LORGET. — PIT8I0L. I
L'odorat est le sens qui nous donne la notion des odeurs.
I. Deux théories principales ont été émises touchant l'origine et la nature des odeui*s. Dans Tune, on admet que ces dernières sentie produit de la volatilisation de particules matérielles^ extrêmement ténues, qui se séparent des corps odorants ; dans l'autre, on suppose qu'elles résultent d'un mouvement vibratoire qui a lieu dans les molécules de ces corps et qui se transmet à un éther ambiant.
Les partisans peu nombreux de cette dernière théorie rappellent que cer- (fiincs substances (le musc et l'ambre gris entre autres) ont pu, sans subir aucune diminution de poids appréciable, continuer à faire naître pendant de longues années des impressions olfactives, et souvent dans une sphère très-étendue. Mais ne se pourrait-il pas que de pareilles observations, en les supposant rigoureusement exactes, fussent propres à prouver seulement la prodigieuse divisibilité des corps odorants et l'imperfection de nos moyens pondérateurs? Ne sait-on pas aussi que cette prétendue inaltérabilité de poids est loin d'exister pour bien d'autres substances odoriférantes, et que les nerfs sont des instruments bien autrement sensibles que nos balances ? Ajoutons que l'hypothèse d'un mouvement vibratoire ne s'accorde guère ni avec le transport des odeurs à des distances souvent énormes {*), ni surtout avec certaines conditions de la sensation olfactive, avec la nécessité d'un courant d'air, par exemple, pour mettre l'appareil de l'olfaction en rapport avec son excitant naturel.
Divers phénomènes ont été cités comme tondant à établir que les odeurs sont dues à des particules dégagées de la substance même des corps odorants. Si, h l'exemple de Uerlhollct, on place un morceau de camphre dans un tube barométrique rempli de mercure, on voit bientôt le métal descendre, le camphre diminuer de volume à mesure qu'il se volatilise
(*) n est permis de refuser sa croyance aux historiens qui racontent que des vautours furent attirés d'Asie, dans les champs de Pharsale (ItiG lieues), par l'odeur des cadavres qui s'y trouvaient entassés après la bataille du même nom. Mais on ne saurait révoquer en doute plusieurs récits de voyageurs dignes de foi. Alex, de Uumboldt {Rcc, de zoo/, et tFanat, rotfip., 2*= liv., p. 73, Paris, 1807) rapporte qu*au Pérou, à Quito et dans la province de Popayan, quand on veut prendre des condors, on tue une vache ou un cheval, et qu'en peu de temps l'odeur de l'animal mort attire ces oiseaux en grand nombre, bien qu'auparavant on n'en vît point dans le pays. Valentia [Voyage dans Flndoustan^ trad. angl., t. I, p. 349) assure qu'à neuf heures de distance des côtes de Ceylan le vent apporte déjà un parfum délicieux. L'auteur de 1 1 relation du i.rcmicr voyage des Hollandais aux Indes orientales en dit autant de l'ile de Puguiatan {Krcucii de^ voi/ages qui ont \''>rn' à rêtoUissrmrut de la Cotnpotjnic des Indes orientaleM^ t. 1, p. 280 et t. II, p. 250 et /i5i. Amstcrdan, 1702); e4€.