité par Alex, de Hlmboldt, dans Ej-^MÎr. sut te yalv(UiÙ9ne. (4) MaitelccI; Leroux v/// tt'i lihàiomL'Hcs pliysiqwnt dcx corp.i vivants, Paris, 48â*t p. 242.

âCnOM DB L'ÉLBCraiCITÊ SUR LE STSTfellE NERTEUX. 195

leuix capsules pleines d'eau dans laquelle plongent les extrémités de ses imites; puis les conducteurs d'une pile suffisamment forte sont immergés lans les capsules, de manière à établir un courant continu. Au bout d'un api de temps qui varie seloq la force du courant et le degré d'excitabilité lenreuse^ on peut facilement reconnaître que, dans le membre parcouru iftr le courant direct, il n'y a plus de contractions, ni en fermant le ciraiilni en l'ouvrant; tandis que celles qu'on observe, longtemps après, lans le membre soumis au courant inverse, et qu'on obtient en inter- ■ompaçt le circuit de ce courant, diffèrent à peine des contractions )btenues d'abord quand les nerfs étaient encore doués d'une grande exûtabilité.

Hais» l'expérience précédente n'étant propre qu'à démontrer que le x>urant inverse altère moins l'excitabilité des nerfs moteurs que le courant direct, il importe de rappeler les recherches qui ont été entreprises dans le but de prouver que Tinverse exalte réellement cette propriété.

« Si, dit Matteucci (1), un nerf est parcouru pendant plusieurs heures, même trois ou quatre, par le courant inverse, il arrive, dans le plus grand nombre des cas, qu'à Tinterruption du circuit le membre éprouve une contraction très-violente, qui dure un certain nombre de secondes et qu'on pourrait appeler tétanique. II suffit de fermer de nouveau le circuit pour que ce phénomène cesse ; mais ce qu'il est très-important de remarquer, c'est qu'au moment où l'on ferme le circuit, dans cette circonstance, il y a une nouvelle contraction après laquelle le membre revient à son état naturel : cette contraction, qui survient quand on ferme le circuit dans le cas du courant inverse, n'existait pourtant plus dans les premiers instants de l'expérience, et elle a reparu après l'action très-prolongée de ce courant »

Puis, pour prouver plus directement encore que les contractions qu'on observe lorsqu'on vient à ouvrir le circuit du courant inverse croissent dans de certaines limites , et d'autant plus que le circuit est resté plus longtemps fermé, le même auteur ajoute : <( Si le passage du courant inverse se réduite une courte fraction de seconde, alors on trouve, en ouvrant le circuit, une contraction plus faible que celle qu'on obtient après qu'il a circulé pendant plusieuts secondes. Il est très-facile de parvenir à ce résultat, pourvu que l'on ferme le circuit à l'aide d'une roue qui n'a qu'une dent métallique, et sur laquelle on applique un des fils de la pile pendant qu'elle tOQroe. Lorsque le nerf a perdu une partie de son excitabilité, alors on voit facilement la contraction qui se manifeste en ouvrant le circuit s'accreiire proportionnellement au temps que le circuit a été fermé. Ce n'est qu'au bout de quinze ou vingt secondes de passage que le plus grand effet est obtenu. »

Si le courant inverse continu possède réellement la propriété d'accroître d'abord l'excitabilité nerveuse, il n'en finit pas moins, dans un temps va-

(i) BUTTEC€a, /oc. ciu

. se

196 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS Dli SYSTtME KERVliL^X EN GÊ.NÉRAL.

riablc suivant son intensité , par l'annihiler momentanément. Toutefo comme nous Favons déjà ftiit observer, à intensité égale de courant, dernier effet a lieu beaucoup plus tard qu'avec le courant direct.

Nous signalerons encore un fait qui a éveillé notre attention ; c'est qu'on nerf rendu momentanément inexcitable, [jar Tun ou l'autre courant, redevient toujours pïus iè[ excitable par le courant inverse que parle comiit direct,

V, — Le courant direct continu, qui^ comme on vient de ie voir, abolit I assez prompleraenl Texcitabilité des nerfs mixtes , la leur fait perdre

spécialement dans la portion de leur trajet qu'il a parcourue.

Supposons qu'un seutbîable courant ait agi sur le tronc du scialiquc , pendant un temps sniUsanl pour le rendre momenlanémeut inexcitab1e|H si nous venons à découvrir les sciatiques poplités interne et externe, nom" pourrons encore constater leur excitabilité ; et si , poursuivant ces expériences, nous la faisons disparaître de ces nerfs, il nous sera encore po»* siblc de révéler son existence tiaus leurs rameaux.

Il semblerait donc que la force nerveuse, mise en jeu par le courant, se rélujj'iât dans les ramiiieations terminales d*un tronc nerveux, à mesui qu'elle est expulsée de ce dernier.

Du reste, on sait déjà, d*après les anciennes observations de Valli (1^ que, chea: les animaux récemment tués, a la vie des nerfs musculitires esl plus persistante à leur lenninaison qu'à leur origine n ; et c'est h cet expé* rioieutatcur qn on doit la remarque que, si une portion de nerf moteur cil devenue inexei table par le pas?^age ilu courant électrique, il sulflt de diriger ce même courant sur une autre portion ûu nerf plus rapprochée de ses ramuscules terminaux ou nmsculaircs, poui' obtenir encore des cootractions,

VI. — Si le passage d^m courant électrique continu, dans le^ oerf^ njixles, modifie leur excitabilité, celui dlni courant de même force, inter rompu et rétabli a de courts intervalles, la m^idilie d'une manière encore plus rapide et surtout beaucoup plus profonde ; ce fiiit expérimental^ déjà signalé p:ir Nubili (2) et Marianini (3), conlirmépar Matteucci (ù), aété plus particulièrement démontré par A. Masson.

Vient -on, en effet, après avoir réséqué les deux nerfs sciatiques chez la grenouille, à faire passer coniparaiivement, pendant huil à dix minutes, dans l'un un courant direct continu provenant de deux éléments ordinaîrei de Bnnsetj, et dans l'autre un courant de même intensité et de même di rection. mais a action itjterrompue, il est facile de reconnaître que Texcit*bilité est infiniment moindre dans ce dernier nerf que dans le premier : si l'exjtérience se prolonge, le nerf soumis au courant interrompu aura même

(1) Valu, Utircs rur télecirkiié animitie, il 92.

(2) NoBiLi. rném. cité*

(3) MAfttAMiM, mém, aie,

(4) NoBin, Trmtédes phénom, é/rclro-physioi.des am'moux, Pîirii, 1844, p. 232 et J

ACTION DE L*feLECTRICITÊ Stm LE SYbTËMl NEAVEUX, 197

cessé d'ôtrc excitable, quand Taiitre le sera encore frune manière fès-évidenle, au raoins pnr le cnumnt inverse.

Ce mode d'expérimen talion, qne j'ai mis en usajïje, et dans lequel on agit directement sur les nerfs eux-nu^^nies, est plus rigoureux que cehn qu'on emploie ordinairement, et qui consiste à faire passer le courant à Lravêï-s le corps de Tanimal entier.

L'appareil à Taide duquel Masson est parvenu h donner un grand nombre de commotions électriques très-rapprochées aux animaux, cl mt^rae à leur ' donner là mort dans un laps de temps trùs-court, consiste en une roue ntéiallique, supportée par un axe également métalltc|uei que Ton fait tourner au moyen d'une manivelle sur deux coussinets amalgamés. Un de cescous' sinets communique avec Fun des pôles de la pile, et raiitre pôle est en rapport avec un fil qui, après s'être enroulé en spirale autour d*un cylindre de fer doux, aboutit k une lame métallique immobile que les dents de la roue peuvent venir frapper successivement- Quand on fait tourner celle-ci, le circuit est fermé chaque fois que la lame louche une des dents, et il slnterrompt au moment ou un des interstices se met en rapport avec elle : en Llljiigsanl avec les mains mouillées les deux extrémités du conducteur, on Npiouve une série de violentes secousses dans les brus. Masson a découvert que, si la vitesse de rotation est très-grande, ces secousses ne se produisent pins; et Pouilleta prouvé que, quand la durée des intermittences est d'environ ^ de seconde, on ne peut plus distinguer îa discontinuité [du passage du courant, et qu*aloi^ Faction devient la raôrae que celle d'un Courant continu.

Avec cet appareil et deux éléments ordinaires de la pife de Bunsen, iûous avons pu, Masson et moi, tuer plusieurs lapins en quelques minutes : les extrémités des rhéophores , suffisamment espacées, avaient été placées iu-dessous des téguments.

Un fait qui m'a beaucoup frappé, dans ces expériences, c'est la perle ab- IMue de toute motricité ou excitabilité dans Tappareil nerveux moteur, Immédiatement après la mort, J ai appliqué successivement à divers Inuics Btterveux et c* leurs ramuscules terminaux des courants direct tt inverse d'une grande puissance, sans jamais parvenir à déterminer les moindres contractions musculaires. Quant aux muscles eux-mêmes^ ils réagissaient d'une manière à peine visible, quoique les extrémités des rhéophores fuslenl plongées dans leur épaisseur.

Je dois encore mentionner, comme un phénomène remarquable, la roideur cadavérique si prononcée qui stu' vient à îa suite de ce genre de mort, et sur laquelle, dès ses premières expériences, Masson avait déjà fixé u attention.

VIL — Lorsque, h l'aide d'un courant continu ou d'un cimrant iuterkympu de médiocre intensité^ un iwvï mixte a été nioditîé au point de perdre son excitabilité^ on peut faire renaître cette propiiété àl 'aide d'un autre courant dirigé en sens contraire de celui qui I avait d'abord ueutra- Ksée, V

198 PROPRIÊTtS ET PORCriONS DU SYSTÈME RBBfEUl Elf GtlIÊBAL.

Cette découverte importante^ due à Volta, est connue sous le nom d*fl(temaiives voltatques.

