‹ Traité de physiologieChapitre 133 sur 141 · M LA BESFIBAnOfft · texte numérisé non relu

M LA BESFIBAnOfft

continu, mais en plusieurs bruits successifs qui représentent un roecoiilement ou plutôt une série de clapotements.

Le ronflement peut avoir lieu pendant l'expiration comme pendant rinspiration ; mais il est plus fréquent dans celle-ci que dans l'eipirâtioa^ lorsqu'on ne Tentend que dans un temps de la respiration. Il arrire Mquemment qu'il se produise dans les deux temps.

Les circonstances qui favorisent le ronflement peuvent se déduire du mécanisme qui y préside. II se fera entendre quand, par une cause quelconque, la respiration s'exéoutant par la bouche, la volonté n'intervient pu pour fixer le voile du palais dans la position qu'il doit occuper pendant ce mode de respiration, ou encore quand de fortes inspirations sont faites, et qu'une grande quantité d'air pénètre dans le pharynx à la fois par les fosses nasales et par la cavité buccale. Ces circonstances se rencontrent chez ies personnes qui dorment la bouche ouverte, chez celles dont l'hématose e^l difficile, quel que soit d'ailleurs l'obstacle que rencontre cet acte indispensable à la vie.

Le ronflement s'accompagne souvent d'une sorte de gargouillement produit par le déplacement de mucosités dans le pharynx ou dans les fosses nasales. Il est probable même que la présence de mucosités, agitées par Tair, suflit pour Iktre entendre une sorte de ronflement, quand la respiration s'exécute par les fosses nasales, la bouche restant close : on comprend que, dans ce cas, le voile du palais peut ne prendre aucune part au son produit, qui difl%re par sa nature de celui qui constitue le ronflement véritable dont nous avons indiqué le mode de formation. •

En continuant à suivre la marche de l'air dans les voies respiratoires, nous allons constater de nouveaux bruits qui différent des précédcDls, surtout en ce qu'il devient impossible, dans les conditions normales, de les entendre à distance. Pour les percevoir, il faut que l'oreille, seule ou munie d'un instrument particulier, le stéthoscope, soit appliquée aussi près que possible de l'endroit où ils se produisent.

Lorsque l'air passe par la glotte et parcourt le long tuyau cartilagineux et membraneux que représente la trachée, il franchit d'abord un orifice relativement étroit, acquiert par conséquent une certaine rapidité, fait entrer en vibration le tube trachéen et produit ainsi un son qui a reçu le nom de souffle trachéal.

Le timbre de ce son est bien différent de celui qu'on observe à l'oriflce externe des voies respiratoires : il présente toujours une certaine rudesse qui contraste avec le moelleux du souffle respiratoire perçu k distance. Mais cette rudesse est moins prononcée le long de la trachée-artère qu'au niveau du larynx' où elle off^e un caractère caverneux.

Le souffle trachéal, qui varie d'intensité selon les sujets et suivant il rapidité ou l'intensité de la respiration, se compose de deux sons difl'érent>. suivant l'expiration ou l'inspiration.

Il peut arriver que des modifications soient apportées au timbre, à II

iture, à l'intensité du souffle trachéal ; mais elleis résultent de causes pa-

BRUm DB LA HESPIRATION. 770

thologiqaes, et se lient, soit à un rétrécissement de la trachée par suite de rinflammation de la membrane muqueuse, soit à la présence de mucosités par excès de sécrétion, ou bien encore à l'existence de fausses membranes qu'on peut entendre flotter dans le tube trachéal* Toutes ces modifications, fort importantes en pathologie, ne sauraient être examinées ici.

Pour entendre le souffle trachéal, il est nécessaire de s'aider du stéthoscope^ avons'nous dit ; mais il est des circonstances dans lesquelles on peut percevoir à distance le bruit que fait l'air en passant dans le larynx. C'est là encore un phénomène pathologique^ qu'il nous suffira d'indiquer et dont la production se lie toujours à un obstacle quelconque au passage de l'air.

