COMPOSITION CHIMIQUE DU SBC GASTRIQUE
à se combiner avec l'acide lactique et Tacide chlorhydrique, serait tout à fait impuissant pour neutraliser le suc gastrique, même à une température élevée.
C'est sur ces faits que Blondlot s'appuyait, en 18&S, pour nier que la réaction du suc gastrique soit due à un acide libre, et pour affirmer qu'elle doit être rapportée uniquement au bipAoiphate de chaux*
Blondlot trouva des contradicteurs. Tous les auteurs nièrent même l'existence normale du biphosrphate de chaux dans le suc gastrique, à l'exception de Dumas (i), qui, néanmoins, attribue l'acidité de ce fluide prin* eipalement k l'acide lactique libre. Bidder et Schmidt(2) pensent que l'opinion de Blondlot n'est vraie que pour le suc gastrique des chiens préalablement nourris avec des os : on y rencontre, en effet, du phosphate acide de chaux^ qui n'est plus alors qu'une substance accessoire produite par l'action de l'acide libre de Testomac sur le phosphate calcaire des os. C'est à tort, suivant nous, qu'on a révoqué en doute l'impuissance du carbonate de chaux à neutraliser l'acidité du suc gastrique. Schiff a démon** tré^ devant la Société d'histoire naturelle de Francfort, que^ si l'on prend * du carbonate de chaux pur et sans traces de carbonate de potasse, on peut en ajouter au suc gastrique des quantités considérables sans en neutraliser l'acfdité. On peut, selon ce physiologiste, répéter cette expérience sur le suc gastrique des chiens nourris avec les substances les plus diverses; il l'a même faite sur du suc obtenu par l'irritation mécanique de la muqueuse stomacale à travers une fistule. II a constaté le même résultat avec la liqueur filtrée du contenu de l'estomac chez le chat, le lapin et le câblai. Le carbonate de chaux, laissé en contact avec le suc gastrique pendant plusieurs jours, à froid ou à une température de 36 degrés centigrades, n'en a pas produit la neutralisation; seulement celle-ci est survenue au moment où le liquide entrait en putréfaction, ce qui avait lieu dans quelques cas, en été, après plusieurs jours et s'annonçait toujours par un dégagement abondant d'ammoniaque. Schiff n'a fait que trois expériences avec le carbonate de magnésie, et chaque fois l'acidité du suc gastrique a été neutralisée après une heure ou deux, avec une faible effervescence. Blondlot, qui dans ces mêmes expériences est arrivé à un résultat différent, aurait-il opéré sur du suc gastrique qui avait été en contact avec des os? Toutefois, Schiff diffère encore de Blondlot sur un autre point : il a toujours constaté que, quand le suc gastrique est mis en contact avec le carbonate de chaux, il s'opère un dégagement de gaz, très-faible à la vérité et parfois seulement reconnaissable à la loupe, mais pouvant durer une ou plusieurs heures. Il pense donc que le suc gastrique doit toujours expulser une partie de l'acide carbonique de la craie, et même une partie plus considérable que ne l'admet Blondlot dans son nouveau mémoire que nous allons mentionner. Schiff fait également observer qu'ayant filtré du suc gastrique qui était resté en
(1) Traité de chimie, t. VUI, p. SOÂ.
(2) Die VerdauungssSftey etc., p. A3.
9S2 DE lA DIGESTION.
contact avec du carbonate calcaire, il a toujours pu, par l'acide oxalique, y déterminer un précipité plus abondant que dans une égale portion de ce même suc conservé pur; ce qui démontre que, sans se neutraliser, Facide du suc gastrique peut dissoudre une portion assez notable de chaux. Nous reviendrons sur ce fait à propos de la digestion des os.
