‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 33 sur 92 · DU UQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN · texte numérisé non relu

DU UQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

de la pie-mère qui s'élèvent des bords de ce calamm et tapissent la face interne des lobules <fu bulbe rachidien; en arrière par le vermis tnferior, revêtu d'une expansion de la pie-mère.

Si l'on détache avec quelque soin le cerveau^ on rencontre toujours cet orifice non-seulement chez l'homme, mais aussi chez les animaux. Magendie l'a trouvé chez le chien, les rongeurs, les ruminants et les oiseaox (i) : chez tous ces animaux, le liquide des ventricules, celui des lobes olfactifs, communiquent avec le liquide sous-arachnoïdien, tandis qae le liquide contenu dans la cavité des lobes optiques et dans le ventricale de la moelle lombaire parait être renfermé dans des cavités closes de toutes parts.

La variabilité de la forme et des dimensions de cet orifice, même chez l'homme, porte à douter de son existetice à titre de disposition originelle et typique. On a nié cette existence chez divers animaux, entre antres chez le lapin.

Ed dernière analyse, toute la surface libre des centres nerveux, interne oa externe, est baignée par une couche de liquide. Ce liquide est nonseulement étendu sur la superficie de l'axe cérébro-rachidien, mais il accompagne tous les nerfs spinaux jusqu'aux trous de conjugaison et tous les Derfs crâniens jusqu'à leur sortie du cr<lne.

Quantité du liquide céphalo-rachidien, — La quantité du liquide céphalorachidien est en raison inverse du développement de Taxe cérébro-spinal; elle augmente dans les cas d'atrophie, diminue dans les cas d'hypertrophie. Aussi est-elle plus considérable chez les vieillards que chez les cnbnls dont le cerveau est plus développé, chez les individus émaciés, chez ceux qui sont depuis longtemps dans un état de démence, etc. Elle varie aussi suivant la taille, suivant le temps qui s'est écoulé entre la mort et l'autopsie, car une partie du liquide passe toujours par voie d'imbibition dans les tissus ambiants.

La quantité normale, chez un homme de taille moyenne, est de 62 gram^ mes, suivant Magendie. On peut en recueillir jusqu'à 372 grammes dans certains cas d'atrophie cérébrale.

Diverses causes pathologiques peuvent également augmenter la quantité du liquide céphalo-rachidien. Haller avait déjà noté ce phénomène dans le spioa-bifida (2). On peut également le constiiter dans l'hydrorachis et Tbydrocéphalie.

Composition chimique du liquide céphalo-rachidien (3). — Ce liquide est alcalin; il a une saveur salée. Lassaigne lui a trouvé la composition suivante chez une vieille femme :'Eau, 98,564; albumine, 0,088; osmazômc, 0,67&; chlorure de sodium et de potassium, 0,801; matière animale et phosphate de chaux libre, 0,036 ; carbonate de soude et phosphate de chaux, 0,017.

(1) MAQMKùn, mim. cit,j p. 12& cl suiv.

(2) HàLLCR, ojf. ci7., l. IV, p. 87.

(3) Magehdie, ouvr, c<7.,p. à7.

.:02 PCOI'BllTES ET FONCTfOXS DES llll fcliSL:> PABTIES DT STSTtVI 5EBVE0I.

.Sur un cheval : Eau, 98^180; albumine, 0.03.>: osmazôme, 1.10&; dilorun; rie sodium, U,010; souiMrarbonate de ?îOnnc. 0,060: phosphate et cai^ iionaU' ih: cliaux^ 0^009.

Ile Haldat a ausç^i reconnu dans ce liquide la présence de lalbumineelde Tosmazôme. Ii'aprês Couerbe, il contiendrait un rés»eau de globules analogues â ceux que Ton rencontre dans la substance cérébrale; on y trouTerait en outre de l'albumine, de la cholesiénne, de la cérébrote, du chlonm de hodium, du phosphate de chaux, des sels de potasse et de magnfane. Au dire de ce chimiste, ce ne serait donc pas de la sérosité, mais on liquide >itf:ân\.