Je suppose le train postérieur d'une grenouille préparé à la manière de Oalvani et écartelé de façon que les extrémités des deux pattes plongent dans deux capsules remplies d'eau : si Ton immerge dans ces capsules les conducteurs d'une pile assez puissante, et qu'on établisse ainsi un conrant direct dans un membre et un courant inverse dans Tautre, au bout d'un laps de temps qui varie selon l'intensité du courant et le degré d'excitabilité nerveuse, il arrive un moment où le premier de ces membres se contracte seulement à la clôture du circuit, elle second seulement àsonînler* ruption ; puis, plus tard, apparaît un autre moment où tous deux restent immobiles. Mais alors il suffit d'intervertir la direction du courant dam ch<ique membre (ce qu*on obtient en changeant la position des pôles de It pile, ou bien en retournant sur eux-mêmes les membres de la grenouille) pour voir^ au bout de peu d'instants, de nouvelles contractions survenir, en fermant le circuit, pour le membre traversé par le courant direct, et en l'interrompant, pour l'autre (*). Puis ces contractions cessent de nouvean, «iprès le passage continu du courant, et plus vite dans ce cas que dans te précédent : alors, si Ton renverse de nouveau le sens du courant, c'est4dire si on le rétablit comme au début de l'expérience , les contractions se manifestent encore : ces alternatives peuvent être ainsi reproduites un certiiin nombre de fois sur le même animal (**).

Marianini a reconnu que la durée ou le nombre des alternatives qu'on peut observer sur une même grenouille est d'autant moindre que le courant électrique employé est plus intense ou que l'extulabilité de l'animal est plus faible.

H importe de rappeler que, chez l'animal vivant, lorsqu'un nerf mixte a penhi son excitabilité par le passage d'un courant électrique, le repoi peut la lui restituer, comme le passage d'un courant en sens contraire; toutefois l'excitabilité reparait moins vite par le repos que sons cette dernière influence.

VllI. — L'action du courant électrique sur les nerfs mixtes auxquels OB a appliqué une ligature mérite de fixer l'attention du physiologiste; car elle révèle une diffcrence importante, sous le rapport du mode de propagation «lans les nerfs, entre la force nerveuse et l'électricité.

Pendant qu'on fait passer un courant électrique interrompu dans le bout libre et suspendu du nerf sciatique, par exemple, et qu'ainsi on suscite des contractions musculaires^ si Ton vient, en ménageant son névrilème, 1 désorganiser sa pulpe h l'aide d'une ligature faite au-dessous du point se-

(*) Dr^ \o moment que j'intervertissais lu position des pdies, la patte d'abord soumise à Vêction du courant direct, et devenue inexcitable par ce courant, était constamnient pritti'ii léirer frissonncntent musculaire pendant le passage du courant inverse qui lui restituait son excitabilité.

(**) Il est vrai que, dans ces expériences, le courant a agi à la fois sur les muselés et ttfki nerrs ; mais le phénomène des nifnrunh'res ro/tavfupst se produit, selon les mêmes lois, éâM Jb cas où faction du courant est dirigée exclusivement sur les nerfs eux-mêmes.

AOrfOn DB t*ÉLEGTRirJTÉ SUR LE STSTfellE NEBVBUX. 199

tuellement soumis à Taction du courant, immédiatement le principe nerveux est enrayé et les contractions cessent. Mais, si l'extrémité d'un rhéopbore est appliquée au-dessus de la ligature, et l'extrémité de l'autre à quelque distance au-dessous d'elle, le courant la traverse, et aussitôt reparaissent les contractions musculaires : celles-ci sont dues au principe nerveux émané de la portion du sciatique qui, comprise entre le point ligaturé et le point touché par le rhéophorc inférieur, est stimulée par le courant dont elle-même fait partie.

La ligature est-elle supprimée, et la continuité maintenue à l'aide du névrilème seulement, les phénomènes restent les mémos.

Il résulte donc, des expériences qui précèdent, cette différence capitale entre l'électricité et le principe actif des nerfs, que l'une est transmissible par le névrilème ou les ligatures, et que l'autre ne l'est point.

IX. — Il nous reste maintenant k démontrer que le courant électrique qu'on applique aux nerfs du mouvement n'est point la cause immédiate des contractions, mais qu'il agit seulement comme excitateur spécial de la force nerveuse persistante dans cet ordre de nerfs.

Après avoir pratiqué la section d'un de ces nerfs (sciatique, etc.), vient-on à diriger un faible courant dans une petite longueur de son trajet, ou h appliquer de simples irritants mécaniques ou chimiques à son extrémité libre, aussitôt apparaissent des contractions musculaires. Puisqu'il y a eu réaction, sans que le courant ait lui-même cheminé dans toute la longueur du bout nerveux jusqu'aux muscles, Télectricité, comme les autres stirouknts^ parait donc seulement avoir mis en jeu le principe actif du nerf. L'expérimentation peut convertir cette probabilité en certitude : en effet, j'ai prouvé qu'un nerf moteur, séparé de l'axe cérébro-spinal, perd, après le quatrième jour, tout son principe actif (1), et qu'alors si Ton applique, même à ses ramuscules terminaux, l'électricité ou tout autre stimulant, aucune contraction ne se manifeste plus. Or, si l'électricité eût été la vraie cause efficiente des mouvements musculaires observés dans le premier cas, il est évident qu'ils auraient dû continuer ici sous cette même influence, d'autant mieux que les muscles demeurent encore irritables pendant un laps de temps très-long. Du reste, alors même que le nerf isolé a perdu, avec la force nerveuse, son aptitude à faire contracter les fibres musculaires, si l'on fait passer un courant seulement dans une portion de son trajet, il ne s'en montre pas moins conducteur de l'électricité, comme tûote partie animale humide, quand l'un des rbéophores est mis en rapport avec lui, et l'autre avec les muscles : mais les contractions qu'on observe dans ce dernier cas dépendent d'une action directe et immédiate sur la fibre musculaire, dont la propriété contractile, comme je l'ai démontré le premier (2), persiste, en V absence de toute force neiweuse motrice, tant que cette fibre conserve ses caractères organiques.

(i) LoifGST« heck, expérim, sur tes conditions nécessaires à ^entretien et à la manifestation de rirritahilitt't muscuiuire (mém. inséré dans V Examinateur médical, Paris, i841}. (2) Jféw. cit.

201» PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DO SYSTÈMI ?IERV£U1 EN aÉWÉRAL

Je crois devoir rappeler que, si les coiitraciioûs musculaires deviei plus énergiques à mesure que Ton comprend, entre les deux p6le&, ui portion plus longue d'un Irnnc nerveux encore pourvu de son princii aciif, un pareil lait s'explique par les expériences précéiientes : la foi nerveuse, alors excitée dans une étendue considérable du nerf, doit produire des eiïeis en rapport avec son intensité*

Action de réUoirîoité tur V#« nef fi »efiiîlift «t titr les faiMieAUX f»o«térîettrt de U

Oio«Ue épinîère,

L ^Lehot (i) et Marianini (2) prétendent ([ue, si Tonfiiit agirrélectricS sur un nerf de seuftifuUté générale, t*hez un animal vivant» les signes i douleur apparaissent seulement dans deux cas : au moment où le cou rant direct cesse, au monicnl où le courant inverse commence.

Mais, suivant Matteucci (3), dans une première période, la douleur écU à rétablissement et à la rupture du circuit, quelle que soit, dailteurs. I direction du courant; et les phénomènes observés par Lebot et Marianil ne se montrent que dans une seconde période, c*est-à-dire après qucij instants de passage du courant dans le nerf de sensibilité,

Malteucci ih] avance encore que les sensations les [dus violentes «îiiîviennent au début du passage du courant inverse, et que Tanimal ue roinifesle pas de souffrance pendant que le circuit est fermé, quel que soitl sens dans lequel le courant circule.

Dans toutes mes expériences, au lieu de grenouilles et de lapins, ch lesquels souvent les indices de sensibilité sont difficiles à saisir, j*ai I usage de chiens ou de chats, qui expriment avec une grande vivaeilA plupart de leoi^ sensations douloureuses : il a été évident pour moi qH ces animaux souffrent au monient où le courant inverse et le courant dif commencent h s'établir, ainsi qu'à l'instant où le courant inverse est int€ rompu, taudis qu'ils ne témoignent jamais aucune douleur à rinterruplion du courant direcL De plus, j'ai constalé que, niAme le circuit élant ferm*', constamment tous les signes ordinaires de la douleur se manifestent pendant les premiers instantsdu passage d'un courant dïine certaine puissance, alors m^me qu*on se met en garde, autant que possible, contre reffet cauique de l'atloucfienu^nt. Mais, vient on à prolonger Tactitm du coura continu sur le nerf sensitif, bientôt l'animal cesse ses gémissements et cris, il devient calme et ne parait plus souffrir, h moins que, déplaç l'un des rhéopbores, l'expérimentateur ne le fasse glisser vers ime [ du nerf supérieure à celle que le courant a déjà traversée,

I Ainsi, d'après nos expériences que nou^ avons dû reproduire d*aut plus souvent qu'elles ne s'accordent point avec celles des auteurs pr

(1) Lehût, mém, cité.

(2) MARiAmw!. mém, dté.

(3) Mattih^cck, LfçoM mtr lei pkénam* phyuqttfit rttt eorpi pitMmit^ édil. fhinc. 1847, f . 229 et surv.

ACTION DE r/ÊLECTBlCITf: SUR LE SYHTkME \ERVEU\. 201

dents, les signes de douleur se montrent : — l*" au début du passage des courants direct et inverse; — 2** à l'interruption du courant inverse seule- Eoent; — 3** el (!e circuit étant fermé) pendant les p re mie i*s moments du passage contiQU de l'un ou de rautrc courant.

On sait que si Ton dirige, dans l'épaisseur d'un tronc nerveux moteur, nn courant exactement IransversaK il ne survient aucune contraclion musculaire* Au contraire, j'ai constaté que la donïeur n'en est pas moins vive, quand le courant est dirigé de celte manière dans répaissenr d'un nerf sensitîf, et qu'elle ne paraît point augmentée par récartement des deux pùles.

IL — Les résultais qui précèdent se sont reproduits dans mes expé* riences comparatives sur les taisceaux postérieurs de la moelle et sur les racines spinales correspondantes.

Je rappellerai ici que, toute ûvtion réflexe ayant disparu dans le bout caude la moelle divisée (chez le chien), la slimnlalion électrique des faislUx postérieurs ne donne jamais lieu à la moindre contraction musculaire, quel que soit (Faiileurs le sens du courant

Il en est de même des racines postérieures, après qu'on les a séparées de U moelle épinièrc. Au contraire, si elles adhérent encore k cet organe, que le courant soit direct ou inverse, c'est toujours quand on ferme le circuit qu'elles provoquent des secousses convulsives, qui ne sont dues évi* demment qu'à une incitation réfléchie sur Icî^ racines antérieures, puisque la section de ces dernières fait cessera l'instant même toute contraction.