Dans de nouvelles recherches chimiques sur la nature et t origine du principe acide qui domine dans le suc gastrique, recherches qu'il a publiées en 1851, Blondlot a voulu répondre aux principales objections qu'on avait élevées contre sa doctrine. S'il n'y avait pas neutralisation du suc gastrique en présence du carbonate de chaux (craie), cela tenait, avait*on dit, à la trop grande dilution de Tacide, à la dissolution du gaz carbonique à mesure qu'il se forme, tandis qu'en concentrant le liquide on obtenait avee ce même carbonate une effervescence manifeste. — Blondlot répoDdit qu'on ne peut pas admettre que le suc gastrique, qui rougit si fortement le papier de tournesol, présente une semblable dilution, et que même, quand il en serait ainsi, cette dilution extrême ne saurait empêcher le dégagement de l'acide carbonique de la craie. Autrement, jamais avec ce dernier corps on ne pourrait neutraliser complètement une liqueur acidifiée par un acide quelconque; car, quel que fût le degré de son acidité primitive, il arriverait toujours un moment où la réaction deviendrait aus>l faible -et même plus faible que celle du suc gastrique.
Suivant le même auteur, le défaut de neutralisation du suc gastrique, eo contact avec le carbonate calcaire, n'est pas dû à ce que l'acide carbonique est retenu et se dissout dans le liquide, car la neutralisation n'a pas lieu même à la température de l'ébullition qui chasserait Tacide carbonique. — Enfin, ajoute-t-il, si le suc gastrique, concentré par l'évaporation, attaque le carbonate calcaire d'une manière évidente, ainsi que le fer et le zinc. c'est parce que, vers la fin de l'opération, les chlorures se décomposent et dégagent de l'acide chlorhydrique libre qui passe en partie à la distillation. Gela arrive quand le liquide est réduit à peu près au vingtième de son volume. Blondlot a trouvé, et il est facile de s'en assurer, que si alors ou étend d'eau le résidu acide jusqu'à ce qu'il reprenne le volume primitif, la décomposition des sels n'en a pas moins lieu avec effervescence, ce qui renverse la précédente objection fondée sur la trop grande dilution de l'acide.
Dans le but de soumettre ces faits à une sorte de contre-épreuve, cet expérimentateur acidula très-légèrement de l'eau pure avec du biphosphate dr chaux, et, après y avoir ajouté une faible proportion de chlorure de sodium et de chlorure de calcium, il distilla au bain-marie. Or, de même qu'avec le suc gastrique, ce fut seulement vers la fin de l'opération que l'acide chlorhydrique apparut dans le produit. Mais cet acide passait entièrement à la distillation sans qu'une partie en restât dans la cornue, comme ceh avait lieu en opérant avec le suc gastrique. Blondlot attribua ce fait à la viscosité que les matières organiques donnent au suc gastrique et qui empêche mécaniquement une partie de l'acide formé de se volatiliser. Ed effets en ajoutant à la solution artificielle de biphosphate calcaire quelque^
COUPOSlTIOiN CltlMlQUR DU SUC CÎASTIîlQlE. 23S
soutles d'une solution de gomme ou de gélatine, il y retint une partie de (acide chlorhydrique.
Melsens ayant introduit du spath calcaire (carbonate de chaux cristallisé et très-pur), avec du suc gastrique dans un flacon, bouché à l'émeri, «pi il agitait de temps en temps, constata qu*au bout de quelques heures les rfi>taux étaient devenus légèrement opaques à leur surface. Blondlot, iprps avoir répété cette expérience, ajoute qu'en regardant plus attentivemtDt 00 aperçoit une foule de très-petites bulles gazeuses adhérentes et qui cessent bientôt de se reproduire si on les détache par l'agitation. Ce Idit. aux yeux de Blondlot, prouve qu'outre du phosphate acide de chaux, il vj dans le suc gastrique une trace d'un autre acide qu'il croit être l'acide l'iilorhydrique. Melsens aflSrme que le spath a perdu de son poids; mais Biundlot dit s'être assuré que cette perte n'est pas appréciable même aux lalaaces les plus sensibles, et il croit que^ dans l'expérience de Melsens, agitation aura pu détacher un petit fragment du cristal : aussi conseille- -i) de l'enfermer dans un tube pour prévenir les effets de sa fragilité. ^M, qui a répété ces expériences, a vu le spath calcaire devenir opaque i un peu inégal à sa surface, mais jamais il n'a pu constater une perte de OD poids. Peut-être, dans les expériences de Melsens, le suc gastrique foit-il mêlé à un acide libre provenant des matières alimentaires, à l'acide i<*tique, par exemple. Jamais, avec le spath calcaire, on n'obtient la neuvtiisation du suc gastrique.