Enfin, lorsque des mucosités obstruant la trachée sont agitées par la respiration, elles produisent un bruit humide^ facile à entendre à distance, qui a reçu le nom de râle trachéal»

L'étude de ces divers bruits intéresse au plus haut point le pathologiste, mais n'a pas la même importance en physiologie. Il est hors de doute que, dans tous les temps^ les médecins ont connu quelques-uns des bruits qui accompagnent la respiration. Mais à Laennec appartient la gloire d'avoir inventé Tauscultation et d'avoir porté immédiatement ce nouveau mode d'exploration de la poitrine à un degré de perfection qu'il était presque impossible de dépasser. Sans entrer dans aucun détail pathologique étranger à notre sujet, nous allons indiquer maintenant quels bruits se produisent dans la poitrine^ et rechercher d'où ils proviennent.

A câaque mouvement d'inspiration ou d'expiration, l'oreille, appliquée »nr la poitrine d'un homme sain, entend un bruit doux, léger^ fin, semblable à celui du souffle d'un enfant endormi : c'est le bruit respiratoire qui a reçu le nom de murmure vésiculaire. Plus ou moins intense suivant les sujets, il est plus appréciable, en général, au niveau des premières divi* sums des bronches que dans les autres points de la poitrine; il est aussi plus fort sur les sujets maigres que sur les individus gras dont les parois thoraciques, épaisses, forment un écran mauvais conducteur du son.

Le murmure vésiculaire se compose de deux bruits qui diffèrent pour l'inspiration et pour l'expiration. Le premier est à la fois plus fort et plus long que le second ; c'est un symptôme important d'une maladie grave, quand ce rapport normal entre les deux temps du murmure vésiculaire n'existe plus.

Le mécaniimet suivant lequel ce bruit se produit, trouve son explication dans les lignes qui précèdent. Partout l'air détermine par son passage des bruits qui varient suivant la forme et la nature des parties qu*il traverse ; il doit donc paraître naturel qu'en pénétrant dans les poumons et en dilatant leurs vésicules, ou qu'en sortant de ces' organes, l'air donne naissance à un son en rapport d'intensité et de nature avec la structure pulmonaire. Aussi Laennec attribuait-il le murmure vésiculaire au passage de Tair dans les poumons. Cette explication^ presque généralement admise.

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;^ ♦. >. ;i.-.^ » .-. i — Il ^:t^ -Q jiiïsmt ie la trichée dans les broncbe?, y*e,z.i» *;» -JT*..:»* uiii u: u^- iiuï oinoî :{ue ce lui qu'elle quitte ; elle lî-î irn^ «iri.ir.i;^- .^ 'ii.s>f. H j*^ .TUtnu^si:Ulent empêcherait toute prediir^ itx i,xn y:\i,s UHUi.^, a -t-:: lu il le toutes les divisions bronchique^ tî yiivc **.n^ii^»-,ti„* im* ..^i^ç» n* iit ratiiee; mais on sait que l'air ne pér.tîri ytd »o i./*m«» vnïps f:.;i^ ciues fs jarues du poumon, que ce fluide d'." ^ ••îionn,' ^ ,^ ;,j,*j. ^.y, '**iev:u:ifU de sa température, qu'enfin il rc^" /*A•^*••.'» ♦ y'V^*", ;♦» t.v>Li:ii ies jr.MicQes un éperon saillant contre leque. 1

^'f i»/* >^'irr^ tU^ l.Tivîuc:» bcL'DcXi^ues est analogue à celle de la incha^'- */,4'/Xa4 /;> •»,>^^ fi]:,:'*u2, e.a5C.;ie et de tissu contractile, cesdiusiui^

^i, ^^'*, /*/'A. ^*^ /«f »t*/., «d:, li.n, p. 370.

'/, Kf'rtfikt.f K*hf,h. M^fl, mut :mr^. J'>vr%. L lU, p^ 99.

DIFFÉRENTS ACTES ANNEXÉS A LA RESPIRATION. —-TOUX, ÊTËRNUMENT» ETC. 781

* onstituentdes tuyaux vibraliles dont les vibra lions produisent le murmure

^ésiculaire. Il aurait dû être superflu de le démontrer, tant cette vérité est

évidente.

