‹ Traité de physiologieChapitre 101 sur 141 · TEXTURE DU POUMON · texte numérisé non relu

TEXTURE DU POUMON

ellà^mais sans régularité^ soit entre eux, soit avec des branches appartetenant à d'autres artères lobulaires, et forment enfin le réseau capillaire des :ellules aériennes. Ce dernier est un des plus serrés qui existent (voyez les igures 3 et &). « Chez Thomme, dit KôUiker (1), et sur une pièce fraîche, il )résente des mailles arrondies ou ovalaires de 0"'"'j005 à O^'^yOlS de dianèlre, formées de vaisseaux qui ont 0"*"'^0Û7 à 0"'"*,001 de largeur. » Ce éseau, situé immédiatement sous la môme couche d'épithélium qui est prolablement interrompue souvent au niveau des capillaires (voy. figure &), 'étend à toutes les vésicules d'un môme lobule et aux vésicules des lobules ûisins. Les vaisseaux capillaires qui le constituent forment une saillie à la urface de l'alvéole, saillie souvent telle qu'une anse en parait comme dé- K'hée : on apprécie très-bien ce relief des vaisseaux sur des coupes d'aïéoies injectées, et il en résulte que les vaisseaux sont en quelque sorte longés dans le gaz qui remplit le poumon, disposition favorable aux changes gazeux qui s'y effectuent.

Puis^ du précédent réseau naissent les veines pulmonaires par des radiales qui, plus superficielles que les artères, plus extérieures sur les lobules rimitifs, s'engagent ensuite entre ces lobules, où, s'unissant à d'autres 'ines lobulaires, elles constituent des troncs d'un certain volume qui )rtent le sang hématose vers les cavités gauches du cœur. En terminant cette description rapide du réseau capillaire sanguin des )umons, rappelons que, quand on pousse une injection colorée dans irtère pulmonaire, on remarque, ce qui d'ailleurs s'accorde bien avec le ^ge de l'hématose, que les tubes bronchiques restent à peu près incores jusqu'au point où leurs parois commencent à présenter des alvéoles, ndis que ces alvéoles eux-mômes se montrent couverts d'un réseau vascuire des plus riches.

C'est dans l'épaisseur des parois intercellulaires, autour des vaisseaux nguins, que s'opère le dépôt d'une substance colorée en noir^ qu'avec Nais Guiilot (2) on regarde généralement aujourd'hui comme du charbani*).

'i) KôLUKEB, otivr. cité, trad. franc., p. 519.

[2) Natal» Guillot, Hech» anaU et pathol. sur les omets de charbon produits pendant la dans les organes respiratoires de l* homme (Arch. génér, de méd»^ A* série, année 1845, • II, p. 1,151,284).

*) Il n'entre dans notre plan ni de discuter ici le mécanisme de raccumulation des poussières irbonaeusea dans le poumon de l'homme, ni d'examiner la valeur des hypothèses émises sur r origiae ou leur formation dans cet organe. Qu'il nous suffise^ pour l'instant, de rappeler iy si dîTere observateurs admettent que du charbon, en nature^ peut se produire et s'acculer au sein des organes respiratoires eux-mêmes, la plupart assignent au charfton pulmo^ re une origine extérieure.