Cependant on n'avait toujours pas de preuve directe de la présence du iphospbate de chaux dans le suc gastrique, et les raisons données par Blon- 'ot. dans son Traité de la digestion, n'étaient pas suffisantes, quand en ^^1 il vint fournir de nouveaux faits (1). Après avoir filtré une certaine oantité de suc gastrique, il la neutralise avec du carbonate de soude en trtT excès, afin de précipiter toute la chaux combinée, soit avec l'acide iio^pfaorique, soit avec l'acide chlorhydrique. Le phosphate de chaux ant précipité et séparé par filtration, le liquide filtré, qui contient les i'' modiques , doit contenir en particulier du phosphate de soude, si, ui' le suc gastrique, il y a plus d'acide phosphorique qu'il n'en faut pour -nner le phosphate simple de chaux précipité. eTu effet, le liquide filtré, mmis à l'évaporation, donne la quantité de phosphate de soude présu- ^^. Cette simple expérience suffit, d'après son auteur^ pour prouver que •-^t bien l'acide phosphorique qui, dans le suc gastrique, tient le phostute de chaux en dissolution à l'état de biphosphate. L^'hmann (2) suppose que le biphosphate de chaux, dont il reconnaît quo 'i'*ndlot a démontré la présence d'une manière exacte, n'était, dans ce ^^ que le produit de l'action du suc gastrique sur les os que le chien <^^ût pris quelques temps avant l'expérience. Blondlot. il est vrai, ne dit "* comment il avait nourri l'animal; mais Schiff, répétant l'expérience,
• Hrm, nté^ p. 17.
K Phifw»iog. Chen>t>t l, III, p. 332.
236 DE LA DIGESnON.
prétend avoir obieau le même résultatavec le suc gastrique d'un chien qui, depuis deux jours^ n'avait mangé que de la soupe et des poounes de terre. Lehmann objecte encore que la partie calcaire des os reste fort IoDgtcmp> dans l'estomac en état de désagrégation^ même après que leur partie cartilagineuse a entièrement disparu. Tenant compte de cette obsenratioD. Scbiff répéta deux fois l'expérience sur d'autres cbiens qui, depuis cinq jours, n'avaient mangé que des pommes de terre, de la viande et de la soupe. Dans ces deux cas, après la précipitation du pbospbate simple de cbaux, il ne put trouver d'acide pbospborique dans le liquide filtré. 11 loi fut également impossible de reconnaître le phosphate acide de chaux Am le produit filtré de l'estomac d'un câblai exclusivement nourri de betteraves; mais il constata la présence de ce dernier sel acide chez un surmulot nourri de la môme manière.
Ainsi, bien que les expériences sur lesquelles s'appuient Blondlot pou prouver l'existence du biphosphate de chaux soient exactes, il est impoy sible, d'après les faits qui précèdent, d'admettre que ce biphosphate cxistfl normalement et comtommeni dans le suc gastrique qui lui empruoierait sdn acidité.
Pour déterminer la nature de Vacide libre, contenu dans le suc gastrique Schmidt (1) s'est servi d'une autre méthode : il a fait, en variant ses proc^ dés, l'analyse quantitative des acides et des bases de ce fluide recueill après la ligature des conduits salivaires.
100 grammes de suc gastrique furent fortement acidulés avec Taciii^ azotique et précipités par l'azotate d'argent. Le chlorure d'argent am^ formé put être pesé, immédiatement après la filtration, afin de détermiofi la quantité de chlore. Puis, après qu*on eut précipité le sel d'argent r\ excès, au moyen de l'acide chlorhydrique, la liqueur filtrée fut calcinée dans un vase de porcelaine pour en doser toutes les bases.
^BLf ce procédé on voit que, si le suc gastrique renferme des laclate^. quantité de chlore que l'on aura obtenue du premier précipité de chlorur d'argent ne sera pas suffisante pour saturer à elle seule toutes les hà^ tandis que, s'il n'y a d'acide libre que le chlorhydrique, la quantité ^ chlore devra dépasser celle qui est équivalente aux différentes bases. I^ l'expérience de Schmidt, la quantité d'acide chlorhydrique fut supérit^ur à celle qui eût été nécessaire pour saturer la totalité des bases.