D'après Magendie (t/, les substances introduites dans la circulation ptr les veines se retrouvent peu d*instan(s après dans le liquide céphalo-raidiîdicn : le fait est facile à vérifier pour le cyanure et l'iodure iodnré depo» tassium. — Le mùme auteur pense qu'il est possible que ce soit par celle voie que beaucoup de substances agissent sur réconomic, en se trouvai en cont'icl direct avec les centres nerveux.

Les altération!; qu^éprouvc la composition du sang réagissent cgsdefiientsur l'aspect et la composition du liquide céphalo-rachidien. Celui-ci devieiil jaune citrin dans Tictèrc et la fièvre jaune, rougeâlre dans k scorbut cl la fièvre typhoïde, etc.

SfhrfHifm du liquide ci'phalty-rachidien, — Est-il sécrété par rarachnoide, coiiiiiie le dit Cruveilhior (2), par la pie-mère, comme le pensent Hallcr (3) et Magcndie? A l'appui de son opinion, Cruvcilhier invoque ce fait^qw le'* si'n'iises exhalent par leur face externe aussi bien que par leur bcf inlenic. Il est \rai (pie l'on rencontre quelquefois des collections aqueusn en dehors des reiiillets sén'ux; mais ce sont là des faits anormaux, et l'on peut (r.'iilleiirs rapporter l'origine de ces collections aussi bien au tisso eeliiiiaiie >oiis-sér(Mix qu'à la séreuse elle-mOmc.

Il e^l donc (Pahorrl loni aussi prol)a])le que T organe sécréloire du liquide eéplial(»-rarhidien est la ])ie-nière. Mais on a reconnu que, chez l'animal \i\anl, <Mi mettant <x'tte membranes à découvert, il s'en exhale un liquide qui devieiil encore ])lns apparent lorsqu'on a injecté dans les vaisseaux iidc certaine tpiantité d'eau tiède (*). On peut remarquer^ d'ciutre part, qu*il v a exlialalion de li(piid(* dans les ventricules comme à la surface du ccr- \ean (/i) : or, dans ces cavités, la production du liquide ne peut être attrihuée qu'à la inenilirane veiitricuhiire; et, comme cette membrane n'est, après tout, qu'une modilication de la pie-mère^ il ne répugne pas d*aduietlre que la pie-mère soit \v siège d'une sécrétion identique dans loulc son V't(Midue.

tjnoi qu'il en soit, la sécrétion (In liquide céphalo-rachidien s'opère avec

(1) MA'iKNDIK, (W/r/'. i/ï., p. 51.

(2) r.iiirVKIl.llIKil, Afintnm. ilfKrript.^i. IV, p. 553. ,:n UaI.I.KU, llhm. fihifsin/,, t. IV, p. 43, § 19.

. ' ) Crlii* ('X|u'Mioiicc,railc d'uliord pur Kaaw UoerhaavE; a été souvent reproduite ptfHAUll

^/oi'. 1/7. .

;.1i Hali.kk. At. .;/.

im LIQUIDE GÉFRALO-lACRIDIBll. SOS

beaucoup de rapidité. Magendie (1) a prouvé qu'on peut, à Taide d'une ponction faite entre Fatlas et roccipital, retirer presque tout le liquide céphalo-racbidien d'un animal vivant : si Ton terme la plaie et qu'on répète rezpérience au bout de vingt-quatre heures, on voit qtie le liquide s'est reproduit à peu près avec la m^me abondance qu'auparavant. Ce phénomène peut même être constaté plusieurs fois sur le même animal. — Ces expérience, faciles à répéter, nous ont donné des résultats analogues.

