‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 29 sur 92 · POISSONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

POISSONS ÉLECTRIQUES

Quant à roryotif électrogène lui-même, sa conflgaration extérieure, sa situation, et aussi son étendue relativement à la masse du corps^ présentent, suivant les espèces de poissons, des différences qu'il n'y a pas lieu de signaler ici. Je ne ferai que rappeler très-sommairement la disposition des organes électriques des torpilles. — Placés des deux côtés de la tête et des branchies^ ils consistent en des prismes à cinq ou six pans, rangés les uns à côté des autres, qui, dans les points indiqués, occupent l'épaisseur entière du poisson. Chacun des prismes forme un tube, à fines parois, riche en vaisseaux et en nerfs, dans lequel existe un très-grand nombre de lamelles extrêmement minces, ou petits diaphragmes empilés les uns sur les autres et séparés par un liquide albumineux. A ces organes, se distribuent de chaque côté trois forts rameaux provenant de la huitième paire (nerf pneumogastrique)^ qui envoie d'abord des divisions aux branchies ; un rameau de la cinquième paire (nerf trijumeau) se répand aussi dans la partie antérieure de chaque organe électrique.

• Suivant certains observateurs, l'organe dont il s'agit se résumerait en une charpente de tissu conjonctif supportant des réseaux nerveux et vascnlaires; suivant d'autres, il serait constitué par une substance propre ou 9IÛ generis.

Matteucci (1) admet que l'électricité est développée par l'organe électrique sous l'influence de la volonté. 11 est plus probable, comme le pense Gavarret (2), que l'électricité est produite d'une manière continue, involontaire, et que la volonté de l'animal n'intervient que pour susciter la décharge en augmentant l'intensité du courant. Comme le fait remarquer ee savant observateur, les appareils électriques des poissons, malgré de grandes différences déposition et de configuration extérieure, peuvent être tous ramenés à un type fondamental. Partout, en effet, on rencontre des lamelles organiques très-mul tipliées, trôs-minces, gorgées de liquides, accolées de manière à former une batterie ou pile membraneuse, a Ces assemblages de membranes, dit Gavarret, s'éloignent sans doute beaucoup des piles ordinaires^ composées de liquides et de lames métalliques associés dans un ordre déterminé, et dans lesquelles le courant électrique est produit par lotion chimique des liquides sur les métaux. Cependant il ne faudrait pas attacher une trop grande importance à ces différences de composition. Déjà Volta avait annoncé qu'avec trois liquides associés il serait possible de faire une véritable pile, et c'est à ce genre d*électro-moteur qu'il assimilait l'oi^ane de la torpille. L'exactitude de cett« belle prévision a été mise hors de toute contestation, dans ces dernières années, par une série d'expériences remarquables : L. Foucault a démontré qu*on peut former de^ piles sans métal, h grand nombre d'éléments, avec de^ liquides conducteurs qui ne précipit nt pas les uns par les autres Les appareils spéciaux des poissons électriques sont donc de véritables piles hydro-éiectri-

(i) MatTECCCI, Traité den phénom, étectt'O'p/lysiot, des animaujc. Paris, 1844, p. 180. (2) Cavarbkt, JVs /)or\vo//v rtpi'fritft'rs\ dans le journal A- Prof^rnx, t. II, p. 46:i-4()'i. lViri»1H.S:».

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