IIL — Sur le chien, j'ai soumis à Taclion du courant électrique la portion ganglionnaire du trijumef/u, séparée du nerf masticateur et de lencéphale: aucune contraction musculaire ne s*est manifestée. Sur le cheval et le clnen, après avoir isolé avec le soin le plus minutieux, du bulhe et des âtels les plus élevés du nerf spinal (accessoire de Willis)» les portions ganglionnaires du pneumogastrique et du glosso-pharjogien» aliu d'éviter tout mouvement réflexe, j'ai succL^fpiivement appliqué réîectricité à chacune de ces portions, sans obtenir le phis léger frémissement dans les muscles du larynx^ du pbar^Tix, du voile du palais, etc. Aussi, malgré le senliuient contraire d'un assez ^raud nombre de physiologistes, je ne puis m 'cm pêcher de regarder ces portions (jangtiQnnmreia comme des nerfs cxclusiveroent sensitifs, que je range à côté des racines spinales postérieures et de la ()ortt on ganglionnaire du trijumeau.

Aotion de l 'électricité tur lût nerfi. de ■eDiâlîdi» »p#ciale».

C'est un fait assez généralement reconnu* que l'action de réiectricilé sur les nerfs de sensations spéciales provoque une sensation en harmonie avec les fonctions dévolues à chacun d'eux.

K — Volta(!) démontra, le premier, qu'on éprouve une sensation lumi-

(1) Aloiiiîi Editai théorique et e^tpérm^ntni sur te gfifvftfit.^me. In- 4", Parii, 1804, p, 108.

202 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DU STSTÈMB NERfEUX BEI GÉNÉRAL.

neuse, lorsque le courant électrique vient à stimuler le nerf optique en on point quelconque de son trajet.

Ce phénomène est facile à reproduire, quand même Tœil n'est pas compris bien directement dans le courant : en effet, il peut avoir lien si Ton louche la face interne de la paupière inférieure avec Tun des rliéophores, et Tintérieur de la bouche avec l'autre ('). Puisqu'un courant, trop faible pour imprimer une secousse au globe oculaire, suffit pour éveiller une pareille sensation, il faut bien admettre qu'elle dépend d'une exdtM tion spécialement dirigée^sur le nerf optique lui-même. L'action est plot vive si Ton emploie une petite pile au lieu d'une simple paire de plaques de cuivre et de zinc : alors, suivant Purkinje (i), quand les deux piles soni appliquées aux deux conjonctives, on aperçoit une sorte d'éclair toutes les fois qu'on ouvre ou qu'on ferme le circuit; ou bien une lueur jaunâtre apparaît au pôle positif et une teinte de violet clair au pôle négatif. D'après le même observateur, il se produirait encore, dans le champ visuel, des phénomènes locaux particuliers correspondant à l'entrée du nerf optique elao point central de la rétine.

n. — Volta (2) fit également agir le courant électrique sur ses nerfs auditifs : en le dirigeant transversalement d'une oreille à l'autre, il éprouva des sensations auditives (sifflement, bruit saccadé) qui persistèrent tant que le circuit fut fermé. Ritter (3), en répétant cette même expérience, dit avoir entendu un son comparable «'i celui du sol t : suivant lui, U sensation n'est perçue qu'au commencement du courant, et le son est plus aigu au p61e négatif.

III. — Divers observateurs ont parlé d'une odeur phosphorée, ou d'autres sensations olfactives, perçues sous l'influence d'un courant électrique dirigé dans les fosses nasales. Ritter (6), par exemple, affirme qu'outre l'envie d'éternuer et le chatouillement, il se développe au pôle négatif une odeur ammoniacale et au pôle positif une odeur acide; que ces effets persistent avec le même caractère, si le circuitTsl fermé, et qu'ils se renve^ sent aussitôt qu'il est ouvert. Valentin (5) reconnaît qu'ils manquent che» beaucoup d'individus, et H. Wagner (6) n'a jamais pu les produire sur luimême. Plusieurs fois, j'ai fait passer dans mes fosses nasales des courants électriques d'intensité variable, et j'ai toujours éprouvé un picotement plus ou moins vifdans la pituitaire, accompagné d'une sécrétion abondante de larmes; mais je n'ai jauiais perçu aucune sensation olfactive.

(') Pfafp (cité par AldinI; ouvr. rit^^ p. i62) a proposé d'utiliser Cê phénomène pour distiiguer les cataractes simples de celles qui sonl compliquées d'amaurose.

(1) Purkinje, Heohachtungen und Vermchc zur Physiologie (hr Hinne. Prague, 182S.

(2) Volta, Philosoph, Tnuis,, 1800, p. 427. — Àldim^ Essai théoriqw ci expérime»Ud sur h (j(ilvimismf\ In-4*». Paris, 1804, p. 107.

(3) UiTTER, Der Siderismus, ofirr neue Bntrfige zur nûhern Kenntniss des Gnhanitwfiif und fier lif^su/tatf* spi/wr Vntt*rsuvhuugrn. Tubingue, 1808, t. I.

(4) Ritter, omit. rite.

(5) Valentik, U'hrbuch dn- Physiologie df'< Mni^rh^n. Hraunscliweig, 1844, t H, p. 5â7.

(6) R. Wagnce, Lehrhurh der Physiologie^ etc. Leipzig, 1839, p. 354.

ACnOEI DB L*tLIGTRICITÊ SUR LE STSTfellE NBRVBUX. 20S

Autrefois Pfàff (i) et A. de Huinboldt(2) avaient déjà échoué dans des tentatives analogues.

rV. — Chacun sait que si Ton agit sur les nerfs gustatîfs, en armant la langue avec des métaux hélérogènes, on provoque la perception d'une SBTeur. Sulzer(5), avant la mémorable découverte de Galvani, avait déjà obsenré sur lui-môme qu'en touchant la langue, avec deux pièces de métal. Tune de plomb et l'autre d'argent, il éprouvait une sensation particulière toutes les fois que ces deux pièces étaient mises en contact.

On donne lieu à une saveur acide ou alcaline, suivant la position des lames de zinc et d'argent, dont l'une est appliquée sur la langue et l'autre an-dessous : la saveur alcaline ou la saveur acide se développe au moment oà ToD fait toucher ces deux lames entre elles.

n est bien présumable, d'après ce qui a lieu pour les nerfs optique et auditif, que ces effets dépendent d'une action directe de l'électricité sur les nerfs du goût, et non, comme on Ta supposé, de la décomposition des sels de la salive; car un courant aussi faible ne saurait déterminer une décomposition chimique suffisamment rapide pour rendre compte de sensations aussi promptes à se manifester.

Aeiûm de Téleetrieîté for lec dnrertet partîet de l'eneéphale.

Sur des chiens, des chats et des lapins, chez un assez grand nombre d'oiseaux, j'ai fréquemment Tait passer, dans la substance blanche des hémisphères cérébraux, des courants électriques, en divers setiSy sans jamais parvenir à mettre enjeu la contractilité musculaire : même résultat négatif avec le même agent dirigé sur la substance grise ou corticale de ces hémisphères. — Est-il besoin de rappeler que Vaxe gris de la moelle épinière s'est montré tout aussi indifférent à l'agent électrique qu'aux autres stimulants?

Mes expériences sur les deu^^ substances du cervelet, sur les couches optiques et les corps striés, ne sauraient non plus me laisser aucun doute sur l'inaptitude de ces organes à exciter des contractions musculaires, sous Tinfluencedu courant électrique, quelle qu'en soit la direction.

11 n'en est pas de même si les tubercules quadrijumeaux ou bijumoaux, les pédoncules cérébraux, la protubérance et le bulbe rachidien, sont compris dans le courant : alors surviennent des mouvements convulsifs dans le tronc, les membres, etc. Mais jusqu'à présent, dans ces expériences, il m'a été impossible de saisir, entre le sens du courant électrique et les contractions musculaires dues à ce courant, des rapports analogues à ceux qui ont été mentionnés plus haut, soit pour les cordons nerveux mixtes, soit pour les cordons nerveux exclusivement moteurs. Toutefois l'étage inférieur des pédoncules cérébraux m'a paru se comporter ordinairement, avec les cou-

(1) PfAFF, loc. ctf,,p, ihi.

(2) A. DE HcMBOLDT^ Expér. sur le galvnniwie^ trad. franc. Paris, 1799, p. 319.

(3) SuLzn, Nouveile théorie du plaisir, 1767.

2ùh PROPIUÈTÊS ET FOISCTrONS DU SYSTÈME ^ERVElX ETS G&WfeRAU

rnnls direct el inverse, à la manière des nerfs simplement moteurs f)*

Action 4e l'éUcIrtoité tur l« nerf gt-aiid tfmpatliîqfie.

Jusqu'à présent crotte action n':i èlc ètiïfli**e que sur des portions assez limitées du grand \vmpathique, et les e.vjïrrimculateurs, loin d'avoir tiré de leurs études des cône lusions toujours identiques, ont parfois avancé les assertions les plus contradictoires»

VoUaj Mezzini, Valli, Kleig, Prair(l), Fie ti rends (2), etc., crurent observer et publièrent que les contractions du neiir et celles de tous les organes qui sont hors du domaine de la volonté ne pouvaient être excitées par k courant galvanique; et Itit^liat (3), qui fit aussi quelques expériences à ce sujet, affirma qu1l lui avait toujours été impossible de déterminer k moindre mouvement du cœur a en armant, soit la moelle épiniére et cœur, soit ce dernier organe et les nerfs (ju'il reçoit ou des ganglions le sympathique, ou du cerveau par la paire vague »>,

Nos propres reclierchcs et les expénenc^es d'antres auteurs, expériencef dont nous avons reproduit les principaux résultats, nous emp<^cheDl d'adopter les opinions précédentes*

Schmuck{4) avança, le premier, que le canir est excitable par le gah**^ nisme.Ses essais précédèrent ceux de Fowler(5), qui, à son tour» parvii le premier h changer les prdsatjons du cœur, sur des animaux ùt sang chaud, non plus en appliquant, comme Schmiu^k, les arnialm^es immédia lemeiU au cœur lui-niéme, mais en galvanisant, soit les nerfs récurrents, soit h p<jrti(in cervicale du grand sympalhi([ue,

Lud\vig(6), Wetïster (7) et Crevé (8) firent aussi d'autres essais, dans lefri quels on put soupçonner encore que la tibre musculaire elle-même av été touchée, ce qui engagea AL tîe Hun)boldt(9) à entreprendre, avec soo frère, une série d'expériences 6ur le même sujet,

a Nous fîmes tuer, dit ce savant, un renard et deux lapins : dans tm^ trois animaux, le eo*ur fut enlevé, et un des tlletv^ nerveux qui s*y porl fut préparé promptement. de manière qu'un put y appliquer des anm^ tares êam toucher le cœui\ Mon frère arma le nerf seuîcnient, et, à cha< ^contact des métaux, les pulsations du eceur furent manifestement cl

(•) J\n ilA supposer^ dons celle dernière expérience, que le principe du motiveiiieut \ L^ge dans lei pèijonciites d'avant en arrière, c est-a-dire du cerveau ver* la mtHflIe,

(1) PfAFr, Histoire du gahotiifime^ et anoiyse des diff^t'ftdf ouvmgçi puUin tu découverte, par P. Suc. Paris, ja<)2.