Schmidt détermine la quantité d'acide libre par la saturation à raidi4 la potasse, de la chaux ou de la baryte. Si cet acide n'est que le chlorhy drique, la quantité de base nécessaire pour le neutraliser doit équivaloir la quantité d'acide chlorhydrique libre trouvée par la méthode précédente Mais s'il existe, en plus, un autre acide, la quantité de base nécessaire ^(^ la neutralisation doit dépasser la quantité correspondante à l'acide chloi
(1) HUbbenr, De succo gastrico. Dorpat, 1850. — Biddcb et ScnnDT, Die Verdauhnf\ sûfle, etc. Leipiif, 1852, p. àà.
GOMPOSmON CHIMIQUE DU SUC GASTRIQUE. 235
rique libre. Or, l'expérience a démontré que la quantité de base nécesc correspondait presque exactement à la quantité de cet acide libre ilablemcnt trouvée.
l'aide de plusieurs analjKses^ il détermine aussi la quantité d'ammo- [ue contenue dans le suc gastrique; cette quantité n'est pas considé- ^. mais elle est constante. Dans une expérience à part» il s'assure que e quantité d'ammoniaque ne provient pas de la décomposition des ma- '^ npfifaniques par la base ajoutée pour obtenir la neutralisation. l'hmidt dit avoir aussi reconnu, expérimentalement, que le suc gastrique •riprme, par lui-même^ aucun acide composé des trois éléments HCO, V^^ du moins s'il y existe des acides organiques non azotés^ comme le iqup, etc., leur proportion doit être infiniment petite. sns res expériences, le suc gastrique a constamment été recueilli sur inimauxàjeun depuis dix-huit à vingt heures, et dont la nourriture riearp avait été animale ou végétale; toujours les résultats ont été iden» ^.Seulement chez les herbivores, à côté de Tacide chlorhydrique libre, mt trouvées, dit Schmidt, des quantités appréciables d'acide lactique ••Mnl de la nourriture féculente.
m un tableau de ces analyses, à l'aide duquel on reconnaît facilement > rapports peuvent exister entre la quantité d'acide chlorhydrique libre kcidité du suc gastrique, celle-ci étant mesurée par la quantité de base ^*^ipe pour obtenir la neutralisation.
^100 parties de base nécessaires pour neutraliser le suc gastrique Ip chlorhydrique libre correspond k : *
i" analjte
7* analyse 80,1
Moyenne 97,9
>'^it jusqu'à quel point on est autorisé à conclure que le suc gastrique
'H acidité seulement ou principalement à l'acide chlorhydrique. Il est
"^t que, dans quelques-uns de ces cas, il y avait une faible proportion
vilrc acide (lactique).
(jf le mouton, chez qui la quantité d'acide chlorhydrique libre est
"jp moins abondante, Schmidt donne le résultat suivant : 1" analyse
.^: 2- analyse «-54,7.
•utntité plus grande d'acide lactiqBe, que l'on trouve chez le mouton,
'^'t l'auteur, à la nourriture même de cet animal, la matière fécu-
' transformant en acide lactique. L'estomac du mouton était d'aill'ie-que Toujours rempli d'aliments.
ivons vu que la quantité moyenne d'acide chlorhydrique libre * iprès Schmidt, de 3,050 pour iOOO dans le suc gastrique du chien,
• apris la ligature des conduits salivaires. Elle ne fut plus que '^"^ quand on négligea cette dernière opération. Après la section des
^?s(t DE I.A DIGESTION.
nerfs pneumogastriques et la ligature des conduits salivaires, elle s'abaii à 2,022, et, dans le suc mélangé de salive, à 1,928. Le suc gastrique mouton donna, dans deux analyses, 0,999 et 1,469 d'acide chlorhydriq libre.
Devant des résultats en apparence si contradictoires,* et obtenue prin paiement par Blondlot et Schmidt, on continue à se demander quel ^ donc être véritablement le principe acide du suc gastrique.