Sans doute les bruits qui se produisent dans les différents points de 'arbre aérien peuvent retentir dans les poumons, mais ils s'y font entenire avec leurs caractères particuliers et ne sauraient être confondus avec

le murmure véstculaire,

X. — Nous avons souvent eu occasion de faire remarquer combien^ dans l 'organisme, se multiplient les moyens qui doivent assurer l'accomplissenient d'une fonction indispensable à la vie ; cette remarque s'applique surtout à la respiration. Le nombre considérable de parties qui contribuent aux mouvements respiratoires suffirait pour démontrer toute Timportance qu'il y avait à empêcher qu'une lésion locale ne pût entraver trop facilement le libre exercice de la respiration.

Mais comme^ dans le nombre des parties qui servent à mouvoir la poitrine, il en est qui sont destinées aussi à exécuter d'autres mouvements, il en résulte qu'indirectement la respiration doit prendre une part plus ou moins grande à ces divers mouvements. De môme aussi, comme les nerfs qui concourent à la respiration ne lui sont pas toujours réservés exclusivement, il pourra arriver qu'ils traduisent^ par leur influence sur cette fonction , les modiflcations qu'ils auront éprouvées à propos d'autres actes, soit que leur sensibilité mise en jeu détermine des mouvements réflexes, soit que leur aclion motrice excitée détermine des mouvements directs.

Enfin, comme respirer c'est vivre^ les modes de respirer indiquent, pour

ainsi dire, les modes de la vie, et nous allons voir se dérouler, dans une

série de modiflcations de l'acte respiratoire, beaucoup des sensations et

des émotions que l'homme éprouve dans le cours de son existence. — Sa

naissance se manifeste par un cri, qui semble l'expression d'une première

douleur; sa mort se traduit par un soupir où s'exhale sa dernière souffrance.

Dans le nombre de ses jours, il en est bien peu de consacrés au rtre, il en

est plus pour les sanglots : le bâillement exprime souvent ses ennuis, Veffort

la rigueur de son travail. Vétemument^ la /otix, Vexpectoration^ sont autant

de moyens que la nature emploie pour lutter contre des sensations gênantes

ou douloureuses, et qui tous résultent de modifications de la respiration.

Le hoquet même, bien qu'étranger par son origine aux organes respira*

toires, ne se manifeste qu'avec leur concours.

Nous verrons que la voix ou la parole, attribut suprême de rhumanité, n'est qu'un mode particulier de la respiration. Nous savons déjà que la succion^ cette première forme de préhension des aliments, se lie aux mouvements respiratoires; que la locomotion rapide produit Vanhélation^ et qu'aussi certains sons particuliers traduisent la part que prend le larynx x l'exécution de diverses et importantes fonctions.

Ainsi il serait possible de suivre^ dans presque tous les actes de la vie, les rôles variés qu'y prend la respiration. C'est qu'en effet, si nous pouvons,

183 DE LA RBSMRAtlOlf.

pour réiude, isoler les fonctions les unes des autres, dans la vie il n'en est pas de même. La vie est une et indivisible; la respiration, qui en est l'expression, participe nécessairement à tous les actes qui en marquent le cours.

Pour éviter d'inutiles répétitions, nous ne redirons pas ici comment la respiration est modifiée dans le vomissement^ la défécation, la miction, la succion, la déglutition, la rumination, le coït, Taccoucbement, etc. O; nous allons passer rapidement en revue seulement les modifications principale» qui n'ont pas pu être étudiées à propos d'autres fonctions. — Nou!^ mentionnerons successivement le soupir, le bâillement^ le hoquet^ la toux^ Vexpectaration, Vétemument^ le moucher^ le sanglot et le rire.