MotwemenU du liquide céphalo-rachidien. — Le liquide céphalo-rachidien est agité d'un double mouvement isochrone aux mouvements respiratoires : pendant l'inspiration^ il afflue dans la cavité spinale; peudant Texpiration^ il aflQue dans le orâne et dans les ventricules.

On peut s'en assurer par des expériences directes. Pour cela, il suffit d'adapter un tube de verre, contenant un peu d'eau colorée, à la cavité KHift-arachnoîdienne, derrière l'occiput. On voit la colonne colorée deseendre à chaque inspiration, monter à chaque expiration (2). On peut aussi nettre, sur un chevreau (S), l'intérieur des ventricules à découvert; on voit le liquide, animé d'un mouvement de flux et de reflux, être aspiré pendant l'inspiration, être refoulé au contraire peudant l'expiration. Ce fait est encore plus sensible^ si l'on verse un liquide coloré dans les ventricules.

Ce flux et ce reflux sont également faciles à constater dans les cas de ^na-biflda.

Quel est le mécanisme de ce double mouvement? Il repose entièrement aor la disposition anatomique des sinus de la dure-mère et des plexus vei- Qem întra-rachidieos. Les premiers, placés entre deux feuillets fibreux, «ont incompressibles; ils ont une forme, un calibre, des dimensions qui ne varient pas sensiblement suivant les mouvements respiratoires; les seconds, au contraire, ont des parois libres, et sont, par conséquent, soumis à des alternatives de dilatation et de resserrement^ comme toutes les veines du eorps. Or, il est bien établi aujourd'hui qu'à chaque inspiration le sang veineux afflue de toutes parts vers la cavité thoracique; il se fait donc à ce moment un vide virtuel dans le canal rachidien; ce vide est immédiatement comblé par le liquide cérébral, qui est, [K)ur ainsi dire, aspiré dans la cavité rachidienne. Réciproquement, lors de l'expiration, les veines intra-rachidiennes se gonflent, se distendent; le liquide obéit à cette compression et reflue vers l'encéphale.

n faut, du reste, avouer que les vivisections et l'observation des faits de spina-biûda donnent une idée exagérée de l'étendue des mouvements du liquide céphalo-rachidien. On introduit, en cCfet, un nouvel élément dans la question : la pression atmosphérique qui s'ajoute à rcfl'et de l'inspiratioD* On n'apprécie pas non plus l'influence de la résistance des parois osseuses, qui tend nécessairement à limiter le flux et le reflux du liquide

(1) MAGEHDiS, ouvr. cit,, p. 3d.

(2) .Magcudie, ouvr. cil,^ p. âO.

3U4 PROPEIÉTÉS ET PO^iCnO^S DES DITEBSES PAMTIES DO STSTftlU HBTICX.

Nou« ne revipodrons pas ici sur les usages des replis de la durcHnère relativoment au liquide cerebra]; nous les avons indiqués plus haut.

Vêm^n do Bqiiîdc i^nhaln laihaMM, — Le liquide c^phalo-rachîdien exerce >ur iaxe cêrébro-spioal dont il baigne la ^urf^ce. sur les membraMs qui le recouvrent, une certaine pression dont on peut se faire une idécpir la tension de ce> merabrane^. Vient-on^ en effet, à les perforer, le liqimdc ^'échappe rapidement au dehors.

C*est la pression excentrique du liquide céphalo-rachidien qui la vie intra-utérine, est, selon Magendie.. Tantagoniste de la pression cée sur la tête par les eaux de Tamnios : c'est elle qui protège alors le< centres nerveux et qui en assure la configuration: c*est encore elle qoî, tant que les os ue sont pas entièrement formés* tant que les sutures ae >ont pas réunie<. protège les organe^ encéphaliques contre la pressîM atmosphérique, contre les efforts extérieurs. La conformation normale it la tête est due à l'équilibre qui existe entre ces forces opposées. Si cet équilibre est détruit, si les forces extérieures ont plus d*énergie que b résistance du liquide, la paroi du cr&ne s'affaisse : si. au contraire, la prai- >ion excentrique du liquide devient supérieure aux forces extérieurei« ki dimensions de la boite osseuse augmentent, le crâne se dilate et priseale les caractères que l'on obser>e dans l'hydrocéphalie.

