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BÔLE MÉCANIQUE DES POOMONS DANS LA RESPIRATION

ischio-coccygien, qui, tous quatre, ne sont que des expirateurs indirecte. — C'est dans l'expiration complexe^ telle que le cri, la toux, le chant, l'expectoration, Tétemument, etc., que tous les précédents muscles entrent en contraction.

Au contraire, l'expiration ordinaire peut s'opérer par le simple retrait élastique des parties qui entrent dans la composition des parois tboraciques et abdominales. Nous allons voir le poumon lui-même y concourir par sa propre élasticité.

Si nous ne rappelons pas ici, parmi les puissances musculaires de la respi* ration, les muscles petit dentelé supérieur et postérieur, sacro-spinal, droit antérieur de l'abdomen, carré lombaire, sus-costaux, petit dentelé inférieur et postérieur, sous-clavier, c'est que leur action doit être considérée comme douteuse ou à peu près nulle ; au moins manque-t-on de preuves positives sur la part qu'ils peuvent avoir dans les mouvements de la respiration.

Terminons en faisant remarquer que, si les muscles expirateurs sont plus nombreux et plus puissants que les inspirateurs^ c'est que les premiers ont surtout pour but Vexpiration complexe^ c'est-à-dire des actes violents, l'expiration ordinaire pouvant, nous le répétons, s'effectuer par la simple élasticité des parties. De plus, jl faut noter que les muscles expirateurs, par leur situation étendue au thorax et particulièrement à l'abdomen, ont aussi, indépendamment d'autres usages, celui de concourir à former une paroi rigide aux viscères refoulés dans les efforts de l'expiration.

VII. — Si nous examinons maintenant le r^ mécanique du poumon dans l'accomplissement delà fonction respiratoire, nousallons pouvoir constater encore divers résultats dignes d'intérêt.

Et d'abord, pour nous rendre compte de ce rôle, représentons- nous le poumon comme une grande vessie dont l'extérieur est partout contigu à U face interne de la cavité thoracique. Or, pendant Vinspiratùm^ quand le soulèvement des côtes et du sternum et l'abaissement du diaphragme contracté déterminent l'augmentation de capacité du thorax, comme le sac pulmonaire se dilate forcément lui-même en suivant les parois thoraciques avec lesquelles il fait corps, forcément aussi il y a raréfaction de l'air que ce sac contenait déjà, et il devient nécessaire que l'équilibre de pression entre le fluide intérieur et le fluide extérieur s'établisse : de là, l'introduction obligée d'une certaine quantité d'air ambiant^ qui, s'engageant à travers des orifices plus ou moins dilatés, pénètre dans les poumons. Ces derniers organes, pendant l'inspiration, sont donc tout à fait passifs; c'est Tagrandissement de la poitrine qui détermine l'arrivée de l'air dans leur intérieur. Puis, par suite du relâchement des muscles inspirateurs, de l'élasticité tles cartilages costaux et parfois aussi de l'action surajoutée des muscles expirateurs, bientôt les côtes et le sternum retombent; le diaphragme^ cessant sa contraction, est refoulé vers le thorax qui reprend sou volume primitif. Alors, dans ce mouvement de reirait ou d>xpiration^ le poumon, qui était dilaté, revient aussi sur lui-même, de manière à laisser

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sortir une quantité d'air à peu près correspondante k celle qui était entrée d'abord. C'est principalement cet organe qui, en exerçant, à l'aide de son élasticité^ une sorte d'aspiration sur le diaphragme, le fait remonter dans la cavité thoracique et le rétablit de la sorte dans la position qui lui est nécessaire pour agir lors d'une inspiration nouvelle.

Ajoutons qu'au moment de l'inspiration ou de Tampliation de la poitrinCf il s'accomplit un mouvement de glissement entre la plèvre qui revêt le poumon et la plèvre qui tapisse l'intérieur de la cavité thoracique; ce mouvement, proportionné à l'étendue de l'inspiration, est favorisé par l'humidité et par l'état libre des surfaces. *- Suivant J« Cloquet(t), les plèvres costale et pulmonaire glissent l'une sur l'autre, dans l'étendue de 13 à 16 centimètres, vers la base des poumons, pendant les grands mouvements respiratoires, et les rapports des plèvres pulmonaire et diaphragmatique ne varient pas moins dans les mêmes circonstances. Or, d'une part^ la courbe du diaphragme^ dans Tétat d'expiration, s'applique immédiatement dans une assez grande étendue à la face interne de la paroi costale, tandis que, d'autre part, dans l'inspiration, le diaphragme s*abaissant se sépare de haut en bas de la paroi costale pour faire place au poumon dilaté. D'après la judicieuse remarque de J. Cioquet, il résulte de là qu'un instrument piquant, comme une lame d'épée, qui pénètre dans un espace intercostal inférieur, lors de Vexpiration^ peut, après avoir traversé les plèvres costale et diaphragmatique, pénétrer dans l'abdomen sans léser le poumon, qui, au contraire, aurait été atteint vers sa base, dans le cas où l'instrument aurait suivi la môme voie pendant V inspiration, « La précédente remarque» ajoute J. Gloquet, ne doit pas non plus échapper au chirurgien, quand il s'agit de pratiquer l'opération de l'empyème. »