(2) BehkeitdSj dans sa diaaerlAlion inlitulée : Dittertotio qua demttujutrhtitr eor tm%iif tttrere {Ifi^^ûutCy 1792), s'est principalement tonde, paur nier l'existence des nerfs du etnir, sur rineltkacité de rirritation galvanique*

(3) BlCHAT, liecherches phijxinhfjtque^ jrttT la vie et la mort, 5* èdîL, 1829,1». hBêé tuiv.

(4) SamuCK, Dissert ntio ffe eirciricifttte corporum ortjanicorum, Xn-h'', Heidelberf, 1791* — Beitrûije zur tiâht*m Kenntnùt» der thterixchen Eft*ktriritQt. lti-8* Monheiin, 1792.

(5) FowtCB;, Kxperim* on Animni Ehctricil}/, 1794*

(6) Luïïwic, Script, nevrolog, mm, sélect,^ t. IV, p. 408, cxp, 3.

(7) WïHSTEft, Thnisachen iiUr Vrrbimlung rfev Magem mit dtm Lelien^ 170C, o. â. («) CiiKTE, MfiiatlretZf ûlc, p. &Ô.

(9/ A t.. DE HimaotDT, Kj^rieneef sur le gûlvmvme^ trad* franc, PorN, 1799, p. %k%*

ACTION DE L^ÊLECTBIOTÉ SUR LE SY5Tt:«E iNËRVi-Uk. 205

; leur fitesse, mais surtout leur force et leur élévation, furent augmeotées*»

Dans la plupart des expériences précédentes, on a agi sur les filets cardiaques« sans distinctiao d'origine; j'avais donc cru devoir tenter antrefois (18^1) quelques expériences comparatives sur les filets cardiaques émanés du pneumogastriques et sur ceux qui proviennent du cordon cervical du grand sympathinuc. Aussitôt après la mort, en appliquant le galvanisme au tronc cervical du pneumogastrique (cher le chien, le lapin éi le mouton), je ne suis point parvenu à modifier sensibicnient le rhylhme des battements do cteur, ou à les exciter de nouveau au niomcnLoo ils venaient de s'éteindre* Au contraire» chez des chiens de forte taille et chez le mouton, en faisant passer un courant dans les filets cardiaques cervicaux eux-mêmes» fournis par ce tronc nerveux, j'ai po parfois obtenir ces derniers effets. Mais ceux-ci ont été bien ptus manifestes et plus constants, lors du passage d'un courant de même intensité, spérialement dans les filets cardiaques venus du ganglian cervical inférieur; ils ont élé à peu près nuls, au contraire, toutes les fois que le tronc sympathique cervical lui-même a été soumis à la môme action.

Depuis nos expériences, Budge(l), Ed. etE, H* Weber {'i), Mayer(5)> etc., ayant fait passer le courant éner;;ique d'un appareil d'induction dans les pneumogastriques, chez des poissons, des oiseaux et des mammifères, ont découvert un fait des plus remarquables : ils ont vu le cœur suspendre nus- ^ÊH <^ vontrat-tiom. Le nerf spinal (accessoire de Willis), irrité de la même Rmiére vers ses racines, exerce aussi cette curieuse inlluencc. — Uuanl à la galvanisation semblable du grand sympathique, au lieu d'arrêter aussi les battements cardiaques, elle les accélère, d'après les mômes observateuï's.

On peut dire qu'il n'y a pas d'excitant plus énergique que les courants continus pour ramener les battements du cœur, Legros et Onimus [h) ont pu non-seulement augmenter ainsi les contractions du cœur, mais eoeore les ranimer lorsqu'elles avaient disparu. Chez des animaux (lapins, chiens, rats) mis^ à l'aide du chloroforme, dans un état de mort apparente depuis deux à trois minutes (c'est-à-dire chez lesquels la res- (lîralion et la circulation étaient ccmiplétenient arrêtées), ils sont parvenus à ramener les mouvements respirijtyires et les batteni.ents du cœur. Au bout d'une h deux minutes d'électrisatiou, ces animaux abandonnés il eux-mêmes revenaient peu à peu à leur état normal^ et continuaient à nvre sans aucun accident.

Ces mêmes t)bscrvateurs, après une seule application de courants continus, ont égaleEient réussi à faire sortir des animaux hibernants de leur état

11) fillMS, Arvk, de RosER et WuNDKRLlct, 18^6, t. V, p. 319 el 540. — E. Wagneii's ^wittlerhuch (1er Phi/sioi., l. m.

il] E, H. WcBER, An h, ftanat, f/énth\ et de phtf^ot. Paris, tSâtî, p. 9, — WaGKKA's

(3; JfiAtER, FnuBiEP's .Yo/i:e^r, \U^, L XJLXVH1, ri" 83à, |i. 314.

(4) tEGlio^ tï 0M!III6, Comptent tendtm de r Académie des sciences de Ihwù^ 0 mari 1868.

91 t^ltOPRlÊTÊS ET PONCTIONS OU SYSTÈME NEKfBUX EU lltiIftRAl»

d'engourdissement : à peine le courant électrique lravei*sait-t-il l'aoinial, que les mouvementi» respiratoires augmentaienl aussitôt en nombre et m énergie.

Le:» courants continus ont donc une influence des plus marquées sur tes

phénimiènes de ta respiration et de la cirrulalion*

l'iu iMec frisant le ganglion cervical supérieur chez différents animsni, Legros et Oninius(l) ont reconnu que les couranU dinduttùm t^^mfrent les artères et amènent le relroidisscment des oreilles» ttndis que les (XiurantH continus élèvent la ten»pé rature en produisint une congic tinn active. — Au microscope, ils rnit couîstate que, sous l'influence courants d'intîuclion et aussi de simples courants interrompus, le calib des artères ptnil, dans certains cas, se rétrécir au point d'arrêter le ce du sang. — QiiBf^l^ à raetiundes courants continus, elle varie avec la dir^lion du flux électrique : le courant direct ou descendant augmente le caïîbre des artères et favorise la circulation ; le courant inverhe ou ascendant, resserre ces vaisseaux, diminue la quantité de sang qui passe dans un temp donné, mais nlnterrompt jamais la circulation, ce que peuvent fiur comme nous venons de le dire, les courants interrompus.

nrapengiesscr(2) a démontré, contre l^opînîon de Volta partagée par no ^ assez grand nombre de physiologistes, que le galvanisme peut aussi déte miner des mouvements pL^ristaltirjues du canal intestinal. Chez nn malad affecté d'anus anoimal, et chez lequel rintesiin, sorti de la cavité abdon nale, pendait jusqu'au genou, le m(^me observateur dit encore avoir n^l connu ce que le galvanisme augmenta Taclinn des glandes muqueuses, en' rendant leurs sécrétions plus abondantes, et qu'en peu de minutes s*éc(Mllérent de graisses gouttes de suc intestinal n. Mais on pourrait objecter < daïis les expériences de (irapengiesser, le mouvement péristal tique dfl intestins n*a pas été uniquement VefTel de rirritation des nerft^ puî^qu rcxpérimentateur ne semble point avoir armé ceux-ci isolément.

J'ai voulu savoir si l'irril^ition galvanique, limitée aux grands nerfe. splanchniques, entraînerait ou non les conlraclions du canal intestioaLl expi^ rie nées nul été faites sur un assez grand nombre de chiens : tanUVt W conlractions ont manqué complètement, et tantôt, quoique d6jà éteinte elles se sont i-éveillées avec beaucoup de force. Chose remarquable, i dernier résnllHl a été obtenu quand rintestin renfernjail des matières alii| mcntaîres; celui-ci était-il vide, le plus souvent !e ronrafil rtait >;in^ an eune action (♦).

Piluger (3) a c»bscrve que, à l'aide de courants mterrompui , «^ '

(1) LiOKOS et OmiiDi, Hi^hérche» ^^irpértmenlnlés rur ht cirrtttnfiùn ff vfmk^iairmemî *frk ctmtrachittt* nti^iw/ie. {Joumn/ tl'nnut.et ^h phtpiôl,, juillcl et septembre iS6H),

(2) Gi(Ai'ic.%Jii£SSER^ VetHiivhe den Galvonmtnus zur ihiiung tîniger Kt^mkheàtm «afS^ Uitmkn, ficrlit», IHOi.

Ç\ le rapf>eUerai, à ce prn[»o», que j'avHis iléjà signalé de pareitli» dlllir«nee* f^X^ihmti à rinfluimc^ de la huitième fiair» tur lèi m^uirenients de reiloniiic.