Des recherches de ce dernier auteur il résulterait que le seul acide ne se trouve jamais neutralisé par les sels basiques est Vacide chlfir drique. Mais est-on, pour cela, autorisé à le regarder comme litre dan suc gastrique? Nous répondrons négativement par les raisons suivant 1® Le suc gastrique ordinaire n'attaque pas le zinc métallique. 2* Le c bonate calcaire est impuissant à neutraliser l'acidité du suc gastnq y Le suc gastrique donne, avec l'acide oxalique, un précipité blanc d'd late de chaux; ce qui ne pourrait avoir lieu s'il existait des traces d'ae chlorhydrique libre. 4'' L'acide chlorhydrique libre est très-volatil et II démontré par l'expérience qu'on peut pousser la distillation du suc ( trique jusqu'à réduction au vingtième de son volume, sans que le pro( distillé devienne acide.
Chacun de ces faits, pris isolément, suffirait déjà pour établir que \% du suc gastrique n'est pas de l'acide chlorhydrique lihre : la présence de acide, au millième, les rendrait tous impossibles. Mais ils contribuent d avec les anatyses de Schmidt, à faire voir que cet acide n'est pas non] le phosphorique. Nous ne dirons rien de la non-coagulation de ralbotf liquide (à laquelle Blondlot semble attacher une très-grande importai parce qu'elle est commune à beaucoup d'acides datis un certain de^
dilution, comme Ta surtout prouvé Berzelius.
L'acide chlorhydrique n'étant pas libre, on a pensé qu'il devait ètif à la matière organique spéciale {pepsine) qui se trouve dans le suc ga^lfl et qui elle-même fait partie des corps dits albuminoîdes ou protéiquel sait, en effet, d'après Mulder (1), que les corps albuminoîdes peuveot^'i par exemple, aux acides sulfurique et chlorhydrique pour former di*<< binaisons à réaction acide. Ce chimiste les regarda d'abord comme acides composés et les appela acide suifo-protéique et acide cklorh/r^ téique. Mais, les envisageant plus tard sous un autre point de vue<:^).<! connaissant combien peu ils cons^aient les caractères de l'acide priq il les regarda comme des sels à réaction acide, et changea leurs ooffl ceux de sulfate ou de chlorhydrate d'albumine, de caséine, etc. Ainsi. la combinaison appelée sulfo-protéique, l'acide sulfurique ne donne de précipités avec les sels de baryte et de chaux, précipités qui le c risent dans son état libre ou dans ses composés salins ordinaires
(4) Natuur en Scheikunclig Archief., p. 129. 1838. (2) Cfiemhfhp Vntpruurbnngni , t. II, p. 224. 1847.
lit d ailleurs observer que l'acide sulfo-protéique lui a paru exiger, pour n- neutralisé, autant d'oxyde métallique que l'acide sulfurique pur qui )\\v dans sa composition.
Ainsi nous voyons que, par la combinaison des acides avec les corps kminoîdes, il peut se former des sels à réaction acide ou des acides ■mplexes qui ont perdu, en grande partie, les caractères de l'acide pri- I lif. Ces acides complexes n'ont encore été que fort peu étudiés. (ie^tà un pareil produit^ formé de l'union de l'acide chlorhydriqueavec ! niitièrc albuminoîde essentielle du suc gastrique (pepsine) que SchifT atrib'jt lacidité de ce suc : il le nomme acide chlorhydropeptiqite, LÂoide chlorhydropeptique se distingue de l'acide chlorhydrique par «caractères déjà énoncés : ce sont presque tous ceux que Blondlot a ;^' rvés dans le suc gastrique et qui ne lui ont paru convenir qu'à l'acide .«^nboriqne. Du reste, l'acide chlorhydropeptique qui, jusqu'à présent, t l'U iHre préparé artificiellement, xlemande, comme l'acide sulfo-pro- (ÇK de Molder, pour être saturé, autant de base que l'acide inorganique ■vr^t entré, ainsi qu'il résulte des observations de Schmidt. [i*^jà en i8&7, partant de ce principe (qu'on ne peut plus adopter), que •iv'^tion est une dissolution dans un acide, et reconnaissant que les vdM^putés en dilution dans le suc gastrique dissolvent très-peu d'albu* ne ruite,Schmidt avait été aussi amené à considérer l'acide du suc gasque romme une combinaison de la pepsine de Wasmann avec l'acide orhvdrique [ne, chioropepsinhydriqué). Mais, depuis cette époque, il a cru loir modifier son opinion et attribuer, comme on l'a vu plus haut, Tacicdti fluide digestif à l'acide chlorhydrique libre. ' M l'on veut admettre Vacide chlorhydropeptique comme caractérisant le
^M^lrique, il faut bien néanmoins reconnaître que, généralement il ^t(> encore dans l'estomac une faible proportion d'un acide organique sazoté qui, d'après les recherches de la plupart des chimistes modernes,
de Vacide lactique. Cet acide ne se rencontre pas seulement chez les rhivores; on en a aussi constaté la présence dans le suc gastrique des td^^iers. L'existence de cet «lutre acide expliquerait pourquoi, en gêné- . dans les analyses de Schmidt, l'équivalent de l'acide chlorhydrique ibre« s^est trouvé un peu inférieur à la quantité de base nécessaire pour :ieQtrali$ation du suc gastrique.