Les poumons concourent mécaniquement à la respiration par leur élasiicùé et par leur contractilité,

a. — Vélaiticité du poumon est une propriété physique facile k mettre en évidence à l'aide d'expériences bien simples. Après avoir extrait les pou* mons du corps d'un animal, on les dilate en les insufflant, et, aussitôt l'insufflation achevée, on les voit revenir rapidement sur eux-mêmes à la manière d'une vessie de caoutchouc; ou bien encore, il suffit d'ouvrir les deux côtés de la poitrine d'un animal vivant ou récemment mort, pour permettre à ces organes d'obéir librement à leur élasticité, et pour les voir, en se réduisant de volume, se détacher des parois thoraciques. Dans ce dernier cbs, le vide des plèvres n'existant plus, les poumons ne sauraient plus être maintenus èontre ces parois; alors, en eSét, les pressions atmosphériques qui s'exercent sur les surfaces intérieure et extérieure du poumon se détruisent, et rien ne gêne plus l'élasticité pulmonaire : le poumon, quoique dans l'état d'expiration, pourra donc se resserrer encore, attendu que, même dans cet

(1) J. Gloquet^ De Cinfluence des efforts sur les organes refi fermés dans la cavité thora* cique^ mémoire suivi d'obsenraUoni sur remphysème en généra)^ sur les bernies do poa- -•fi, etc. in-8. Pari«, 1819. — Voyei la Sotiee analytique des travaux de I. CuHkOir, p. 2. S 1854.

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Hsiiy son élasticité n'avait pas été conaplétement satisfaite tant que les parois thoraciques étaient demeurées intactes (*).

Dès lors, il est facile de comprendre pourquoi la mort arrive nécessairement quand on ouvre^ chez un mammifère par exemple, les deux côtés delà j^oitrine en môme temps, de manière à laisser pénétrer l'air dans la cavité pleurale. Les poumons^ qui cessent aussitôt d'être appliqués contre les parois thoraciques, ne sauraient plus, pendant l'inspiration, suivre les mouvements d'ampliation de la poitrine, ni par conséquent, une fois affaissés sur eux-mêmes, attirer de nouveau l'air dans leur cavité.— Tous les chiens ou lapins auxquels nous avons pratiqué aux deux côtés du thorax une ouverture assez large pour permettre à l'air atmosphérique d'entrer librenient, ont en effet succombé dans l'intervalle de trois à cinq minutes. Nous avons vu aussi la mort survenir même chez ceux de ces animaux à qui un seul côté de la poitrine avait été ouvert; seulement elle a été beaucoup moins rapide que dans le premier cas, puisque parfois des chiens ne sont morts que le deuxième jour de l'opération. S'il y a eu quelques dissidences à ce sujet entre les expérimentateurs, évidemment cela a dû tenir à ce que parfois on a négligé de maintenir l'ouverture béante ou de la faire suffisamment large {**). On sait, il est vrai, qu^il n'est pas rare de voir 1 homme, en particulier, vivre avec un seul poumon, l'autre ayant été peu fi peu refoulé contre la colonne vertébrale par un épanchement considérable ; mais les conditions ne sont pas les mêmes dans les deux cas dont il s'agit : dans nos expériences, l'animal est privé bnuquement de l'action (le l'un de ses poumons ; au contraire, chez l'homme malade, cette action ^e supprime graduellement, de manière à habituer le poumon sain à suppléer Tautre dans l'hématose. La mort qui survient dans un cas, la vie qui peut persister dans l'autre} ne sauraient donc surprendre l'observateur attentif (*•*)•

Nul doute, d'ailleurs, comme nous le disions plus haut, que l'élasticité des poumons, qui réside surtout dans la membrane fibreuse des tuyaux aériens, ne concoure, pour sa part, à l'expulsion de l'air qui a servi à la respiration : quand le thorax, lors de l'expiration, s'affaisse et se rétrécit par suite du relÀchement des muscles inspirateurs et sous l'influence d'autres

(*) Oa doit à Caisor (P/it7o#. Trans., 1820, p. 20, pi. à) des expérieneai Ikitai dans les précédentes condiUons pour mesurer la force élastique des poumons : cbes le veau, U noulon et le chien de haute taille, cette force contre- balsncerait le poids d'une colonne d'eau d'un pied à dix-huit pouces de hauteur ; tandis que chez les chats et les lapins, elle ferait équilibre à une colonne d'eau de six à dix pouces (mesures anglaises).

