DE L*APPAAE1L DE LA DIGESTION DANS LA SÉRIE ANIMALE
l'on trouve, au nombre de deux, aux côtés de Testomac de Técrevisse à répoque du renouvellement du test calcaire; elles sont connues vulgairement sous le nom impropre d'yeux d'écrevisse.
On ne trouve guère de glandes salivaires que chez les Myriapodes. Quant an foie, dans la plupart des Crustacés inférieurs, il n'est pas encore isolé du canal digestif auquel il adhère sous la forme d'une couche glanduleuse. Chez les Décapodes, le foie forme deux masses glandulaires composées de c»cums plus ou moins ramifiés et lâchement unis entre eux; c'est immédiatement en arrière du pylore que chacune de ces glandes verse son produit.
La plupart des Arachnides^ se nourrissant d'aliments liquides, ne sont point pourvus d'organes de mastication. Du reste^ l'organisation de leur bouche présente des types assez diflérents : . '
Chez les PelofjSy Oplophora, Damœus^ Zetes^ par exemple, et chez d'autres Oribates^ qui, en leur qualité d'herbivores, occupent une place à part parmi les Arachnides, il existe des mâchoires cornées et dentelées bien réellement aptes à la mastication. Ce sont, au contraire, de véritables organes de succion qu'on observe chez les Tardigrades (1).
Munis de deux mandibules en forme de stylets, de crochets ou de pinces, propres à percer ou à couper^ la plupart des Acariens présentent aussi, il est vrai, une première paire de mâchoires insérée sur les côtés des mandibules, mais complètement déchue du rôle d'organes masticateurs; devant agir comme organe tactile, elle a pris la forme de palpes. Elle n'a rien conservé non plus d'un appareil masticateur chez les Galéodes, les Pseudoscorpions et les Scorpionides, où s'est opérée sa transformation en des espèces d'antennes ou en pinces très-longues, aptes à écraser des substances animales d'une certaine mollesse.
C'est encore en organes tactiles très-allongés chez les Aranéides, et en organes préhensiles chez les Phrynides, que s'est convertie la première paire de mâchoires.
Dans les Scorpionides et les Phrynides, le canal alimentaire est très* simple : il consiste en un tube rectilignc, qui aboutit à l'extrémité postérieure du corps sans avoir présenté d'abord ni dilatation stomacale, ni caecums. Au contraire, un estomac volumineux, divisé par une foule d'étranglements en un grand nombre de caecums irrégulièrement disposés^ s'ob« sene chez les Tardigrades en particulier (2). Dans les Aranéides, les Opilionines, les Acariens, les Solpugides, etc., on rencontre également un estomac muni d'un nombre plus ou moins grand d'appendices et cœcums, de formes et de dimensions les plus variées. Chez les Tardigrades encore, d'après Doyère (3), l'estomac se termine par un appareil musculeux qui^ chez les Macrobîotuê et Emydium^ a la forme d'une sphère creuse, et, chez les Mil"
(i) DoTtRK, dans Ann, des se, nat,^ 1840, t. XIV^ p. 319, pi. XIII-XV.
(2) Id., t6û/.,p. 324, pi. XY. .
(3) Id., ibid,^ p. 322, pi. XllI-XV.
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nesium^ celle d'un cylindre: cet appareil, dont on retrouve l'analogue chez les Aranéides, semble devoir agir comme un appareil de succion, pendant la préhension et la déglutition des aliments.
De chaque côté de Tappareil de succion se trouvent des tubes globulaires volumineux et lobules, qui paraissent être des glandes salivaires. D'après Siebold, des organes ayant la même destination existent surtout chez les Ixodes : ce sont deux gros amas de vésicules qui occupent les côtés de la partie antérieure du corps et se jettent, par de courts conduits, dans des canaux excréteurs multi-ramifiés. Les anatomistes s'accordent d'ailleurs assez généralement pour admettre que les glandes salivaires ne manquent probablement à aucun Arachnide. Il en est de même pour le foie, qui, trèsvolumineux spécialement dans les Aranéides, remplit une grande partie de la cavité abdominale et enveloppe la plupart des autres viscères.