La pression du liquide céphalo-rachidien sur les centres nerreoxae >erait pas moins importante à considérer. Diminue-t-elle, ce qui arriiSi pur exemple, aux animaux auxquels on soustrait une certaine quantité de liquide, aussitôt, suivunt Magendie 1), toutes les fonctions nerveuses «■! troublées, les animntu- t-essefti de se moucoir réyulîèremeni^ (TautreM iamt&i sur h côté et ne savraienf se rel^rer^ quelques-uns paraissent en proie i OM .'inxiété.à une agitation extrême : je dirai tout à Theure si réellement ca iffV'ts doivent être rappoilés à la >«>ustraction du liquide. Que la presâoa \ i('nn«', au routraire, à >*accroitre par une augmentation dans sa quaotilé, i animal tombe dans un état comateux., et il éprouve de véritables aodflents de comprosion céi^ébrale. On peut s'en assurer en poussant dam le tissu cellulaire >ous-arachnoïdien une injection d'eau à 31^; l'effet est iii>tantané (2 . De même, si Ton comprime avec la main les cncéphaloGéls ou les tnmeiir> qui caractérisent les cas de spina-bifida, le liquide, ci refluant dans la cavité cnlnienne.. détermine immédiatement des accideib «le compression.

Mais le liquide céphalo-rachidien n'est pas seulement, d'après Mageodie. «•ij anta;:oni<nii' avec \e> pressions extérieures ; il contre-balance lapresiioi l'XiTC'e par le liquide venlriculaiio sur les parois des ventricules. Ici encoïc l'équilibre de ces deux forces est une des conditions dont dépendeat U t'ornie *i{ U's rappui ts dos masses encéphaliques. Si la pression du liquidf ventriculaire de\ient prépondérante, les cavités internes s'agrandissent an

I >Ia<.e?(MK. ■.'" ' . '^. p. ."iN. '2 M\*.hMHk:. "II. . . . .t., |.. :;o.

USAGES DU UQUIOE GBPHALO-RAGHU»EN. 305

dépens de l'épaisseor de leurs parois, les orifices et les canaux de communication se dilatent; alors aussi les accidents de compression cérébrale se manifestent avec plus ou moins de rapidité.

n suivrait donc de ce qui précède que la présence du liquide céphaloneliidien serait indispensable à l'intégrité de la forme et des fonctions du système nerveux.

Selon Magendie {i), ce liquide est également en rapport fonctionnel avec la circulation encéphalique. Accumulé à la base de Tencéphale^ il protège les gros troncs artériels contre la compression que le poids du cerveau exercerait sur leurs parois, si cet organe remplissait exactement la botte erftoienne.

C'est à tort, suivant moi (2), que les physiologistes admettent, d'après une des précédentes expériences, que la soustraction du liquide céphalorachidien occasionne un trouble notable des facultés locomotrices. Ayant évacué ce liquide entre l'occipital et l'atlas^ après avoir divisé les parties qui recouvrent l'espace occipito-atloïdien postérieur, j'ai vu, en effets les animaux abandonnés à eux-mômes chanceler comme s'ils étaient ivres, leur corps se balancer de tous côtés comme s'il était successivement sollicité par des forces antagonistes; mais, chez les mêmes animaux (cheval, mouton^ chien, chat, cabiai, lapin, etc.), m'étant borné à inciser les parties molles de la nuque^ sans donner issue au liquide céphalo-rachidieny j'ai observé, avec quelque surprise, les mêmesphénomènes jusqu'alors attribués à sa soustraction.

