‹ Traité de physiologieChapitre 14 sur 141 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

ment de la vie. Les êtres vivants peuvent mourir, mais la vie se continue d'une génération qui s'en va dans la génération qui la suit; et si, après la mort, les ^éléments des êtres retournent à la matière inorganique, celle-ci à son tour rentre dans la vie en fournissant les éléments des êtres nouveaux que la vie anime. Ainsi considérée, la mort n'est pas un accident, elle est une conséquence de la vie ; et, s'il était possible d'idéaliser les êtres dans une existence unique , on pourrait , en quelque sorte, regarder la mort comme une fonction ultime de la vie.

La matière, ainsi entraînée dans une véritable circulation, change sans cesse de forme mais ne perd jamais rien de son poids ; elle existe donc dans l'univers en quantité invariable. Étudiant de plus près, dans leurs relations, les grands agents extérieurs (gravitation, cohésion, affinité, chaleur, électricité, lumière, etc.), les physiciens ont établi, dans ces dernières années, qu'ils sont tous transformables les uns en les autres par voie d'équivalence y et que, par suite, ils doivent être considérés comme de simples modalités dynamiques inséparables de la matière qui leur sert de support.

La physiologie, ayant pour objet l'étude des fonctions des êtres organisés, s'occupe de ce qui concerne le corps et laisse ordinairement en dehors de son domaine les actes psychiques qui appartiennent à une autre science. A l'exemple des anciens qui comprenaient dans une même étude un ensemble de sciences aujourd'hui distinctes, il pourrait sembler

rationnel de faire entrer dans un même cadre la physiologie et lapsycho-

logie; mais ces deux sciences, malgré leurs rapports intimes, ont chacune un assez vaste champ d'exploration pour qu'elles doivent rester distinctes. Nous laisserons donc de côté, au moins ici (*), l'étude psychologique des êtres doués d'intelligence ou d'instinct. Jusqu'à présent, nous n'avons voulu que comparer les trois règnes minéral^ végétal et animal, signaler rapidement les rapports préétablis entre ces trois règnes, et réunir, sous une forme simple, les principaux traits de la vie des plantes et des animaux : si nous avions dû étudier les actes de l'intelligence, nous aurions pu, à l'exemple de quelques auteurs, en admettre un quatrième, le règne humain.

Combien, en effet, l'homme ne différe-t-il pas par son intelligence du plus parfait des animaux! De même que nous avons vu toutes les fonctions de la vie nutritive se multiplier, se perfectionner d'une manière

(*) Voyez le chapitre intitalé : Facuitésinstinctives^iniellectueiles et morales, dans le tome Ifl de cet ouvrage.

IlNTROnuCTlON. XXXVlI

graduelle , et de là résulter des genres , des classes , des règnes de plus en plus haut placés dans Téchelle des êtres ; de même nous pourrions voir les actes de l'intellect se continuer depuis leur manifestation la plus humble jusqu'à la plus élevée. Mais, entre l'instinct le plus parfait et la raison humaine, il existera toujours un abîme. Seul, l'homme est doué de la raison, cette faculté de connaître la vérité ; de la parole, cet instrument destiné à l'exprimer; seul, il est perfectible. Seul encore, l'homme a des idées abstraites par lesquelles il s'élève à la conception d'un Être suprême. Sous le rapport psychique, mais sous celui-là seulement, l'homme pourrait donc constituer un règne à part. — La physiologie a spécialement en vue les fonctions qui assimilent rhomme aux animaux; à la psychologie, il appartient d'étudier et de faire connaître les facultés qui l'en séparent.

Ce n'est pas le lieu de passer en revue toutes les dissidences des auteurs sur le nombre et le classement des fonctions. Qu'il nous suffise de rappeler que se nourrir, se propager, sentir et se mouvoir, sont les principaux attributs de tout être animé ; d'où la division naturelle des fonctions en trois grandes sections : fonctions de nutrition, fonctions de reproduction et fonctions de relation. Indépendamment de sa simplicité, une pareille division a le mérite de suffire à une exposition méthodique des diverses parties de la physiologie. — La vie végétative ou nutrition et la vie de l'espèce ou génération sont seules dans les Plantes ; la vie de relation ou sensibilité et mouvement est en plus dans les Animaux. Toutefois, comme le fait observer Littré, on se tromperait si l'on regardait cette dernière fonction générale comme quelque chose de totalement à part et d'hétérogène, et si l'on voyait dans l'animal une juxtaposition de deux êtres différents. La sensibilité procède de la nutrition, l'animal du végétal; les tissus nerveux et musculaire sont, conune la plante, composés de cellules, de fibres et développés d'après le même principe. Il y a plus : chez les animaux supérieurs, l'exercice de la sensibilité dépend d'une condition indispensable, à savoir, le contact incessant du sang oxygéné. Si la respiration s'interrompt, le cœur a beau battre et envoyer le sang dans toutes les parties, l'animal succombe rapidement asphyxié. De la sorte se trouvent unies étroitement la nutrition et la sensibilité.