insultez à ce sujet : H aller, Elementa physiologiœ^ t. III, p. 152. — Fourciot, Syst, ronnaissances chim,^ an 1\, t. IX, art. 18, { 4, p. 380. — Pearson, Philos, Transaet» idon, 1813, p. 519. — Heusihger, ilrc/t. génér, de méd,^ t. Y, 1824. — LAEimic, Traité ^V/t^fcu//. méd.j t. II, p. 322, édit. de i 837. •— Gregory^ Case of Peculiar Black Infiltra- I of the whoteLungs ressembling Melanosis {thç Edinb, Med» andSurg, Journal^ 1831, CIXYl. p. 389). — Trousseau et Lerlabc, Arch, gén, de méd.^ 1828, t. lYII. — Graham^ *'ie Exist. ofCharcoal in the Lungs (Ec^inb. Med. and Surg. Journ,, 1834, t. ILII, i23y. — Bêbier, dans le Traité d'auscultation de Laerrec (note d'AHDRAL), 1837, t. II, >23. — RiLLiET, Mérn» sur la pseudomélanose des poumons {Arch. gén, de méd,, 3* série, 18, t. !!• p. 160-163). — Ardral, Anat, pathoL^ 1839, t. I, p. 458. -* Krausb, Handh der menschlichen Anat, y t. I, p. 471. — -Melsehs, Comptes rendus des séances de yid. des se, de Paris, t. IIX, p. 1292.

612 OË LA AËSPiRATIOM.

Gel habile observateur a étudié toutes les phases du dépôt de la matière charbonneuse dans le tissu pulmonaire, depuis le moment où elle commence à apparaître vers la fin de la jeunesse jusque dans la dernière vieillesse, époque à laquelle il s'en forme parfois des accumulations considérables. On doit également à Natalis Guillot (1) d'importantes études sur les rapports de la maladie tuberculeuse du poumon avec raccroissemenl de la matière noire dans cet organe; études qui offrent des application> utiles à la pratique médicale.

Si, dans certains cas, la pénétration dans le poumon de molécules do charbon est un fait parfaitement démontré, il est certain aussi que \v pigment noir qui infiltre cet organe peut provenir de congestions sanguines répétées , ayant donné lieu à des extravasations de la matière colorante du sang qui s'est transformée ensuite en pigment rouge et en pigment noir. La pénétration de poussières charbonneuses a été mise Ilo^ de doute par Traube et par Virchow, qui ont trouvé dans les alvéoles pulmonaires des charbonniers des fragments de cellules végétales calcinées reconnaissablcs à leurs canaux poreux : d'un autre côté, les recherche» de Yirchow établissent que la pigmentation du poumon dans les maladie^ du cœur, et dans la majorité des cas chez les vieillards, reconnaît pour cause des transformations de la matière colorante du sang. Ce p^oces5u^ est toujours accompagné de pneumonie interstitielle, c'est-i-dire de U formation nouvelle de tissu conjonctif, et c'est autour des noyaux de ces cellules et dans les canaux plasmatiques qu'on observe le dépôt de particules colorées en noir (2).

Le développement du tissu pulmonaire (fig. 5), c'est-à-dire la formation d^ cellules du poumon et des ramifications bronchiques, ressemble beaucoup à celui des glandes en grappe et semble suivre la môme marche. Les àem rudiments des poumons, d'abord lisses et sans divisions superficielles, s composent d'un blastème formé de cellules dont l'intérieur offre, dao> chaque poumon, une petite figure claviforme. Quand une cavité conunenct à se former dans la trachée et dans les bronches, qui sont primitivement solides, on voit ces premiers rudiments bronchiques pousser des bourgeoo^ sur leurs côtés et à leurs extrémités, comme les glandes en grappe. O bourgeons représentent les ramifications des bronches : ils ont exactemeot la môme forme que les premiers rudiments, et l'on voit aussi la caviu future se préparer dans leur intérieur. Avec le temps, les ramification des bronches deviennent de plus en plus nombreuses et serrées; m^^ leurs derniers rejetons seuls constituent les cellules pulmonaires ^' tiennent /ici la pl^ace des vésicules glandulaires. Ces cellules se recouvretit d'un épithélium et renferment une cavité dans laquelle l'air pénétre tpri» la naissance.

(1) Natalis Guillot, Description des vaisseaux particuliers ^i naissent dans lespoun tuberculeux, et deviennent^ au milieu de ces organes, les conduits d'une circulaiû>n n^w '• avec planches (journal V Expérience, année 1838).

(2) Voyez les travaux de Vircbow, insérés dans le tome I de ses Archit fûrpath. A- '■ uni PhystoL, et dans le t. XXXVI, p. 186 du même recueil.