Dans la classe si intéressante des Imectes, nous trouvons, comme organes appropriés à la préhension des aliments, soit les pattes antérieures, soit encore les palpes labiaux et maxillaires : ces derniers peuvent même servir à ringestion des aliments dans la cavité orale.
Deux paires de mandibules et de m&choires plus ou moins recouvertes par une lèvre supérieure et une lèvre inférieure, constituent Vappareil masticateur. C'est à la base de cette dernière lèvre qu'adhère la langue, qui est tantôt charnue et tantôt cornée, simple ou divisée. C'est encore cette même lèvre inférieure qui, parfois, se transforme en une trompe ou tube de suc* sion (Diptères), ou bien qui se change en deux gouttières accolées l'une à l'autre, quadri-articulées et renfermant les mandibules et les m&choires, comme on le voit chez les Hémiptères, dont l'appareil de succion s'allonge en un rostre. Les mandibules ne sont plus que très-rudimentaires dans les Lépidoptères, tandis que les mâchoires se sont converties en deux demitubes susceptibles de s'enrouler en spirale et de former, en s'appliquaut l'un contre l'autre, un organe de succion {lingua spiralis).
La disposition et la forme des diverses parties du canal digestif varient beaucoup suivant la manière de vivre des Insectes; d'où l'extrême difficulté qu'on éprouve à en dire quelque chose de général. Néanmoins^ si l'on veut prendre pour type fondamental les Insectes parfaits, on retrouvera chez eux presque toutes les mômes divisions qu'on a coutume d'établir dans le tube digestif des Vertébrés ; ce qui ne veut pas dire que les fonctions de ces différentes parties se correspondent absolument des deux côtés. Ainsi, ce canal commence par un œsophage souvent dilaté, à sa partie postérieure, en une espèce de jabot (Coléoptères, Orthoptères, etc.) et en un gésier {proventriculuê) ; une vésicule à parois minces et affaissées sur elles-mêmes, dan:â l'état de vacuité, vient aussi parfois, sous le nom d'estomac de succion^ s'abou^ cher avec l'œsophage (Hyménoptères, Diptères» Lépidoptères). Après celui-ci apparaît Testomac proprement dit {ventriculus), dont la capacité, la forme et les divisions sont si variables, puis un iléon grêle, un coBcutn^ un côlon et un rectum court et musculaire* Étendu de la bouche à l'anus, le précédent canal tantôt franchit presque directement cet espace eu suivaii)
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la ligne médiane (Coléoptères carnassiers), et tantôt décrit dans son parcours des circonvolutions assez nombreuses (Coléoptères herbivores). Par contre, le tube intestinal des Éphémérides, qui, à l'état parfait^ ne prennent pas d'aliments, est à peine développé.
Chez tous les Insectes, on rencontre un corps composé d'une infinité de cellules adipeuses, le corps adipeux^ qui^ surtout développé vers la fin dcTétat de lan'e, parait être en rapport intime avec la digestion et l'assimilation.
On n'en trouve ordinairement des restes, dans les Insectes parfaits, que vers la partie postérieure de la cavité abdominale.
Il n'existe pas un foie distinct du tube digestif; mais les fonctions, confiées à cet organe^ semblent devoir être remplies par une multitude de cellules hépatiques réparties à la surface interne de l'estomac ou des appendices csecaux dans les espèces qui les possèdent. De quelques couches glandulaires annexées à l'iléon, on a cru devoir faire l'analogue du pancréas. Quant aux glandes salivaires, elles existent non*seulcment chez les Insectes à l'état parfait, mais encore chez les larves et les nymphes actives.
