‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 20 sur 92 · PODVOIB RÊFLEXB ET PHÉNOMÈNES QUI EN DÉPENDENT · texte numérisé non relu

PODVOIB RÊFLEXB ET PHÉNOMÈNES QUI EN DÉPENDENT

ilnqueuse de la trachée, mentionne encore comme effets réflexes le vomisement déterminé par la titillation du pharynx, puis le tremblement dans es accès des fièvres intermittentes, les mouvements convulsifs de la danse le Saint^uy, etc.

Ces citations paraîtront sans doute suflSsantes pour établir les droits de ^rochaska à une découverte fondamentale dont nous signalerons plus tard es nombreuses applications.

Après Prochaska, Legallois (1) dont les recherches furent publiées en 1812, appela l'attention sur le pouvoir propre ou excito-moteur de la moelle épilière séparée de l'encéphale.

En effet, cet expérimentateur combattit Tancienne opinion dans laquelle »n regardait la moelle seulement comme un gros nerf, et le cerveau :omme le foyer unique de la puissance nerveuse : il avança, au contraire, pe «le principe du sentiment et des mouvements du tronc a son siège dans la nof/fe...» (2). a Non-seulement, dit-il, la vie du tronc dépend en général de a moelle épinière, mais celle de chaque partie dépend spécialement de a portion de cette moelle dont elle reçoit des nerfs; en sorte qu'en dé- ;niisaDt une certaine étendue de la moelle épinière, on ne frappe de mort lue les parties qui reçoivent leurs nerfs de la moelle détruite. »

Lorsque, d'après la remarque de Legallois (3), on a décapité une salanandre tur les premières vertèbres^ de manière à enlever tout l'encéphale, die peut continuer de vivre pendant plusieurs jours; mais, quoiqu'elle Buse mouvoir son corps ou ses membres avec autant de force qu'il en fauirait pour se transporter d'un lieu à un autre, elle reste à la môme place, it Ton peut la laisser sur une assiette, avec un peu d'eau, sans craindre

{a'elle ne s'échappe «On observe la même chose, ajoute Legallois, dans

les grenouilles décapitées à la même hauteur. Tous ces animaux font, en jénéral, peu de mouvements, à moins quon ne les touche; et l'on conçoit lue cela doit être, puisque de tous les sens il n'y a plus que le toucher ]m puisse leur transmettre des impressions. »

Le même expérimentateur fait encore observer que les phénomènes pré- Dédents, constatés sur des reptiles, se reproduisçnt dans les animaux k laiig chaud; mais que, comme ces derniers ne peuvent être entretenus rivants qu'à l'aide de l'insufflation pulmonaire, ils sont moins propres aux recherches dont il s'agit que les reptiles à peau nue qui peuvent se passer pendant longtemps de la respiration pulmonaire. Néanmoins, pour démontrer que la moelle est aussi une véritable source excito-motrice chez les mammifères, Legallois (U) rapporte l'expérience suivante, dans laquelle la ilicapitation n'a pas été pratiquée. Chez un lapin, il coupe la moelle transversalement, entre la dernière vertèbre dorsale et la première lom-

(1) Lbgallois, Œuvres complètes, t. I (édit. avec des notes de Pariset].

(2) lo., ouor, cité, l.I, p. 134-135.

(3) Id., oiipr. ciYé, p. 15-l(i.

4) ll>., ouvr.cité, t. I, p. 80.

LOKGBT. — PHTSIOL. Ul. — 16

ihi PElOPillÊTÊS Et FONCTIONS DU SY&TIîMK NERVEUX EN GÉNÉRâL.

bairc* Apn^s cette opération, dit-il» lo scnlîment (sans conscience) el le mouvement per^^istent d»ns le imin de derrière; mais il n'y a plus iuedi rapport de senliraeQt ni de mouvement entre les parties antérieures et postérieures i\ la section de la myeiie, c'est-à-dire que si ion pince h yuaïf au àieri tune des pattes postériettres, tout le irain de deirih^e Ë*agite^ llUMlis gue celui de devant n'en paraît rien ressentir et demeure imcnol !> ' Réciproquement, si Ton pince une oreille ou Tune de^ pallei* de drv.u i les parties antérieures s'agitent, mais tes postérieures demeurent sam mouvement. En un mot, la seclion de la moelle a évidemment établi, dans le même animuL deux eentreâ d'innervation Ijien di^linrts et indépendants Tun de l'autre : « on pourrait même dire, ajoute LegalloÎ6( deux centres de volonté» si les mouvementîi que Tait le train <le derrièi quand on le pince, biupposaient la volonté de se soustraire aucorpî^ qui blesse* »

