‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 32 sur 92 · PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES INJ SYSTÈME NERTEIJX · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES INJ SYSTÈME NERTEIJX

A. — 9rojpnMéÊ et otages de la dnre-mère. — La dure-mère, envisagée re- ■

lativement au cerveau et h la moelle, est essentiellement une membrane de protection. — Gomme toutes les membranes fibreuses d'enveloppe, elle maintient dans leur configuration normale les parties qu'elle recouvre, et, dans le canal racbidien, en remplissant cet usage, elle s'oppose en outre à Técoulement du liquide céphalo-rachidien. Dans le crâne, elle est aussi chargée, par le moyen de ses prolongements, de conserver la forme et la disposition respective des diverses parties qui constituent l'encéphale: la faux du cerveau, interposée et tendue entre les deux hémisphères cérébraux, empêche que l'un ne pèse sur l'autre dans le décubitus latéral; la faux du cervelet a un usage analogue relativement aux hémisphères cérébelleux, et la tente du cervelet le protège contre la pression que, sans cette cloison, le cerveau exercerait sur lui pendant la station. Nous ve^ rons, d'ailleurs, que ces cloisons membraneuses, dépendances de la doremère, servent aussi h maintenir le liquide céphalo-rachidien à la surface des circonvolutions cérébrales.

Que Ton ajoute à ces usages la part que prend la circulation des sinus aux mouvements du cerveau, pendant une certaine période de la vie, élément qui sera apprécié plus loin, et Ton aura épuisé toute la partie positive de la question qui nous occupe. Mais, si les travaux entrepris par Haller et ses contemporains ont ramené le problème à des termes aussi simples, il faut dire que le rôle de la dure-mère n'a pas toujours été regardé comme aussi restreint. De longues discussions, au sujet des usages de cette membrane, ont donné lieu h des théories diverses dont noos tracerons une esquisse rapide. Toutes ces théories, du reste, ne sont qoe dos corollaires de doux propositions que plusieurs physiologistes se sont oHbrcés do démontrer: /« dure-mèrp pst contractile; — elle est sensible, — Celte dernière expression a été prise dans son acception la plus étendue. Ti'est à ces deux propositions, définitivement rejetées dans la seconde moitié du xviir* siècle, qu'on doit rattacher les doctrines qui se sont succédé dans Thisloiro de la science.

La dme-mhe est-elli* contractile? — Les médecins arabes paraissent avoir cru à la contractilité do cette nioinbrane : celte opinion leur venait probablomoni do Halion, qui assnro qu'après la îiorlion de la dure-mère on observe la \)vvW du niouMMiiciit ot du sonlimeiil (t). Malpighî pensait que la dure moi'o sooonlraolc^ pondant les convulsions: a Méninges affici et m cnnviilgiimifnis consfrinf/i vnlili* ('2 . >» \u rafipoit ii(» Paoohioui (3), Mayopr regardait oos niouvoniouts coniiuo destiné- à chasser le fluide nerveux du cerveau dans les nerfs.

D'après Willis (A), la dure-mère se eontraoto et se relftche pendant l'éternument; lorsqu'elle est lésée, elle devient le siège do mouvements spas-

(1) Ih' HiPPOCHATlS '•/ l»L\TOÎIIS H-rMis^ |il>. VII. r. III.

(2) PaCCHIOM, hf iliirn iiu'mhr.^ p. 23. (3| Ihid.

(4) WiLLis, Delcerebri anaf., c. vi.

nOmftltl R USAGES des HEinBAltEa de VàJM GfiRÊBEO-SPUIAI.. 295

modiqueB, de là les convulsions. D'autre part, quand elle se relâche, elle permet au sang des veines encéphaliques de pénétrer dans les sinus, et, quand elle se contracte, elle chasse le sang vers le cœur. Ces mouvements sont accélérés par les passions ou les impressions vives, comme la crainte et la colère ; aussi le sang arrive-l-il alors dans le cœur avec plus d'abondance.

