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PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DU SYSTÈME NERVEUX EN GÊNÊBAL

ques^ dont les éléments actifs sont des liquides hétérogènes mis en présence sur les surfaces des lames membraneuses. »

Quant à rinfluence du. système nerveux, elle n'est pas directe, ajoute Gavarret^ car le courant développé est le résultat d'une réaction chimiqoe que le système nerveux ne peut produire, et qu'il ne saurait empêcher lorsque les liquides actifs sont en présence.

IV. — TilMM da propacalM» de TageBi nwmnc. — Cette vitesSC a été longtemps assimilée à celle de Tagent électrique. Mais l'idée de cette assimilation dut ôtre entièrement abaudonnéc, lorsque ilelmholtz (1), en 1850, eut prouvé, à l'aide d'expériences rigoureuses, que cette vitesse n'excède pas 27 mètres par seconde^ et que, dans certains cas, elle est même moindre (*).

Les progrès réalisés par la physique, dans l'évaluation des phénomèDei do courte durée, ont piMinis aux physiologistes de résoudre une question que naguère encore J. Millier considoi*ait comme à jamais insoluble. Ce sont les méthodes employées en balistique, pour mesurer la vitesse de» projectiles de guerre,, qui ont ser\-i à Helmholtz pour évaluer la vitesse de l'agent nonoux. L'une d'elles est connue sous le nom do méthode éfer/^ magnétique do Pouillol: l'autre est la méthode (graphique que le lecteur connaît déjà, car nous l'avons employée dans l'étude de la circulation da sang et de la oonti*action musculaire. Nous ne parlerons que des expériences faites par la seconde méthode comme étant plus rigoureuses et plus faciles à exécuter.

Voici comment Helmholtz a procédé dans ses déterminations : Pondant que le cylindre tourne avec une vitesse connue, on excite le nerf d'une patio do pnMiouillo on faisant on sorte que l'instant précis ob le norfesl excité soit pointé sur le cylindre, et y laisse un premier signal D'autre part, le nuisolo, qui réagit à la suite do cette excitation du nerf, lirt^ sur un levier muni d'une pointe dont lo frottement sur le cylindre trace un second Mirnal. Lintor\allo qm sépare ce< deux signaux, et qui démit être nul si lo cylindre no tournait p;!^, fournil, par sa longueur même, rindioalion du temps éooulo outre rexoitation du nerf et la contractioD du muscle. M.tis ootto promii'^rr dilorminalion ne suffit pas encore ;cir, en agissant diroctomont sur lo muv*lo. Holmbi^ltz a vu que ce dernier reste un certain temps avant do reagir <ous l'oxci talion électrique. Ce temps d'excit*ifwti Ititrnfr équivaut sonsiblomenl â ^\^. de seconde.

AHn do mesurer oxactomont lo temp< om ployé par l'agent nerveux pour parcourir une certaine loncuour df nerf, Holmholtz dut faire deux déle^ minât ions successive* p:tr la mothoilo indiquée. Dans une première expé-

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VITESSL m PROPAGATION Dt L'aGENT WERVEUX.

neneè, il excitait le nerf le plus loin possible du muscle; dans une autre, il rexcitait dans un point très-voisin de ce niuscle. lies retnrds inégaux s*observaîent alors; le plus grand arrivait quand Texcilation avait été appliquée loin du muscle, ce qui dev-iit s expliquer par la plus ^rrande longueur de nerf que Tagcnl nerveux devait traverser. Or, c'est en mesurant la différence de longueur du nerf el la différence du retard, dans les deux expériences consécutives, que Hel mhollz est arrivé à assigner à Tagenl nerveux la vitesse de 27 mètres par seconde* — Il a vu que cette vitesse e$t notablement înlluencée par la température ambiante :c'esl ainsi que, chez les grenouilles, la vitesse, datis un nerf refroidi à 0", n*est plus que la dixième partie de ce qu'elle est à -Jri5 ou *iG*<

L^emploi de la méthode myographique de Marc}% dans laquelle on signale la contraction d'un muscle, sans vivisection, mais simplemenl d'après le gonflement de ce muscle au moment où il se raccourcit^ a permis encore k Helmhollz de déterminer la vitesse de Pagent nerveux moteur sur rhoraroe: plus grande que cliex la grenouille, cette vitesse sérail d'environ ^2 mélres par seconde.