U devenait donc nécessaire de faire écouler ce liquide sans léser les parties musculaires et ligamenteuses de la région postérieure du cou : c'est ce que j'obtins en enlevant une seule lame vertébrale vers le milieu du dos. Si, à la suite de cette opération préalable^ un peu de faiblesse survint (k cause de la plaie musculaire) dans le train postérieur, elle ne fut en rien augmentée par l'écoulement du liquide; mais les animaux (chiens) ne présentèrent aucunement la titubation si singulière que j'avais remarqaée dans l'autre série d'expériences, après la simple division des parties molles de la nuque.

On pouvait objecter qu'en procédant ainsi, j'avais donné issue à une quantité de liquide moins considérable qu'en perforant les membranes au Ken ordinaire d'élection, à la hauteur du quatrième ventricule entre l'occipital et Tatlas; d'où l'absence de troubles dans la locomotion. Il fallait donc avoir recours à une conlrc-épreuve plus décisive.

Or, en variant les expériences, je n'ai pas tardé à reconnaître un fait important, savoir, la possibilité d'évacuer le liquide du lieu d'élection, et en même temps d'isoler, pour l'observateur, les effets qui pourraient résulter de cette évacuation, de ceux qui surviennent aussitôt

(i) Hagihmb, otcvr. ctï., p. 135.

(2} LOHGBT, Mémoire sur les troubles qui surinennent dans r équilibration, la station et In Ifieoniotion '/e** tmitfinuj', ttpràs la section ilcs parties molles de la nuque {Gaz. métL de Pftri^, 184'), l. XHI, p. 505}.

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raire^l si elfe

dt.

IHS PR0PB1ÈTÊS ET FONCTIONS I>ËS DIVERSES PARTIES DD STSTÈME NERTEUX.

après la section des parties recouvrant le ligament occipito-atloïilioti |mk< lérieur. Ainsi j'ai vn, r.hez les chiens» les chais, les lapins, etc., la liUibê* tioRj riûccrtitutle dans la démarche, que j avais produites en roe bomasil h diviser ces parties, disparaître complétemeftt en trente-six ou quaraiilehuit heures; et dès lors, le ligament ûcrijHio-alloïdien pnst^^riciir demeuré à découvert cl ta ioeomotion étant redeveniie tout à fait no les conditions étaient on ne peut plus favorables à la fois pour extraire liquide ct\phalD-rricljidien et pour ob. server Tinfluence immédiate» était réelle^ de son exlraetion sur ï'exerrice régulier des organes tocomi^' teors. Malgré le soin que j'ai pris, au moment de la perforation des Riei^l brane^i, de faire crier les animaux, de géïier leur respiration, ou nnéiiit, après avoir ouvert les membranes spinales^ d'enlever une partie de la crânienne (lapins), pour rendre récoulement du liquide plus facile et complet, dans aucun caj* la démarche des animaux n*a présenté la mol moditlçatiûu* — Par conséquent, d'une part, on peut donner issue fluide céphalo-rachidien sans déterminer aucun trouble dans le» mouvi»* ments; d'autre part, celui qui éclate d'une manière si brusque et si mafquée, après qu*on a seulement divisé les muscles cervicaux postérteufi (avec le ligament sus-épineux, quand il existe), ne dure qu'un espace di temps assez court.

A propos de ce dernier résultat, je ferai observer qu*ici, pour expliquer la reslitutiou prompte et intégrale des mouvemeuts, il est bien impOAsible, comme Tout toujours fait les expérimentateurs qui avaient d'j évacué le liquide, d'invoquer sa reproduction rapide, puisqueson évaci n*avait point en lieu auparavant.

Ainsi, évidemment, dans mes expéri**nces, le rétablissement des foi tions locomotrices ne saurait pas plus dépendre de la reproduction liquide céphaloraehidien, que leur perturbation n*a pu dépendre de SOB écoulement; jusqu'alors, par conséquent, la cause de Papparition ces phénomènes, aussi bien que la cause de leur disparition, a- été entièi ment méconnue.