Pacchioni prétendit légitimer ces hypothèses par des dissections desquelles il déduisit une théorie, suivant lui plus complète et plus satisfaisante que celle de Willis. Au point de vue anatomique, la duremère est l'analogue du cœur; il en est de même relativement à ses propriétés. Comme le cœur, elle a un double mouvement de systole et de diastole. Pendant la systole, le fluide nerveux est chassé dans les nerfs; pendant la diastole, le sang artériel arrive dans le cerveau ; la dure-mère est donc sous ce rapport l'antagoniste du cœur, ses mouvements alternent avec ceux de cet organe. En poursuivant son raisonnement, Pacchioni arrive à d'autres propositions qui ne sont pas moins extraordinaires : lorsque la faux du cerveau se contracte, la tente du cervelet se relâche et le cerveau seul est comprimé ; quand c'est au contraire la faux du cervelet qui se contracte, c'est le cervelet qui est comprimé à son tour.

Des recherches expérimentales semblèrent aussi donner gain de cause à cette théorie; mais, comme elles furent reconnues inexactes par tous les physiologistes subséquents, nous les passerons sons silence.

Quoi quil en soit, Pacchioni trouva d'abord de nombreux prosélytes et peu d'adversaires. Fantoni lui fit, il est vrai, beaucoup d'objections ; mais Valsalva, Baglivi, F. Hoffmann, etc., adoptèrent ses idées. Il vécut néanmoins plus que le système dont il était Tauteur : convaincu par les nombreux arguments qu'on lui opposa, il finit par reconnaître que la durcmère n'était pas douée de contractilité, et que jamais, dans ses vivisections, il n'avait aperçu les mouvements de cette membrane.

Cette réaction fut due principalement aux travaux de Haller (1) et des expérimentateurs (tels que Zinn, Caldani, Fontana, Walsdorf, etc.), dont il a conservé les noms et les recherches. Ils arrivèrent tous à des résultats sensiblement identiques.

Puisque la dure-mère adhère partout à la paroi crânienne, comment pourrait-elle se contracter? La vérité est qu'elle est constituée par un tissu fibreux dans lequel aucun moyen d'irritation connu ne révèle le moindre indice de contraction.

La dure-mère n'est donc pas contractile, et toutes les théories qui reposent sur l'existence de la contractilité dans cette membrane sont nécessairement fausses.

La dure-mère est-elle sensible ? — Cette question a été principalement soulevée par Van Helmont et par les physiologistes de l'école de Stahl, qui plaçaient dans les méninges le siège de la sensibilité. Des considérations

(1) Haller, Mémoires sur fes parties sensibfes ef irritables du corps anitnal, Lausanne,

2^0 PAOPKltiKS KT FOiNCTIONS DES OIVKRSKS l'AliTlËS l»U SYSTEME

empruntées à la pathologie, des expériences directes tentées par ces niers, les conduisirent h résoudre cette question affirraali veinent.

De leur côté, Haller, Ziiin, Bordenave, Roussel, etc. (I), arrivèrent la même voie à une solution opposée.

Les irritants mécaniques appliqués à la dure- mère ne détermîoenl aucun signe de douleur; on peut impunément, disent-ils, inciser, déchii cette membrane. Cependant Baglivi (2) a réveillé un animal endormi piquant la dure-mère.

Le feu, les irritants chimiques, ne déterminent pas de douleur, saiTiol Haller, Heuerraan, Tosetti, Zimmermann, Zinn, etc. (3). Broklesby(*)

nsen'a quelques doutes à ce sujet. D'après ses expériences, Lecatfi ^ense au conli-aire que la dure-mère est très-sensible.

Au milieu de ces données conlradictoires, il est assez difticile de décider. — J'ai fait quelques recherches à ce sujet, et j'ai vu que la di mère crânienne paraissait insensible dans sa portion supérieure, qu'en raclant légèrement, avec un scalpel, cette membrane, au niveao di la base du crâne, de la tente du cervelet, etc., Tanimal donnait des signt» non équivoques de douleurs : ces expériences ont été faites sur des chieni. Chez les mêmes animaux, la dure-mère spinale m'a toujours paru èirt insensible dans toute son étendue.