Une grande inspiration, lentement exécutée et suivie d'une expiration rapide et sonore, constitue le soupir. Dans les conditions normales de la respiration, on sait que, sur cinq ou six inspirations environ, il en est une plus longue que les autres; c'est là, en réalité, un léger soupir. On suppose que cette inspiration plus longue survient toutes les fois que Thématose a besoin d'être accélérée; elle s'exécute à notre insu ou du aioin> sans la participation de la volonté. De même le soupir satisfait à un besoin dont le plus souvent nous n'avons pas conscience. Sans doute nous pouvons, à volonté, faire de profondes inspirations; mais, presque toujours, quand le besoin de soupirer se fait sentir à l'économie, nous ne le percevons pas. C'est là, en effet, un de ces mouvements dits réflexes dans lesquels le centre nerveux réagit spontanément contre l'impression profonde qui l'affecte directement. Une gène existe à l'hématose, ou bien une quantité trop grande de sang noir s'est accumulée dans les cavités droites du cœur, et alors un point des centres nerveux en éprouve une impression pénible qui détermine aussitôt une longue inspiration, un long soupir.

L'influence fâcheuse des émotions tristes sur l'hématose explique comment c'est surtout pendant la durée de ces émotions que se produisent les soupirs. Mais on comprend que le soupir, loin d'être seulement Texpression de la tristesse, est au contraire un effort que fait la nature pour échapper aux influences de sensations dépressives.

Le hàUkment diffère du soupir plus par son mécanisme que par ses causes ou ses effets. Cet acte est réputé avoir lieu, de même que le soupir, quand l'économie éprouve le besoin d'accélérer l'hématose par l'introdoction d'une grande quantité d'air; comme le soupir aussi, il est généralement suivi d'un sentiment de bien-être qui prouve que ce besoin a été satisfait Mais, tandis que le soupir peut être volontaire, le bâillement est toujours involontaire. 11 est facile de simuler le bâillement ; mais en vain ouvrira-t-on largement la bouche pour expirer une grande quantité d'air, en vain fera-t-on successivement deux ou trois inspirations profondes suivies de rapides expirations, en vain abaissera-t-on excessivement la mâchoire inférieure, on n'aura pas bâillé si le besoin n'en existait pas. Ce qoi

iintàlV^orl, ton étude détuUéa te troine dans le chapitre eoQfacrft

DIFPÊREirrS ACTES ANNEXÉS A LA RBSPIBAttON. — TOUX, ÊTERNUMËNT, ETC. 7SS

constitue essentiellement le bâillement, ce n'est donc pas l'un ou Tautre des phénomènes que nous venons d'indiquer, mais bien la sensation qui le provoque et le spasme qui raccompagne. Produit aussi par une action réflexe du système nerveux central, il est indépendant de la volonté, et, s'il est possible de dissimuler quelques-unes de ses manifestations, il est presque impossible de Tétouffer complètement lorsque le besoin s'en fait sentir.

Le bâillement n'indique pas seulement une modification de Thématose : il exprime aussi des sensations douloureuses de l'estomac, la faim ou Tcxcès de réplétion de cet organe, et 11 se manifeste souvent quand l'économie en général éprouve une sensation de torpeur, à l'approche du sommeil par exemple. Gomme tous les phénomènes nerveux, le bâillement se produit souvent aussi par imitation.

Le hoquet ne peut être rapproché des actes annexés à la respiration que par le bruit qui l'accompagne. C'est une contraction spasmodique, brusque et involontaire du diaphragme, avec contraction coïncidente de la glotte. L'air^ appelé rapidement dans la poitrine par cette convulsion du diaphragme, se brise sur les lèvres tendues de la glotte où il produit le bruit caractéristique du hoquet.

Les sensations anormales provoquées dans l'estomac par l'introduction trop rapide de substances alimentaires^ par les boissons alcooliques ou chargées d'acide carbonique, par certains aliments, sont les causes ordinaires du hoquet. Mais, comme les autres phénomènes réflexes que nous venons d'examiner, il peut résulter aussi d'un état spécial des centres nerveux : c'est ainsi sans doute que le hoquet survient sous l'influence d'émotions morales ou de causes pathologiques.

La toux et Vitemumeni^ V expectoration et le moucher sont des actes assez analogues par leur mécanisme, par leurs causes et par leurs effets, pour qu'on puisse les signaler simultanément.

Quand une sensation anormale se développe sur la muqueuse des fosses nasales, soit qu'elle résulte de Tintroduction d'un corps étranger, soit qu'elle ait été provoquée par une sécrétion irritante, l'organisme réagit : une violente expiration s'exécute, l'air brusquement chassé par les narines sort rapidement avec un bruit caractéristique, en entraînant les mucosités qu'il rencontre sur son passage et qu'il expulse : c'est Vitemument.

