CAPACITÉ PULMONAIRE. — * QUANTITÉ D'AIR INSPIRÉ ET EXPIRÉ
La etrefmférence de la poitrine^ chez l'adulte, serait sans aucune proportion avec le volume d'air expiré, suivant Hutcbinson, qui affirme avoir constaté les contradictions les plus manifestes dans 996 cas qu'il a observés à ce point de vue. Telle n'est pas l'opinion de F. Arnold (i)^ qui prétend que l'accroissement de la capacité inspiratrice est d'environ 60 centimètres cubes par cbaque centimètre dont s'augmente la circonfé* rence de la poitrine.
La mobilité des parois thoraciques a ici une influence réelle, car on trouve parfois des individus à poitrine étroite, qui peuvent dilater le thorax bien plus que d'autres chez qui la circonférence de cette partie du corps est léanmoins plus grande. A dimensions égales, le nombre mesuré par le spiromètre augmente avec la dilatabilité du thorax.
Ce nombre parait être le plus grand dans la période de vingt-cinq à quarante ans; puis, à partir de cet âge, il commence à décliner pour devenir, dans la vieillesse, moindre qu'il n'était môme dans l'adolescence. Voici les moyennes fournies à ce sujet par Hutcbinson :
lit. lit.
De 15 à 25 ans 3,590
àO à A5 3,A59
De A5 à 50 ans 3,280
Quant aux différences résultant de Vinfluence des sexes^ le physiologiste anglais a omis d'en tenir compte, toutes ses expériences ayant été faites sur des hommes. Mais Schneevogt (2), Wintrich (8), et, auparavant, Herbst {U\ s'accordent à admettre que, chez la femme, le volume expiré maximum est sensiblement moindre que chez l'homme. Suivant Herbst, cette différence serait représentée par environ 50 pouces cubes. En comparant, sous ce rapport, des hommes et des femmes de même taille, Schneevogt a constaté que le volume dont il s'agit était, terme moyen, d'à peu près 700 centimètres cubes moindre chez ces dernières. Un autre résultat, digne d'intérêt, s'il est confirmé^ et qui s'appuie sur plus d'une centaine d'observations du même auteur, c'est que, tandis que les tumeurs abdominales, quels que soient leur nature et l'organe affecté^ ont pour effet constant de diminuer le volume d'air expiré, la grossesse seule n'aurait pas cette conséquence.
Si la loi de Hutcbinson est vraie, c'est-à-dire s'il est possible d'établir, à l'aide du spiromètre, un rapport exact entre les plus grands changements de volume du thorax et la stature de l'individu, on conçoit comment la spirométrie viendrait prendre rang parmi les moyens physiques d'explo-
M ) F. Abmold, Ueber die Athmungigrôsse des Menschen^ etc. Heidelberg, 1855.
(2) ScmmvoGT, Ueber den praktischen Werth des Spirometers (Hknlc's Zeitschr. fur rntionn, Med.^ 1854).
(H) WiHTRiCH, Krankheiten der Respirationsargane (Vibchow's Handbuch der speeiellen PaMo/., etc., t. V, 1854).
(&) MiauL's Arehiv fiir AmU und Physiol.^ 1828, t. III, p. 103.
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ration médicale. En eff^t, une diminution trop sensible de lan)bantilé d'âir que l'individu peut mettre en circulation dans ses poumons, dimioution qui ne résulterait pas seulement des progrès de Tâge, devrait donner Tévei! au médecin sur Tétat de ces organes, en même temps que la spiromélrif lui fournirait la mesure du progrès ou de Tamélioration de l'affection pulmonaire.
Le premier malade sur lequel Hutchinson ait fixé son attention réunissait les conditions les plus favorables à un semblable examen. C'était m. Américain colossal venu à Londres pour disputer le prix d'une lutte; il était d'une taille de près de 7 pieds (anglais) et dans toute la puissance dt la santé; son volume expiré maximum était de 7^*^082. Après avoir remporté le prix^ il mena une vie oisive et dissolue, et deux ans plus tiirt! (novembre 1844) ce volume n'était plus que de 6^'S364; on ne constatai: d'ailleurs aucun signe de lésion thoracique. A la fin de décembre \Uh, il était descendu à 5^'S222. Cet homme succomba en 1845 aux suites d'une tuberculisation pulmonaire subaiguè. — Un fait d'une autre nature. mais non moins caractéristique, témoigne de l'utilité de Tappareil et dt son application à la pathologie. Un homme est examiné, il jouit d'uoe santé irréprochable^ mais la mesure de sa capacité inspiratrice es^ de Û^'S767 au-dessous du chiffre normal. L'auscultation ne révèle pas le plus léger trouble des fonctions respiratoires. Trois jours après, cet homme succombe accidentellement, et l'on trouve au sommet du poomon gauche un dépôt de tubercules miliaires qui avait l'étendue de plus d oo pouce carré.
C'est en s'appuyant sur des observations extrêmement nombreuses que Hutchinson a formulé ses principales conclusions relatives à la phthisie. Suivant lui^ un abaissement de 16 pour 100 doit déjà éveiller les soupçons. Dans le premier degré de la phthisie confirmée^ la diminution est d'euviron 33 pour 100 ; elle peut être portée, dans la période extrême, jusqoà 90 pour 100, sans que le malade soit sous la menace d'une mort tout à fait prochaine.
Ce n'est pas le lieu de passer en revue bien d'autres causes pathologique^ qui peuvent entraver la respiration, et d'-indiquer jusqu'à quel point elles agissent sur le seul élément dont le spiromètre fournisse la mesure. Nous nous bornerons ici à rappeler que l'emphysème pulmonaire parait avoir abaissé presque autant que les tubercules le chiffre de la capacitt inspiratrice (*).
Si la détermination du volume d'air mis en circulation, pendant leinspirations et les expirations exagérées^ offre de l'intérêt à cause des app-'cations possibles à la pratique médicale, la notion de la quantité d'air qi:i entre dans les poumons pendant l'inspiration normale et de celle qui e^
n Consultez, pour plus de détails, rexcellente revue critique que Gh. LasAcve a publfre Sur remploi de la spirométrie en médecine, et à laquelle nous-même avons emprunté plusieurs documents utiles {Àrch, gén, de méd,y 5* série^ t. VII, p. 46A, année 4856).