Quant aux arguments anatomiques sur lesquels on voudrait fonder rin* sensibilité de la dure-mère, ils sont tous saus valeur* Haller et ses adhérents ont refusé des nerfs à cette membrane, et peut-être cette doclrinr n'a-t-elle pas été sans inlluence sur rinterprétation des faits qui se sfMi offerts à leur observation; mais, ainsi qne nous lavons établi ailleurs (6)» ces nerfs existent réellement; ils proviennent notamment de la cinquiemrpaire (nerf trijumeau) et leur présence liàns les points indiqué*? etpIi'T'f les résultats que nous avons obtenus.

Nous croyons donc qu'entre Topinion deLx^cat, qui reconiuui a i.\ om mère une sensibilité plus exquise que celle de la peau, et la concluMon trop exclusive et trop absolue de Haller, il y a une solution à laquelle oti doit s'arrôter : la dure-mère a réellement une sensibilité propre dans certaine* points, bien que cette propriété y mit peu développée. Il y a loin <ic lu assurément à la théorie de Técoïe de Stahl, dont le germe se retrou' dans Hrasistrate, et que personne ne soutient plus aujourd'hui. — A Tel inflammatoire, la sensibilité sVxalte dans la dure-mère. (Flourens.)

B. — Propriétés et uuiget de l&racbDoîac et de la pîe-mère. — Ainsi que tOll'

les séreuses, Varitfknoîffe paraît en rapport avec les mouvement? de Toi gane qu'elle enveloppe, mouvements qui s^observent au moins ù une vei

(1) BâLLKii^ Mémoif^eA' fur /« fmrtient setisiùfes^ etc.

(2) Racuvi, m Hilter, Elem. lîhyno^,, U IV, p. 307.

(3) Haulcr, Mém* wr f es parties tennhks^ etc, (à) Ibttt,, L II, p. 222.

(5) I.ECAT, fJtJttprtntiott xur tn sfi^tthiliiè de ht durc-ttnre, dans Ttaiiéde i r:jMtrm^\ naime et def propviMés du fluidn des nf*rfi. Béflin, 176*"»» »ii-8, p* 170.

(6) LofîGET, Traité datmt, H dr fdn/.u>ji. dn jri/</« titt*v,^ L I, p. t<S8.

DU UQITIDB CÊPIIAfXI-BAGHIOIGX. '297

laine époque de la vie. Elle est à Taxe céphalo-rachidien ce que les plèTres sont aux poumons, les synoviales aux articulations, etc. Sa cavité ctt remplie d*nne vapeur qui peut se condenser après la mort, et qu'il faut Uen se garder de confondre avec le liquide céphalo-rachidien.

Tlrès-riche en vaisseaux, la pie-mère est la membrane nourricière de l'en-

oéphaie et de la moelle. Elle contribue à donner plus de consistance aux

parties qu'elle recouvre et à conserver ainsi leur conformation normale.

Comme on le verra plus loin, cette membrane tient en outre sous sa

dépendance la sécrétion du liquide céphalo-rachidien.

Casteil, Walsdorf, Tosetti (1), ont mis la pie- mère en contact avec du beurre d'antimoine, sans obtenir des signes de douleur. Cinq expériences, faites avec le même caustique par Haller (2), démontrent également l'insensibilité de cette enveloppe, que maintes fois nous avons eu I oceasion de constater nous-méme.

n en a été de même dans nos expériences sur l'arachnoïde : elle s'est ^ toujours montrée insensible à toutes nos irritations mécaniques ou chi- [ niques; et pourtant de nombreux exemples tendent à prouver que les mar ladies peuvent y développer de la douleur, aussi bien que dans beaucoup : d'antres organes qui^ à l'état physiologique, paraissent dépourvus de toute sensibilité.

9o Uiiinde eépk«lo-nwhidîeB (3).

L'inspection la plus simple démontre que la moelle épiniore est loin de remplir le canal rachidien, et qu'elle occupe à peine les deux tiers ou la moitié de cette cavité; d'un autre côté, la partie inférieure du canal présente une ampleur disproportionnée relativement aux nerfs de la queue de cheval qu'elle contient. Si, au volume de la moelle, on ajoute celui des enveloppes et des plexus veineux, on verra que Tespace intra-rachidien esl loin encore d'être comblé.