Ne pouvant entrer ici dans la description détaillé de cm phénoménet je me bornerai à meotionn»*r brièvement la théorie qui m'a paru la plus tionnelle pour en rendre compte : elle se fon<le sur leur extrême ati avec ceux que Flourena a le premier signalés après les lésion» di cervelet

La flexion angulaire de la iéte sur Tatlas, qui, chez les animaux indi résulte de la section complète des parties musculaires de fa nuque, semble devoir occasionnera la fois un tiraillement et une eompressinn Taxe cérébro-spinal, ï>ortant plus spécialcmrnt sur les parties qui avoi nent Tarticulation ot'cipilo-atbiïdienne. Ces partîtes sont le bulbe et la tubérance annulaire, nnxqueùf j<e iicni tous les pédtrficuhi du cervf*l&t. Or, moyens de transmission n^apportant plus qui m parfaitement aux tni

(*) Voyez, pour te» d<^t»ib des phénomènes du!i à ta section de» porttet moUt* et li elpaur les divertc* condilionfi de leur |)ft).!uclit>«, noire Uiv/io^rt' a/r*

DSA6BS OC LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN. 3U7

l'iafluence coordinatrice de cet organe^ on comprendra qu'il puisse en résulter les mêmes effets que s'il était lésé lui-même directement. D'aillears, je n'ai pas négligé de répéter souvent des expériences comparatives sur deux animaux de la même espèce : chez l'un, je lésais isolément le eeirelet ; chez l'autre, je ne pratiquais que la section des muscles cervicaux postérieurs, et j'ai toujours trouvé une frappante analogie dans les idiénomènes.

Il est facile d'expliquer pourquoi on ne les produit point, quand on se borne à fléchir fortement la tétc des ani:i?aux à l'aide de liens appropriés. — Dans ce cas, le mouvement se fait par un déplacement de toutes les vertèbres de la colonne cervicale, et, quoique les rapports des vertèbres entre elles soient très-peu changés, il en résulte une courbe qui permet un abaissement considérable de la tête, sans lésion possible des masses nerveuses : an contraire, dans le cas où la flexion a lieu après la section des parties molles de la nuque, la tête s'infléchit directement sur l'atlas, les autres vertèbres cervicales ne participent point à ce mouvement; et, quoique la flexion ne paraisse pas plus considérable que dans le cas précédent, elle s'est opérée au moyen d'un déplacement angulaire entre l'atlas et le contour du trou occipital, d'où résulte un angle qui fait saillie en dedans et comprime les parties de l'axe cérébro-spinal qui viennent d'être signalées.

En résumé : 1^ La toustraction du liquide cérébro-spinal n'a aucune influence ar l'exercice régulier des organes locomoteurs (*); au contraire, la section des parties molles de la nuque entraîne la perte immédiate de toute faculté de station et de locomotion régulières. — 2** C'est ;\ la division préalable de ces parties qu'on doit rapporter le trouble locomoteur attribué Jusqu'ànos expériences, à la soustraction du liquide cérébro-spinal faite au niveau de l'espace occipito-atloïdien. ~ 3° L'incertitude dans la station et dans la marche offre, d'ailleurs, la plus grande analogie avec celle qui résuite des lésions directes du cervelet, et parait a\oir pour cati^^ la compression et le tiraillement, an niveau et au-dessus de Tatlas, des portions de Taxe cérébro-spinal auxquelles sont liés les pédoncules cérébelleux (**). —/i° C'est par l'habitude que ces portions encéphaliques prennent si rapidement d'être comprimées et tiraillées, et non par la reproduction du liquide céphalo-rachidien, qu'on doit expliquer la restitution prompte des facultés locomotrices.