Aucun expérimenlaleur n'a reconnu plus souvent que Legallois qoe sortes de mouvements dis|irirais8ent par la destruction de la moelle, tJoQl le concours, comme organe central, est par conséquent indispensable à V action réflexe des nerfs sensitifs sur le^ nerfs moteurs, d'après Teicpressioii de Prochaska,

Legallois a non-seulement voulu démontrer que de la moelle épini^ part le principe de vie et de force qui anime tout le corps, mais il a eneort indiqué de laquelle des deux substances de la moeile émane ce princi; a C'esl^ dii-il (1), dans la partie grise de îa moidle que naissent et les nerf» naux et le principe qui les anime directement, »

Lallemand (2) est venu confirmer, par des observations d'anencéphal Topinion de Prochaska et de Legallois sur Taclion propre ou excîto-moiri de la moelle épinièro. ft Ces observations suffisent, dit le proT Montpellier, pour prauver que le cerveau n'est pas la source urii<^ 4

puissance nerveuse, comme le croyait Haller,ni le centre unique du système nerveux de la vie animale, comme le pensait Bichat. Elles prouveraient encore, si cela avait besoin d*étre prouvé aujourd'hui, que les mouvements indépendants de la volonté ne sont pas sous Tinfluencc du cervelet. Il résulte enfin, comme conséquence immédiate, que les organes qui reÇ( vent leurs nerfs de la moelle allongée et de la moelle épiniére y pnii directement la puissance nenreusc qui les anime, (andis que c'est du ci veau que partent les déterminalions de la volonté...»

« Là respiration, la déj^lutition, la sensibilité et le mouvement ont chez ces fœtus, malgré l'absence du cerveau et du cervelet. Aucune objec» tion ne peut empêcher d'en conclure que ces fonctions sont itidéj dantes de ces organes; que, par conséquent, la moelle allongée et moelle épiniére ne puisetit, ni dans le cerveau, ni dans le cervelet, la pdl* sauce nerveuse animant les parties qui en reçoivent des nerfs* w

idé-

!ft«wJ

(1) UnvLLOts, tome I, p. SU, cdit. cit.

(2) LALLbMAKt», OtiiervaiiQin pathoiotjtques propres à éclairer plusieurs points <il|il||wli togie {éiêêùrU iniof.). Piri«, 1818, ii« 165, p. 53 elluif. J

MmrOIR RÊrLEXE ET PHÉNOMÈNES QUI EN DÉPENDENT. Hk^

btervation de Beyer (i) sert à démontrer jusqu'à quel point la dans Tespèce humaine, peut agir indépendamment du cerveau, sriaines mutilations accidentelles de ce dernier organe. -^ Voici de cette observation qui date de 1830, et fut publiée quatre an- 18 tard. Une femme mal conformée devint enceinte ; après des m infructueuses pour Paccoucher avec le forceps, on se décida à L tète du fœtus. Beyer pratiqua cette opération, fit sortir les deux X, vida entièrement le crâne ^ et fit l'extraction du corps de l'enfant, enveloppé dans une serviette et jeté dans un coin. Pendant que ce I s'occupait de la sortie de Tarrière-faix, il entendit nne espèce de re qui s'élevait du lieu où Ton avait déposé l'enfant. Au bout de nutes, celui-ci poussa un cri distinct Alors on ouvrit la serviette^ rit avec étonnement ce fœtus sans cerveau, respirant et agitant ses t ses pieds; il poussa encore quelques cris et donna d'autres signes Budant plusieurs minutes.

isant allusion à ses propres expériences sur la moelle, Podera (2) le ainsi en 1825 : «A l'égard de la moelle épinière^la section trans^ complète, dans les oiseaux, ne paralyse point, en général, tout à extrémités postérieures : si on leur pince la patte^ ils la retirent, b n*en souffrent pas. Mais si la moelle est détruite entièrement dans ur du canal vertébral, la paralysie est parfaite, c'est-à-dire que ivements qui succèdent au pincement ne se produisent plus. »