L'étude des fonctions de nutrition nous occupera d'abord.

TRAITÉ

I. Tout être soumis aux lois de la matière organisée n'entretient son existence qu'à l'aide d'un échange continuel avec les choses du dehors, en leur prenant et leur rendant sans cesse les éléments de ses organes : ainsi en est-il du végétal le plus simple et de la plante la plus parfaite, du dernier zoophyte et de l'animal le plus haut placé dans l'échelle zoologique. La nature de cet échange et les moyens organiques de son accomplissement sont, il est vrai, bien différents^ mais la fin et le but du phénomène restent toujours les mômes.

C'est à des sources intarissables, le sol et l'atmosphère, que puisent les êtres doués de la vie; c'est à ces mêmes sources qu'ils restituent, sous d'autres formes, les matériaux qu'ils en ont reçus. Pour les animaux^ la condition d'existence est de consommer^ de détruire, de brûler (i) continuellement ce qui est organisé, afin de s'organiser eux-mêmes; et l'animal, dans ce but, emprunte à l'air atmosphérique son oxygène^ c'est-à-dire le même principe que les plantes y versent incessamment. Pour les végétaux, la condition de la vie repose sur un ordre de phénomènes tout à fait différents de l'oxydation ou combustion lente : le végétal, sous l'influence de la lumière du soleil^ organise ce qui n'est point organisé, ce qu'on pourrait nommer la matière brute, et, avec elle, il compose des principes organiques très-divers, en laissant dégager de l'oxygène si indispensable au règne animaL

Ainsi, tandis que la plante va réduisant sans cesse des substances oxygénées qu'à l'aide de ses forces essentielles elle convertit en matière organique ou bien en sa propre substance, l'animal va brûlant ou oxydant toujours cette même matière, soit qu'il l'ait empruntée directement à la

(1) Dans Tacception qu'on donne i ce mot depuis Lavoisier,

LOHGET. — PHT8I0L. t. — * i

plante, soit qu*il l'ait reçue médiatement en se nourrissant de la chair des herbivores. Il en résulte que, transitoirement devenue organique, la matière inorganique traverse successivement plusieurs organismes, avant de revenir à son état primitif et d'être rendue au sol et à l'atmosphère, milieux d'où tout provient, où tout retourne, et auxquels le règne animal se lie d'une manière si étroite par l'entremise du végétal.

Mais, à l'aide de leurs racines et de leurs feuilles, si les plantes peuvent absorber directement dans ces milieux, sous la forme liquide ou gazeuse, les éléments de leurs tissus, il n'en est pas de mômede la généralité des animaux, dont les aliments, presque toujours pris à l'état solide ou de suspension, nécessitent une opération préparatoire à leur absorption. De là, pour l'immense majorité des animaux, la présence obligée d'une cavité intérieure dans laquelle la matière alimentaire puisse séjourner, se dissoudre et se transformer; de là aussi l'existence d'une fonction qui leur est particulière, la Digestion.

Avec cette importante fonction, qui a pour but immédiat de séparer des aliments les principes de réparation et de rendre ceux-ci propres à être absorbés et versés dans le torrent circulatoire, commence la série des transformations successives que doivent éprouver les principes alimentaires pour passer à l'état de matière nutritive ou assimilable.

Or, cette transformation ultime est bien loin de se produire dans le tube digestif lui-même ; au contraire (en exceptant toutefois ceux des animaux que leur organisation moins parfaite place au bas de l'échelle), elle est le résultat de plusieurs fonctions dont la digestion peut être regardée comme le premier temps et comme la source, en ce sens qu'elle leur fournit les matériaux de leur travail. En effet, ces éléments réparateurs que la digestion isole des substances alimentaires, que Vabsorption a mission d'introduire dans le torrent de la circulation par les veines ou par les chylifères, ne continuent-ils pas, pour la plupart, dans les vaisseaux eux-mêmes, leurs associations nouvelles, leurs changements de nature et de composition commencés dans le tube digestif? Et ce sang, tout régénéré qu'il est par un semblable mélange, ne va-t-il pas encore se modifier profondément dans son passage à travers l'appareil de la respiration, se transformer de nouveau dans le système capillaire généralj dans les glandes et dans l'épaisseur de tous les tissus {sécrétions^ nutrition, etc.), toujours par l'intervention puissante du même agent, l'oxygène atmosphérique?