Il en est de même pour le cerveau, qui ne remplit pas exactement la botte du crâne, ce dont on peut s'assurer surtout à la base de cet organe^ au niveau des espaces sous-arachnoïdiens.

n y a donc, entre le cerveau et les os du crâne, entre la moelle et la paroi interne du canal vertébro-sacré, un espace qui n'est pas occupé par des parties solides.

Il existe vne couche de liquide entre la sur face exténeure des centres nerveiw H la dure-mère. — C'est à Cotugno qu'il faut surtout rapporter cette découverte, bien que cet auteur ne se soit pas expliqué d'une manière très-nette sur l'existence de ce liquide chez l'homme vivant. Ses recherches portèrent

(1) Castill, Walsdobp et Tosetti, Mém, mr les port, irrit, et sens,, t. II, p. 100, 110 elSOI.

(2) BALLsa, IbiiL, t 1, p. 193.

(3) CtJTiJGRO, De ischiade nervosn, in Thesaur, fiùscrt,Ae SAXbiFOVt, 1769, t. Il, p. âll, el duu \t Journal de phymlogie expérimenta, l. Vil, p. 83. — Magendic, Recherches erj^priment, el cliniq, sur le liquide céphnlo-rnrhidien. Paris, 1842,

2da PROPRIÉTÉS £T PONCTIONS 0Ë& DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NtR

surtout sur des cadavres : il coastata l'existence d'une couche sur toute la surface externe de la pie-mère cràulenne et spioale, csooehe plus épaisse au niveau de la base du crâne et dans le canal racliidieo; il fil eo outre que le liquide extra-cérébral communiquait avec le liquide rieU* dieu, et tous deux avec le liquide des ventricules. Voilà ce quHl obscrra après la mort. Cotugno se posa la question de savoir s'il eu était da loémr pendant la vie, et voulut d'abord la décider par des vivisections, il reeM* nui que le liquide cérébro-spinal existait chez les poissons et la loctiiB marine; mais il ne put jamais en vérifier la présence sur les chiens eil6i oiseaux. Le problème ne pouvait donc être résolu, pour lui, que par lei sonnemcût : un espace existe entre les centres nerveux et leur covelQ .osseuse; cet espace, qui est rempli d'eau après la mort, ne peut être ' [pendant la vie; il ne peut contenir que de Teau ou de la vapeur sér

lais cette vapeur ne pourrait, en se condensant, produire la quantité de [liquide que l'on trouve après la mort; on peut donc penser, avec queiqQf l raison, que ce liquide existe chez l'homme vivant, ce que semblent coftp Lflrmer les résultais des expériences faites sur les poissons et la tor [Toutefois Cotugno n'ose pas se prononcer d'une manière formelle, eii ' dans le doute à cet égard ('),

De son côté, Haller{1) reconnut, entre la moelle et la dure*mère l*e tence d'un liquide qu*il compara au liquide que Ton trouve dans le i ^ carde, le périloine, elc, a Ea in sede, inque imo imprirais satco, i â meduila spinalis continetur, non infrequens, in fœlu Uimen frequcntiû 0 est aquula,,. » 1! rappelle que ce fait avait déjà été signalé par Stishefî pus, qui avait comparé le liquide en question au sérum du ^aog; [Coiter, Bidloo^ Boehmer, et qu'enfin ce liquide était décrit ^^us le* i [d'oçua limpifla dans les Ephéinèriden des ruriettx de la nature, 11 ne do [pas que Teau amassée dans les ventricules latéraux ne puisse desce Jusqu'à la partie inférieure de la moelle. Dans un autre endroit (2), H&Uê 'fait remarquer qu'une vapeur séreuse est exhalée continuellement, cb les animaux vivants, de la surface libre de la pie-mère et des ventricu Depuis Haller et Colugno, aucun anatomiste ne fit mention du liqtiUlt cérébro-spinal jusqu^^n 1825, époque à laquelle Magendie appela de nôu l'attention sur un liquide qu'il crut d'abord avoir décrit le premier, et qtiii ■ trouve dans le ci-âne et dans le canal vertébral de Thomme et des anic Son point de départ ne fut pas le même que celui de Colugno ; r»* *i«*rfiîi