iHi précédent exposé critique il résulte qu'à nos yeux la chimie organique t P'>int encore dissipé toutes les incertitudes sur la question de savoir à 1^1 aride le suc gastrique emprunte son acidité^ et qu'on ne saurait par- •^.àcet égard, la satisfaction de plusieurs physiologistes de notre irjque.^Du reste, cette question n'a qu'un intérêt secondaire dans la «■>ne de la digestion, puisque l'expérience a démontré que les acides '•"'hydrique ou lactique, par exemple, favorisent à peu près également *^on propre à la pepsine.
VU. Nous venons de voir que le liquide gastrique renferme de TeaUj mucus, des sels nombreux, un ou plusieurs acides, et une matière or^ nique spéciale {pepsine) sur laquelle surtout il nous faudra retenir aT détails. Reste maintenant à rechercher, parmi toutes ces substances, cel qui sont réellement indispensables à Taccomplissement de la digesHi stomacale, c'est-à-dire à déterminer les éléments essentiels du tue goitrù^ proprement dit.
a. — Nul doute que l'eau (qui résume en elle une grande partie des coq tîons de la vie, en rendant possibles la dissolution et l'absorption de c< tains principes fixes nécessaires à son entretien) ne soit aussi indispemai à la constitution du suc gastrique qu'à celle du sang lui-même. Toutet l'eau est évidemment incapable de digérer par elle-même les ali renfermés dans l'estomac. Mais^ fait digne de remarque, si, d'après L visart (1), on ajoute un certain excès d'eau au suc gastrique de du durant la digestion artificielle de l'albumine coagulée^ le pou?oirdi de ce dernier fluide est accru : d'oii la dissolution et la transformatiou mérique d'une plus grande quantité d'albumine. Le même effet nese duit point si l'excès d'eau est ajouté seulement après la digestioo : ce porte à conclure, dit Gorvisart, qu'en pareil cas l'eau ne reçoit pas s ment le produit digéré, mais qu'elle en accroît réellement la qu Rappelons, en passant, qu'ayant fait bouillir de l'albumine ou de la pendant trente heures dans de l'eau distillée, le même auteur est arh obtenir un produit dont les caractères chimiques et physiologique:^ très-voisins de ceux que ces mêmessubstances présen tent après leur dig dans le suc gastrique; rappelons aussi que l'ébullition prolougée viande dans l'eau donne naissance au bouillon^ liquide qui, absorbé rectum et passé dans le sang, peut nourrir sans avoir subi aucune formation digestive delà part de l'estomac ou de l'intestin grêle, science laisse encore beaucoup à désirer sur ces divers points. Bo nous donc à reconnaître ici l'eau comme le dissolvant nécessaire de> p cipes essentiels du suc gastrique.
h. — Contrairement à l'opinion émise par quelques auteurs, le mvieui s' point essentiel à la constitution et au pouvoir spécial du suc gastrique; en était autrement, on verrait ce pouvoir s'amoindrir dans le suc ga>ln séparé, par le filtre, de tout le mucus qu'il tenait en suspension. Or. propres expériences nous ont maintes fois démontré que le suc gasln filtré dissout et transforme autant d'albumine coagulée et de fibhut; celui qui n'a pas subi cette manipulation préalable. Nous avons d aille déjà signalé certaines influences qui, tout en provoquant une sécrétion p abondante du mucus gastrique, n'activent pourtant en aucune façon le l vail propre à TestomaCé
(i) Comptes rendus de ^Académie des sciences de Paris. U XXXV 1852 — Ètudi les alimenU et les nutriments. Paris^ 1854. '