Aussi^ avant que de nouveaux produits digestifs se soient hématisés, qu'ils soient devenus à leur tour le sang propre à fournir le vrai liquide nutritif (1), que de décompositions et de métamorphoses diverses dont la Chimie, parfois seulement, pourra donner ou pressentir l'explication ! On le voit donc, le sang est le milieu, l'agent essentiel de tous les phénomènes de nutrition : c'est lui qui, dans son parcours, recrute les

(1) Ou ^c nourricier y lymphe coagulable, lymphe plastique : c'est la partie liquide du sang ou plasma^ celle qui s'échappe par transsudatioa à travers les parois des vaisseaux capillaires spécialement.

DE LA DlG&STlOn. 3

éléments sans cesse élaborés par les yoies digestives pour le reconstituer, et qui dépose, dans les tissus, des matières assimilables ; c'est lui aussi qui reçoit, pour les conduire vers les organes d'élimination, les matériaux usés par le mouvement de la vie et devenus inutiles ou nuisibles à Torganisme. Ainsi il représente un fluide à la fois réparateur et épurateur, dont le renouvellement et la destruction continuels, confiés à la digestion et à la respira" Hon^ sont les deux conditions fondamendales de l'existence des animaux. D'après ce qui précède, il devient aisé de concevoir que tant de transformations diverses, desquelles doit résulter la transmutation définitive des aliments en suc nutritif, ne puissent être rigoureusement localisées, et que le tube digestif n'en soit, pour ainsi dire, que le point de départ. Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'après leur accomplissement que chaque partie organique peut prendre, j'allais dire choisir^ dans ces matières ainsi préparées, ce qui convient à sa nature et à sa destination particulière, le fixer en lui communiquant les propriétés qui lui manquaient et dont elle-même est douée, en un mot, se Vassimiler. Ce dernier acte est, en grande partie, le secret de la vie, et l'on a nommé vitale la force inconnue qui l'opère. La force dont il s'agit préside à toute cette succession et à cet ensenfible de phénomènes qui, sans elle, cessent ou de se reproduire ou de s'enchaîner dans leur ordre : aussi toujours est-on obligé de la reconnaître derrière ces forces physiques et chimiques dont elle se sert et qu'à son profit elle utilise si bien.

Tel est l'ensemble des fonctions nutritives sous un point de vue très' général ; tels sont les rapports réciproques et Tenchalnement mutuel de toutes ces fonctions qui, commençant à la digestion, aboutissent à Vassimilotion^ c'est-à-dire dont le but final est de transformer, puis de fixer, pour uu temps variable, dans les tissus vivants à entretenir ou à accroître, les substances du dehors introduites dans l'organisme.

IL Maintenant il nous faut entreprendre l'étude détaillée de tous les phénomènes organiques, physiques et chimiques qui se rattachent à la digestion, étude aussi pleine d'intérêt pour le physiologiste qu'elle est féconde en applications pour le médecin.

Un coup d'œil général sur Vappareil de la digestion^ dans la série animale, nous a paru d'abord nécessaire. Quant aux détails de texture qui ofi'rent un véritable intérêt physiologique, ils reviendront plus tard lors de la description de chacun des actes digestifs en particulier.

Deux sensations distinctes^ la faim et la soif, sollicitent et assurent le périodique retour de l'ingestion des aliments solides et des aliments liquides. Leur étude, et surtout celle des aliments^ devra précéder l'exposé des divers phénomènes digestifs dont les uns constituent la partie mécani" quej et les autres la partie chimique ou e3sentielle de la digestion. Pour mieux comprendre la nature des changements que les divers aliments éprouvent au sein de l'appareil digestif, et aussi leurs élaborations ultérieures^ il importe, en eflet, au physiologiste de bien connaître les diffé-^

k DE LA DlGESnO?!.

rences de propriélés, de constitation, d'origine et d'osage des substances alimentaires : sur ces importantes notions se fondent d'ailleurs les lois qui doivent dicter le choix le plus rationnel de ces substances.

DE l'appareil de LA DIGESTION DANS LA SÉRIE ANIMALE.