années plus tard, Calmeil (3) publia une série d'expériences sur le i physiologie qui nous occupe, et arriva à des conclusions analogues de Legallois. Tout en admettant que le cerveau est le foyer des ions, qu'il est, comme le dit Cuvier, le point oîi les sensations it une forme distincte et laissent des traces et des souvenirs duradmcil avance que « la moelle épinière des reptiles, des jeunes et des jeunes mammifères, semble également susceptible, après ment du cerveau, d'être modifiée par nos irritations, de les sentir^ mite, A'ordonner des mouvements calculés, durables, qu'il ne faut pas Ire avec les secousses convulsives et fugaces dues à rirritabilité». faculté de la moelle épinière, continue Calmeil, est probablement ! dans tous ses points : car nous avons vu que, lorsque les agacements it sur la partie antérieure du tronc, c'était quelquefois la portion de juî anime les membres tboraciques qui recueillait seule l'impression, i que les mouvements avaient lieu dans les seuls membres antéau contraire, nous avons vu d'autres fois les impressions se con* dans la portion de moelle qui anime les membres pelviens. Ainsi ; incontestable que Ton peut, par des vivisections, établir sur un

rsa. Annales de Heckeb, et The American Journal of the Media, Se., mai 4834,

- Eitrait dans Arch. génér. de méd., 1834, t. V, 2« série, p. 615.

IIMA, Journal de physiol. expériment,, t. Itl, p. 214.

unoL^ Rech, sur la strucf,, les fond, et le ramollissement de la moelle épinière

des progrès, 1828, t. XI, p. 87 et tuiv.).

miîme animal liiirérents Ibycrs où les impressions sont recueillies sans I concours du cerveau, ot tout h îmi à Tinsu de ce que nous appelons le i «Je ^suppose, ajoule le m^nie auteur, qu'un homme reçoive un coup da" feu dans le dos : la moelle epiuière est interrompue, mais 1 intelligence ast pleine et entière, î^e malade ue perçoit aucune sensation douloureuse lorsque Ton pince ou l'on brûle la peau de ses jambes. Cçjt^jidant tlmrvimt, 90U$ t influence de ce^i irrifation^^ ffuef/pips mofivementa musrui aires légers, niai* réguliers et non convulsifs, qu'il faut attribuer î\ \m ébranlement, à uoe modiQcalion de la moelle épiniére. »

Dès 1S23, Hcrberl-Mayo(l) avait reronnu que les phénomènes réflexes ne

sont pas restreinte à la moelle et aux nerfs spinaux, mais qu*ils peuvent *e

manifester, par i'enfremise de certaines portions de Tencéphale et ries

nerfs sensoriels, à la suite de sensations perçues. Ce physiologiste

démontrr^, en effet, qn'îiprès la section du nerf nptique toute excit^tt^

I mécanique dn bout central de ec ueif, rhciî Tanimal vivant, est acconipa-

Ignée de uionveuient!> de la pupille. Or, on suit que la section de celte piiirÇj

[îiervense, dans rexlirpation de Tœil ehez Thomme, fLiit apercevoir

ni-da^le des masses considérables de Inuiiére; la précédente expérier

[fournil donc un exemple de mouvement involontaire ou réflexe suecédafi

lunc sensation, et dans lequel rcncéphale Ini-méme sert dlntermédiaii)

I en tic Texci talion sensorielle ou centripète et l'excitation malrice

Icentrirugc. C'est dVnlteurs un phénomène du même ordre qu'on obserrel

frétât normal, toutes les fois que la lumière impressionne la rétine elM

[nié nie.

Munnl an pt»nvoir réllexe de la moelle éplnière, Herbert-Mayo (2) s^énc ainsi : oSi Ton divise la moelle au milieu du cou, et qu'on fasse uncsecood section au milieu du dos, on produit une contraction musculaire en irritufl un organe sensitif lié avec l'un ou l'autre segment isolé; si Ton pique I plante du pied, le pied se retire brusquement, de la même manière que celll eût eu lien pendant la vie; — c'est-à-dire qu'im organe sensîtif est excilé,! et qu'une irritatit»n se propage au moyeu du nerf sensitif jusqu'au segmeiiM isolé de la moelle épiniére, où elledonne lien à un changement suivi d'aoé] impulsion propagée le long des nerfs delà volonté jusqu'aux muscles dehl partie correspondante, »

Iles citations précédentes, qu'on nous reprochera peut-être d'avoir tfû|l multipliées, il résulte que déjà, depuis longk^mps, les phémimi-ne^i repext»] avaient sérieusement fixé lattention de divers physiologistes, quand parurenl, en Î833, les recherches confirmatives de Marshall-Hall (3) et celles df ,

(1) Hebuert-Mayu» ,birt/w//i// /'Af/.»fio/. Comrfwn(ftnpx» Londres, 1823.

