‹ Traité de physiologieChapitre 108 sur 141 · ITÉRATIONS DE L^AIR PAR LA RESPIRATION. — CE QUE DEVIENT L* AZOTE · texte numérisé non relu

ITÉRATIONS DE L^AIR PAR LA RESPIRATION. — CE QUE DEVIENT L* AZOTE

ions sont peu favorables à l'étude du problème qui nous occupe. Évinment, il y a plus de chances pour une solution exacte, en agissant sur volume d'air assez considérable et sur des mammifères ou des oiseaux ne certaine taille. Quoi qu'il en soit, W. Edwards constata, tantôt un :ès d'azote dans l'air expiré, tantôt une diminution de ce gaz, d'autres > l'égalité entre les quantités d'azote avant et après la respiration ; et observations ont été confirmées par diverses expériences de Regnaûlt le Reiset (1) faites sur des grenouilles et des salamandres. W. Edwards cliqua cette variabilité des résultats, en admettant une absorption et ' exhalation simultanées : l'animal emprunterait au dehors de l'azote losphérique, dégagerait dans l'air de l'azote provenant de son orgame, et, selon que l'un ou l'autre phénomène serait prédominant ou que deux se feraient équilibre, on "constaterait un des trois précédents rétats. Mais, en réalité, la variabilité est ici bien moindre que ne l'avait »posé W. Edwards, et nous allons voir le fait de l'exhalation constante zote s'établir de plus en plus nettement à l'aide des expériences les plus oureuses sur des mammifères et des oiseaux, pris dans l'état de santé et imis à leur régime habituel.

)epuis Dulong; et aussi depuis Despretz (2)^ qui, dans plus de deux cents )énences^ assure avoir toujours vu l'air expiré entraîner avec lui plus zote que n'en contenait l'air inspiré, d'autres habiles expérimentateurs il venus confirmer l'exactitude de cette assertion. V l'aide de sa méthode indirecte que nous avons fait connaître précédemnt, Boussingault (3) a constaté^ sur une vache laitière > un cheval, ux porcs, deux tourterelles (soumis à la ration d'entretien, c'est-à-dire fixant en eux aucun principe nouveau), que la quantité d'azote ingérée îc les aliments en vingt-quatre heures était toujours supérieure à celle e l'on retrouvait dans les matières solides et liquides expulsées du corps : n a conclu qu'en pareilles conditions l'exhalation de l'azote était un des énomènes normaux de la respiration chez les animaux étudiés par lui. même méthode appliquée à l'espèce humaine, par Barrai (4), a permis et observateur de constater que l'homme, à l'état normal, exhale aussi l'azote par ses voies pulmonaires.

tjuant à RegnauIt et Reiset^ en étudiant Tensemble des phénomènes respioircs, ils se préoccupèrent vivement de savoir ce que devient l'azote atmosérîque, et contribuèrent, pour une grande part, à la solution définitive problème. Ajoutons que, pendant qu'ils expérimentaient en France, irchand (5) poursuivait, en Allemagne, le même but et arrivait à des ré- Itats conformes aux leurs. La première conclusion du travail de RegnauIt et Reiset (6) est ainsi

1) Rbchaolt 6t Reisbt, mém, etrec, cités , p. 183.

2) Despkbr, mém. et rec. cités j p. 3A9.

3} BOUSSINCAOLT, loc. Ctt,

'\] Bàkral, iinit. dechim, etdephys.. S* série, t. XXV, p. 129.

['), Makciahd, Joum. fur praktische Chemie^ U XLIV, p. 1.

'6) RicRAOLT et Rbsit, Ann. de chim, et dephys,, 3« série, t. XXVI, p. 21 A.

formulée : « Lorsque les animaux sont soumis à leur régime aliment?: habituel, ils dégagent toujours de V azote; mais la quantité de ce gaz »x. est très-petite : elle ne s'élève jamais à ^^5 du poids de Toxygène tolil sommé, et, le plus souvent^ elle est moindre que yj^- " Ayant ainsi rci que certains changements de régime ou un état de souffiraoce peu modifier la respiration jusqu'à remplacer l'exhalation d'azote par ' absorption de ce gaz, ces savants ajoutent : « Les alternatives de dégasc et d'absorption d'azote que présente le même animal lorsqu'il est sou divers régimes, sont favorables à Topinion de W. Edwards, qui adrrn t ^ dégagement et l'absorption d'azote ont toujours lieu simultanément pti x la respiration, et que l'on n'observe jamais que la résultante de ce> . effets contraires. » W. Edwards s'était basé, pour émettre cette hyp!» sur la variabilité môme du phénomène; mais Regnauit et Reiset, eiidi trant que normalement il y a une exhalation constante d^azote^ ont beaucoup de son opportunité et de sa vraisemblance à la préc hypothèse.