(3) erLCcKK, flnpfKtrt tnettsuûl de PArudéfHu* tU- fUrfin, 1855. — Dùtert, intm^, âê wfr- V(/rum fpianchHtcùrum m mtcêUnutn fnU*me. Bertin. t856.

que Tapplication des courants continus augmente ces moûve- Mais le fait le plus important qui résulte de leurs expériences est les contractions péristaltiques par Télectrisation du pneumogastrirét qui a lieu dans un état de relâchement du tube intestinal. Au d'appareils enregistreurs, ils ont pu observer Tétat de contraction relâchement des inteslins : c'est ainsi qu'ils ont noté ce phénou'on peut rapprocher de Tarrôt en diastole du cœur et de l'arrêt raiion du thorax, à la suite de l'électrisalion du pneumogastrique, nncipalcment en électrisant le bout supérieur de ce nerf que l'on cette sorte de paralysie de l'intestin, qui, sur les tracés, est mariir une descente souvent très-considérable de la ligne d'ensemble, (rence de direction des courants électriques n'a pas grande imporans ces phénomènes.

principalement dans les expériences pratiquées sur cette portion id sympathique qu'on peut se convaincre de l'impossibilité de disla moindre différence entre l'action du courant direct et celle du t inverse, et par conséquent d'établir, comme pour les nerfs cérébroens, une certaine relation entre le sens des courants et les contracli leur sont dues. Un nerf moteur cérébro-spinal suscite, quand on inise, des contractions brusques, et, pour ainsi dire, aussi promptes dairàse montrer et à disparaître; au contraire, des divisions du ympathique sont-elles soumises à l'action d'un courant, la réaction ) se fait toujours attendre quelques secondes, et n'arrive à son maxi- 'intensité que quand la cause stimulante a déjà été soustraite. Ainsi, n cas, la contraction commence et cesse avec l'irritation; dans elle ne commence qu'après l'irritation et dure plus longtemps Le principe nerveux moteur, mis eu jeu par l'électricité, diffère

motif «i la ri»r\\A\iâ rîp «n nrntiaffîïlînn nt h la t^nr^o A0 «n mnnîfpQfa-

20S PBOPIIÊTtS ET fORCTlOXS Ot SYSTÈME HKkrCOX EH GÊSliBAL.

mouvement périsUltique de l'iDlestin; aus^i. aprè< avoir constaté que, dans certaines conditions, celui-ci peut se mouvoir énergiqoemenl par suite de l'irritation galvanique des grande nerfs splanchnîques, n*ai-je pas été .surprix de voir l'utérus, quand le même mode d'irritation était appliqué à ses nerfs, se contracter aussi avec une telle force, que, sous mes reoi, plusieurs fri*tas ont pu être expulsés de sa cavité.

Dans ces expériences, j'ai toujours pris le soin, avant d'appliquer le galvanisme aux rameaux nerveux, d'attendre que les mouvements renniciH laires de l'intestin ou des cornes utérines, déterminés d*abord par Timpressiofi de l'air, eussent complètement cessé.

Tous les faits précédents sufGsent donc pour mettre en évidence rerreor de Volta, reproduite par d'illustres physiologistes : il est, en effet, inexact de croire que les nerfs des organes musculeux qui sont hors du domaine de la volonté soient insensibles à l'action électrique.

J'ai voulu soumettre à celte action les grands nerf^ splanchniques* les nerfs rénaux, les ganglions lombaires et semi-lunaires, chez des chieni vivants, pour savoir si ces animaux témoigneraient ou non de la douleor; et presque constamment, avec un courant assez intense, ils ont manifestement souffert. Mais leurs douleurs n'ont été vives qu'après quelques instanti de passage du courant à travers les rameaux nerveux et les ganglioiis; jamais elles n'ont paru se produire dès les premiers moments de l'expérience, conmie cela s'observe avec les nerfs sensilifs cérébro-rachidiens.

IV. — Influence des agents mécamoues, chimiques et toxiques sua LE système nerveux.

Après les détails dans lesquels nous venons d'entrer relativement à l'action de réleciricité sur le système nerveux, nous pouvons d'autant mieux nous dispenser d'insister beaucoup sur l'action des irritants mécanigweit que les phénomènes produits ont le plus souvent de l'analogie avec ceux que développe l'agent électrique lui-même : hâtons-nous pourtant de reconnaître qu'il existe, entre l'action du courant électrique et colle de tous les autres stimulants, plusieurs différences essentielles dignes de fixer l'attention. — (]es différences seront signalées à la fin de ce chapitre.

C'est h mettre en cxen^ire, a modifier ou à détruire la motricité ou 11 fiHsiùilité du système nerveux qu'est employée l'influence des agents qui vont nous occuper.

a. — J)e Taxe cérébro-rachidicn dérive la force spéciale qui, à TéUt normal, se révèle dans les nerfs moteurs par des contractions musculaires* cl qui continue de se manifester ainsi, pendant un certain temps^ quand on applique un excitant aux bouts libres de ces nerfs divisés. Si, comme on Ta vu plus haut, une pareille manifestation peut avoir lieu sous Tinfluence du courant électrique^ elle est également possible avec de simples

INFLUENCBOISAGEIITS MÊGAN. , CHIIUQ. ET TOXIQUES SDR LE STST. KBRV. 209

irriiaiians mécaniques (pincement, piqûre, frottement, tiraillement, etc.)^ et diverses substances chimiques, qui, d'après Al. de Humboldt, seraient notamment : la potasse, la soude, Tammoniaque, Vopium, le chlorure de baryum, l'acide arsénieux^ le tartrate antimonié de potasse, le chlore et Valcool. — D'autres réactifs, au contraire, tels que les acides sulfurique, nitrique, cblorbydrique , le cblorure d'antimoine, le deutocblorure de mercure, etc., ne produisent, au dire du même observateur, aucune contraction locale, lorsqu'on les applique aux extrémités libres des nerfs moteurs.

Nous aurons à analyser plus loin un intéressant travail de W. Rûhne sur le môme sujet.

J'ai provoqué des convulsions locales appréciables en touchant les nerfs moteurs avec Talcool ; les effets ont été nuls avec la dissolution aqueuse d'opium et avec celle de chlore.

La chaleur et le froid^ modificateurs physiques, peuvent exciter des contractions musculaires. Celles-ci sont très-vives, quand on expose à la flamme d'une bougie le bout libre d'un nerf moteur qui vient d'être divisé ; en le touchant avec un morceau de glace, on donne lieu à des effets moins marqués. Du reste, la chaleur et le froid, appliqués de la sorte, peuvent agir à la manière des irritant^ mécaniques ou chimiques, en détruisant Uentôt localement la force nerveuse ; mais, irrité entre le point brûlé ou refroidi et les muscles, le nerf mixte se montre encore excitable et provoque des contractions.

On a prétendu que, si l'on tiraille en long un nerf musculaire, ce nerf perd fréquemment son excitabilité dans toute sa lon^eur, a et que le moscle lui-même est fort souvent dépouillé de sa faculté contractile, qoelle que soit l'espèce d'irritation qui désormais agisse sur lui » (i). Nous n'avons jamais constaté un semblable résultat dans aucun nerf musculaire, lorsque nous l'avons tiraillé sans déchirer ses libres primitives; et, lors même que cette déchirure a eu lieu, les muscles sont constamment demeurés irritables. Ces expériences ont été reproduites bien des fois; leurs résultats sont d'ailleurs confirmés par d'autres expériences que nous avons déjà rapportées, et qui nous ont servi à démontrer que l'irritabilité musculaire se conserve intacte sans le concours des nerfs de mouvement.

b, — Les mêmes causes qui peuvent mettre en jeu ou bien anéantir la miricité dans cette dernière classe de nerfs, peuvent aussi, pour la plupart, éveiller ou détruire la sensibilité, quand on dirige leur action sur les nerfs de sensibilité générale ou sur ceux de sensations spéciales.

^excitation mécanique des nerfs sensitifs, tant qu'ils communiquent encore avec l'axe cérébro-spinal et ne sont pas contus outre mesure, développe de la douleur; et le même genre d'excitation portant sur certains ^fi sensoriels {optique, acoustique, etc.) provoque des sensations en rapport avec les fonctions spéciales dévolues à chacun d'eux.

Du reste, toutes les parties de l'axe cérébro-spinal que nous avions trou-

1) J. MClleb, Manuel (fephyuoLy Irad. de Jourdan^ t. I, p. 533.

LORGCT. — PHYSIOL. lU. — iH

210 MOPAlftTÉS R PONCnONS DU STSTËMB NEBYEDX ER GÈNftRAL.

yées sensibles et excitables par le courant électrique, toutes celles qui s'} étaient montrées insensibles et inexcitables, ont présenté les mêmes caractères avec les irritants mécaniques ou chimiques.

c. — Certains agents chimiques et toxiques, employés avec discernement, constituent un moyen précieux d'analyse physiologique qui permet d'iso/er, durant la vie des animaux, le principe du sentiment de celui du mcave* ment dans les nerfs mixtes.

A ce propos, je rappellerai les résultats des expériences que j'ai faites, spécialement avec ïéther sulfurique (1), dans le but de déterminer son mode d'action sur les cordons nerveux de cet ordre.

Tout nerf mixte (sciatique, etc.) découvert dans une partie de son trajet, soumis à l'action d'un jet de vapeur d'éther sulfurique ou à celle du même éther liquide^ et devenu insensible dans le point éthérisé et dans tous ceia qui sont au-dessous, peut néanmoins conserver sa motricité dans ces mêmes points, c'est-à-dire, à l'aide d'irritations artificielles directes, continuer d'éveiller la contraction des muscles auxquels il se distribue. J'ajouterai qu'à certaines conditions il peut même conserver en partie sa faculté motrice volontaire.

Toutes les variations dans les phénomènes dépendent ici de la durée do contact de l'éther avec le tissu nerveux, contact qui^ d'ailleurs^ ne semble aucunement douloureux^ et se borne d'abord à exciter localement de légères secousses couvulsives.

Dans un premier degré de cette éthérisation directe, qui apparaît au bout d'une minute et ^emie environ, chez les chiens et les lapins, le cordon nerveux (sciatique)^ quoique absolument insensible dans les points indiqués, a encore le pouvoir de faire contracter volontairement les muscles qu'il anime. En effet, le passage interrompu et réitéré d'un courant éleetrique inverse ou direct^ avec le soin que les extrémités des rhéophores ne touchent le nerf qu'au niveau et au-dessous du point éthérisé, ne provoque plus la moindre douleur; mais ce passage vient-il à s'établir au-dessus, l'animal, tout à l'heure impassible, témoigne aussitôt sa souffrance, et les muscles de la jambe, qu'animent les sciatiques poplités interne et externe, ayant été découverts à l'avance, il devient facile de constater que ces muscles participent encore à la contraction volontaire générale (*).

Dansun second degré, qui se manifeste après une éthérisation immédiate un peu plus prolongée (trois ou quatre minutes), le nerf mixte perd le pouvoir qu'il avait encore dans le premier degré; il est toujours insensible, mais de plus entièrement dépossédé de sa faculté motrice volontaire. Son excitabilité ou motricité seule lui reste ; propriété qui est due à la persis-

(I) LonctT, Ejcj>énetices rehiives aux effets de r inhalation de l'éther m/fUrique iV k systètne nerveux (Mém. lu à Tlcad. roy. de médecine en février 18&7, et iniéré dm l0 Archives génér. de méd. et les Ann, méd.-psychoL , numéro de mars, même année).