De même, quand une sensation anormale prend naissance sur la muqueuse du larynx, de la trachée ou des bronches, quelle qu'en soit la cause, l'organisme réagit, une violente expiration s'exécute, l'air brusquement chassé par la bouche sort rapidement avec un bruit caractéristique, en entraînant les mucosités qu'il rencontre sur son pas.sage et qu'il expulse : c'est la toux, L'étemument est tout à fait indépendant de la volonté; la toux peut être volontaire, mais elle est le plus souvent aussi produite par une action réflexe à laquelle il est le plus souvent impossible de résister.

Dans l'action de se moucher^ comme dans celle d^expectorcr^ on accumule

par une forte inspiration une grande quantité d'air^que Ton expulse rapidement par un orifice rétréci. De la sorte on détermine un courant plus énergique qui chasse avec force les corps placés sur son passage^ soit par le nez, soit par la bouche.

«Le vire et le sanglot ont cela de commun, dit Bichat (i), qu'ils ont ec même temps leur siège à ta poitrine et à la face; ils portent même à U poitrine leur influence spéciale sur le même muscle, le diaphragme. Mai^ ils diffèrent à la face en ce que l'un a son siège particulier dans la région de l'œil, l'autre dans celle de la bouche; en ce que l'un y met spécialement enjeu l'action glandulaire et l'autre l'action musculaire.»

Quel singulier rapprochement opéré par la nature entre des actes ansi éloignés en apparence, et quelle économie dans les moyens de les accomplir! Les mêmes muscles, les mêmes nerfs produisent les sanglots et lês rires.

Les uns et les autres consistent en des contractions spasmodiqaes, involontaires du diaphragme, dans des mouvements alternatifs assez rapprochés d'inspiration et d'expiration, avec un bruit particulier qui, bien que caractéristique dans la plupart des cas^ est quelquefois le même dans le sanglot et dans le rire.

L'aspect de la physionomie établit donc la principale différence visible entre ces deux manifestations de sentiments opposés. L'aspect que présente le visage, dans le rire ou dans les sanglots, est trop connu pour avoir besoin d'être décrit. Le mode suivant lequel apparaissent les sanglots ou le rire est le même. Tandis que, dans les phénomènes précédemmeot dé* crits, nous avons vu le plus souvent les centres nerveux n'intervenir qae sous l'influence d'une excitation physique, locale, ici nous remarquons l'inverse; les phénomènes mécaniques n'ont lieu que sous riofloence d'une modification cérébrale survenue à la suite d'une émotion triste ou gaie.

En quoi consiste cette impression morale? où siége-t-elle? comment agit-elle sur les organes de la respiration? Ce sont des questions qu'il est superflu de poser, car elles ne peuvent obtenir de réponse.

Il est pourtant une différence importante à noter entre les sanglots et le rire, relativement à leur mécanisme : c'est que, dans quelques cas, le rire. au lieu de procéder, comme nous venons de le dire, des centres nerreux, peut être provoqué par des excitations mécaniques à la peau, par le ckctouillement, ou encore par l'absorption de certaines substances introdaite^ dans l'estomac ou dans les poumons. Mais, si les manifestations sont le mêmes, ce n'est pourtant pas là le rire, ce n'en est, pour ainsi dire, quels grimace; il manque précisément ce qui constitue l'essence du rire, Yémotion morale.

^ Enfin les sanglots et le rire, mais ce dernier surtout, se communiquent aussi par imitation, comme la plupart des phénomènes nerveux.

(1) BiCHAT» Traité damL descripi., U II, p. 132»

INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX 5Ua LA RESPIRATION. 785

Les sanglots expriment toujours la tristesse qui est la douleur de TAme; le rire exprime plutôt une satisfaction de Tesprit qu'une joie de TAme. U y a plus de douleur dans les sanglots que de joie dans le rire, et pourtant le sanglot est déjà une réaction contre la douleur. Les grandes douleurs et les grandes joies sont muettes.

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