Nous avons vu que tout être organisé, végétal ou animal^ ne peut en** tretenir son existence qu'à l'aide d'un échange continuel avec les choses du dehors, en leur prenant et leur rendant sans cesse les éléments de ses organes. Or, au bas de Téchelle zoologîque^ on rencontre quelques animaux qui n'ont point de tube digestif {SpongiaireSy Infusoires atomes, plu • sieurs Helminthes) ^ et qui, par conséquent, reçoivent les matériaux de leur nutrition à peu près à la manière des plantes ; c'est-à-dire que les substances extérieures pénètrent tous les points de la surface avec laquelle elles sont en contact, et de là se répandent de proche en proche. Chez d'autres animaux, dont l'organisation est un peu moins imparfaite, on découvre, il est vrai, une cavité alimentaire; mais celle-ci ne consiste d'abord qu'en une bouche et un simple sac stomacal sans anus. Elle n'offre point d'ailleurs de parois distinctes, et ne représente rien autre chose qu'une excavation dans la masse môme du corps. De plus, comme il n'existe pas encore de système vasculaire qui se distingue des autres organes par des parois propres, le produit liquide de la digestion semble devoir exsuder de la précédente cavité, pour passer directement dans le parenchyme organique, et peu à peu s'y infiltrer. Mais plus on s'élève vers d'autres embranchements {Vers, Mollusques^ Articulés, Verte* brés), plus se multiplient les organes qui coopèrent à la digestion, et, avec eux, les actes qui doivent en compléter les résultats. C'est ainsi qu'on voit le tube digestif, en s'allongeant, s'? replier souvent sur lui-même; s'armer, à son entrée, jd'instruments de broiement ou de dilacération de plus en plus puissants, s'adjoindre aussi des organes sécréteurs de plus en plus complexes et nécessaires au perfectionnement de la fonction ; sans compter les deux ordres de canaux, veineux et chylifères, à l'aide desquels se fait l'absorption digestive, dans les .Vertébrés comme chez l'Homme.

Du reste, si, relativement à sa disposition, à sa structure et au nombre des organes qui le composent, l'appareil digestif présente une étonnante diversité dans les différents groupes d'animaux, on ne saurait méconnaître que sa complication ne soit dans un rapport remarquable avec le degré de développement des organes des sens, du système nerveux et des organes locomoteurs, avec la multiplicité ou l'énergie de leurs manifestations actives. En effet, ce sont les manifestations d'activité de ces trois séries d'appareils qui contribuent surtout à accélérer la consommation et le renouvellement de la matière nécessaire à rentretien et à l'exercice de la la vie. Par conséquent, plus les phénomènes dépendants des précédents organes sont intenses et multipliés dans un animal, plus aussi il a besoin

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qoe Taction de son appareil digestif soit paissante pour servir à Taccomplissement ultérieur de toutes les fonctions nutritives et à la rénovation des matériaux de l'organisme.

Les Infusoires se nourrissent, les uns en introduisant à l'intérieur de leur corps des aliments solides^ et les autres en absorbant, par leur sor&ce entière, certaines substances liquides ou gazeuses. Parmi ces derniers figurent les Astomes, qui n'offrent aucune trace d'ouverture buccale ni d'an appareil digestif quelconque, alors même qu'on a pris la précaution, pour rendre ces animalcules plus faciles à observer, de les nourrir de matières colorées avec l'indigo et le carmin, d'après la méthode ingénieose de Gleichen (1). Le genre Opaltna, qui comprend des espèces trèsgrandes et visibles à l'œil nu, confirme bien la négation précédente.

Quant aux infusoires, qui ingèrent des aliments solides, ils sont pour- TUS d'une bouche, le plus souvent ciliée, et d'un canal qui s'enfonce dans le parenchyme de leur corps ; canal souvent terminé par un anus qui livre passage au résidu alimentaire. Du reste^ quand l'anus manque, la bouche peut servir alternativement d'orifice d'entrée et de sortie. C'est dans cette catégorie d'infusoires que Ehrenberg (2), après avoir employé la méthode d'alimentation souvent mise en usage par Gleichen^ affirme avoir reconnu l'existence de plusieurs poches stomacales ; d'où le nom de polygastrigues qu'il a donné à ces animalcules.

Dans les Polypeê^ tantôt l'appareil digestif consiste en une bouche et un simple sac stomacal sans anus {AntAozoaires) ; tantôt, devenu plus complexe, il est formé par un canal perforé à ses deux extrémités, alternativement renflé ou rétréci, dans lequel on peut établir la division en œsophage, estomac et intestin {Bryozoaires), Gomme annexe plus ou moins confondue avec le tube digestif des Polypes, on a même admis déjà des cellules hépatiques.