(*) Ce mode de vérilication (à l'aide du courant électrique; de l'état de la sensibilité dan M tronc nerveux éthénsé, surtout quand on veut reconnaître aussi où en est son pouvoir màtm^ m*a paru do beaucoup préférable à celui qui consiste à piquer ce tronc, à Tétreindre entre li> mors d*une pince, et par conséquent à le désorganiser.

iNFLuniGi m àmms mêgan. , chimiq. bt toxiques soi U BYïïT. MBRY. 31 1

Unce du principe du mouvement dans le nerf, et qui pennet encore à celui-ci de traduire, par des contractions musculaires, les irritations artificielles dirigées sur son propre tissu, quand déjà la volonté n'exerce plus son empire. Mais il importe de dire que, cette excitabilité, le nerf la conserve encore, qu'il soit lui-même galvaniquement irrité au-dessus, au titveaut auHiessous de la portion soumise à l'action directe de l'étber ; en d'autres termes, quoique insensible, il demeure donc excitable dans tous les points de son trajet. La même chose n'a pas lieu plus tard.

Dans wi troisième degréy qu'on peut observer après douze ou quinze minutes de contact de l'éther avec le nerf, plus de sensibilité, plus de mouvements volontaires dans les muscles comme dans le degré précédent ; mais aussi aucune preuve d'excitabilité de la part du nerf^ quand j'y fais passer on courant direct ou inverse au-dessus du point éthérisé. Ce point est donc comme s'il avait été contus ou ligaturé, puisqu'il empêche, aussi bien qu'une contusion ou une ligature, la transmission de la force nerveuse motrice. Toutefois il n'en reste pas moins conducteur de l'électricité elle* même; car si j'applique l'extrémité d'un rhéophore au-dessus, et l'extrémité de l'autre à quelque distance au-dessous du point éthérisé, le courant le traverse, et aussitôt apparaissent des contractions musculaires dues au principe du mouvement émané de la portion de nerf qui, compHse entre l'endroit éthérisé et le point touché par le rhéophore inférieur, a été stimulée par le courant dont elle-même fait partie.

Qu*on n'aille pas croire qu'en prolongeant l'immersion dans l'éther dunmt un laps de temps encore plus long, on parviendrait à faire disparaître le principe du mouvement de la portion du nerf située au-dessous du point qu'on immerge, et à la rendre ainsi inexcitable. Les expériences que nous avons consignées ailleurs (1) ont démontré que le bout périphérique d'un nerf, alors même que celui-ci a été complètement séparé de l'axe cérébro-spinal, ne perd jamais son excitabilité ou sa force nerveuse motrice qu'après le quatrième jour de cette séparation.

Les précédentes expériences^ relatives à l'éthérisation directe du tissu nerveux, peuvent être conduites de manière à produire tantôt des effets passagers, et tantôt des effets durables. Dans le premier degré, l'anesthésie peut ne pas durer au delà de quelques instants; dans le deuxième, la sensibilité et la faculté motrice volontaire se rétablissent quelquefois en moins de douze heures, et, quand ce rétablissement a lieu^ c'est la première de ces facultés qui reparait d'abord ; dans le troisième degré enfin, où le contact assez prolongé de l'éther a pu altérer la composition intime du tissu Meroeior, il n'y a plus lieu d'attendre la restitution lente de ces facultés qine de la régénération de ce tissu lui-même.

il me parait utile de noter que les effets relatés plus haut ne doivent pas te être attribués à une action spéciale de l'éther sulfurique liquide sur le

(1) LovGn, Recherches expérimentales sur /es conditions nécessaires à Fentretien et à la ^^^festaiûm de f irritabilité musculaire^ avec des applications à la pathologie, ln-8. Paris,

2t2 l»aOf»fUÊTÊ5 El FOiNCIiONS DU âYSTËUE NLKVliPX EN GÉNÉRAL.

tissu nerveux; qu'au cootraire, plusieurs d'entre eux peuvent être reproduits à Taide de ligatures plus ou moins serrées^ du froid, de U cbalear, de ropiura, de Talcool, des acides^ des alcalis, et encore d'aulres réacltii

à des étals variables de concentration.

Lorsque, au lieu d'avoir recours a réthérisation directe du tissu nerveux. on soumet les aniraaox à Tinhalalion des vapeurs éthérées, on peut parvenir à tnoier le principedu sentiment du principe du mouvemeot, non-seulement dans les nerfs, mais encore dans k-^ retifreK nerimu eux-raêraes.

Ou a déjà vu qu'à l'état normal sont sensibles : dans le syÈième nervea tentrfti^ les portions poslêiieures de la protubérance et du bulbe, le^ ivh hercules quadrijumeaux à une profondeur déterminée, les faisceaux postérieurs de la moelle épinière ; fifjm le Hfisléme n^rveftj: pérîpkth-fque^ les portions ganglionnaires des nerfs trijumeau, glosso-pharyngien et pneumogastrique, les racines postérieures des nerfs spinaux. — Telles sont ao*»si. par conséquent, les diverses parties de Tappareil nerveux sensitif sur lesquelles ont dû porter nos expériences successives qui y ont démontré I» perte absolue de la sensibilité.

Quanta Vappareii nervettx doué de moirivitê (*), quoîqu'cn général ébranlé et amoindri dans son aetion, comme le démontre le relâchement assci fréquent des muscles chez Thomme, il continue pourtant de réagir, chez les animaux, h l'aide des irritations électriques; ou voit même persister U relation qui existe normalement entre le sens du eourauL électrique et les contractions musculaires dues à ce courant.

Loin que la motricité des faisceaux antérieurs de la moelle, des parti» antérieures du bulbe et de la protubérance, des racines spinales antérieures et des nerfs moteurs crâniens, cesse de pouvoir être mise en jeu par le courant électrique durant la vie des animaux éthérisés (comme l'ont pré» tendu quelques expérimentateurs), elle se manifesle encore, par des con* tractions musculaires, même chez ceux qui sont morts à la suite d*uiie élhérisatiun trop prolongée, coojme je l'ai reconnu dans des expériencef sou ven t r e p ro d u i t c s .

Toutefois, à Taide du courant électiique, on constate, après la mort, que rirrilabilité des muscles et Texcit^bilité des nerfs de mouvement durent moins longtemps chez les animaux tués par î'éther que chez ceux qfà ont succombé à une autre cause de mort, à la section du bulbe, pir exemple.

Uanimal éthérisé a donc seulement perdu temporairement, à cause de* modifications profondes, maii> passagères, de son encéphale, la faculté de pouvoir exécuter des mouvements volontaires* Mais on ne saurait avancer que le principe incilateur du mouvement, ou la force nerveuêe mfitncfpw^ premeut dite» ait momentanément et complètement disparu d'une portion quelconque de son appareil nerveux moteur : en effet, cette force (apré§

{*) Cet appareil te conipoM: 1*^ des cordms tntéro 'intérieurs de la moeflf qat, apr^ i*llii renfoirèi» m prolongent, d'y ne manière indirecte, dan» le btilbe, la protubérance, les fkàmr cule» el tes liiberculei quadrijuineaux ou bijumeaux ; 2" des trente et une racinet tpmék* aniérieurfSf et dci ttept nerfs moteurs a*énien%

mpujoicsoBSMEirrsiiÊCAN., chimiq. et toxiques sur le STST. NERY. 213

un laps de temps déterminé, dût-elle ne plus s'y manif|ster sous Tinfluence des stimulants mécaniques ou chimiques), ne manque jamais de s*y révéler, au moins pendant la vie, par les contractions musculaires qu'elle provoque nécessairement sous l'influence de la stimulation électrique appli*quée à l'organe nerveux lui-même.

Au contraire, ce dernier mode de stimulation, employé avec une assez grande énergie, a, comme tous les autres, constamment échoué entre nos mains, pour nous révéler, par la douieur, l'existence du principe du sentiment dans un point quelconque de l'appareil nerveux sensitif des animaux élbérisés à un degré convenable : d'où il semble résulter que l'action de l'éther est bien autrement subversive des fonctions dévolues à ce dernier appareil que de celles qui appartiennent au système nerveux moteur.

D'ailleurs^ chaque jour l'occasion ne s'offre-t-elle pas de constater que les fonctions de l'un persistent plus longtemps, meurent moins vite, pour ainsi dire, que les fonctions de l'autre? Voyez cet animal que la mort vient de frapper : chez lui, plus de principe du sentiment, plus de contractions volontaires possibles; et pourtant le principe du mouvement (principe actif da fècrfs, force nerveuse motrice) n'a encore abandonné ni la région antérieure de sa moelle, ni ses racines spinales antérieures, etc. Aucune partie de son appareil nerveux moteur n'est atteinte à" immotricité; toutes conser-

I vent l'aptitude à exciter des contractions sous l'influence d'irritations im-

;- médiates, et ne la perdent qu'avec le froid de la mort.

Si donc, chez l'animal éthérisé, qui pourtant vit et respire, cette aptitude eût réellement disparu, c'eût été plus que ce qu'on voit sur l'animal qui vient de mourir.

A propos des expériences précédentes, qui nous ont permis àUsoler le

\ principe du sentiment du principe du mouvement, dans le système ner-

' Teox cérébro-spinal, nous croyons devoir rappeler les expériences dans lesquelles aussi, à l'aide de l'éther, nous nous sommes appliqué à distinguer, dans l'encéphale, le siège de la sensibilité générale de celui de Vintelligence et de la volonté (voy. plus haut, p. 157 et suiv.].

L rf. — Parmi les agents toxiques, il en est un surtout, le curare (*), qui peut servir à démontrer que l'élément musculaire possède sa contractilité par hii-méme et indépendammenf de tout nerf moteur; résultat capital que nous avions obtenu, dès 1861 (1), en suivant une autre voie (**].

(•) Le curare est le «uc concentré du Strychnos toxifera,— Consultes à ce sujet Alyaro- BlTioto, Rech. nat.^ chim, et physiol. sur le curare (Paris, 1855).

(1) LONCKT, Recherches expétnmentaies sur les conditions nécessaires à Pentretien et à la manifestation de tirritabilité musculaire, avec des applications à la pathologie, ln-8, Paris,

i mi.

\ (**) A propos de nos expériences sur ce sujet (voy. t. Il, p. 603-620J et de celles qui furent

[ Ihiles neaf années plus tard avec le curare, Volpiam s'exprime ainsi : « Pour moi, je considère

> let expériences de Lohcet, avec Tappui que leur donnent nos connaissances sur la dégéné-

■ reseence des nerfs séparés des centres nerveux, comme Targument le plus net et le plus fort

[ > de tovs ceux qui sont employés pour prouver que la substance contractile des muscles peut

^ 1 être directement et immédiatement mise en jeu par les excilanls expérimentaux. » (Vulpuh,

teç, sur la physiol, génér. et comparée du syst, nerv., p. 244. Paris, 18ti6.}

Sfft PIOPUlTÊS ET rOHCnOHS DU SYSTÈME HEKVEUX m etRtftâL.