n Dao« l« 44*niimérû de b Gfizrtfe niMicak de Paris, 1842, on a lente m j-^ u'fr j que CoTUGfio admettait l'existence <1u liquide cé(>halt>rachidien pendant La vie, et I'»'n .1 i(i> I] ce »n|ct It phrnse «uivaQie : « Quotlif^tiur àpatium àrca spmatem meduila m dum natut'fim e.it^ et uifua ttuf/k'tur , et in cadnv^^re ni l pêne fiaùet vtr hitminf ohttrtfi vwntte, n Mnîa, en liiânl ce qui préci^de, on voit que Cûtuîiii«w .1 *t* v«ulu dire que l'esiinre auquel il Hiil nllu^-ioii existe sur riiomnie vivant et sur it c*<l««i qu'il H les m^mes dimeniions dans les deux circon stances, sent affîrtner pour ctli 0^espace e»t rempli de liquide pendant la vie, car un peu pluf haut û s'exprime «il humoi if prti'fn^ntinm^qttnrti m homnifi vivu duhitnutm, t ivruttmtt ifuot umdam diuectioHC^ tif'firmtint, » (Op, cit,^ p» 91.)

(1) ItaLLKH, op, cU*,%. IV, p. 87.

(2) Hallii, op. cit.f t, IV, p. 23.

DU UQUIDB GËPHALO-BAGHI01BN. 299

avaîl opéré sur des cadavres; Magendie arriva au môme résultat par les vMsections. Après avoir enlevé les lames des vertèbres sur un chien vivant^ il vit la dure-mère fortement tendue ; une ponction faite à cette membrane donna lieu à l'écoulement d'une certaine quantité d'eau limpide et transparente. La dure-mère s'afTaissant, après la ponction^ sous la pression atmosphérique^ vint s'appliquer sur la moelle, dont elle était séparée auparavant par le liquide. Cette expérience ayant été faite plusieurs fois avec succès^ Magendie la répéta sur des cadavres humains, et put conclure qu'il euste, à Fétat normal, une couche de liquide entre la surface extérieure des centres nerveux et la dure-mère; seulement il se méprit d'abord sur le fiége de ce liquide, qu'il plaça dans la cavité de l'arachnoïde. Mais ce physiologiste ne tarda pas, du reste, à revenir de cette erreur, et combla la lacune laissée par Gotugno.

// existe une couche de liquide dans la cavité des ventricules. — C'est un point sur lequel la science a singulièrement varié depuis Galien jusqu'à DOS jours (1). Suivant Galien^ Willis, Vieussens, Littre, Schneider, etc., les ventricules contiennent de l'eau dans l'état normal. D'après Coiter, Hîlden, Bohn, Yerduc, Lieutaud^ Haller et Cotugno, ils sont lubrifiés par une vapeur séreuse qui peut se condenser sous l'influence de causes pathologiques.

Comme on peut le voîr^ presque tous les anatomistes du siècle dernier se refusaient à admettre un liquide dans la cavité des ventricules. Bichat, Meckel, se rangèrent à cette opinion. Magendie s'est au contraire prononcé pour la manière de voir des anciens. Si, dans un certain nombre de cadavres, on trouve vides les cavités ventriculaires, c'est que ces cavités communiquent avec le tissu cellulaire sous-arachnoïdien qui contient le liquide extérieur; mais sî l'on met la tête dans une position déclive, et qu'on arrive avec précaution au-dessus de la membrane des ventricules, on peut toujours, à l'aide d'une pipette, aspirer le liquide qu'ils renferment (2). D'un autre côté, ce liquide n'est pas dû à une vapeur condensée après la mort; car si, sur un chien vivant, on met à découvert l'intérieur des ventricules, « on aperçoit le liquide céphalo-rachidien qui monte et descend par flux et reflux en suivant la respiration et les efforts de l'animal » (3).

II existe donc une couche de liquide à la surface extérieure du cerveau et dans l'intérieur des ventricules. Maintenant deux questions se présentent : Quel est le siège précis du liquide extra-cérébral? Celui-ci communique-t-il avec le liquide ventriculaire?