Les expériences de Regnauit et Reiset donnent une mesure de U tité d'azote exhalé, en un temps donné, par un animal d'une espèce (i minée et d'un poids connu. Cette quantité est rapportée à celle de l'or consommé par l'animal, et en outre le poids même de l'azote eû^ trouve également indiqué dans chaque expérience. En compai^i * nombres relatés dans leur mémoire et en ne considérant que les ton:; normales, ainsi que les moyennes des résultats, nous pouvons déduu* chiffres suivants :

l 'Il

Lapins

Chiens

Y«rdiers et molDeaux,

HAPJ'ORT

de la ijimntitH il'iuote pxhah^

il la (|tiaiititc d oxygène abaorbt*

en des temps pqiiiix.

Moveunes.

Maxiiua.

Mini m a.

oxhalé *-n I ■ I»our un kiicr. •

MoVME-r*

Cf.

Des nombres donnés par Boussingault (1), on peut conclure que le : port de l'azote exhalé à» l'oxygène absorbé était :

Chez la vache laitière 0,0044

Chez le cheval 0,0035

Cela suppose, par kilogramme et par heure, pour le poids d'azote exL

Vache 0,00205

Cheval 0,00190

(1) Bodssuigàdlt^ loc. cit.

J/IÉRATIONDE L^IRPAR LA KESPIBATION. — CE QUE DEVIENT L' AZOTE. 655

In ce qui concerne l'espèce humaine, on ne saurait guère citer que les ultats obtenus par Barrai, qui, à Taidc de la méthode indirecte, a expéleoté sur un homme de vingt-neuf ans et sur un autre âgé de cinquanteif. Chez le premier, il a trouvé, pour rapport de Tazote exhalé à Toxyle absorbé, le nombre 0,0133, et, chez le second, 0,0108. La quantité zote exhalé, par heure et par kilogramme de matière vivante, était, chez )mme de vingt-neuf ans, de b«%0l07 ; chez celui de cinquante-neuf ans, 08\0069.

hiant aux animaux à sang froid, la lenteur des phénomènes respiratoires ige d'opérer sur des quantités trop faibles pour qu'on se tienne surent en dehors des limites d'erreurs d'observation ; et, tout en ayant istaté dans la généralité de ces animaux, comme chez les autres, une lalation d'azote, Regnauît et Reiset n'ont énoncé un pareil résultat avec réserve. Les mômes raisons nous engagent à ne pas admettre défîvement les observations de Humboldt et Provençal, d'après qui, chez animaux aquatiques, l'absorption d'azote serait le cas normal : cette ^Ttion, contraire à tout ce qui a été observé récemment sur les animaux iens, ne peut être admise sans vérification nouvelle, et doit faire désirer \ la question du rôle de l'azote, dans la respiration, soit reprise chez les maux aquatiques ou à sang froid. Jusqu'à présent la science ne possède > de données certaines à cet égard.

>our nous résumer, nous dirons donc qu'aujourd'hui c'est un fait géné- •ment admis par les physiologistes, qu'il y a exhalation d'azote chez les maux supérieurs soumis à leur régime alimentaire habituel ; en d'autres mes, que la quantité d'azote expiré dépasse celle que l'inspiration avait roduite dans le poumon. — Si^ pendant l'inanition, ou dans d'autres Hlitions anormales, on a vu de ces animaux (et notamment des oiseaux) prunter, à l'aide de la respiration, une certaine quantité d'azote à Tair losphérique, toujours est-il que, dans l'état physiologique, cet élément cntiel leur est exclusivement fourni par les aliments ingérés. Vazote de mosphère^ n'étant pas d'ordinaire fixé par les animaux, ne trouve point, " conséquent, d'emploi dans leur nutrition ou dans leur développement ;anique, et l'on ne croit devoir lui attribuer pour rôle que de mitiger les )priétés trop actives de l'oxygène, de prévenir une oxydation trop rapide * composés organiques. Est-il besoin de rappeler encore que la moyenne tzote exhalé reste la môme chez les animaux, d'ailleurs bien nourris, qui ent dans l'oxygène pur ou bien dans des atmosphères composées d'oxyne et d'hydrogène, pour démontrer que l'azote contenu dans le sang Aient essentiellement d'un travail dépendant de l'organisme lui- ^me?