{*) Cette cooduiion a été,depuU, Gonflrmée par une observaiioa que Jobert (de Lambâlle) a nawiUîe lur une personne atteinle d'une plaie pénétrante du rachis (au cou), avec isaue du liquide céphalo-rachidien. {Cornjttf"i retutuy fie rAauU'mi*' (fcs sdntC'"t de Paris, séance du lljiiilletlSôg.)

C) Le eompression de l'extrémité céphalique de l'artère vertébrale, par suite de la flexion aagalaire de la tète sur r atlas, serait la principale cause de ces derniers effets, d'après Scuiff (fjekràmch der PhysioL, Lahr, 1859^ p. 110), avec qui je fis autrefois la plupart des précéi eipérienees.

308 PROPIUÉTÊS ET FONt:TlOHS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NEaVEDl.

MDCVKMEÎÏTS DE LAXE CÉRÉBRO-SPINAL.

▲. ^ HouvemenU du cerveau. — Quaild On applique la maÎD ISUT isi tl

d'un enfiUît nouvcau-nc, nu niveau des fontanelles, on sent manifesteioe une succcsgïon de mouvemeiUs dont le cerveau paraît Atre le siège, qu'on enlève sur un animal une portion assez étendue de la voClt€ crâne, que la dure-mère soît intacte ou non, on reconnaît également de" manière la plus évidente que le cerveau est agité d*un double moiiveme c*est-à-dire qu'il semble s'abaisser et s'élever alternativement. Ordinairement le phénomène n'est pas moins facile à constater chez Thomme, lorsqu'une portion de la voûte du crâne a été détruite par une lésion ttamo»tique ou autre.

De ces faits que Ton peut vérifier tons les jours, et de ces expert! répétées avec succès par be.Tueoup de physiologistes, quelle conséquen peut-on légitimement déduire? Seulement celle-ci ; toutes les fois quel parois du crâne présentent une solution de continuité priroitive et nat relie, comme chez les jeunes enfants, ou accidentelle, comme dans le^ autres conditions dans lesquelles les observateurs se sont placés, le cerveau se meut incontestablement; ses mouvements peuvent être perçus par la vue et par le loucher.

Mais, lorsque le crâne est intact, qu'il est parvenu h son développemc parlait, que toutes ses sutures se sont soudées, peul^on dire encore ( les mouvemenls du cerveau existent, bien qu'il soit alors impossible (l\ constater directement l'existence? C'est là une tout autre question qo^ s'agit d'examiner.

Recherchons donc en premier lieu si, lorsque la boîte du crâne i intacte, les mouvements du cerveau sont possibles, quels que soient d'ii leurs la nature et le rhytbme de ces mouvements. D'abord rappelons ( les os du crâne, considérés chez l'adulte, circonscrivent une cavité do les diamètres sont invariables ; que la dure*mère adhère intimement à < os, si ce n'est dans un petit nombre de points; qu'enfin rîntenalle sépare cette membrane de la surface du cerveau est occupé par Tarachnoîd^ lapie-roère, le liquide céphalo-rachidien, les artères et les veines encépb liques, et aussi par le sang qui remplit ces vaisseaux et les divers ^irui».

Ceci posé, il est évident que, pour que le cerveau puisse se mouvoir i cette C4ivité, iî faut le concours indispensable des deux conditioiis vantes : l"* un vide entre la dure-mère et la surface extérieure de la i encéphalique; 2* une force motrice quelconque agissant au moment oàcf vide est produit.

D'abord, peut-il se faire un vide entre la dure-mère et le cerveau? Oc Taveu de tous les physiologistes, ce vide ne pourrait avoir lieu moment de Tinspiration. Plusieurs circonstances, en effet, tendent à le produire. Kn premier lieu, le sang veineux qui remplit la canlé ( sinus est aspiré dans la poitrine; il descend des sinus dans les jugulaire des jugulaires dans la veine cave supérieure, de celle-ci dans loreilielK

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