Munk (1) a constaté que l'agent nerveux ne se meut pas uniformément dans les nerfs, mais qu'il marche d'autant plus rapidement qu'il Iraverse un pointdunerf plus rapproché du muscle,

Marey (2) a perfectionné ces uiélbo;les, d'abord en sirapri liant la dispo* ailion des appareils et en rendant les expériences assez faciles pour qu'rm puisse faire des centaines de déterminations successives sur un même antmaU ce qui permet de saisir les variations que la fatigue amène dans U vitesse de l'agent nerveux» Celle inlluence peut réduire cette vitesse a moins du tiers de sa valeur normale. Enlîn ce physiologiste adonné plus de rigueur atix mesures du temps, en employant pour les évaluer le diapason cki-onographe. Un diapason, faisant 500 vibrations simples par seconde, trace pendant rexpériencc une ligne sinueuse dont chaque ondulation^ correspondant à ^, de seconde, sert de repère pour estimer la valeur de Tinlervallc des signaux.

La mesure de la vUesse de Valent nerveux sensitif devenait possible après l?» expériences précédentes, Hirsrli (3), directeur de Tobservatoire de NeucUàtel, la détermina le premier en 1861. Voici le principe sur lequel était basée son expérience. Supposons qu'une étincelle électrique éveille une sensation eu uu point du corps très-éloigné des ceulresnerveuXj comme à un des orteils, ou bien en \m point qui en soit très-voisin, comme à la joiic; si l'agent nerveux chemine dans les nerfs sensitifs aussi lentement que dans les nerfs moteurs, la sensation devra être peri^iue avec des retards dilTérents dans lun ou Tautre cas; elle arrivera plus lard en partant de l'orteil qu en partant de la Joue. Or, si Ton pointe un signal au moment de l'excilation électrique, et si le patient pointe à son tour un

(i) Mt^I» in REICHEat'S und M BoIS-Reihond Àt'chw fur AnaL^ etc. 1860, p. 798. {2} HarcVi Du mouvement dnnit les foncthns de fa vie. Paris, 1868, |k 410-45^5, ^H) HiKftCH; CfuvnQloy* Ver^uch ffb^r die Gev:hwimligkdt^ etc. Neuchâlel, 1861.

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second signal lorsqu'il aura perçu la sensation, en admettant qu'il ait fallu des temps égaux pour réagir par les nerfs moteurs contre la sensation, quelle qu'en soit la provenance, on ne devra trouver entre les deux signaux d'autre inégalité de durée que celle qui provient d'une inégale longueur dans le parcours de la sensation. C'est ce qui arrive en effet. Des séries d'expériences assez concordantes entre elles ont permis à Hinch d'évaluer «'i 3^ mètres environ, par seconde, la vitesse de l'agent nenreux sensitif. — Schelskc (1) a trouvé une vitesse de 29", 6. Ces chiffres concordent assez bien avec ceux qui se rapportent à la vitesse de l'agent nerveux moteur.

Enfin la durée de certains actes psychiques peut aussi être mesurée an moyen des mêmes méthodes. En effet, entre la sensation éveillée chex un individu et la réaction motrice qu'il est convenu d'exécuter, il se passe on ficte cérébral, par lequel, après avoir senti, il prend la résolution d'agir. Or^ cet acte peut être rendu plus ou moins compliqué, si l'on conTienI, par exemple, que le signal de réaction devra être différent suivant que h sensation est éveillée à droite ou à gauche. L'oplion qu'il faut faire alon prolonge l'intervalle des signaux d'environ i/lO de seconde. Hirsch, Jaeger, Donders, ont fait sur ce sujet d'intéressantes recherches sur lesquelles nons ne pouvons insister ici, mais qui, suivant ces observateurs, permettraient déjà de présumer que la fonction cérébrale elle-même pourra être soumise à une étude expérimentale.

Lorsqu'une impression transmise à la moelle épinière détermine uo i vement réflexe (c'est-à-dire un mouvement auquel la volonté reste étraagëre), ce mouvement se produirait toujours plus tard que celui que provoque l'action directe du courant excitateur sur les muscles; le retard à * de seconde.

tu

[1) SCHELSKË, in RucuEHT's und DU Bois-Bkyhond Archivj clc.i 186â^ p. 151.

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