‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 19 sur 92 · VI. — Pouvoir réflexe et phénomènes qui en dépendent · texte numérisé non relu

VI. — Pouvoir réflexe et phénomènes qui en dépendent

Dne impression faite à nos organes peut donner lieu à des mouvements nature bien distincte : ainsi^ tantôt transmise à l'encéphale directement r les nerfs sensitifs crâniens, ou indirectement par l'entremise de la Mlle épinière et des racines spinales postérieures, elle va s'élaborer dans région encéphalique où réside le sensortum commune^ s'y transforme en nsation, et, par conséquent, arrive à la connaissance de l'animal qui peut i^r par des mouvements volontaires; tantôt, également transmise par les iris sensitifs, soit à une partie déterminée de l'encéphale, soit à la moelle ôiiière^ cette impression occasionne une incitation immédiatement réflélie sur les nerfs moteurs, et de là résultent des mouvements dits réflexes à production desquels la volonté ne prête plus son concours. La puissance qui donne ainsi lieu à des mouvements, sans la participa- Ml de la volonté^ a été coûsidérée comme une faculté spéciale de l'axe Mbro-rachidien : on l'a désignée sous les noms de pouvoir réflexe^ faculté 1 propriété excito-motrice^

A. KrtoTMiae. — Les principaux phénomènes dépendants de la réflexion fis impressions faites aux nerfs sensitifs sur les nerfs moteurs, par Tenemise de l'axe cérébro-spinal regardé comme centre indispensable de stie réflexion, furent observés, puis proclamés de la manière la plusexplile, au commencement de ce siècle, par Prochaska, qui avait reconnu i*!!s peuvent se produire avec ou sans conscience : (iNotandum est quod ista dexio, vel anima inscia, vetverd anima conscia, fiât (1). * Les auteurs qui^ avant nous^ s'étaient occupés de l'étude de ces hénomènes, ayant passé sous silence les intéressantes recherches de i physiologiste, nous crûmes devoir réparer cet ouhli^ en citant, dès UÎ (2), quelques extraits de ses ouvrages que nous traduisîmes prcsae littéralement :

« tes impressions externes qui se font par les nerfs sensitifs , dit tochaska (3), se propagent avec rapidité en suivant toute la longueur de mr trajet jusqu'à leur origine : dès qu'elles y sont parvenues, elles s'y tfkhissent^ d'après une loi constante, et passent dans les nerfs moteurs orrespondants; d'où des mouvements constants et déterminés dans les ttuscles(p. 150-151).

> Le siège du sensorium commune s'étend jusque dans la moelle, ainsi que

(*) Poor phiB de détails, foyek lês chap. Circulation et Chaleur animale^ t. II.

(1) G. Pbochaska, Operum minorum anat» physiol. etpnthol. nrgum. Vienne, 1800, pars cimda, eap. iv, p. 156.

(2) LoiiGET, AnaL et physioL du fyst, nerv.y etc., t. 1, p. 807. Paris, 1841.

(3) G. PROSCHAXA, Op. cit, : Commentatio de functionibus systernatis nert>o.*i, eap. iv,

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le prouvent les mouvements qui subsistent chez les animaux décapitéi, mouvements qui ne peuvenl 50 prûduire .saus une sorte de ctmêentm eain les nerfs spinaux : ainsi, lorsqu'on pique une grenouille déeapifér (p. I5J), non-seuhtraent elle retire la partie lésée, mais encore elk- ram^» elle saule, ce qui ne peut avoir lieu sans raetion synergiqne des nerfs sen&itifi et moteurs, action qui a son siège dans la moelle épinii^re, la seule partie qui reste des centres nerveux». — R. Whytt (1) et G. Blanc (2) av^iienl «lejà relate des expériences anal 0 pie*'.

I* La condition générale qui domine la réflexion des impressions «lefifllives sur les nerfs moteurs, ajoute Prochaska, c'est Tinstinct de la côih servalion individuelle (p. \5h). n

Puis, pour prouver rexactitude de son assertion» il eiie plusieurs phénomènes dans lesquels la ronscienco intervient, et dont voici les pte remarquables :

« 1* Une irritation portée sur îa membrane pituitaire occasionne 1 t'éflexitm sur les nerfs moteurs respiraloires; doit une violente expiritl propre à expulser la r;iuse irritante; — 2^ Le m^me phénomène s'obscri^ lorsqu'une parcelle d'aliment ou une goutte de liquide tombe dans la Ui-^ chée-artère; — 3" Quand une personne approche le doigt de noirci quoique nous sachions bien qu'elle n'a pas l'intention de nous nuire» 1*1 pression faite au nerf optique ne s'en réflécftîi pas moins sur les nerfs l teurs des paupières» qui se rapprochent et se ferment malgré nous, etc»l

C'est encore à laide de Taclion des nerfs sensitits sur les nerfs raolc action qui a pour intermédiaires indispensables la moelle épinière el] moelle allongée, que Proehaska explique les faits suivants :

« Il est certain, dit-il (p. 157), que, sans que l'âme en soit avertie, impressions sensorielles peuvent se réfléchir sur les nerfs moteurs, cofl le prouvent les pliénouiénes qui se passent chez les apoplectiques ayaxil perdu lonte conscience d'eux-mêmes : ils ont le pouls élevé et la respiii* fion large; ils lèvent la main et l'approchent trcs-souvenl, sans s en api^ cevoir, du lieu de leur affection.

j) Il en est de même dans les convulsions épilepLiques et dans lesi vemenis que l'on observe, indépendamnu^nt des contractions du cœur et \ mouvements respiratoires, chez les personnes piofondément endormii eu effet, elles retirent leurs jnembres lorsqu'on vient a les piqutr <u» AI irriter légèrement.

n A cette même catégorie de phénomènes, il faut rapporter les muut**' mcnts qui suivent les pincements sur le corps de Thomnie et des animaiii décapités, et qui, ayant lieu sans conscience, sont régis par la raoeOe épînière.»

Enfin Procbaska (p. 158), après avoir rappelé réiernument cnnsécatif des imtations de la pituitaire, la toux qui succède à la stimulatioD deU

(i) RûB. WitTT, Ut vtipetttjt et maloflm hft^tutet, IraJ, franc* Pan*. 1767, ^. î'^p. 265 et 295.

(2) CiiiBtiiT Blahi, Philo*, Tronâttef,^ i78ë, et ^>/«•/. riù^rri,^ p, 262»

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