(2) ttERBERT-MAia, ouvr, Cêfé, 3« (Sdlt,, i». 230, (,1) NABSBàLL'flALL, l*hihs. Tt^uHSncL^ «intiéc 1833. — LamUm mut ttttnh. Phil'^* '

-Vnjyur,, vol. X, n" 58. — Mémo in on the NetttfH^ System, Londres, 1837. — / Jhe Scfvoui Sf^item and i(% DiKviir> {Ihe Uincet^ 1838). — Mfmout on some ^, i

W. 0/ the Srrvouf Stf^trm. Apnl 183ï>, Voye* aussi Anrititeydn *c, nul., î" sétiàfi I p* 32 i. — *V^w Memmr r>« tfte »ï'|"o<m StfTifem, Londrc^ 1843. — Éf gptnal, in -18. I*ari<, 18C>r>.

POUVOIR BfiPLEXE ET PHÉN0I1J':NES QU( EN DÉPENDENT. 245

. MaUer(l). Néanmoins ces deux observateurs ont le mérite incontestable ravoir envisagé la question sous un point de vue plus général^ et d'avoir n trouver, dans la doctrine émise par Prochaska, l'explication vraie d'un fnnd nombre de phénomènes, la plupart déjà connus, mais mal interirélés.

II y aura bientôt trente ans que je publiai, pour la première l'ois, lans le tome !•'' de mon Tmùé (Tanatomie et de physiologie du système mvfeux^ rbistorique qui précède. Depuis cette époque, divers auteurs Font «produit presque textuellement sans indication de son origine.

B. — Maintenant passons en revue les principaux actes que Ton couidère comme dépendants du pouvoir réflexe de taxe cérébro-spinal {*), ïous nous appliquerons, en les rapportant à quatre groupes dislincls. : en faire une classification méthodique, classification propre à montrer |ae la chaîne réflexe peut être formée en partie par le système nerveux de a vie animale, en partie par le système nerveux de la vie organique, il que, par conséquent, ces deux systèmes communiquent Tun avec l'autre rtne forment en réalité qu'un seul tout.

On sait déjà, d'après ce qui précède, que les actes réflexes consistent en 16 qu'une impression quelconque faite à un organe de l'économie et transoise par des fibres nerveuses sen^itives, soit à la moelle épinière, soit ù 'encéphale^ se réfléchit^ par l'entremise de ces centres nerveux, sur des Ibres nerveuses motrices, pour donner lieu à des mouvements dits réflexes, luxquels la volonté reste complètement étrangère. Or, ces sorles de mouveoenls, qui ont pour caractère général de ne se produire qu'à la suite de la limulation des nerfs sensitifs, peuvent se manifester, soit dans les muscles le la vie animale, soit dans ceux de la vie organique; ce qui nous oblige, lar conséquent, à les examiner dans ces deux cas. — Après un pareil examen, on comprendra facilement toute l'importance du rôle que joue, lans l'accomplissement d'un grand nombre de phénomènes de la vie^ l'aptitude de Taxe cérébro-spinal à renvoyer des incitations motrices involon- Itires à la suite d'impressions le plus souvent non perçues. N'est-ce pas par le mécanisme des actions réflexes que se produisent les mouvements du cœur, les mouvements respiratoires, les sécrétions et les mouvements du tube digestif, etc., c'est-à-dire les mouvements qui président à l'accomplissement des fonctions les plus importantes de l'économie?

Dans les mouvements réflexes des muscles de la vie animale, comme» dans ceux des muscles de la vie organique, l'excitation centripète, transmise à l'encéphale ou à la moelle épinière, peut prendre naissance aux extrémités périphériques, soit des nerfs cérébro-rachidiens, soit des nerfs de la vie organique, et, dans l'un ou l'autre cas, suivant qu'elle arrive ou

(i) i. MOllkr Manuel tie physioL, trad. de Jourdan, t. I, p. 608. — Voyez la V édit. alini. de cet ouvrage, t. 1, publiée à Berlin en 1833.

O U Bons faudra rechercher ultérieurement si les ganglions du grand sympathique pos9èdent ou noo un pouvoir réflexe analogue a celui de l'axe cérébro-spinal.