Lorsque les aninyiux ont été piqués par un instrument trempé dans le curare, ils paraissent ne pas souffrir, mais seulement être fatigués; ils se couchent et ont l'air de s'endormir. Puis bientôt la respiration s'arrête, et la vie s'éteint sans que Tanimal ait poussé aucun cri ni manifesté ancone douleur. Chez les hatraciem ainsi empoisonnés, immédiatement après h mort on constate que l*excitabilité des nerfs moteurs a complètement disparu; mais, chose digne de remarque, les muscles ont conservé leur irritabilité (1). — Vulpian (2), et, après lui, Pelikan (3)^ ont démontré que, ches les mammifères^ les nerfs moteurs soumis à la volonté conservent encore, an moment de la mort, une excitabilité considérable. Le premier de ces eipérimentateurs a reconnu, de plus, que l'abolition de la motricité de ces nerfs n'a lieu, chez les mammifères empoisonnés par du curare, qa*apréi que Ton a pratiqué la respiration artificielle pendant un temps çpii varie suivant la dose de poison et l'espèce animale. Chez le chien, la motricité des nerfs sciatiques peut parfois subsister encore dans ces conditions pin d'une demi-heure après la mort

Le curare, qui peut abolir Texcitabilité dans les nerfs du mouvement, toot en conservant la contractilité musculaire, ne fait pas disparaître la sentiMiii. Cl. Bernard, après avoir lié les vaisseaux de Tun des membres postérieurs d'une grenouille, introduisit une petite quantité de curare sous la peau da dos, et, quelques instants après^ l'immobilité était absolue. Cependant, si l'on venait à pincer l'une des pattes antérieures, la patte postérieure, dont les vaisseaux étaient liés, se remuait Les nerfs sensitifs n'étaient donc pas dans le même état que ceux du mouvement. — Dans une autre expérience, le même observateur lie sur une grenouille, dans l'abdomen, les vaisseaux qui portent le sang aux membres postérieurs, et il introduit du curare sous la peau de la partie antérieure du tronc. Bientôt les membres thoraciques perdent complètement la faculté de se mouvoir; on pînee alors ces membres, et aussitôt les pattes postérieures exécutent des 'mou* vements très-manifestes. L'expérience est encore plus claire si Ton a hit absorber à la grenouille une petite quantité d'acétate de strychnine, lors^ que le curare a déjà produit son action. A chaque contact de la peau de la tétc ou des membres antérieurs^ quelque léger que soit ce contact, il sa produit des convulsions tétaniques dans les membres postérieurs (Volpian {U). Ainsi, que ces contractions soient volontaires ou réflexes, toujouri est-il que les nerfs scnsilifs Iransmc lient encore les impressions périphériques, tandis que les nerfs moteurs des parties soumises à Tinflueiice toxique ne sont plus aptes à exciter les contractions musculaires.

C'est plus spécialement sur la partie périphérique du système nerveux

(1) Pelodze et Cl. Bernard, Compter remlii^s^ de rAcadt}mie des sciences de Pnn's^ 14 odo* bn 1850, t. XXXI, p. 533. — Cl. Bernard, Lfiçonx sur/e^ effets des substances Hxiqmnti médicamenteuses, Paris, 1857. — Id., Ijcç, sur ta ptiysiot. et la pnthol, du syst. nerv, hlii, 1858, t. T, p. 198 et SUIT.

(2) Vdlkaii, Comptes rendue de la Société de biologie^ 185S, p. 85,

(3) Pelikan, Mélanges physiques et rhimiqn^s tiré^ du fiidletin de V Académie des seieutts de fhint'l*étersbourg, t. III, 1™ livrais., p. 83 et suîy., 1857.

^ (4) Vulpian, l'uion médicale, 15 janvier 1857.

INFU)Bni«âfiBBrnMtCAH.iGHim<^ETT0lIQITnSimU8^ 215

moteur que parait s'exercer Taction du curare : chei la grenouille dout on avait lié seulement les vaisseaux de l'un des membres postérieurs, les mouvements provoqués dans ce membre par Texcitation des autres pattes démontrent bien en effet que les facultés sensitive et motrice de la moelle épinière étaient persistantes.

Pour quelques physiologistes, Vulpian entre autres, ce ne serait pas sur la fibre nerveuse elle-même que le curare agirait, mais sur l'appareil terminal qui la met en relation avec les fibrilles musculaires {plaque motrice de Ch. Rouget). Si cette interprétation est exacte, on ne pourrait plus considérer les expériences de Cl. Bernard comme les preuves d'une différence de constitution entre les fibres nerveuses motrices et les fibres nerveuses sensitfves. Vulpian pense que c'est, parce que le mode de terminaison des nerfs n'est pas absolument le même dans les muscles de la vie animale et dans ceux de la vie organique, que le curare agit différemment sur les nerfs destinés à ces divers muscles. 11 a constaté, en effet, que l'action du curare est comparativement très-faible, ou du moins qu'elle est très-tardive, sur les nerfs qui se rendent au cœur et aux muscles lisses : plus de deux heures après la mort d'un chien, si l'on a pratiqué jusque-là la respiration artificielle, on peut encore, à l'aide du galvanisme, — arrêter les mouvements du cœur en excitant les nerfs vagues, — faire contracter l'estomac par l'intermédiaire des mêmes nerfs et les vaisseaux par l'excitation des nerfs vaso-moteurs; — on peut aussi provoquer la dilatation de la pupille en agissant sur le cordon cervical du grand sympathique, etc. (1).

Quant à l'antagonisme qui avait été signalé entre l'action physiologique du curare et celle de I^l strychnine (2). Martin-Magron et Buisson (3) nous semblent avoir démontré qu'il n'existe pas. Ces poisons ne diffèrent que par des nuances qui disparaissent avec les doses et le mode d'administration.

cLe curare et la strychnine, concluent ces expérimentateurs, produisent leur effet sans qu'il soit nécessaire qu'ils arrivent aux organes par la circulation. — Le curare, comme la strychnine, détermine des convulsions en rendant la moelle plus excitable, et ne l'excite pas directement; — la strychnine^ comme le curare, paralyse les extrémités des nerfs moteurs, ou mieux empêche l'action que l'excitation de ces nerfs produit sur les muscles dans l'état normal. — Dans l'empoisonnement par le curare, comme dans l'empoisonnement par la strychnine, on a ou Ton n'a pas de convulsions^ soiTant que la moelle a été empoisonnée avant les extrémités ou que les extrémités ont été empoisonnées avant la moelle. — Après l'empoisonnement par la strychnine, les muscles conservent aussi leur irritabilité, bien que les nerfs moteurs soient paralysés. »

(1) TULPUH, Leçons sur la physiologie du système nerveux j p. 212. — Comptes rendus de k Société de biologie^ 1858, p. 35 et 36. — Bulletin de la Société philomaihiquej 1865, p. 36 et 79.

(2) Hailct, On tke Action of Strychnine upon the Spinal Cord, London, 1856.

(3) MAETiii-MAGROif et Buisson, Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences ^f Paris, 2A janvier 1859, t. XLVIU, p. 223.

216 PBOPBlfiTÉS ET PONCTIONS DU SYSTÈME NEBTSUX EN GÊNÉBAC

Du reste, MarlinMagron et Buisson ont de plus reconnu que les phénomènes résultant de Tenipoisonnement parle curare et la strychnine peuvent varier non-seulement avec la dose et le mode d'administration, mais encore avec la saison, la température, Tétat de l'atmosphère, Tàge, la vitalité de ranimai et surtout Tétat de la circulation.

£n«fious occupant, plus tard, du pouvoir réflexe et des phénomènes qui en dépendent, nous aurons occasion de revenir sur les effets de la strychnine.

11 est encore d'autres substances qui, comme le curare^ abolissent l'action des nerfs moteurs sur les muscles, sans altérer la contractilité musculaire ni la sensibilité : telles sont la nicotine, la coniciney etc. Q.

Au contraire, d'après Kôlliker(l), la vératrine anéantit très-promptement la contractilité dans les muscles, en laissant persister l'excitabilité dans les nerfs, qui pourtant y est diminuée. Le cœur cesse de battre en peu dlnstantStCt perd vite son irritabilité. Des expériences plus récentes de Bezdd, de J. Prévost, etc., ont donné des résultats un peu différents de ceux qu'avait obtenus Kôlliker. Ces expérimentateurs, sans nier l'action de h vératrine sur la contractilité musculaire, ont fait voir que cette substance produit^ dans une première période, une modification très-remarquaMe de la propriété physiologique des muscles^ modification telle que les excitations de ces organes, soit directes, soit par l'intermédiaire des nerfs moteurs, y déterminent des contractions ioniques analogues à celles qui se produisent par un autre mécanisme chez les animaux empoisonnés par 11 strychnine.

D'autres substances toxiques ont une action plus marquée encore sur la contractilité musculaire et principalement sur celle du cœur : je citerai, comme exemples, VUpan untiar et l'antiarine qui arrêtent les mouvements du cœur en quelques minutes. Il en est de même de l'extrait de Nerium oleander, d'après Pclikan (2), du corroval et du vno, d'après W. A. Hammond et S. W. Mitchell (3), de Vhellêbore vert (^), du jakun on mintras de Malîicca d'après Rosenthal (5), et du dojakscli, poison des flèches employé à Bornéo, d'après P. Braidwood(6). Vulpian (7) a montré que la digitalÎM peut aussi arrêter les mouvements du cœur chez la grenouille, avant que l'animal ait encore rien perdu de sa vivacité. — Parmi les subslaDces

(*) La nicotine est un alcaloïde d'aspect huileux qu'on extrait du tahac^ et la connctite estai autre alcaloïde, de même aspect^ qu'on relire de la grande ciguë.

(1) KdLLiKCR, Phynot, U/ttersuch. ûber die Wirkung einiger Gif te {Archiv. fur paikoL Anat. uml Physiol. de Vierordt, X, 1856).

(2) Pelikar, Lhi Tnnghin (poison des Madécassen, d'après KOlliker et Pelikan), Scme Af« marks on the physioloyinal action of the Tanghinin venenifern ; in Proceedings of the Ik^ Society^ t. IX, p. 173, an. 1858.