Ce gaz, engendré par les phénomènes de nutrition, peut ôtre rapporté à la >truction complète d'une certaine proportion des substances azotées du u'^, ou bien encore à une simple transformation des matières alimentaires otôes en produits ternaires. Du reste, nous Tavons vu, la quantité qui en t exhalée par les surfaces respiratoires est assez minime, puisque le plus

ordinairement elle ne représente environ que les cinq ou six millièmes de la quantité d'oxygène absorbé.

E. — Diminution dans la quantité de Toxygëne, augmentation très-notable de l'acide carbonique, variations légères dans la proportion de Tazote, te!^ sont les principaux changements que la respiration fait subir à la compositi< n de Tair. Mais, de plus, Tair expiré est notablement chargé de vapeur d'eau. il suffit^ pour le reconnaître, de respirer devant un miroir, ou bien d'oLserver un animal à sang chaud^ placé dans un milieu dont la températur.* est assez basse : dans le premier cas, la vapeur d'eau se condense en gouttelettes sur la surface froide, et, dans le second^ ces gouttelettes mêlée^ à Tatmosphère prennent Taspect d'un brouillard. Aussi le dégagemeat dt vapeur aqueuse par les voies aériennes a-t-il été nécessairement obsenv bien avant tous les autres phénomènes physico-chimiques de la respiration. Seulement, quand ils ignoraient ces phénomènes, les physiologistes devaient être conduits à regarder Texhalation d'eau par le poumon cornât un fait beaucoup plus simple que nous ne sommes portés à le croirf aujourd'hui. L'eau ainsi éliminée ne pouvait être, à leurs yeux, qu'une portion plus ou moins considérable de l'eau absorbée directement ou avec le^ matières alimentaires^ et ils n'avaient encore aucune raison de pen^: qu'une partie de ce liquide pût prendre naissance dans le corps lui-mémt par l'action d'un des principes de Tair sur certains matériaux de ror.M* ganisme. On ne saurait donc considérer comme absolument comparables entre elles, d'une part, les expériences faites avant Lavoisier sur ce qui»:: nommait alors la transpiration insensible, et, d'autre part, les recherche^ entreprises depuis sur le même sujet. Aussi, en ce moment, ne citeron>nous que pour mémoire les travaux célèbres de Sanctorius (1)« qui proTOquèrent ceux de Keill (2), Rye (3), Gorter (4), Lining (5), Robinson (6,, Haies (7), W. Stark (8), etc. Ces divers expérimentateurs ont presque constamment confondu entre elles les pertes aqueuses que le corps éprouTt^ par la peau et par le poumon.

Une pareille confusion ne saurait plus être permise, depuis qu'une distinction exacte de ces phénomènes a été nettement établie dans ud dt* mémoires posthumes de Lavoisier (9), publiés par Séguin : « Dans li plan que nous nous étions tracé, y est-il dit, nous avions trois effets i ex.iminer : ceux de la transpiration cutanée^ ceux de la transpiration pulmimirt. ceux de la respiration. » Puis, un peu plus loin, ces auteurs (10) ajoutent :

(i) Sanctorius, De medicina statica aphorismi, V«iiiie, 1614.

(2) Kbill, Medic, static, Britannica^ dans Tentamina^ physic<Mnedica» Londres, 171&

(3) RïE, Medicina statica Hibemica.

(à) GoBTER, De perspiratione insensibili, Leyde, 1725.

(5) LiMiHG, Account ofSiat. Exper.^ etc. (Phiios. Trans.^ 17A3, t. XUI^p. A9i; i?'^t. XUII, p. 318).

(6) ROBMSOV, Dissert, sur la quantité de la transpiration j trad. de l'angUis. Paris, 1*^-

(7) Halis, Statical Essays^ t. II, p. 322.

(8) W. Stàik, Static. Exper,, aie. {Works o/'Stahk). Londrei^ 1788, p. 169.

(9) Lavoisier, Mém, de fAcad. des se, 1790, p. 605 et suiv.

(10) Mém, citét p. 606 et 607.

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