Siège du liquide céphalo-rachidien. — Hallor, comme on l'a déjà vu plus haut, ne s'explique pas d'une manière très-précise à ce sujet : « Ea in scde a (cauda equina), dit-il, inque imo imprimis sacco, quo medulla spinalis 1 continctur, non infrequens, in fœtu tamcn freqnentîor est aquula(4). »

(f ) R/eehercfiM historiques sur le Uquide céphalo-rachidien, par JoDiN, à la suite du mémoiro d^ dié d0 Hasoidr, p. IdO.

(2) Masehdie, ouvr, cité, p. 83.

(3) Ihid,, p. 125.

(&} Halleb, op, cit., U IV, p. 87.

PBÔPRitTÉS ET FONCTIONS DES DtVRBSKS PAIITIES TMt SYSTEÎÎEÎriM

Mais comme, quelques lignes plus bas, il ajoute que celte sérosilé eal exhalée par les artères de la pie-inr'rp, il scmbl*^ Tavoir placée dans le lim qu'elle occupe réellement.

Golugno pense égalemenl que îe liquide qu'il décrit haîgiie ta suHSw^e extérieure de la pie-mère.

l^ors de ses premières recherches, Magendie regardait le liquide sfnml comme contenu dans la cavité môme de rarachnoïde; mais il bientôt d'opiiiion, et démontra qu'il nrcupail le tissu celhitaire^ arachnoïdien. On peut n'en convaincre facilement de la manière suw Lorsque, sur un animal vivant ou sur un cadavre, ou a incisé avec tion la dure-mère el le feuillet pariétal de rarachnoïde» ou voit le tt viscéral, souîcvé par un flot de liquide, venir faire hernie entre les !é de la plaie; il faut inciser ce feuillel pour que le liquide s'épancbe dehors.

De même, lo iir/uid/' nvm/W/, qui baigne toute la surface extérieure i la pic-mère, passe avec elle dans rintérieur des circonvolutions, envelop toutes les origines des nerfs jusqu'à la sortie du crâne, et rinfundibuliï et la fçlaode piluitaire dont il pénètre le tissu; mais on le trouvv sur en grande abondance dans les divers ronfluentH de la ba^e du crâne.

Ainsi le liquide cephah-rarhiflim a son siège dans le tissu cellulaire i termédiaire à la pie-mère et à rarachnoïde. Avant d'aller plus loin, il 1 faire observer que ce tissu i':eilulaire est partout continua lui-mémej que, par conséquent, les divers confluents crâniens sont en commumcâ* tion les uns avec les autres et avec le grand conOucnt spinal; cependant I faux û\i cerveau et la tente du cervelet sont des obstacles naturels qui s'o posent à ce que, obéissant au\ lois de ta pesanteur, le liquide qui baig la face convexe des hémisphères descende conslammenl vers la base, sont ces cloisons qui empéchcnl qu'un liquide coloré, introduit daDsl tissu cellulaire sous-arachnoldien de la partie supérieure d'un hémisphè passe de cet hémisphère sur rbéoiispbéte voisin, ou pénètre jusque < les grands confluents de la base du cerveau. Toutefois ces obstacles ncMttl 'pas insurmontables, et, dans les cas d'épancbemenls sanguins à la convexité des lobes cérébraux, on observe assez fréiiuemment unr coloration rou^eàlre dans lejiquide spinal (t),

CûmmumûaÉkm At liquide ventrimlaire avet le liquide Bom-ararhnmdimL* établissons d'abord ce fait, que le liquide des ventricules latéraux m uni que avec le liquide du ventricule mojen par les ouvertures de MooP et médiatement avec le liquide du quatrième ventricule par raquediicdr Sylvius, Le quatrième ventricule est donc en définitive le ré*^' ''

liquide intra-cérébraL Or, à rextrémité postérieure de ce \ex\' I trouve mi orifice iiui le met en rapport avec le confluent postérieur, et] suite avec le confluent spinal. Cette ouverture triangulaire, que Mage appelle orifice des caviléx encéplmiiqoes^ existe au niveau du cnlammi rius. Elle est limitée en avant par le mlamut: latéralement par deitx rspli^

(t> lAcmmi, lœ, crY., }i. 42 *t 43.

Page 1