266 PROPBIÊTÊS ET PONCTIONS DU SYSTÈME NERVEUX EN GÊRfcRAL.

non jusqu'au siège du sensoriufn commune, devenir sensation ou ne pas prendre oc caractère. On ne saurait donc partager l'opinion de ceux qoi prétendent que les mouvements réflexes ne sont jamais précédés de senii» tions perçues, et l'on doit se ranger à l'opinion contraire de Prochaska dont la vérité est surahondamnient démontrée par Tobscn^ation des faits. Da reste, j'abandonnerai au lecteur la lâche facile de reconnaître, parmi la effets réflexes qui vont t^tre signalés, ceux qui ont lieu avec ou bans rinlervention de la conscience. Bien évidemment ces derniers sont les plus nombreux, et, par conséquent, la sensation n*est qu'un phénomène surajouté, mais nullement nécessaire h la production des effets dont il s'agit.

Par la raison seule que les mouvements involontaires de la toux, de Téternumcnt, du vomissement et de la dé^luiiliou peuuent succéder à des irasntions perçues^ quelques physiologistes se refusent à les classer parmi les mouvements réllexes. Nous ne saurions admettre cette exclusion; car ils ont lieu irrésistiblement, fatalement comme tous les mouvements de cette nature, et de plus ils se produisent en vertu du pouvoir réflexe ou exeiiih moteur de la moelle allongée; — ici le rôle du cerveau proprement dit et de la sensation pereue est si bien accessoire qu'on peut le supprimer entièrement et voir persister la déglutition^ le vomissement, Téternument et la toux.

1^ BffouveinenU réflexes des mnicles de la vie animale ■nooédant à VwriMàm dei nerfs teniiiirt de la vie animale. — Quand, à Taidc d'une SCCtioU tranS-

verse pratiquée au niveau de la région dorsale, on a complètement divisé une grenouille on une salamandre, si, prenant le segment postérieur, oo vient à stimuler les téguments des membres abdominaux, ceux-ci exécutent encore des mouvements plus ou moins énergiques. Mais ce phénomène intéressant ne se manifeste qu'autant que, dans le train postérieur de l'animal, existe un tronçon de moelle épinière; il cesse aussitôt que ce dernier est détruit : preuve évidente que de pareils mouvements ne sau» raient provenir d'un conflit entre les fibres sensitives et les flbres motrices des nerfs eux-mônies, mais que la moelle est bien réellement le centre où l'impression est transformée en exciUition motrice.

La décapitation, avec soustraction du bulbe rachidien et abolitioi des mouvements respiratoires, ne doit donc pas non plus empocher les quatre membres de se mouvoir isolément ou simultanément, chaque fou qu'une irritation suffisante impressionne l'enveloppe cutanée. En cITcl, dans la première période de l'empoisonnement par le chlorhydrate de strychnine, môme chez des mammifères, on peut constater que, si le plus loger attouchement de leur surface tégumentaire occasionne des sccousMS ronvulsives, celles-ci n'offrent pas une moindre intensité après la décapitation (*), tandis quelles se suppriment instantanément par la destructioB (le la moelle spinale.

[') On verra mriiie. plus loin, que l'ablaUou de l'encéphale augmente rinteniité d« phêhouu'hcs rtf/lcxfs, au lieu de la diminuer. Alors nous dirons comment on ■ cru eip ' ceUe particulariu^.

pomro» RftnuB et rafi^fOMfefiES qui en dépendent. Sa 7

Aiosi, nous voyons le système musculaire de la vie de relation accomplir des mouvements généraux ou partiels sous l'influence d'une force autre que la volonté, puisque Tencéphale (en Tabsence duquel un acte volontaire quelconque ne saurait se produire) peut être détruit sans que les mouve* I précédents cessent d'avoir lieu.