TEXTtIHB DD POUMON 613

L'appareiic« celluleuse extérieure des poumons, chez le jeune embryon, indique pas, du reste, la formation précoce des véritables cellules pulmoires à leur intérieur : elle annonce tout simplement le développement leurs lobes et de leurs lobules.

Précédemment, en traitant de la respiration des oiseaux, surtout au point vue de ses rapports avec les variations de pression de l'air, nous avons rl^ de ces singuliers appendices de leur systÈme pulmonaire, qu'on dé- ;ne sous les noms de sacs ou réservoirs aériens, et nous avons cherché l>-tcrminer leurs usages ('). Ici il ne s'agit donc plus que de dire somlirfment en quoi là texture du poumon difTëre dans les deux classes des immigres et des oiseaux.

C'eil dans la disposition de l'arbre bronchique qu'il faut chercher les ini'ipaies différences qu'avec Milne Edwards (1) nous résumerons ainsi : >•, différences tiennent au passage de quelques tubes aérirères k travers poumon et à leur ouverture au dehors de cet organe dans d'autres réser- •n [tacs aériens); au mode de division des bronches intra-pulraonaires; fin à la direction des canalicules bronchiques. Chez les mammifères, si par des birurcations irréguH&res que les bronches se ramiflent de plus

'] Comme recherches lei plua ricenteï et les plus remarquables sur les sacs aérimi des vai, coDwIlei ^incipalement Mllei de HATtLi» GniLLOT (Mi'meire sur eappareil respira- ■■'l^s oiseaux, Aaat Ann. des se. nal. loo\of^, 3* série, année 1816, t. Y, p. !Et etiuiv,,

' ri|,-ufei) et celles de SACPET(flecA«"cftesîi(rrnppnm/i-eïpira(oiredeîotimui, Paris, 184 7.

'.. l: amples rendus de FÂc. des se. de Paris, 3 et 38 Kvrier 1848),

/lunl à la TiasiE aêkifëiie od :tAT*TOTBï des POiitscns, on sait combien les observaleum

ilifTéré d'arU Eur la nature et sur la destinatioD (ilijsinlneiitue de cet nr^ne. D'après li' ^ p^ai nombre, c'ett un appareil hjrdrostaliijue propre I btre varier le poidi spécifique de "Twd ; luiraDt d'aulrei, c'est un organe en rap|ioTt avec l'exercice de la respiraUon ; et, K l'opinion d« quelques antres encore, la vessie nataloireremplit l(-sd«uirAlea, r'e«l-i-dire ''1' peat larvir ■ ta reipiralion, tout en ajant principalement à remplir des usaret pure- "' physiques dans le méiÂnisme de la locomotion. Hais, quand on tient compte de ta Tsria- '' qu'elle offre dans sa structure, dans i^s reliitioni orf^uiques, dan* la composition de ses l 'l luriout dans sou exislenco même, il est bien dUTlcile d'accorder k un pareil organe '* l'importance pfajsiologïque qu'on a voulu parfais lui allribuer : son rdle, notamment dans "pinlion, a pu parallro contestable dans les cas, d'ailleun si nombreux, où l'on voit l'in- "ur it ce réceptacle compliltment elos ne pas communiquer avec un autre organe ou anc ' 'iWrieur. Les fti qui j sont contenus [milange en proportion» variables doirygène, ''■'il- '.I dacide earbonique) sont regardés comme le produit d'un travail sécrétoire ebes Ion* NHons, donl la vessie nalaioire est enlièremeat fermée dès le principe, il! Htt.n1owKaK,lje^nt!iur ta phftsiol.elfnnnl.rornp, de rhommertdi-t animaux, ii^)e. I'. p. 317. Paris, 185S.

