IIGET. — PHYSIOL. l
610 PROPRIÉTÉS ET lOflGTIONS DES DIVERSES PARTIES 00 STSTfcllB NEITEUX.
Budge et A. Waller constatèrent, en outre, que la galvanisation de la région cilio-spinale influence d'autant plus les ouvertures pupillaires qu'on se rapproche davantage de la partie moyenne de cette région. Son effet wuixùnum s'observe au niveau de l'articulation des deuxième et troisième vertèbres dorsales (*).
Lorsque les deux sympathiques cervicaux sont intacts, l'irritation galvanique de la région cilio-spinale se fait sentir également sur les deux iri»; mais^ quand l'un des sympathiques est sectionné au cou, la même irritatioB ne cause plus la dilatation pupillaire que du côté sain. Les deux sympathiques sont-ils divisés dans cette même région, l'irritation du centre ciliospinal ne produit plus aucun effet sur les deux yeux.
La moelle étant intacte, la galvanisation d'un côté seulement» dam la région indiquée, dilate également les deux pupilles. Si l'on divise k»gitudinalement cette région de la moelle en deux moitiés latérales, et qu'on les isole Tune de l'autre, par une lame de verre, rirritation gdvanique d'un côté produit seulement la dilatation de la pupille du rnbat côté.
Lorsque la région cilio-spinale est divisée transversalement à diflérentes hauteurs, on trouve que toute partie qui est séparée du centre de cette région, placé au niveau de l'articulation des deuxième et troisième vertèbres dorsales, a perdu son influence sur les pupilles, tandis qu'au contraire toute partie en connexion avec ce centre continue d'exercer son action.
Enfin Budgc et A. Waller (1) ont cherché à établir que toutes les fibres motrices de l'iris, qui viennent du grand sympathique cervical, passent par le ganglion du nerf trijumeau ou de Casser. En effet, disent ces expérimentateurs, si l'on pratique la section inlra-crànienno de cette paire nerveuse, en dos points successivement plus rapprochés de l'œil, on découvre que, jusqu'à la partie antérieure du ^^anglion de Casser, le sympathique conserve toujours son pouvoir sur la pupille; mais quand la seiUion a dépassé cette dernière limite, toute action du sympathique sur cet orifice est perdue.
Indépendamment de son influence sur les mouvements de la pupille et sur la nutrition de Tœil, la section du cordon cervical du grand sympathique produit d'autres etfets très-dignes de fixer l'attention, comme se rattachant, non plus à Taction particulière de ce système sur un oi^aoe. mais à son influence générale.
(*) En étudiant l'action des nerfs vasculaires et calorifiques de la tête. Cl. Bernard (Jvmra. de Phijsio/.t 1862, p. .^10) a cherché à établir que les phénomènes oculo-pupilUires, plac^ sous l'influence de nerfs provenant des racines antérieures des deux preniières paires dorsales (chien), sont indépendants des pliénonièncs vasculaires et caloriflqiwt de la této. — Salkowski (/nf.s-rhr. /'. ifit. M''tLy 1807, p. 107) pense que les nerfs sympathiques de Tim naissent avec les nerfs vaso-moteurs de l'oreille (lapin!, au-de>sous de l'aUas, et probaMement de la moelle allongée.
(i) Budge et A. Wai.i.er, Cottifites rendus th i'A(adémie de\ wiriifet de Paris^ téueedo 20 octobre 1851.
PROPRIÉTÉS Et rONCTlOHS DU GRAND SYMPATHIQUE*
• — IsQuence en grand ■ympAthique lur la cîrâiilalîoBf lu calorificalloo, Ia
LiriUon ci le» téoréiiotii, — On vieiiL de voir Pourroiir du Petit signaler» en ilVI, comme conséquence de la section du cordon sympathique cer- ■vical sur des chiens, l'hypérémie de Iri conjonctive oculaire, avec des troubles nutritifs de rœil lui-même, et Dupny (d'AUort)» en 1816, noter iur des chevaux, après l'ablation des ganglions cervicaux supérieurs du «ympatbique,ces mêmes phénomènes cl de plus un accroissement de température dans les oreilles, la tête et le cou qui se couvrirent de sueur. Mais cet auteur ne comprit pas la portée de sa dernière observalion^ tout en admettant que « h grand si^mpalhique exerce une grande infltjencemrksfonc' tiom nutritives jï, — En 1851, Cl. Bernard (1), ayant répété Texpérience de Pourfour du Petit, insiste en ces termes sur les effets vasculaires et caloriilques qui en résultent : « J'ai vu, dit-il, que, aussitôt après la section du (Met sympathique cervical qui unit les ganglions cervicaux, il survient une augmentation de chaleur dans tout le côté correspondant de la face. Cet accroissement de la calorilication peut s'apprécier par la main très-facilement. Quand on plonge le thermomètre comparativement dans les oreilles ou dans les narines de Tanimal, on constate que îa température est plus élevée de k à 6 degrés centigrades du côté ou le filet du grand sympathique a été coupé..... Quand on enlève le ganglion cervical supérieur de ce nerf, on produit exactement les mômes effets et quelquefois avec plus d'intensité; du reste, Pénergie du phénomène est, en général, en rapport avec la force de
t'animai En même temps que la chaleur augmente dans les parties, la
circulation y devient plus active, ce qui est très-apparent sur les oreilles des lapins, n
> ' Suivant le même expérimentateur, ce phénomène de calorification augmentée dure très-longtemps : il Ta constaté pendant plusieurs mois de suite chez les chiens (*)*
Quant h Hntcrprétation que Cl. Bernard proposa d*abord (mais qu'il devait bienlôt abandonner), elle n*étail pas heureuse, ni propre à faire pressentir les recherches et les découverles qui, depuis, sont venues démontrer, d'une manière péremptoire, que les vaisseaux sont contractiles, et que par suite le système nerveux joue un rôle considérable dans les circulations locales et les phénomènes calorifiques, nutritifs et sécrctoires qui s'y rattachent. Pour Cl. Bernard, la calDrificalion dépendait direclcmenl du grand sympathique qu'il appelait nerf caionfiqm; et, chose singulière, c'était après qu'on avait coupé ce nerf que sa prétendue fonction se trouvait mise en jeu.
(1) Cl. Behkabd, MémûîreA de ia Société de biologie, déc, 1851, l. Itl, p* 163. — AVt' jriir l'mfîuence du nerf tjrand sj/mptUhiqm *i*r la chaleur animale, l\iû à Vkaiâémle ût9 iciences de ?.ins le 2!) mars 1832.
(•) Vxn UEft Beke CAUtHiELs {/pttsrhnft fur rntim. Mcd,y 1856, I. VU, p. 157) a vu cetle élévation de lemréralure, quoique amoindrie, pcrtistor au boul de 155 jours, sur l'orciUe de ranimai, après rablaliou du gauglion cervical supérieur.