Des recherches analogues sont dues à Donders (Zeitschr. fur ration, MetL, 2* série, t. lU, p. 39 et 287, et t. IV, p. 241 et 304), qui, de plus, s'est appliqué à distinguer les effets dépendants de la tonicité des poumons de ceux que produit V élasticité de cas organeat

(**) Tantôt une portion du poumon lui-même s'engage dans la solution de oonliiiuité ai l'oblitère*, tantôt les bords de la plaie se tuméfient et produisent le même effet; d'autres fois l'ouverture est trop petite, relativement k la glotte, pour empêcher entièrwnent le poumoQ da itîievoir de l'air ; ou bien l'animal, en se couchant sur le côté lésé, bouehe la plaie, aie.

(***/ 11 est presque inutile de rappeler ici, à propos des épanehements pleorétlques aux-mêoMs^ que celui qui s'est fait rapidement peut occasionner une asphyxie proehaina qua oa détarmiM point un épanchement plus considérable, mais plus lent à se former.

puissances musculaires et de divers agents doués d'élasticité, le poumon lui-même suit en effet le mouvement de rétraction que lui impriment ses fibres élastiques, et de la sorte se vide, en partie, de Tair qu'il contient

b. — Mais les conduits dans lesquels Tair circule ne sont pas seulement pourvus de tissu élastique; comme l'examen microscopique et Texpérimentation le démontrent, ces conduits ont encore des fibres contractiles. Aussi le poumon, que nous avons vu> pendant Tinspiration, être tout à fait passif, peut-il concourir activement à l'expiration (notamment à certains actes expiratoires complexes, comme Texpectoration, la toux, etc.), et la paralysie des précédentes fibres amène-t-elle des accidents qui méritent d'être signalés.

Sur un chien qu'on vient de tuer en lui coupant la moelle épiniëre, après avoir extrait les poumons de la poitrine et adapté à la trachée un tube manométrique rempli d'un liquide coloré qui pèse à l'intérieur des bronches, excite-t-on ces organes à l'aide d'un courant électrique, en appliquant l'un des pôles sur le poumon et l'autre sur la partie métallique du tube, on voit bientôt le liquide s'élever d'environ 5 centimètres dans ce même tube, dont la partie supérieure est de verre et graduée. Ce résultat est évidemment dû à la contraction active des bronches, puisque, avant le passage du courant, l'élasticité des poumons étiiit déjà satisfaite (1). — Un autre mode d'expérimentation m'a servi autrefois (2) à constater que, d'une part, les bronches ont un pouvoir de resserrement dérivant de la contraction musculaire, et que, d'autre part, ce pouvoir est mis en jeu par les nerfs pneumogastriques : en faisant passer, avec les précautions voulues, un courant électrique d^s l'épaisseur de plusieurs rameaux de ces nerfs, chez de grands animaux, tels que le cheval et le bœuf, j'ai observé, à l'aide de la loupe, des contractions manifestes jusque dans des ramuscules bronchiques d'un calibre assez petit.

De ces faits faudra-t-il conclure que des fibres musculaires existent jusque dans les dernières ramifications des bronches, ainsi que dans l'épaisseur des parois utricnlaires des poumons? Rôlliker (3) assure qu'on distingue des fibres musculaires lisses sur des ramuscules bronchiques de { de millimètre, et il regarde comme probable qu'elles s'étendent jusqu'aux lobuie> pulmonaires, quoique, avec la plupart des micrographes, il les refuse aux vésicules elles-mêmes. C'est en ayant recours à certaines réactions chimiques que J. Moleschott {k) a été amené à admettre, dans la portion terminale du système aérifère, la présence de fibres musculaires mêlées à de«

(!) Ch. Williams, Report of Experim, on the Phyùol» ofthe Longs and Air Tubes {«'/*'-' of the Meeting of the Brit, Associât, for the Advanc. of Science, Gtascow, 1810, p. âtli.

(2) LoNGET^ Rech, expérim. sur ta nature des mouvements intrinsèques du powmm^ ^^'* dans Comptes rendus de tAcad. des se, de Paris ^ 1812, t. XV, p. 500, et dans son Tmi'y d'anat» et de physiot, du syst, nerv. Paris, 1812, t. Il, p. 289.

(3) KôLLiUR, Éiéments d'histologie humaine ^ Irad. franc. Paris, 1855, p. 516.

(à) i. Moleschott, De Uatpighianis putmonuvi vesicutis diss'^rt, anat, phynot, Hddel* berg, 18A5.

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