61 a DE LA RESPIRATION.

en plus à mesure qu'elles s'éloignent] de leur point d'origine. Chei le^ oiseaux, le mode de division de ces tubes n'est pas dichotomique, mais penniforme; chaque tronc, soit primitif, soit secondaire, donnant naissance latéralement à des conduits qui en partent comme les barbes d^one plume ou les poils d'une brosse. Enfin, chez les mammifères, toutes Ie< parties du système bronchique se dirigent da centre anatomique du poumon, c'est-à-dire du point d'immersion du tronc primitif dans cet organe, vers sa surface, et les divisions en deviennent de plus en plus ténues i mesure qu'elles se rapprochent de cette surface; tandis que, chez le> oiseaux, le système de tubes n'est centrifuge que dans sa portion basilaîre; les troncs secondaires arrivent à la surface de l'organe, et les divisions ultérieures, suivant une marche récurrente, deviennent centripètes. L'arbre bronchique, au lieu de continuer à se développer au dehors, se reploie donc sur lui-même, et n'envoie le chevelu de ses racines que vers l'iota rieur de la masse formée par l'ensemble de ce système de ramifications (*). »

Du reste, ainsi que l'ont avancé plusieurs micrographes pour la moqueuse bronchique des mammifères, l'épithélium à cils vibratiles cesserait brusquement aussi, chez les oiseaux, vers le point où chaque tube aériec plonge dans un lobule pour s'y perdre au milieu des cellules pulmonaires; il n'y resterait plus qu'une couche épithéliale ordinaire d'une ténuité ev trôme. D'après Rainey (1), les parois de chacun de ces tubes offrent de? orifices qui aboutissent à une couche de cellules irrégulières qui, dans le parenchyme du poumon, forment un grand nombre de petits compartiments polygonaux, comparables à des lobules. «Mais il paraîtrait, dit Milcc Edwards (2), d'après les observations de Rainey, que les parois de ces cellules ne sont pas continues, que leur membrane pariétale est perfora dans chacun des espaces correspondant aux mailles du réseau vasculain logé dans leur épaisseur, et qu€^ par conséquent, les cavités aérienne' constituent dans chaque lobule une masse spongieuse où les vaisseam sanguins baignent dans le fluide respirable par tous les points de leur cir* conférence, au lieu d'être en contact avec ce fluide par leurs deax sarfac^ opposées seulement, ainsi que cela a lieu chez les mammifères (^. •

(^ Pour plus de détaili, voyes le Hém. de Nàtàus Guillot, dans Bec* cUé^ I. V, ^ ^ et luiv. — /6û/., le Hém. de Sappet, p. A et suiv.

(1) Raihkt, ouvr. eitét pi. 1, flf • i et 2.

(2) MiLRE Edwabds, ioc, cit.

(^ lodépendamment des ouvrages ou mémoires déjà cités à propos de la texhtre intime à poumon^ consultes encore :

YfiUM, De respirationis organis et usu, dans Opéra omnia, t. H. — Hxlvriis^ 0&irrr«.' sur le pouTMm de f homme {Mém. de VAcad, des se. de Paris^ 1718, p. 18); — Rawl dans Nova Acta Aead, nat. eurios.^ 1828, t. XIV, p. 161, 200. — Lsikmuiiit, Anai.etmt de Vappar. respir, dans les animaux vertéttrés (tiièse inaugurale, Strasbourg, lS3ê}. - Duvxkhot, Fragm, sur les organes de la respiration dans les onnnairr ttrte* {Comptes rendus de VAcad. des se. de Paris^ 1 839, t. VIIl^ p. 1 3). — GnuiLBis» Sur h t*^ minaison des bronches , dans Bull, de la Soc. anat.^ 1830, p. 16. — H. CftAMia, Of f^^tiori pulmonum hominis structura. Beriin, 1847. — E. Scbults, Disquisit. de itrtet. ^ text. canaliwn aeriferorum. Dorpat, 1850. >- HeàUE, Oit the Bhod Yesseb ofthe iMf dans Monthly Joumaly 1852, p. 45A.

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