Les Poissons sont^ en général, des animaux très-voraccs qui avalent, sans choix, tous les petits animaux qui se trouvent sur leur passage, et il en est peu d'espèces qui soient surtout herbivores. Aussi sont-ils presque tous munis de dents qui^ d'après leur mode d'insertion et leur direction, semblent plutôt en rapport avec la sûre saisie de la proie qu'avec une véritable mastication. Ces dents présentent d'ailleurs la plus grande diversité dans leur nombre, leur situation, leurs formes et leur structure. On en rencontre, sur différents individus, qui sont soudées non-seulement aux deux mâchoires, mais encore aux os palatins, au vomer, au sphénoïde postérieur, à l'os hyoïde, aux os pharyngiens inférieurs et aux arcs branchiaux ; elles peuvent aussi exister sur le museau et sur la langue.
La bouche des Poissons n'est avoisinée par aucune glande salivaire, malgré l'assertion contraire de Meckel et de Hathke, qui ne parait point avoir été admise par d'autres anatomistes.
Le tube digestif présente d'assez grandes variétés sous le rapport des dimensions et de la forme. Ce qu'on nomme Vintesttn antérieur correspond au pharynx, à l'œsophage et à l'estomac; V intestin moyen représente l'in'testin grôle, et enfin Vintesttn postérieur est l'analogue du rectum des Vertébrés supérieurs : plusieurs caractères peuvent servir à tracer assez nettement leurs limites. Il est d'ailleurs bon de rappeler que la première de ces portions intestinales communique très-fréquemment avec des appa« reils pneumatiques, tels que la vessie natatoire et un sac qui, chez certains Plectognathes^ s'insère à la paroi antérieure de l'œsophage.
Dans beaucoup de Poissons, l'estomac est muni d'un cœcum très-varié déforme et de volume; en arrière de la valvule pylorique, dont l'existence est presque constante,- se voient les appendices pyloriques ou bien le canal excréteur dn pancréas et le canal cholédoque. Les glandules de la muqueuse stomacale sont spuvent très*apparentes.
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Dans certaines espèces^ surtout celles qui sont très-voraces, le canal alimentaire est court et marche presque directement de la bouche à l'anus (les Plagiostomes, les Salmones); il est plus long et décrit^ au contraire^ des circouYolutions nombreuses chez les Cyprins, beaucoup de Squamipennes et autres. Sur la muqueuse intestinale s'observent des plis plus ou moins saillants sur lesquels on découvre, dans quelques espèces, de véritables villosités isolées.
Quant à l'anus, sa position varie beaucoup ; quelquefois il se trouve à la base de la queue et quelquefois sur la gorge.
C'est dans la classe des Poissons que nous rencontrons, pour la première fois, la rate qui, en effet, n'appartient qu'aux animaux vertébrés. Cet organe, dont l'existence est à peine contestée dans quelques genres, est constamment situé dans le voisinage de l'estomac.
Un pancréas lobule et entièrement semblable à celui des Vertébrés supérieurs ne se rencontre guère que chez les Plagiostomes, les Chimères, ainsi que chez quelques Poissons osseux, spécialement YAnguilla vulgaris. Dans d'autres Poissons, cet organe glandulaire est remplacé par des prolongements tubuleux de l'intestin ou appendices pyloriques. Toutefois il importe de noter que le pancréas et les appendices pyloriques manquent simultanément dans un assez grand nombre de Poissons^ tels que les Ésoces, les Cyprinoïdes^ les Lophobranches, les Plectognathes, la plupart des Labroïdes, etc.
L'existence du foie est constante dans cette classe d'animaux; et, à l'exception du seul Branchiostoma lubricumy où il est encore à l'état de couche glandulaire, confondu avec l'intestin comme dans des organismes inférieurs, cet organe constitue, chez les Poissons, une masse bien distincte, plus ou moins volumineuse et très-diversement conformée. Presque constamment aussi il existe une vésicule biliaire dont le canal excréteur s'anit bientôt au conduit hépatique. Le canal excréteur commun ou cholédoque s'ouvre dans l'intestin, le plus souvent derrière le pylore, et, quand il existe des appendices pyloriques ou pancréatiques y c'est au-dessus, au-dessous ou bien entre les orifices de ces dernières que l'on rencontre son ouverture.