Ajoutons que, quand bien môme Tencéphale existe, et^ avec lui, la volonté, des contractions réflexes peuvent survenir dans les muscles de la vie animale^ en dépit de la résistance volontaire que l'individu oppose à leur manifestation. Tels sont, parmi les effets réflexes de la catégorie dont nous nous occupons, ceux qui suivent :

Après l'inmiersion prolongée dans un bain froid, surviennent un claque* ment des dents^ un tremblement général que la volonté est inhabile à maîtriser. — Celle-ci ne peut davantage empêcher le mouvement spasmodique de la glotte, quand une goutte de liquide ou une parcelle d'aliment tombe dans le vestibule sus-glottique; la toux, quand la muqueuse respiratoire est vivement stimulée par une cause quelconque; l'éternument, après l'excitation directe de la membrane pituitaire. — La volonté ne saurait non plus, au delà d'un certain laps de temps, retarder ni les mouvements respiratoires, ni le clignement, que ce dernier soit dû à l'action d'une lomière trop intense sur la rétine ou à celle d'un excitant .quelconque (air, larmes, etc.) sur la conjonctive; ni la contraction des muscles du périnée, lorsque, dans le coït, l'excitation voluptueuse des nerfs du pénis a atteint un oarlain degré.— «Que peut encore la volonté sur les spasmes et le tremblement qui s'emparent d'un membre après une brûlure, après l'application d'un moza; sur le tétanos qui succède à la lésion d'un nerf céphalorachidien; sur les convulsions dues à rodontalgie, à révulsion d'une dent, à Is présence d'unnévrome; sur les secousses convulsivesque précède l'aura epîleptica ressentie dans tel ou tel point du corps; sur le vomissement provoqué par la stimulation des muqueuses de l'estomac, de l'œsophage, du pharynx, des piliers du voile du palais, de la base de la langue, muqueuses qui toutes doivent leur sensibilité à la présence de nerfs cérébrorachidiens? — Chacun a pu éprouver tout ce qu'exige d'attention la résistance (p'on oppose à la déglutition d'un bol alimentaire qui a séjourné pendant UQ certain temps dans la bouche, et qui y a été soumis à une suffisante mastication; souvent alors la déglutition pharyngienne, phénomène réflexe, s'accomplit malgré nous et au moment où nous nous y attendons le moins. — Si Ton exécute l'acte de la déglutition plusieurs fois de suite volontairement, et qu'on n'avale que de la salive, bientôt cet acte ne peut plus être répété immédiatement : en effet, tout phénomène réflexe a besoin, pour se produire, d'un stimulus agissant d'abord sur un nerf sensitif, et la salive igit comme telle dans le premier, le second et le troisième mouvement le déglutition; mais, dans un quatrième mouvement, promptement esiayé, le stimulus manque, et tous les efforts de la volonté sont impuisisnls à accomplir l'acte de la déglutition, jusqu'à ce que la salive soit de iouveau sécrétée.

2(lb PBOPIlftTÊS ET rONCTIONS Dt SYSTÈME NEBTfcUX 1;^ i;ÊNÈaAL.

Ou a coutume de citer eucore, cciraoïe dépcudaïUe du pouvoir escilomoteur ou réfleie de la moelle, la contraction des muscles sphincters du rectum et de la vessie, muscles qui, pourvus de nerfs de la vie animale, restent contractés malgré l'ablation de l'encéphale, et se relftchcnt aussitôt qu'on a détruit la moelle épinière. Dans Tétat de vie, ils sont continoellement contractés, aussi bien durant le sommeil que durant la veille, et il n'est pas en notre pouvoir d'interrompre volontairement leur actk», à moins que nous ne la contre- balancions par celle de leurs antagonistes.

2* KcwraMnU léflasct des moMles de la vîe «waiAle MMoédant à l'înîlatîoB ém

■Mrft MMtUft de la ¥16 orgaiiîqae.— Les impressions vives, émanées d'organes auxquels se distribue le grand sympathique, peuvent, en se propageant à b moelle épinière ou à la moelle allongée, donner lieu à la contraction de muscles animés par des nerfs de la vie animale : c'est ainsi que l'init»* tion de l'intestin due à la présence d'entozoaires (lombrics ou tsmas), détermine des convulsions, surtout chez les enfants; que Téclampsie peat •e montrer dès les premières douleurs de l'accouchement f); que parfois les convulsions hystériques sont annoncées par des douleurs intolérables de l'utérus, des ovaires, de la région solaire, etc. On peut citer également les spasmes des muscles respirateurs qui accompagnent le vomissemeot« quand celui-ci est provoqué par des irritations du canal intestinal, des reins, de l'utérus, etc.

J. Millier, en pinçant le grand nerf splanchnique qui se distribue an canal intestinal, a vu, sur des lapins, les muscles abdominaux du mèsoA côté éprouver des contractions. En irritant fortement le canal intestinal de grenouilles décapitées, Volkmann (1) a observé des mouvements réflexes très-prononcés du tronc et des membres, mouvements que la destructioa de la moelle rendait aussitôt impossibles. Cette expérience réussit également sur des mammifères nouveau-nés.