Ordinairement la bouche des Polypes est environnée de tentacules contractiles et pourvus de cavités tubuleuses qui communiquent avec la cavité du corps de l'animal.

Les Polypes, munis de bras ou tentacules, s'en servent pour saisir leurs aliments^ et ils y parviennent, soit par les courants qu'ils excitent avec les cils vibratiles de leurs bras, soit à l'aide d'organes préhensiles propres à certaines espèces {*).

Chez ceux des Polypes qui n'ont qu'un sac stomacal avec un orifice

(4) Âbhandhmg ûber die Saamen und Infusionsthierchen^ année 1778, p. lAÔ, (2) Die In/Usionsthiercften ois volîkommene Organismen, Leipzi^^ 1838.— Voyez aussi les ifÀn. de tAcad. de Berlin,

n t'M organes prébeosiles, dont il s'agit, distincts des organes urticaires, consistent ordiuirement en une petite capsule coriace de laquelle les polypes peuvent faire sortir une soie n)ide ou une sorte d'aiguiUon.

DeQoitufigis {Ann, des se, nat., t. XVIII, p. 276 et 283, pi. VHl, année 1842) a surtoat bien décrit et figuré les organes préhensiles de cette nature qu'on observe sur les tentacatei mfléi en maatue des Bleuiheria.

trompe, ni que la gatne de cette dernière contribue à cet acte comme organe de succion et de déglutition.

Mais, dans les autres Helminthes, existe un appareil digestif facile à reconnaître. Chez les Trématodes, on trouve, à la suite d'une ouverture buccale et d'un œsophage, deux tubes intestinaux qui, longeant les côtés du corps, aboutissent ordinairement à son extrémité postérieure^ où^ dans certaines espèces, ils se terminent en culs-de-sac. D'autres fois ces deux tubes intestinaux se joignent en arc de cercle. Quand il n'existe qu'un seul intestin, ou bien il se termine en caecum, comme. chez le Gasterostomum fimbriatum et VAspidogaster, ou bien il aboutit à un anus, comme chez le Pentasiomum.

L'orifice buccal, dans plusieurs espèces de l'ordre des Nématodes, est garni d'un cercle de dents cornées (1). Il est, au contraire, quelques Nématodes et Gordiacées qui semblent dépourvus de bouche, et dont le canal intestinal est remplacé par une série d'utricules allongés adhérent^ ensemble {Sphœrularia Bombi) (2) ; dans d'autres espèces, on ne peut même découvrir aucune trace d'organe digestif [Filaria rigida, etc.) (3).

Les Botiferes sont pourvus d'un appareil digestif qui offre un assez grand développement. C'est entre les organes rotatoires que la bouche est située, de manière que le tourbillon produit par ces organes y aboutisse directement : on voit, en effet, l'animal avaler ou rejeter ensuite, à son gré, les corps solides entraînés par ce tourbillon. Il existe aussi un appareil masticateur formé par deux mâchoires qui sont armées d'une ou de plusieurs dents, et que des muscles spéciaux amènent à se rapprocher latéralement. Dans quelques espèces, le pharynx, qui renferme l'appareil masticateur» peut le porter en avant et même faire saillie hors de l'orifice buccal; alors les dents peuvent servir, en guise de pince, à la préhension des aliments* En général, le tube intestinal présente des parois assez épaisses depuis l'estomac jusqu'à une certaine distance de l'anus, et décrit peu de flexuosités. Quant à la courte portion de l'intestin qui correspond au rectum^ ses parois sont plus minces et se laissent facilement distendre par le résidu alimentaire; son orifice donne passage non-seulement aux fèces^ mais encore au contenu des organes génitaux et du système aquifère.

On trouve quelques traces d'organes destinés à sécréter des liquides qu'on suppose être les analogues de la salive et de la bile.

Dans les Annélides^ dont le tube digestif est perforé à ses deux extrémités, la bouche est le plus souvent bordée de lèvres épaisses qui peuvent saisir les aliments quand ils sont solides et très-divisés, ou bien contribuer à leur succion quand ils sont liquides. D'autres fois, l'ouverture buccale est munie de cirres très-érectiles ou de tentacules servant à la fois au toucher et & la préhension des aliments.

(1) Melbis, dans le journal T/m, 1831, p. 78, pi. II, fig. 5 et 6»

(2) SiKBOLD, dans Wwgmann's Arcfu , 1838, t. I, p. 305.

(3) SiEBOLD, dans MûUer's Arch,, 1836, p. 33.

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