Les Poissons possèdent, comme les animaux supérieurs, des vaisseaux lymphatiques qui sont, en partie, destinés à absorber les produits de la digestion et à les verser dans le torrent circulatoire. C'est dans cette classe d'animaux qu'apparaît, pour la première fois, ce système particulier de vaisseaux.
La plupart des Reptiles sont carnivores et avalent leurs aliments sans les mâcher. Ils ont une bouche largement fendue et généralement armée de dents qui, comme chez les Poissons, servent plutôt à prendre et à retenir les aliments qu'à les diviser. Quelques-uns de ceux qui manquent de dents ont, comme les Oiseaux, les mâchoires recouvertes de gaines cornées (Chéloniens).
Aux environs des mâchoires des Reptiles, se trouve ordinairement une chaîne d'organes glandulaires qui versent d^ns leur bouche une salive
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gluante (*). Pour les amygdales, elles n'ont été trouvées jusqu'à présent que chez les Crocodiles.
Les Reptiles ont un estomac le plus souvent simple, c'est-à-dire à cavité unique, qui n'est pas toujours bien distinct de l'œsophage^ mais dont la limite inférieure est communément indiquée par un étranglement assez prononcé de sa portion pylorique. Dans beaucoup d'espèces, on constate facilement que la muqueuse qui le tapisse est percée d'un grand nombre d'orifices glanduleux.
Le canal intestinal proprement dit est généralement assez court, excepté dans les espèces herbivores ; le gros intestin est peu différent de l'intestin gréle et aboutit à un cloaque où viennent se rendre aussi les canaux urinaires et les organes de la reproduction.
Tous les Reptiles possèdent une rate qui, variable dans sa forme, dans son volume et sa situation, se rencontre pourtant le plus ordinairement à côté de l'estomac ou à l'origine de l'intestin grêle.
L'existence du pancréas n'est pas moins constante. On reconnaît cet or« gane à sa forme plus ou moins allongée, à sa couleur, et au siège qu'il occupe vers le commencement de l'intestin grêle. C'est là aussi, aux environs du conduit cholédoque, que vient s'ouvrir le canal pancréatique qui résulte de la réunion de conduits excréteurs partiels, et qui, d'ailleurs, est rarement double.
Le foie, muni d'une vésicule du fiel libre ou enfouie dans la substance hépatique, est, en général, volumineux. Varié dans sa forme, il est tantôt plus ou moins globuleux et tantôt très-alIongé, comme chez les Reptiles dont le corps lui-même est développé surtout en longueur. De ses lobes, dont le nombre ne s'élève pas au delà de trois, partent les divers conduits excréteurs concourant i former le canal hépatique, dont la réunion avec le canal cystique constitue le conduit biliaire commun ou cholédoque. Assez souvent ce dernier traverse le pancréas pour venir se confondre avec le canal pancréatique avant sa terminaison, qui se trouve habituellement très-rapprochée du pylore; d'autres fois le fluide biliaire est versé directement dans l'intestin par le canal cystique et le canal hépatique qui ont chacun un orifice intestinal direct.
Les Oiseaux sont les uns carnassiers ou insectivores, les autres plus spécialement granivores.
Le bec est en général le principal organe qui seil à la préhension des aliments, quelquefois aussi les pattes sont employées à cet usage. Sa forme varie suivant la nature des aliments; plus ceux-ci sont mous, moins le bec offre de consistance. Au contraire, il acquiert une très-grande dureté chez les Oiseaux qui se nourrissent de fruits à coques dures (Perroquets, etc.), chez ceux qui déchirent leur proie (les Rapaces), ou encore chez les Pics,
(*) On sait que, chez les Serpents venimeux, il existe, en outre, sous le muscle temporal, et de chaque côté de la tète^ une glande particulière donl le produit s'écoule dans le conduit de la dent à venin.