3* KouvciiienU réfleiset des miuolef de la vie organique ■aooédani à rirrit

dat nerfi ■eniiUfi de la vie animale. — Dcs impressions transmises à Taie cérébro-spinal par des nerts de la vie de relation peuvent, en excitant d'abord celui-ci, provoquer une réaction motrice dans des organes animis par le grand sympathique. — Sur des chiens ayant subi depuis vingtquatre heuics la section de la huitième paire, vient-on à irriter douloureusement la peau, aussi souvent qu'on répète l'excitation douloureuse, le cœur se met chaque fois à battre avec plus de violence par l'entremise des lilets cardiaques sympathiques. — L'impression que le nerf optique transmet à l'encéphale est suivie de mouvements dans l'ouverture pupi llaire (*•). Ces mêmes mouvements s'observent aussi quand on aspire

(*) L'uténii ne parait recevoir que des filets du grand sympathique.

(1) VOLKMARM, Ueber lieflexbewcgungen {Sur ies mouvements réflexex) (MUl.LB«'S Àrdik, 183H).

(**) Les minuscules nerveux qui animent les fibres circu/uù'es lisses de riiit |irovii du ganglion ophthalmique, dépendance du grand sympathique : on sait que le ocuiiire commun fournil la racine molr\fe de ce gauj^lion.

MNJVOll BÈFLBXE ET PHÉNOMÈNES QUI EN DÉPENDENT. 249

de Feaii froide par les fosses nasales. — La contraclion des vésicules séminales succède à l'excitation des nerfs du pénis. — Celle du corps de la messie s'observe à la suite de la stimulation de la muqueuse de ce réservoir par raccumulation de l'urine {*). — L'impression brusque du froid SBT la peau provoque des contractions douloureuses de l'intestin. — Chez une tortue de mer, dont les cœurs lymphatiques avaient été mis à nu, les viscères enlevés et le tronc partagé transversalement en deux parties, J. HttUer (1) parvint à produire une contraction instantanée des cœurs d'un côté (ceux-ci étant depuis longtemps inertes), en pinçant fortement la patte de derrière ou en stimulant la peau avec la pointe d'un instrument aigu.

On sait que les vaisseaux (artères et veines) sont munis de tuniques contractiles (fibres musculaires lisses) dont le développement est d'autant plus pronmicé qu'on se rapproche davantage de la partie périphérique de l'arbre artériel ou veineux; et l'on sait de plus combien sont nombreux les nerfs waiihmoieurs qui animent ces tuniques contractiles (**j. Or, entre les nerfs sensitifs (céphalo-rachidiens ou bien sympathiques) et les nerfs vaso-moteurs (par l'entremise de la moelle épinière, de la moelle allongée, et, diton, des ganglions sympathiques), peut s'établir un conflit duquel résultent des actions réflexes aussi intéressantes à connaître pour le médecin que pour le phyriologiste. Ces actions se réduisent, en dernière analyse, à des phé* nomènes de mouvement, et se manifestent tantôt par une diiaiatim et tantôt par une contraction des vaisseaux : comme conséquence de ces deux états opposés, on observe ou un accroissement ou une diminution de la nutrition, des sécrétions, de la température, de la sensibilité et de la contractilité volontaire; celle-ci notamment [)eut même disparaître (paralysies réflexes).

Citons quelques exemples appartenant à cette catégorie d'actions réflexes. — L'afDux de la salive succède à la stimulation de la muqueuse buccale. La sécrétion des larmes s'exagère sous l'influence d'une irritation de la conjonctive ou de la membrane muqueuse des fosses nasales. La membrane conjonctive se congestionne quand un corps étranger est introduit entre les paupières. La peau de la face rougit, et ses artères plus rénilentes semblent battre plus fortement dans les névralgies de la cinquième paire, comme cela s'observe d'ailleurs dans d'autres parties enflammées et douloureuses, etc. — Ce sont là autant de cas d'actions réflexes dans lesquels il y a dilatation temporaire des vaisseaux succédant à la stimulation de nerfs sensitifs.

(*) La contractioD involontaire du corps de la vessie est influencée par la moelle à Taide de flisia éû frand sympathique, tandis que la sensation du besoin d*uriiier et la dilatation volonlaire du coi vésical dépendent de fllets cérébro-rachidiens provenant directement de la moelle

|l) J. MOlucb, Manuel dephysioLy trad. de Jourdan, t. I, p. 635.