(3) W. A. Hammond et S. W. Mitchell^ The American Journal of Metl. Saencef. Jilfi 1859 ; anal, in Journal de physiol., 1859, p. 707.

(4) W. Dybko?(SKT et E. Pelikan, Hecherrhes physiologiques sur l'action des diff&enlt poisons du arnr (Mémoires de la Société de biologie, 1861, p. 97).

(5) RosEifTRAL, Archiv von DU Bois-Rrymond et Reichert, 1865, p. 601.

(6) P. huAXbvfOOV, Edinburgh medic. Journal, août 1864; anal, in Archives gén, de méé.t septembre 1864.

(7) Vulpiar, Comptes rendus de la Société de biologie ^ 1855, p. 67.

mPUIBIIGiMS AGENTS MÊGANm GHIlilQ. ET TOXIQUES SUR LE STST. NERV. 2i7

KÎqaes provenant chi règne animal, le venin du crapaud et celui du triton lerminent aussi un arrêt des mouvements du cœur, notamment chez » grenouilles auxquelles on a inoculé ces venins (1). Quant au sulfoeyanure de potassium^ qui avait été regardé aussi comme i poison musculaire, d'après les expériences de Cl. Bernard (ouvr. ciY.), a été prouvé, depuis, que ce sel ne détruit l'irritabilité musculaire que tsqu'il est appliqué directement sur les muscles : s'il est porté à ces ornes par les voies circulatoires, il laisse au contraire cette propriété tacte. Il ne mérite donc pas, à proprement parler, le nom de poison mushure (Pelikan, Yulpian). — Il en serait de même de tous les autres sels §lalliques auxquels on a donné à tort cette dénomination.

e. — W. Kûbne (2) a publié d'intéressantes expériences sur Virritation imique comparée des nerfs et des muscles. D'après cet observateur, les ides minéraux concentrés agissent également sur les muscles et sur les rfs moteurs; mais, à l'état de dilution, ils n'excitent que le muscle sont sans action sur le nerf; — les alcalis (potasse et soude) peuvent ir sur les muscles et les nerfs, qu'ils soient concentrés ou à l'état de [ntion; — certains sels (cblorures de potassium, de sodium, de calcium] finent les mêmes effets que les acides, c'est-à-dire qu'à l'état de concenlUon ils excitent les muscles et les nerfs, tandis qu'à l'état de dilution ils agissent que sur le muscle ; — il est d'autres substances (l'ammoniaque quelques sels minéraux) qui n'agissentjamais sur les nerfs, quel que soit ir degré de concentration, mais qui excitent toujours le muscle. En appliquant sur le nerf moteur ou sur la coupe transversale du muscle idques acides organiques, W. Kûbne a constaté qu'il est de ces acides d n'agissentjamais, quelle que soit leur concentration, ni sur le nerf, ni irle muscle : l'acide oxalique est dans ce cas. Au contraire, il a reconnu ic l'acide lactique concentré détermine un tétanos très-fort en agissant ir le nerf, tandis qu'il ne fait rien sur la coupe du muscle. — Les mômes lénomènes se reproduisent avec la glycérine.

Toutes les substances dont il vient d'être question ne font pas partie de >rganisme même, excepté les chlorures de sodium et de potassium. Mais, iDS l'organisme, il y a une matière qui a l'inûuencc la plus remarquable irles muscles et les nerfs : c'est la bile. En effet, quand on plonge la Hipe transversale d'un muscle dans la bile, aussitôt on voit ce muscle se mlracter. La môme chose a lieu si l'immersion est faite dans une solu- OD des sels biliques (glyco-cbolal e et tauro-chola te de potasse ou de soude) . «8, dans ce dernier cas, on trouve une grande différence entre le muscle ison nerf : une solution de moins de 6 pour 100 n'agit plus comme exciintsurlenerf, tandis qu'une solution de 2 pour 100 détermine encore une 3ntraction violente par l'excitation directe du muscle.

(1) Vdlpun, Comptes rendus de la Société de biologie, 1854, p. 133, et Mémoires de la éoe Société, p. 125.

(2) W. KUhhi, Mém, présentée à PAcad. des se. de Paris, dans les séances du 21 février an 7 marM 1859.

218 PROniÉTÉS ET fOlICnONS DU STSTfeMB NEETSUZ BU OtRÊBAL.

On comprend tout l'intérôt qui se rattache aux précédentes expérience au point de vue de VirritabilUé musculaire considérée comme propriété dit» tincte de l'excitabilité nerveuse. — On ne saurait prouver, dit W. Kflhne^ que les dernières extrémités des nerfs moteurs, dans Tintérieur des masclea, soient paralysées par le curare, mais il est permis de penser que la diff^ rence énorme entre le rapport du nerf et du muscle vis-à-vis des agents chimiques donne une preuve que toutes les substances qui provoquent nne contraction musculaire, seulement par leur application sur la coupe tran^ versale du muscle, irritent le muscle seiti^ et non son nerf dans sa substance. W. Kiihne ajoute, comme conclusion, que chaque partie de la fibre primitive irritée et en état de contraction communique une irritation k la partie suivante^ c'est-à-dire que le muscle est conducteur de sa propre actioiié, tout à fait comme le nerf.

Après avoir terminé l'étude de Tinfluence des agents électrique^ mkth niques, chimiques et toxiques sur le système ner\ eux , nous croyons devoir rappeler les particularités qui caractérisent le mode d'action du courotf électrique et le difTérencient de celui des autres stimulants.

Le courant électrique est, entre tous les modificateurs du système nc^ veux, celui qui réveille son excitabilité avec le plus d'énergie et le plus longtemps, puisqu'il est le seul qui puisse encore la rendre manifeste» quand déjà tous les autres stimulants connus sont sans la moindre actioa sur elle.

Appliqué à un nerf mixte, seul il peut exciter séparément tantôt one sensation, tantôt une contraction, suivant la direction dans laquelle il te parcourt.

Seul aussi, quand il est transmis normalement à la longueur d'un nerf de mouvement, le courant électrique ne provoque aucune réaction motrice.

Il possède la faculté toute spéciale de rétablir promptement rexcitabilité des nerfs moteurs, lorsqu'il est transmis dans un sens contraire à celui d'un autre courant qui avait d'abord affaibli ou détruit cette excitabilité.

Enfin, et ce caractère est des plus curieux, quand le courant électrique vient à passer d'une manière continue dans un nerf mixte, il ne délermine plus, îiu bout de quelques secondes, ni sensations ni contractions ; et pour* tant celles-ci peuvent encore se manifester à l'instant même où le circuit est interrompu.

A parties différences qui viennent d'élre signalées, il est permis, jusqu* un certain point, d'assimiler l'action du courant électrique sur le système nerveux à celle de la plupart des autres stimulants.

V. —Du SYSTÈME NERVEUX CONSIDÉRÉ DANS SES RAPPORTS AVEC LES FONCTIONS NUTRITIVES.

Après avoir envisagé le système nerveux comme siège des facultés sensoriales et intellectuelles, du principe incitaleur des mouvements voloo-

RAivoift DO sTntn NnvBin ateg les pottcrims mrrRrrrrKs. 219

taires ; après avoir étudié le mode d'action de l'appareil nerveux moteur et de Tappareil nerveux sensitif^ l'influence des agents électrique et mécani-qaes, celle de divers agents chimiques et toxiques sur ces deux appareils, 0008 alloBS considérer le système nerveux dans ses rapports généraux avec let diiférentes fonctions nutritives.

I.— Enlevez successivement à un jeune chien» par exemple, les lobes cérébmuz, les corps striés, les couches optiques, les tubercules quadrijumeaux, le cervelet et la protubérance annulaire ; videz, en un mot^ à peu près complètement la cavité crânienne, et vous verrez (le bulbe rachidîen et la moelle demeurant intacts) les mouvements de la respiration continuer avec une grande régularité. Mais, lorsqu'à Taide de deux sections transversales du bulbe, vous aurez intercepté un segment ou une rondelle renfermant Vorigine de la huitième paire (nerfs pneumogastriques) avec quelques filets radiculaires du nerf spinal, les mouvements respiratoires s'arrêteront d'une manière brusque, et l'animal périra asphyxié.

11 existe en effet, dans le centre cérébro-spinal, une partie qui tient sous sa dépendance immédiate tout le mécanisme respiratoire, et dont la destraction arrête aussitôt le jeu d'un mécanisme si complexe.

Ce fait, aussi curieux qu'important, était déjà connu de Galien (1) et de Lorry (2), qui pourtant n'avaient pas rigoureusement délimité la portion des centres nerveux dont il s'agit. Legallois et Flourens ont mis plus de précision dans leurs recherches.

Selon Legallois (3), le premier mobile, le principe de tous les mouvements respiratoires a son siège vers cet endroit de la moelle allongée (bulbe rachidien) qui donne naissance auxn^fs de la huitième paire. Flourens (U) a démontré que l'organe premier moteur du mécanisme respiratoire se trouve à l'origine même de cette paire nerveuse, qu'il commence avec elle l 6t s'étend un peu au-dessous.

Mes propres expériences m'ont conduit à reconnaître que l'organe premier moteur du mécanisme respiratoire n'a pas son siège dans toute repais- *ttr de la rondelle ou du segment de bulbe commençant avec l'origine même de la huitième paire, et finissant un peu au-dessous d'elle. En effet, r» pu diviser, détruire, à ce niveau, les pyramides antérieures et les corps rcstiformes, et voir la respiration persister : au contraire, la destruction isofe du faisceau intermédiaire du bulbe^ au môme niveau, a produit l'arrêt ^^(xntané de la respiration (5). — A celle occasion, je ferai observer que ce faisceau intermédiaire est pénétré d'une quantité considérable de

(1) GAUBfy De anat, administr.. lib. VIII, cap. ix, p. 696 et 697,'édit. de RQhn (Leipsig,

(2) LotiT, AcacL des se. de Paris, Mém. des savants étrangers, t. IIÏ, p. 366 et 367. ^(3) Legallois, Œuvres complètes, 1. 1, p. 247 et 259 (Rapp. de Pkrct), avec des notes de l^Oun. Paris, 1830.

(4) Flocrens, ouvr. cité, p. 203.

(5) LoRGR, Expér. relatives aux effets de P inhalation de Véther sur le syst. nerv. {Arch. génér. de méd.» année 1847, t. XIII, p. 377).

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