‹ Traité de physiologieChapitre 15 sur 141 · DE L*APPAREIL DE LU DIGESTION DANS LA SÉRIE ANIMALE · texte numérisé non relu

DE L*APPAREIL DE LU DIGESTION DANS LA SÉRIE ANIMALE

iDdépendamroent de l'espèce de lèvre supérieure qui, dans les Hirudinées, peut se transformer en ventouse, à la volonté de l'animal, pour servir à la succion d'aliments liquides et en particulier du sang^ on remarque aussi, dans le court pharynx d'un certain nombre d'entre elles, des dents cornées qui leur servent à faire des blessures pour obtenir le sang avec plus de facilité. Dans le fond du pharynx des Sangsues, par exemple, existent trois renflements charnus dont le bord saillant est arqué et garni de dents cornées bicuspides (t). Ces renflements sont, pendant la succion, portés en avant, de manière à former une étoile à trois rayons^ forme qui est aussi celle des blessures que ces animaux produisent.

Le canal intestinal des Annélides est ordinairement droit et occupe l'axe longitudinal de l'animal. Ses parois sont intimement unies au parenchyme du corps, dans les Némertines, où l'on voit ce canal se rendre directement du pharynx à l'anus sans se dilater, sur son trajet, en un estomac. Il varie beaucoup dans les Hirudinées^ surtout sous le rapport du nombre et du Tolume des cœcums qui lui sont annexés (2) ; l'anus est très-étroit et situé sur le dos, immédiatement au-dessus de la ventouse postérieure. Chez les Piscicola, cet orifice se trouverait, par exception, à la face ventrale du dernier segment du corps (3). Parmi les Abranches, les Lumbricus et la Nais proboscidea se font surtout remarquer par leur estomac très-musculeux. Dans plusieurs Dorsibranches, la portion du canal digestif, comprise entre le pharynx et l'intestin, reçoit les conduits excréteurs d'organes glandulaires, et, par conséquent, mériterait moins le nom d'œsophage que celui i'estomac {Net^eis) (4).

Quant à ces oignes glandulaires que, du reste, on trouve annexés au tube digestif d'un grand nombre d'Annélides^ ils ont été assimilés les uns à la glande hépatique, et les autres aux glandes salivaires. Dans la Sangsue, en particulier, il serait peut-être permis de considérer, avec Brandt (5), comme des glandes salivaires abdominales, plusieurs groupes de corpuscules arrondis qui enveloppent le commencement de l'intestin de ces animaux, et dont les conduits excréteurs, après s'être anastomosés entre eux, viennent s'ouvrir dans cette portion de l'intestin par plusieurs orifices. C'est aussi versTorigine du canal intestinal que, chez plusieurs Dorsibranches, on rencontre deux glandes qui sont supposées sécréter un suc pancréatique. Ce même canal, dans la plus grande partie de sa longueur, est étroitement entouré, chez la plupart des Annélides, d'une couche glandulaire colorée en jaune verdâtre, et composée de nombreux utricules qui y versent leur contenu, soit directement, soit médiatement, à l'aide de plusieurs conduits excréteurs communs. Ce* contenu a été regardé comme ayant la plus grande analogie avec celui des canaux hépatiques des animaux supérieurs.

(i) MoQom-TAifDOR. Voyez sa Monographie de la famUle des Hirudinées, p. 43, pi. I a V. Ito, 1827.

P) Moodw-Tahdor, omit, cit., pi. I à IV.

(3) MuELLER's Arch., 1835, p. 420.

(4) Rathee, De Doptjro et Néréide, p. 35, pi. II, ftj. 7 et 8.

(5) Medic. Zool., t. Il, p. 247, pi. XXIX.

La couche glandulaire dont il s'agit est surtout bien distincte, d'après Henle (1), chez VEnchytrœus, les Lumbricus, les Lumbriculus^ Nais^ Chœtogaster, etc. Dans les Sangsues, les conduits excréteurs des utricules hépatiques s'anastomosent entre eux et forment ainsi une espèce de réseau autour de l'estomac et de ses csecums (2),

Les Acéphales ont un tube digestif toujours muni de deux orifices, buccal et anal, qui se voient, non à la surface du corps, mais dans la cavité circonscrite par le manteau; le premier de ces orifices, pourvu souvent de tentacules et toujours de lèvres plus ou moins renflées, n'offre aucun appareil de mastication. L'absence de cet appareil s'explique d'ailleurs par la manière de vivre de ces animaux, leurs aliments consistant en vase et en très-petits corps organiques qui sont introduits en môme temps que l'eau.

Un épithélium vibratile, des plus apparents, s'observe à la surface interne du tube digestif qui, très-réduit dans les Salpa^ acquiert un grand développement, surtout dans les Lamellibranches. Là existe un estomac volumineux dont l'intérieur offre des papilles et semble être perforé par plusieurs canaux biliaires. Quant au canal intestinal, qui tantôt décrit une simple courbure et tantôt donne lieu à plusieurs circonvolutions, il est parcouru intérieurement, dans toute sa longueur, par une forte saillie longitudinale qui augmente considérablement sa surface. Dans la plupart des espèces, il traverse le cœur.

La masse glandulaire antérieure qui, chez les Lingula, aboutit au canal digestif, a été regardée par Cuvier(3)et par Vogt (6) comme une glande salivaire. Suivant Owen (5), qui combat cette manière devoir, tou§ les organes glandulaires qui, chez les Brachiopodes, sont annexés au tube digestif, appartiendraient h la catégorie des glandes hépatiques. Du reste, le foie présente un volume considérable chez les Lamellibranches, comme l'ont surtout constaté Bojanus (6) et Poli (7) ; il est composé de plusieurs lobes dans lesquels on aperçoit facilement les acini qui sont formés de cellules hépatiques d'un brun jaunâtre.

L'appareil digestif des Céphalophores^ relativement à celui des animaux des précédentes classes, offre un développement assez considérable. La bouche, rarement munie d'organes spéciaux de préhension, est bordée de lèvres très-contractiles qui, dans beaucoup d'espèces de Pectini branches, se prolongent en une trompe cylindrique. Puis, au plancher du pharynx, on

(1) MUELLER'S Arch,, 1837, p. 81, pi. VI. — Même recueil, 1835, p. 575.

(2) Brandt, Medic, ZooL^ p. 247, pi. XXIX.

(3) Mémoire sur ranimai de la Lingule, dans les Ann. du Mus, cThist. mi/., 1802^ t. I, p. 69.

(h) Anat, der Lingula anatima^ dans les Ncue Denkschrifi. der allgem. Schumzerùfr^^itrfi Geselhch. fur die gesammt, Naturwiss., 1843, t. VU, p. 4 , pi. I et II.

(5) On the Anat, ofihe Brachiopoda, dans les Transactions of the ZooL Soc, of Lonrion^ 4835, 1. 1, p. 145, pi. XXn et XXUI.

(6) Journal risis, 1819, p. 42 ; 1820, p. 404, et 1827, p. 752.

(7) Testacea utriusque Siciliœ eorumque historia et anatomCy in-fol., 4791-1795, pi. 11^ 15 et 46.

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