(**) Dans le chapitre de la Circulatiom, à propos de la contractilité des artères (t. H, p. 199-203), nous avons déjà parlé dA Torigine, des connexions et du rôle des nerfs vasowtotemrs; noot devrons y revenir avec détails quand nous nous occuperons des fondions du grand sympathique.

250 PRORIÊTÊS BT FONCTIONS l>U SVSTËMB NERVEUX EN GfiNftBAL.

Mais nuus venons dû dire que, par suite du conllil qui s'établit entre la nerfs sensitifs et les nerfs vaso-moteurs par rinterniédiaire des centres iier> veux, il y a tantôt dilatation et tantôt contraction des vaisseaux : il est, ca effet, des expériences qui peuvent servira montrer que la contraction et la dilatation vasculaires fjai* action réflexe sont des faits bien réels. — Brcms- Séquard et Tbolozan (1) ont fait voir que, lorsqu'on plonge Tune des nuÎM dans de l'eau très-froide, les vaisseaux de la main du côté opposé se contractent : cette contraction des vaisseaux, visible surtout dans les Teinei sous-cutanées, est d'autant plus prononcée que la sensation de froid et h douleur sont plus marquées. Dans cette expérience, les nerfs sensitifs deh main plongée dans l'eau froide ont transmis au centre rachidien une impression qui, transformée en excitation motrice, s'est propagée aux centres d'origine des nerfs vaso-moteurs des dfxxx mains, centres qui, d'aprèi Schiff, se trouvent dans la région de la moelle correspondant précisimentau point d'arrivée des racines sensitives du plexus brachial. — Cht Rouget (2) rapporte un autre exemple du môme genre, relatif aux phêmmtèmÊ vasatùhres réflexes; il s'agit des effets consécutifs à la section du nerf scistique, d'un côté, sur les vaisseaux de la patte du côté opposé. Dans cette expérience, Rouget a constaté du côté de la section une élévation considérable de la température: celle-ci, qui avant l'expérience (l'air ambiant était à + 15°), montait à peu près à + 26^ s'élève après la section jusqu'à SO* et môme 32^ Mais, si l'on mesure la température de la patte du côté opposé, on fait cette singulière remarque qu'il peut y avoir jusqu'à 17* de diiTérenoe entre la température des deux pattes, celle du côté sain n'étant que de 15*. c( II y a ici, dit Ch. Rouget, un double efl'et de la section du nerfsciatiquc. D'abord l'élévation de la température du (*ôté de la section : elle s'explique très-siiiipleiiient par la paralysie des tuniques vasculaires consécutive à la section des nerfs vaso-moteurs qui s'y distribuent. Quant à l'autre cM, l'abaissement de température du côté sain, il est le résultat de la contréeturc des vaisseaux due elle-môme h l'excitation déterminée parla section, et transmise h la moelle par les fibres centripètes du nerfsciatiquc. Cette excitation a été réflécbie des centres sensitifs du sciatique sur les centres et les nerfs vaso-moteui*s de la môme région. »

Cb. Rouget, à propos de son expérience, rappelle celle de Soelles qui montre aussi à la fois une contraction vasculaire par action réflexe, et une dilatation ou paralysie vasculaire ayant celte môme origine (*). Si. comme l'a fait Snellen, on excite U'iji'rewent le nerf auriculaire (branche du plexus cervical) d un lapin, on voit les vaisseaux se contracter, l'oreille pàlir et la température l)ais>er. Cet ellel est double : il résulte d'une excitation directe et d'une excitation réflexe. Car, si l'on coupe ce nerf, l'cxci-

(1) Tbolozan et Bbowx-Skouard, J/t^///. In en 1851 // la Société de Biohgi'f. — BaiM- SÉUUARD, Lerorts- sur /rv pn'nri/utlex fonnex de ftara/ysin des ineinbrtê infériemrSy trid. et H. Gordon, avec une introduction par Ch. Kouget, 2° édit., p. &0. Paris, 18G5.

(2) Ch. Kouglt, nurr, '//».', p. .M.

(*) <'>8t ScHiFF (Arch. dcTuliiiigue, 18,JA) qui, le premier, a siKoalé la diiaiaiimn dat vaii- Biux de l'ureillc à la suite de rirrilalton du bout ceutrel du nerf auriculo-cenricftl, ciwi k lapii.

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