PROPBÎÊTÊS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DO SYSTÈME NERVI
Itrown-Séquani (1) donna le preniier rcxpitcation, aujourd'hui j^énéraîcinoiil admise^ dos phénomènes dont il s'agit, et les rattacha directement xm cliangctuenls survenus dans la vasculansation des parties* Si, comme il Ti fait, on galvanise le bout supérienr on périphériiiue du cordon sympathique cervical préalablement coupé, on détermine une contraction des vaisseaux sanguins d'abord dilatés, et, comme conséquence de rexpulsjou dusaug/UQ refroîdîssemcot des parties d*abord échauffées. — Sans connaître la publ jr^tionfaiteenAmériqueparBrown-SéquardjGLBeniardarrivâitdeujinioisplitt tard (2), à laidtî d'expériences semblables, k proposer la même explicalioa*
Diaprés Brown-Séquard, ïes propriétés vitales se couservent plus loof^
temps, du cùté où le grand sympathique a été coupé^ que dans le cdié
sain, et la galvanisation produit^ sous ce rapport, des effets opposés k cciii
de la section. « Toujours, dit-il, avec Télévation locale de la températu
coïncide une paralysie, ou en d'autres termes, une dilatation des vaisseai
[sanguins; toujours avec un abaissement local de température coïncid
'contraction, ou en d'autres termes, le resserrement des vaisseaux^
Iguins. Ainsi la paralysie vasculaire s'accompagne d'une élévation de teah
pératnre, et la coniraeture vmcuiaire d'une diminution, n — Les effets qq
suivent la section do grand sympathique ne résultent donc point d'une acti
vite calorifique particulière, mais bien du défaut d'action de ce nerf, de i
paralysie des libres musculaires de la tunique moyenne des vaisseaux.
D'après Schiff (3), le grand sympathique n'est pas le seul nerf de latéti ayant de l'inlluence sur la caloriOcalion de cette partie : des raroeauidn plexus cervical animent les vaisseaux sanguins de Fore il le, et la section du trijumeau est également suivie de la paralys^ie d'un certain nombre de vaisseaux et d'une élévation de température. Le nerf facial aurait, suivuQl Brown-Séquard, la même influence sur les vaisseaux de roreille; mais Cl Bernard fait observer qu'en arritchant le facial, à sa sortie du trou stylo*^ mastoïdien, on arrache en même temps le nerf fie Wriiùerg qu'il suppose être une racine céphalique du grand sympathique.
Des expériences ont été fiiites sur le grand sympathique ailleurs qu dans la région cervicale : GL Bernard a déterminé une augmentation sible de température dans le thorax et dan?» Tabdomen, en agissant sur" e premier ganglion thoracique et sur le plexus solaire; ^ — Pincus (ft) et ISamuel (5) ont occasionné des hypérémies et même des suffusioos sanguines très-fortes dans la muqueuse gastro-intestinale* en excii^ant, sur des chiens, des chats et des lapins, le plexus solaire et les ganglions semilunaires; — d'autres ont constaté une injection considérable des vaisseau do membre postérieur sur des grenouilles dont ils avaient coupé le plexui iscbiatiquc à sa sortie de la moelle, et en même temps, supposent-ili^ 1^ rameaux du grand sympathique destinés à ce membre, etc.
(1} Brown-Séquari», Phtiadi'fphta MetUcni Exammery aoftt 1852, p* 489,
(2) f-L, BEBr^Aur», Cmuittet tendm de in Soc* th' hintupr, ocl. et nov* 1852.
\à) ScHifr, VntcrsiKk* sur Vhysiot ries NervensyskTm\ Frandbrt-3ur-le-Mein, 18^S*
(4) Ptwcus, lîjrpt^nmenin de ti »0rvi vngiel xymputfiki ud vwm, etc. ftre&laiia 185C.
(5) Sajiuei, Dte Extirpation des Piexus cœiiacm iWiemr medkm* Wochmschrifl, «•SI
PBOFRiÊTÉS ET POMGTIONS DU GRAND SYMPATHIQUE. 613
Nous sommes ainsi amené à revenir rapidement sur Tétude des nerfs vasoudeur$t nerfs spéciaux qui nous ont déjà occupé à plusieurs reprises aU loint de vue de leur origine et de leur rôle.
On sait que les vaisseaux (artères et veines) sont munis de tuniques conractîles (fibres musculaires lisses) dont le développement est d'autant plus prononcé qu'on se rapproche davantage de la partie périphérique de Tarbre irtériel ou veineux ; et l'on sait de plus combien sont nombreux les nerfs pu animent ces tuniques contractiles. — Les nerfs dont il s'agit ont été lésignéa depuis longtemps (en 18/iO), par B. Stilling^ sous le nom de nerfs ■M nwtewrs, pour rappeler leur influence motrice sur la tunique moyenne m musculaire des vaisseaux.
Malgré le sentiment contraire de quelques physiologistes, les nerfs vasoonoteors ou vasculaires ne proviennent point des ganglions du grand sympathique, mais bien de la moelle épinière et de la moelle allongée. La démonstration expérimentale de leur origine médullaire a été donnée par Bchiff{l), Ludwig et Thiry(2), E. Cyon (5), Counoisier ((i), etc. Après ta section de la moelle épinière, dans la partie supérieure de la région oemcale, Ludwig et Thiry, par exemple, ont constaté la dilatation paralytique des vaisseaux de tout l'organisme, notamment des vaisseaux mésentériques ; puis, en galvanisant le bout périphérique de la moelle divisée, ils ont déterminé une contraction manifeste des vaisseaux sanguins d'abord dilatés. C'est en appliquant la méthode anatomique de A. Waller que Dourvoi&ier est arrivé, de son côté, à démontrer l'origine spinale des nerfs raso-moteurs, que Schid' et de Bezold font remonter jusqu'à la moelle allongée et même au delà.
Ces nerfs vasculaires, une fois émergés du centre spinal, ne sont nulle part complètement isolés : ils s'associent partout, soit aux nerfs de la vie animale^ comme cela a lieu pour tous les nerfs rachidiens, soit aux nerfs viscéraux proprement dits du grand sympathique, comme on le voit au thorax et à l'abdomen. Aussi des effets semblables à ceux que nous avons vus résulter de la section des cordons du sympathique, se montrent-ils, par exemple, après la section du nerf sciatique à la sortie du bassin : indépendamment de la perte de la sensibilité et du mouvement, on constate la dilatation des vaisseaux et un accroissement de température dans le membre correspondant; phénomènes qui sont remplacés par des phénomènes inverses (contraction des vaisseaux et refroidissement) aussitôt que Ton galvanise le nerf sciatique, et, par conséquent, avec lui, les nerfs vasculaires qui s'y trouvent associés. Ajoutons que, contrairement aux assertions d'un petit nombre d'observateurs, on voit la section des racines des
(1) SCBirr, Untersuch. zur PhysioL des Netwetisystenis, 1855. — Lehrbuch der PhysioL T. I, Lahr, 1858-59 ; — Influenzn detla Midoiin spinale nei nervi vaso-motori délie extremita. Napoli, 186A.
(2) Ludwig et Thirt, SUzungsOer. der Wiener Ahid, d. Wissensch, 1864.
(3) E. Ctoh, Àrbeiten nus dcm physiologischen Institut zu Lripzig, 1868. '4; CoL'RVoisiER, Arch. fur microskopische Annt, von Max Schdltzb, 186S.